Histoire de boa et d'éléphant

Publié le par Hari Seldon

Histoire de boa et d'éléphant

Après cette belle envolée qu'est mon dernier article, j'ai fais une petite sieste, et me retrouvant ainsi en sandwich entre couette et matelas, ma position s'est associée au dernier commentaire que j'ai fait à Guillaume concernant l'Imaginaire vu comme la partie gonflée d'une structure souple d'où l'air s'échapperait par les ouvertures que sont le Réel et le Symbolique. Ma liberté se limitant à pousser ici ou là cette bulle d'air qui, en se déplaçant me révèle telle ou telle partie (consciente) de mon Imaginaire. J'avais même en tête une sorte de combinaison de latex pour deux: je m'y sentais à l'étroit, enserré dans cet intérieur par un extérieur un peu étouffant, mais je n'ai pas trouver d'illustration satisfaisante sur le net.

Histoire de boa et d'éléphant

Puis, juste avant de m'endormir, j'ai repensé au mythe de Gaïa et Ouranos. A l'origine le Ciel (mâle) Ouranos et la Terre (femelle) étaient intimement liés, si intimement que leur fils, Cronos, pour respirer un peu émascule son père, qui le colle en sandwich entre Ciel et Terre. Ouranos sous la douleur monte au ciel, laissant l'espace où nous vivons, après avoir succédé aux Titans, Cyclopes et autres prédécesseurs. J'ose à peine insister sur l'homophonie Cronos / Kronos, le dieu Olympien (plus tardif) du temps.

Histoire de boa et d'éléphant

Toujours est-il que comme le temps qui nous ronge, il dévore ses enfants... Vous allez me trouver un peu lourd, mais enfin, quand même, non? Et pas seulement: voir la figure paternelle au Ciel, au plan Symbolique, et la mère nourricière sur la Terre, et voir ce déploiement de l'homme entre les deux s'accompagner d'un acte symbolique (s'émanciper du père)...

J'étais si bien parti que d'autres Images de cet acte symbolique me sont venues à l'esprit: comme bien entendu le symbole du Yi King dont les deux traits du haut forment le Ciel, les deux du bas la Terre et ceux du milieu l'Homme.

Histoire de boa et d'éléphant

Et puis, j'ai pensé au Petit Prince et son dessin d'un éléphant dans un boa. Mais l'histoire ne dit pas que le boa est équipé de deux ouvertures: l'une par laquelle il a pu absorber l'éléphant, et l'autre d'où il l'expulsera après digestion.

Histoire de boa et d'éléphant

Ce qui nous ramène alors à Lévi-Strauss et aux mythes amérindiens de la pipe ou de la sarbacane, desquelles le héros rentre ou sort avant que lui-même soit vu à son tour sous cette figure d'où quelque chose entre et sort.

C'est dire qu'il faudrait qu'il y ait un sens de circulation entre ces deux ouvertures.

Nous ne sommes pas loin d'un phallus et le fonctionnement élémentaire de notre Imaginaire: répétitions synchroniques / émergence diachronique y trouve un sens que vous êtes sans doute assez grands pour m'éviter de vous prendre par la main pour le découvrir...

Savoir si tout ceci est une gesticulation stérile (pour le dire poliment) ou le germe d'une idée est affaire de terrain d'expérience... Mon curé avait une image peut-être plus poétique pour le dire: le Seigneur sème à tous vents et la semence peut tomber dans un champ fertile ou sur une route goudronnée. L'avenir de cette semence en dépend.

Ce qui nous ramène à Sun Tzu, bien sûr: tout est une question de terrain. Terrain... Terre... Gaïa... Quand je vous dis que la structure Imaginaire s'écroule en tas, lorsque l'on sombre dans l'inconscience du sommeil...

Bonne méditation

Hari

Nota: vous pouvez rechercher sur ce blog d'autres textes où je parle du Yi King, mais aussi de la roue du Dharma, qui fait que l'on a si souvent l'impression de tourner en rond... Mais ce n'est pas forcément négatif: à force (de répétitions) quelque chose peut émerger, quand je vous dis...

Publié dans Psychanalyse

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