La tentation psychotique du politique...

Publié le par Hari Seldon

La tentation psychotique du politique...

Dans ce précédent article, je m'attachais à caractériser la différence névrotique / psychotique par une différence de posture par rapport au discours:

  • Le névrotique est bloqué en position ex-ante,
  • Le psychotique est bloqué en position ex-post.

Or, le névrotique, coincé dans une action répétitive ne répondant à aucune nécessité consciente, souffre de cette situation. Situation semblable à celle du vétéran souffrant d'un post-traumatisme.

L'idéal serait de reconstruire (ou développer) l'Imaginaire grâce à une opération Symbolique (voir la forme canonique des mythes dans "L'Homme Quantique") ou par une analyse...

C'est à dire que la guérison du Sujet (en Is) prend la forme suivante:

  • Soit : Ik < Is = Im < S ==> Ik < Ik+1 < Is = Im (Im = celui qui tient le discours); lorsque l’Observateur vit sa propre évolution : c’est Archimède s’écriant eurêka en sortant de son bain ;
  • Ou bien : Ik < Is < Ik+1 < Im ==> Ik < Ik+1 < Is ≤ Im, lorsque le Modélisateur rapporte cette évolution de l’Observateur : je connais le principe d’Archimède et j’explique les circonstances de cette découverte.

Autrement dit, la guérison d'une névrose passe par un changement de posture:

ex-ante ==> ex-post.

Mais, si je ne peux pas (à cause d'un blocage psychologique, par exemple) faire ce saut, il est tentant, pour arrêter cette souffrance, d'inventer, d'imaginer (Ik+1) en dehors d'un tel processus mythique et de m'en tenir coûte que coûte à ce fantasme purement Imaginaire contre vents et marée, malgré tous les coups de boutoir du Réel.

Il est difficile de différencier une attitude psychotique d'une évolution normale, parce qu'en fait, il s'agit dans les deux cas du même changement de posture. Ce qui fait symptôme, c'est l'incapacité, ou l'impossibilité à retrouver une position ex-ante, lorsque le Réel vient à nous surprendre. L'évolution est imperceptible, qui mène du persévérant au têtu, puis du psycho-rigide au psychotique... Où placer le curseur entre le normal et le pathologique?

Je donne dans "L'Homme Quantique", l'exemple de Staline qui, au début de l'opération Barbarosa d'invasion de l'URSS par l'Allemagne ne voulait pas y croire,

Plus près de nous, que penser de ces politiques qui, après une succession de refus du peuple, s'exprimant à de nombreuses reprises par des votes sur l'avenir de l'Europe, un "non" exprimé par référendum, restent sourds à ces attentes et continuent tranquillement leur chemin?

Lorsque Hollande, droit dans ses bottes dit, après le vote de dimanche dernier, qu'il faut continuer dans la ligne suivie, s'agit-il encore de persévérance, ou est-ce l'indice d'autre chose? A tout le moins la volonté d'échapper à un vide idéologique, un manque d'articulation de son action politique?

La question se pose...

Hari

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