Processus d'émergence du conscient

Publié le par Hari Seldon

Processus d'émergence du conscient

Nous en étions resté à l'arbre de connaissance présenté par Lévi-Strauss. Nous avions dit que la perception consciente de notre propre structure Imaginaire serait comme la vision que nous aurions de cet arbre, d'un point de vue particulier, situé sur une de ses branches. La structure serait dans un noir absolu, uniquement éclairée par une lampe torche dirigée vers la canopée. Le "reste" de la structure, faute de cet éclairage et de tout moyen de l'explorer, serait comme "mis à plat".

Dans cette figure, la notion de temps (variable diachronique) ou celle de mouvement (objet à dimensions synchronique+diachronique) serait comme une "mise en volume" de cette structure plate.

Il est très difficile de visualiser le rôle proprement fondateur de la notion de temps dans notre entendement; tout simplement parce nous ne pouvons pas en faire abstraction pour, ne serait-ce que penser: pas de temps, pas de synapse, pas de vie consciente.

Mais je pense qu'une image stéréographique telle que celle jointe permet d'illustrer ce dont il s'agit. Cette image est plate, en 2D. Mais, si vous louchez d'une certaine façon, alors vous apparait une seconde image en 3D. Le phénomène est très surprenant et ludique.

Quel rapport avec la perception du temps? Il est à noter que cette impression de volume nait de la comparaison, dans notre cerveau de deux images différentes (oeil gauche/oeil droit). Je ne sais pas trop si la comparaison est strictement synchronique = comparaison entre deux images qui auraient le même statut dans notre cerveau, ou bien si l'un des yeux fournit le "fond de l'image" par rapport à quoi le cerveau y rapporterait une "image différentielle". Il faudrait sans doute utiliser l'imagerie médicale moderne pour départager les deux processus.

Toujours est-il que ce "volume" n'a aucune existence réelle: votre sens du toucher peut vous le confirmer sans difficulté.

Revenons maintenant à notre perception du temps: là aussi il faut faire une comparaison entre deux plans Imaginaires, pour que d'une succession d'image émerge l'impression de mouvement. Mais là, la comparaison est diachronique, sans aucun doute.

La différence entre l'image stéréoscopique et la perception du mouvement, c'est que nous avons, dans le "Réel" l'expérience de "volume", que nous pouvons appréhender par d'autres moyens que notre vision. Tandis que nous n'avons aucune possibilité d'appréhender le temps. C'est ce qui me fait dire que la notion de temps est purement Imaginaire (i.e.: nous ne savons pas à quoi il se rapporte dans le "Réel").

Je pense qu'il y a là matière à susciter quelques idées de recherches en neurosciences grâce à l'utilisation des nouveaux outils de l'imagerie médicale.

Et la question que je me pose est de savoir si la bipartition synchronie/diachronie qui nous a été si utile pour caractériser nos processus mentaux peut s'y repérer?

Au boulot!

Hari

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