L'escalier fractal de Noether

Publié le par Hari Seldon

L'escalier fractal de Noether

J'ai l'esprit d'escalier: c'est hier, en cherchant à alléger une phrase un peu alambiquée pour boucler l'article sur la liberté, que le plus beau s'est échappé de mon clavier:

"j’opère une symétrie sur le théorème lui-même en changeant l’Objet, par le Sujet."

Qu'est-ce à dire? Reprenons les choses dans l'ordre.

Nous avons vu que l'incertitude quantique d'un Objet est due à un saut diachronique, lors d'un changement de repères. Soit Iobjet et INoetherO les deux niveaux Imaginaires nécessaires à l’expression du saut diachronique en question, avec bien entendu :

Iobjet < INoetherO. Le saut diachronique se schématise ainsi :

L'escalier fractal de Noether

Maintenant, j’ai proposé d’appeler à la rescousse les mêmes principes qui ont conduit Emmy Noether à son fameux théorème afin de caractériser la liberté du Sujet. Soit ISujet et INoetherS les deux niveaux Imaginaires nécessaires à l’expression du saut diachronique exprimant cette liberté, avec cette fois-ci :

ISujet < INoetherS. Le saut diachronique pourrait se schématiser ainsi :

L'escalier fractal de Noether

Vous voyez en quoi les deux situations sont structurellement semblables.

Maintenant, en laissant filer ma main pour écrire cette phrase en exergue, j’ai initié un saut diachronique dans ma propre représentation du théorème de Noether lui-même, qui prend alors une envergure épistémologique (noté pour la circonstance INoetherE). Les deux applications précédentes se situant du coup, comme simples Objets de la théorie elle-même. Ceci nous donne le schéma suivant :

L'escalier fractal de Noether

Quel intérêt me direz-vous ? Tout simplement celui-ci :

  1. Dans ce recul diachronique, la théorie de Noether change de statut, et devient un principe épistémologique,
  2. La multiplicité de ses usages, dans des champs aussi divers que la physique & la psychologie, conforte sa stabilité,
  3. Lorsque je change de registre pour utiliser la même approche (notée INoetherE), allant de la physique (INoetherO) vers la psychologie (INoetherS), nous effectuons, un saut diachronique ; C’est dire, bien entendu, que la liberté du Sujet ne se réduit pas à l’incertitude quantique des Objets.

J’ai été un peu lourd, et m’en excuse auprès de vous, mais ce troisième point s’adresse plus particulièrement aux « mal-comprenants » qui me reprocheraient d’utiliser en sciences humaines un concept issu des sciences physiques... L'expérience, mes bons amis, l'expérience...

Mais du point de vue psychologique, le point intéressant est peut-être cette façon que nous avons de former des idées neuves en recyclant les anciennes (nous sommes tous bricoleurs, en fait, comme nous le rappelle Lévi-Strauss quelque part). Un théorie B par exemple, que l'on utilise pour expliquer, ou représenter, un certain type d'objets A, peut se retrouver questionnée à son tour, prendre la place d'objet de quelque chose en attente, une autre théorie C. L'économie intellectuelle (je suis très fainéant de nature, ma femme me le reproche assez) consiste alors à regarder si par hasard il n'y aurait pas entre C et B le même rapport qu'entre B et A. Cela parait toujours une évidence a posteriori, mais l'expérience montre que bien souvent, le déclic vient d'un incident extérieur. En l'occurrence, je cherchais à alléger une phrase au plus vite avant de fermer mon Mac pour aller me coucher...

Bon, ceci dit, je reviens dès que possible sur les conséquences que l'on peut tirer de l'aspect "diachronique" du concept de liberté.

Hari

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