Pourquoi : "lignes de fuite" ?

Publié le par Hari Seldon

Pourquoi : "lignes de fuite" ?

Oui, pourquoi ce titre de mon dernier billet ?

Parce que ce matin, en relisant l’un de mes précédents billets (géométrie et symétries), j’ai ressenti la nécessité d’avancer encore. Je n’ai fait que les premiers pas de la démarche, et mon idée de passer à la vidéo est encore un moyen de retarder l’étude. Je suis tellement fainéant, que je recule toujours le moment de travailler. C’est affreux. D’un autre côté, c’est la garantie de suivre le chemin de moindre pente, comme suivre le chemin de l'âne que l’on pousse devant soi pour tracer une route en Corse.

Bref, cette idée de rendre plus lisible mes développements, c’est un bon moyen de différer le travail qui m’attend pour approfondir la démarche. C’est donc une fuite, plus qu’une quête… Un voyage de substitution.

Mais il me faut néanmoins laisser un marque-page, pour ne pas oublier les quelques idées qui me sont venues à cette relecture. J’en étais arrivé au fait de voir la figure du cercle comme plus primitive que celle de la surface. Nous sommes ici dans le domaine de la géométrie. Et j’avais rattaché ceci au mouvement lui-même (donc à l’expérience physique qui précède les mots du langage utilisé pour en parler), en parlant du sens de rotation, comme d’une"décohérence"… Je ne vais pas refaire l’exercice.

L’idée en suspend est en substance celle-ci : lorsque je peux classer en paires de contraires (+ et - ou x et 1/x) alors je reste dans un discours synchronique. Lorsque je parle de décohérence, je descends une échelle diachronique. Nous l’avions vu, de façon caractéristique, à propos des masses inerte et grave. Pas de problème, donc, pour parler de charges électriques. Mais alors, que dire de la masse ? Il n’y a pas de masse négative. Et pire encore : que dire de la couleur des quarks ? Nous avons le choix entre 3 "couleurs". Il y a toute une réflexion à faire pour trouver une certaine cohérence dans tout ceci ; non pas au niveau de la théorie, c’est du domaine des physiciens, mais pour retrouver une cohérence épistémologique au discours du physicien.

Il y a bien quelques guides.

La première distinction à faire, c’est entre fermions et bosons.

  • Les fermions (spin demi-entier) répondent à une statistique de Fermi-Dirac
  • Les bosons (spin entier) répondent à une statistique de Bose-Einstein.

Ce que je trouve remarquable dans la différence qui les discrimine, c’est qu’elle s’articule comme une différence de langage pour les décrire. En effet, la statistique est directement liée à la théorie de l’information, donc du langage à l’état le plus pur : la différence O/1 au niveau Imaginaire le plus élémentaire. Dire que les fermions répondent à la statistique de Fermi-Dirac, c’est dire qu’ils respectent le principe d’exclusion de Pauli : deux éléments identiques ne peuvent être en même temps au même endroit. Autrement dit, les fermions sont ce que l’on peut le plus simplement imaginer comme des "éléments", comme, à notre échelle, une boule de pétanque chasse l’autre lorsque l’on tire correctement. Les bosons, quant à eux, ne sont pas soumis à ce principe d’exclusion. Typiquement les rayons lumineux peuvent se superposer. D’où cette double nature corpusculaire et ondulatoire (i.e.: sur deux niveaux Imaginaires : l'élément et le groupe). J’ai l’impression que les bosons doivent se décrire sur un niveau Imaginaire plus complexe (supérieur sur l’échelle diachronique) à celui des fermions.

Et j’en voudrais pour preuve que s’il y a bien des bosons de spin entier supérieur à 1 ; on ne connaît pas réellement de fermions de spin supérieur à 1/2… À mon sens, parce qu’au-dessus de 1/2, il faudrait passer "par-dessus" les bosons de spin 1, pour obtenir 1 1/2, par exemple, mais que cette complexification Imaginaire, entraînerait la perte de cet aspect "élémentaire" que leur confère le principe d’exclusion de Pauli. J’ai dans l’idée qu’il faudrait y réfléchir un peu plus : car il doit y avoir entre fermions et bosons une différence d’ordre synchronique / diachronique. En particulier, les "bosons de jauge", que s'échangent les particules élémentaires en interractions doivent être compris comme des concepts diachroniques. Ce qui serait conforme à l'idée qu'un "mouvement" nécessite pour sa description, l'emploi conjoint d'un concept synchronique (ici fermique) et diachronique (ici bosonique).

La seconde piste à suivre se situerait au niveau des fermions : quarks et leptons

  • Les quarks sont soumis à l’attraction forte
  • Les leptons sont soumis à l’attraction faible et électromagnétique

La différence de comportement tiendrait à une différence d’hélicité… Gauche pour les interactions faibles. On reporte donc une différence de comportement physique à une caractérisation d’ordre géométrique, avec derrière une sorte de décohérence d’un concept en deux occurrences complémentaires : droite / gauche… Vous imaginez tout ce qu’il faudrait développer à partir de là.

Mais ce qui m’interpelle, et me laisse songeur, c’est qu’à ce niveau extrêmement élémentaire de la matière, il n’y ait plus dichotomie (opposition 0/1) mais charge de 3 couleurs pour associer entre eux les 6 quarks élémentaires (classés il est vrai par paires de contraires), accompagnés de leurs 6 antiquarks :

  • Up / down
  • Strange / Charm
  • Bottom / top

Ces derniers ne se laissent jamais repérer individuellement, mais regroupés par 3, en combinant leurs "couleurs" propres (définies comme rouge / bleu / vert) de façon à ce que l’ensemble des 3 donne du blanc, seul repérable, "observable". Si cette "couleur" est une caractéristique synchronique alors, ce serait là le point de dissolution de toute la construction Imaginaire dichotomique que nous avons élaborée.

La troisième piste à suivre :

Si notre discours est essentiellement "dichotomique" sur une très large plage de niveaux synchroniques, il y aurait donc à expliquer pourquoi, à un certain niveau cette approche est caduque (au niveau de la couleur des quarks, nous venons de le voir), mais aussi en ce qui concerne plus simplement la masse grave, car il n’y a pas de masse négative. La seule alternative à la "masse" c’est l’absence de masse. L’opposition n’est plus, comme pour la charge électrique le + et le - ; mais l’existence ou non (0 ou 1). C’est le nœud du problème, que je pointais en introduction.

Ligne de fuite…

Voilà donc le travail que je laisse de côté, pour préparer des vidéos… Vous voyez bien qu’il s’agit d’une sorte de fuite devant l’ampleur de la tâche.

Tout ceci n’est qu’un pense-bête à mon intention, lorsque je retomberai dessus d’ici quelque temps. Salut donc à ce futur lecteur que je serai.

Hari.

 

PS: Et pourquoi "lignes de fuite" au pluriel ? Parce qu'il y aurait aussi beaucoup à creuser du côté de la psychanalyse.... Mais ceci est une autre histoire.

Publié dans L Homme quantique, Physique

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