Accéder à la vacuité de l'être

Publié le par Hari Seldon

Contraste aujourd'hui, 15 juillet entre l'horreur de l'attentat de Nice et la tranquillité qui règne ici, bercé par la musique à se chauffer au soleil, accompagné par le chant des oiseaux, dans le jardin. Le pire, peut-être serait-il de réagir en croyant agir...

Période un peu vide, donc, et je reprends le livre "le corps quantique" de Deepak Chopra où je l'avais laissé, au début du chapitre 9 : "le mystère du fossé quantique". Je m'ennuie un peu à la lecture: c'est trop lent. Je comprends bien qu'il met la pédale douce pour qu'on le suive facilement, mais j'ai l'impression de tourner à vide, de caviter. Je n'arrête pas de commenter, voire rectifier ce qui est trop lâche dans le raisonnement, remettre en perspective, bref chaque paragraphe écrit me renvoie à tel ou tel de mes propres développements. Et les retranscrire ici serait de peu d'intérêt...

Mais cette phrase m'arrête soudain :

"Même si nous arrivons à prendre conscience de l'intervalle de silence entre nos pensées, sa fugacité nous empêche de nous y engouffrer".

Et ceci ne renvoie à la structuration élémentaire que je présentais dans "structure de l'imaginaire - suite", pour y voir de quelle façon la méditation peut conduire à la contemplation de la vacuité, grâce à la théorie des ensembles.

C'est assez élémentaire, en fait. Dans le schéma d'une interaction élémentaire, sur un niveau synchronique donné (voir comme exemple le jeu de fort/da du petit-fils de Freud décrit à l'aide de la structure absolue d'Abellio dans le billet en question.) on peut munir l'ensemble des états potentiels d'un sujet d'une structure de groupe. Avec, et c'est l'important, un élément neutre.

On peut donc voir la succession des états du sujet, son discours intime, comme cadencé par le passage périodique par cet élément neutre, entre deux états déterminés. Bien entendu, ce repérage ne peut se faire que d'une position ex post, et donc avec une conscience portant au minimum sur deux niveaux synchroniques distincts (fixons Ikm> et Ik+1</em>). Avec, en Ik+1</em>, un regroupement en sous-groupes des états élémentaires de Ik.em>

Et c'est là où ça devient intéressant : Bertrand Russell nous apprend que l'élément neutre au niveau Ikm> (pour les états élémentaires) est le même que celui du niveau Ik+1</em> (pour les sous-groupes.)

Il y a donc possibilité d'une mise en abîme, lorsque je prends conscience de l'élément neutre à un niveau quelconque de ma conscience, car j'ai accès à au moins un élément d'un niveau supérieur de celle-ci: cet élément lui-même.

Autrement dit, en étant attentif à cet état vide en moi, qui fait intimement partir de ma façon de structurer ma pensée (à partir de concepts dichotomiques), je peux court-circuiter mon Imaginaire, et donc, en "percevoir" la vacuité fondamentale, et en particulier, celle de mon "Moi".

La voie Bouddhiste consiste donc à se rendre attentif à cet intervalle de silence dont nous parle ici Deepak Chopra.

Quand je vous dis que ce livre est long à lire...

Et pour en revenir à l'horreur du jour, je crois très sincèrement qu'il est de toute première urgence que chacun d'entre nous arrive au plus vite à se comprendre, pour améliorer la marche du monde.

Bonne méditation

Hari

 

PS: pour les philosophes en herbe, je laisse ceci à leur sagacité:

Il n'y aurait qu'une seule façon de ne pas être (un état, ou élément) et une multitude de "manières d'être". Dit autrement: l'être est multiple et le non-être singulier, etc. etc... On peut broder à l'infini sur le thème. C'est dire que nous sommes ici au niveau du dire, de l'Imaginaire ou du baratin, c'est selon.

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