Décollage

Publié le par Hari Seldon

Décollage

Quatre jours à décoller les papiers peints à Saintes... Le temps de ruminer en écoutant France Inter à donf pour être audible malgré le bruit de vapeur s'échappant de la décolleuse. En short et torse nu, je me croirais presque revenu à Abidjan.

Cet exercice fait diversion après Cerisy. J'avais eu quelque espérance d'une relance ou d'un intérêt suscité chez l'un ou chez l'autre... Que dalle, rien, nibe. Tous repartis dans leur pré carré à creuser leur microsillon. Pas de quoi s'en inquiéter, j'avais déjà vu la même chose au retour de Seix, avec les amis d'Abellio. Il ne s'agit pas de penser du neuf, mais de sacrifier à une idole... Tellement peur de penser hors des clous...

Bon, tout ceci n'a aucune importance. Hier, donc, en grattant mon mur, j'entendais une émission de "La tête au carré" concernant les rêves, leur importance etc... Le point qui m'arrêta: plus on s'intéresse aux rêves, plus on s'en souvient, ou quelque chose de ce genre. Avec en tête ce mail de Yannick m'invitant à faire un livre à deux, sur une expérience à définir, dans la suite de ce qu'il a déjà fait concernant le phénomène d'adhérence, etc...

Bref, tout ceci s'est brouillé dans ma tête et ce matin, je me réveille avec cette idée, concernant la masse noire : "combien de fois mesurons-nous la masse"?

Je sais bien que cela ne veut rien dire, quoique...

La question que nous nous posons de connaître la masse de l'univers, à un instant donné a-t-elle un sens? Ne répondez pas trop vite. Regardez par exemple les représentations que nous nous faisons de notre "amas galactique local" Laniakea : nous avons une très belle image, mais les axes de la vue représentent des vitesses, et non des distances. Ceci m'avait déjà mis la puce à l'oreille: parler de l'état actuel de l'ensemble de l'univers n'a pas de sens. Donc la question de sa masse (d'ensemble) à un instant donné, n'a pas de sens non plus !

Autrement dit la question rêvée n'avait pas de sens, mais elle me permettait de comprendre que la question, consciente celle-ci, de nos physiciens n'en n'avait pas non plus...

Cette réflexion venait s'ajouter à mon dernier article sur la théorie des catégories (#6) : je ne sais pas ce qui m'a tant fait reculer, mais en fait, pour passer d'une intuition "diachronique" du temps à une représentation "synchronique", il y a bel et bien une action "mythique", suivant la forme canonique des mythes de Lévi-Strauss. Autrement dit, nos modernes mathématiciens ne sont pas plus évolués que les Jivaros étudiés par l'auteur de "la pensée sauvage".

Et une bonne façon de mettre tout ce beau monde devant ce fait brut que nous rêvons notre vie et n'avons pas beaucoup évolué depuis que nous avons commencé à parler, serait sans doute d'en rechercher la preuve dans le fonctionnement même de notre cerveau; en 3D couleurs grâce à un IRM.

Ce qui me ramène à l'ami Yannick: quel protocole mettre en place pour en faire la démonstration?

Il y a du pain sur la planche. Mais les perspectives sont jouissives...

Hari

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article