Le schéma en L de Lacan

Publié le par Hari Seldon

Le schéma en L de Lacan

Ce billet, fait suite au précédent "Le mythe de la potière jalouse". C'est une relecture du schéma en L, deux ans après avoir écrit ce précédent billet "Dynamique du schéma en L", avant mon incursion dans le domaine des mathématiques, nous verrons ce qu'il en advient.

De quoi s'agit-il dans ce schéma ? De présenter le processus par lequel un Sujet S (nous discuterons plus avant de cette dénomination) en vient à former une image de lui-même, son "moi", imaginaire par définition, au contact de ses proches (le A ou "grand A", dont nous discuterons également).

L'idée de Lacan, c'est que ce processus a tout d'un "reflet". Le point d'orgue du processus, le moment de cristallisation c'est, chez le jeune enfant, le stade du miroir. L'enfant se constitue en comprenant qu'il est le fait générateur du reflet dans la glace. De même situe-t-il sa place en complétant le discours de l'Autre: lorsque A lui dit "je suis ton maître", S entend "je suis ton élève", ainsi de suite.

L'idée qui me vient est ce tableau de Velasquez par lequel Foucault introduit "les Mots et les choses":

Le schéma en L de Lacan

Velasquez, par ce tableau, me met en position d'en être le spectateur...

Mais, et c'est là où je veux vous mener : cette façon de procéder ainsi en "tournant autour du pot", si je puis dire, est fondamentalement une construction mythique, pour connoter un symbole qui échappe, situé par delà le discours. Dans une série homogène de mythes, on repère la mise en jeu d’un symbole lorsqu’une même image change de sens d’une version à l’autre. Par exemple, à propos de la présence / absence des arbres qui forment un symbole dans une série de mythes du lynx et du coyote :

« … On part d’une opposition majeure entre absence d’arbres (…) et leur présence. (…) Présent, l’arbre est soit concave (la pirogue qui bascule), soit convexe. Convexe, l’arbre se matérialise sous deux formes entre lesquelles existe un rapport de corrélation et d’opposition : la bille de bois à l’extrémité de laquelle la fille s’assied et qu’elle fait basculer, et l’arbre tombé en travers du sentier qu’elle enjambe maladroitement et qui la fait trébucher (c’est alors elle qui bascule)". (Levi-Strauss, Histoire de lynx, 1991), p. 1290.

C'est dire que "ce qui se constitue comme individu et se représente comme moi", se fait, en position ex-ante par rapport à "ce qui le constitue".

Il y a donc une différence de point de vue à prendre en compte entre Lacan expliquant sa théorie, et le sujet dont il parle: Lacan est en position ex post par rapport à son discours, en particulier par rapport au système symbolique du Sujet, tandis que le Sujet lui-même est fondamentalement en position ex-ante par rapport au même système symbolique.

Lorsque, par exemple, Lacan met en relation le Sujet S et l'autre A, de façon "inconsciente", il est bien évident que cette distinction n'est pas "dicible" par le Sujet lui-même.

Nous en revenons à la distinction Imaginaire / Symbolique. Et nous y verrons déjà un peu plus clair en disant que a, le moi du Sujet comme a', le discours de l'autre sont du domaine de l'Imaginaire, alors que S et A sont du domaine Symbolique (du Sujet, bien sûr, nous ne parlons pas ici de celui de Lacan...).

Quoique nous n'en ayons pas fini avec ce S. L'idée plus primitive de Freud, c'est que ce S, procède du "Ça"(d'où ce "Es" allemand dans le schéma), c'est-à-dire qu'il s'impose comme le produit d'une pulsion très primitive qui "pousse" à survivre. Le schéma général étant que cette pulsion qui vient du "Réel", se heurte aux normes imposées par l'Autre, du domaine du Symbolique.

Il y aurait donc un processus général, immanent, de regroupement du divers, mû par une pulsion vitale, inhumaine en soi, vers l'unité, qui serait cadré par un processus transcendant l'individu, pour le "sociabiliser".

Nous voici revenus au triptyque Réel / Imaginaire / Symbolique. Avec ce Sujet qui décidément se retrouve à tous les étages ! Et nous avons deux façons d'en parler : soit du point de vue du Sujet lui-même, soit du point de vue de Lacan.

Comment voulez-vous faire tenir tout ceci sur une feuille de papier, sans au préalable définir quelques règles?

1/ Commençons par le plus stable : la liaison imaginaire entre a et a'.

Nous allons dire dans un premier temps que a et a' sont du domaine de l'Imaginaire, pour le Sujet lui-même, comme pour Lacan. Il s'agit de discours, qui peuvent être entendus ou distordus, mais qui sont bien audibles.

Le point fondamental, qui n'est pas rappelé ici, c'est que seul l'imaginaire peut s'ouvrir à la conscience. Sous la condition de "prendre conscience" de deux niveaux synchroniques différents. Ce qui va de pair avec la possibilité de "prendre conscience du temps". C'est essentiel, et nous en avons parlé dans ce billet "conscient/ inconscient". De ce point de vue, l'inconscient n'est pas une instance, que l'on pourrait situer "à côté" du conscient, mais, en quelque sorte un mode de fonctionnement dégradé de l'Imaginaire : lorsqu'il n'est plus à même de saisir et de lier en même temps deux objets de niveaux Imaginaires différents. C'est-à-dire, lorsque le système d'acquisition de la mémoire factuelle est hors circuit, en gros lorsque l'hippocampe est en vacances. Il est vrai que j'aurais du continuer mes investigations dans ce domaine.

2/ La liaison "inconscient" reliant S et A :

Il y a quelque difficulté à définir cette liaison, (je lis dans certains commentaires "axe inconscient", dans d'autres "axe symbolique"); d'où sans doute cette ligne à moitié en pointillé. Le terme "inconscient" est un fourre-tout où cohabitent le Symbolique (domaine de A) et le Réel (domaine du Ça). Il convient d'y mettre un peu d'ordre pour y comprendre quelque chose.

Je pense qu'il faut dire en tout premier qu'il y a deux types d'inconscient: l'un relatif au Réel, l'autre relatif au Symbolique.

Inconscient relatif au Réel:

Nous pouvons le caractériser en nous référant au processus neurologique de la mémoire événementielle dont nous avons parlé dans ce billet: "synchronicité de la mémoire à court terme". Nous y avons vu en oeuvre un processus combinant deux concepts, l'un synchronique, l'autre diachronique. C'est-à-dire une différenciation Imaginaire, demandant pour être exprimée, deux niveaux synchroniques. L'inconscient se situe au dernier stade Imaginaire, au contact brut du Réel, lorsque je n'ai plus le recul nécessaire pour distinguer 2 niveaux synchroniques Imaginaires. Lorsque mon Imaginaire n'amortit plus le choc du Réel, c'est proprement la tuchê.

Physiologiquement, cet inconscient peut être rapproché de la mémoire procédurale.

J'ai un souvenir personnel assez émouvant à ce sujet. Je visitais il y a peu, mon père et ma belle-mère, qui est malheureusement atteinte de la maladie d'Alzheimer. Nous étions assemblés autour d'elle qui ne nous reconnaissait pas, appelant son mari "monsieur". Nous essayions en vain de la faire se situer par rapport à chacun de nous. Puis, au moment de partir, elle nous dit, se tournant vers mon père: "mais celui-là, je l'aime".

Cet amour n'était donc pas du domaine de la remémoration, de sa mémoire factuelle, chronologique, mais intériorisée au niveau de sa mémoire procédurale, atemporelle.

Inconscient relatif au Symbolique:

Cet inconscient tient à la posture même du Sujet, ex-ante par rapport au Symbolique. Le sujet S se réfère à une "base stable" qui lui échappe, que nous situons, nous spectateurs, dans le domaine de son Symbolisme. Il est impossible pour le Sujet lui-même d'avoir "conscience du temps" en relation avec son Symbolique, donc conscience tout court. De la même façon qu'il serait impossible à un petit "démon de Maxwell" chevauchant un photon d'avoir conscience du temps qui passe... C'est, si je puis dire, un effet relativiste de la conscience.

Je voudrais ajouter ceci : la façon qu'un Sujet a de percevoir une conséquence Imaginaire d'une cause Symbolique devrait être décrite comme un effet de "décohérence", dans le sens que les physiciens donnent à ce terme. Autrement dit, si moi, en position ex post, je situe S et A au niveau Symbolique du a (le moi du Sujet qui s'exprime); alors je dois comprendre que pour le a en question S et A sont intriqués au niveau de son propre niveau Symbolique, tel qu'il le vit. J'en parle dans ce billet "intrication Symbolique / décohérence Imaginaire".

3/ Le Sujet

Tout est dit de ce S ; par exemple:

"Le sujet, S sur le schéma, est le sujet dans son incomplétude. Dans un premier temps logique, mais aussi chronologique, le sujet indéterminé se reconnaît et s’identifie à l’image spéculaire de son propre corps qui est perçu au début comme un autre." (repris de Serge Leclaire ici)

ou encore :

"S, identifié homophoniquement au ça freudien (en allemand : Es), signifie le sujet de l'inconscient. C'est le sujet dans son ineffable existence, pris dans les rets du langage et ignorant des effets de ce langage." (repris de Wikipedia)

En bref, le Sujet S est dans le Réel, se représente en a dans l'Imaginaire et se retrouve en compagnie de l'Autre A dans le Symbolique. Il court il court le furet...

Et bien soit: le Sujet est partout, et d'abord dans l'idée que nous, avec Lacan, pouvons nous en faire, en position ex post par rapport au discours que nous portons sur lui.

Mais alors, le seul élément qui puisse ainsi traverser tout l'édifice Imaginaire du sujet, en prenant sa source dans le Réel ne peut être qu'un concept diachronique qui se hisserait ainsi, d'étage en étage jusqu'au Symbolique. Or, nous avons déjà identifié le couple libido / pulsion (la libido étant un concept synchronique, et la pulsion son complément diachronique; voir L'Homme Quantique) comme principe dynamique de la psyché. Autrement dit, ce S qui procède du Réel (le Ça) pour produire son moi (le a Imaginaire) en se frottant à l'Autre (le A Symbolique) est essentiellement cette "pulsion unaire" dont parlera Lacan plus tard.

a/ Pulsion / Imaginaire: ceci me fait fortement penser à la fonction identité dont nous avons parlé longuement à propos de la théorie des catégories (reportez-vous aux billets #5 & #6 en particulier). Pour pouvoir manipuler un objet qui circule nécessairement d'un niveau à l'autre dans l'imaginaire, dans une démonstration mathématique, il faut bien que le mathématicien, le deus ex machina (ex post) qui désigne l'objet, affirme sa pérennité de niveau en niveau. Et bien, il en est de même pour nous, observateurs (au côté de Lacan en l'espèce) du Sujet : nous en parlons, sans égard au niveau Imaginaire auquel nous nous plaçons pour ce faire, ni de la partie du Sujet (Réel, Imaginaire ou Symbolique) prise en considération...

b/ Pulsion / Réel : nous référant à ce que nous avons pu dire du singleton dans la théorie des catégories, il m'apparaît que le "Ça" Freudien est une réification de la pulsion qui anime le Sujet : une représentation ex post (synchronique) d'un principe diachronique. Par ailleurs, il n'est pas interdit de se faire une idée un peu plus précise de cette pulsion, sans pour autant détruire l'édifice Freudien. Voir le billet "étude du système pulsionnel".

c/ Pulsion / Symbolique : Si le Sujet a lui-même intégré le processus d'identification propre à l'Imaginaire (ce que retrouve le mathématicien dans sa fonction identité), alors, par extrapolation, et passant de position ex post à ex-ante, il peut se considérer, lui-même, comme la partie dicible, Imaginaire, d'un sujet S qui le constituerait symboliquement. Ce que, plus tard, Lacan (en position ex post cette fois-ci) pourra dénommer le signifiant maître S1. Mais ceci n'est pas encore conceptualisé lorsqu'il présente ce schéma L.

En conclusion, nous pouvons avantageusement, me semble-t-il voir cette écriture hésitante " S (Es)" comme une "projection synchronique" d'un concept diachronique, la pulsion, représentée par un axe orienté, ayant pour origine Es dans le Réel et pour extrémité S dans le Symbolique.

Un dessin valant mieux qu'un long discours, je vous propose de résumer tout ceci par ce schéma:

Le schéma en L de Lacan

Il est aisé de voir sur ce dessin d'où provient l'ambiguïté de cet axe" inconscient" sensé relier S(Es) à A:

=> le schéma, ou plutôt la projection, de Lacan occulte la dimension diachronique de la structure.

4/ Le schéma en L

Une fois ceci compris, il n'y a plus aucune difficulté à remettre en perspective l'axe Imaginaire, reliant a et a'. Nous sommes ici dans l'Imaginaire du Sujet, dont Lacan peut se faire sa propre idée dans son imaginaire à lui. Quoi qu'il en soit (que nous en restions au Sujet lui-même ou bien à l'idée que s'en fait Lacan (situé en Im), l'Imaginaire s'interpose entre le Réel et le Symbolique. Pour que l'on puisse en voir quelque chose sur son schéma en L, Lacan a tourné a et a' de 90° par rapport à S et A. Ce qui n'est plus nécessaire dans notre schéma en perspective. Par ailleurs, nous pouvons oublier le Es ou "Ça" de Freud, dans la mesure où nous avons compris qu'il ne s'agit que d'identifier synchroniquement une pulsion, par définition diachronique, qui est bel et bien représentée dans notre schéma.

D'où le schéma suivant, qui me semble plus clair :

Le schéma en L de Lacan

Maintenant que nous y voyons un peu plus clair, tout au moins, je l'espère pour vous, nous pouvons raisonnablement nous poser la question du processus qui amène à la constitution du moi (le petit a). La question n'a peut-être pas encore de sens, du point de vue du Sujet lui-même, car nous n'avons schématisé la situation que d'un point de vue extérieur.

Pour poser correctement la question grâce à laquelle le sujet va réellement constituer son "moi", le petit a, la représentation qu'il se fait de lui-même, il faudrait réellement se mettre à sa place, abandonnant ainsi la place privilégiée de Im, celui qui théorise sur la situation (celle de Lacan, en gros).

Et bien tentons l'expérience, ou tout au moins, faisons une expérience imaginaire. Je suis un petit garçon, et les adultes, les autres (A) m'expliquent le monde comme ils peuvent (le discours a' ). "Dit papa, pourquoi je dors la nuit?", enfin ce genre de choses. Tant que nous parlons des "objets", je peux essayer de suivre les explications de l'adulte : les roses sont des fleurs, les putois puent, les vaches donnent du lait, toutes ces sortes de choses. Je peux bien faire l'effort d'appeler "rouge" ce que l'adulte me désigne comme "rouge". Après tout, je n'en sais rien, mais je peux le suivre, et suivre les conventions qu'il m'indique. D'une certaine façon, les objets ne changent pas lorsque je passe de mon regard au sien. dit autrement: les objets sont invariants, par rapport à nos regards croisés. Comme le dit Lacan : "le Réel est apparu comme ce qui vient toujours à la même place". Pour un physicien, ceci renvoie à beaucoup d'implications que nous avons déjà passées en revue. En particulier au théorème de Noether : il y aurait en quelque sorte une "symétrie" des objets par rapport à l'observateur. On n'évalue pas à sa juste place toute l'importance du théorème de Noether. Très sincèrement, passant qui passez par là: prenez le temps de méditer sur ce théorème de Noether (j'en parle ici).

Mais, et c'est là que Lacan est précieux, lorsque ce même adulte (A) me parle de moi (toujours son discours a' ), il y a un moment décisif, le stade du miroir, après lequel, lorsqu'il me dit "je suis ton maître", j'entends "je suis ton élève"... Lorsque l'adulte me parle de moi, son discours est inversé.

=> Il y a rupture de symétrie.

Le stade du miroir introduit une rupture de symétrie dans ma façon d'entendre le discours de l'Autre. Je m'approprie ce que me dit l'autre lorsqu'il me parle de tout (on retrouve notre discussion autour du Menon de Platon), sauf lorsqu'il me parle de moi. Auquel cas, je suis en miroir par rapport à son discours.

Et, si vous avez suivi mes développements concernant la mécanique quantique, vous comprenez maintenant cette histoire de "décohérence". Tout au moins je l'espère !

Vous ne voyez toujours pas? Tâchons d'exprimer ceci selon la forme canonique des mythes.

Nous avons d'un côté un adulte, A, qui m'explique (en a' ) les objets (toutes sortes d'objets) mais n'arrive pas à me renvoyer (toujours en a' ) ce que j'exprime (en a).

Et nous pouvons exprimer comme suit la question que le sujet se pose (en position ex-ante par rapport à son système Symbolique):

Comment puis-je exister, alors que je ne me reconnais pas dans la parole de l'Autre?

Ce que l'on peut mettre sous la forme canonique suivante (voir le billet "Le mythe de la potière jalouse"): Pour mémoire : Fx(a) : Fy(b) :: Fx(b) : Fa-1(y)

  • La première fonction, Fx pourrait être le fait de parler, et sous ce rapport, je suis (en b), comme l'Autre (en a), un être parlant.
  • La seconde fonction Fy pourrait être le fait d'exister à mes propres yeux. Et je prends conscience de ma propre existence, depuis le stade du miroir. C'est notre Fy(b).

Nous pouvons maintenant renseigner complètement notre forme canonique:

Fparler(A) : Fexister(S) :: Fparler(S) : FA-1(exister)

Et le quatrième terme nous donne la réponse mythique à la question existentielle qui s'impose à moi : je peux exister en tuant l'Autre. Nous avons ici notre complexe d'Oedipe. Vous comprendrez maintenant pourquoi Lévi-Strauss se moque un peu de Freud en montrant, dans "La potière jalouse", que la trame du drame Oedipien se retrouve partout, même dans une pièce de Labiche comme "un chapeau de paille d'Italie".

Pour illustrer ce drame, je vous propose le schéma suivant:

Le schéma en L de Lacan

Il est possible de broder autour de ce schéma. Par exemple, Je n'ai mis que A au niveau Symbolique, mais l'on pourrait indiquer ensemble A&S, intriqués, comme nous l'avons relevé précédemment. Le sentiment conscient d'exister, apparaissant alors comme une décohérence de cet état intriqué. Et même considérer l'existence de S sous l'angle du principe d'exclusion de Pauli: je suis où l'Autre n'est pas. Et là encore, nous retrouvons Lacan.

Je pourrais également épurer l'écriture de la forme canonique en reprenant les concepts Lacaniens:

  • Fparler(A) = a', la parole de l'Autre,
  • Fparler(S) = a, le moi du Sujet,
  • Fexister(S) = S tout simplement, en nous rappelant de ce que nous avons dit de la fonction identité,
  • FA-1(exister) = A-1, en nous souvenant cette fois-ci du singleton.

Ce qui nous donne une formule ayant la légèreté d'une plume:

      a' : S = a : A-1

Avec une certaine cohérence dans l'écriture...

Ceci étant dit, nous allons pouvoir nous attaquer aux 4 discours de Lacan, et voir ce qu'il en reste...

Bonne méditation

Hari

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Ofelia 22/03/2017 01:20

Ma correction automatique est en Anglais.
Pardon!

Ofelia 22/03/2017 01:17

Le petit a pense que c'est comments la musique.
Brilliant!
Merci.

abibon richard 27/09/2016 01:18

excusez moi, je poste à nouveau mon commentaire, mais corrigé des nombreuses fautes que j'avais laissées dans le précédent :

J’ai une toute autre lecture que la votre. Je n’ai pas du tout les mêmes notions que vous de l’imaginaire, du symbolique et du Réel.
Partons de la définition du Réel que vous donnez en citant Lacan : "le Réel est apparu comme ce qui vient toujours à la même place". Pourquoi pas, mais au séminaire XI, Lacan a donné une toute autre définition du réel : « la tuché, la rencontre, ce qu’on ne peut pas prévoir ». Or, si le réel revient toujours à la même place c’est qu’on peut prévoir sa survenue. On est bien obligé de se rendre compte que les deux définitions sont contradictoires. Alors pourquoi en choisir une plutôt que l’autre ?
Et puis, si on y réfléchit un peu, on s’aperçoit que le symbolique est justement ce qui se réfère à une place : cet objet, par exemple (au hasard) le phallus, il est ici entre le jambes, c’est sa place, et là, il n’y est pas. Tout le symbolique fonctionne sur cet exemple : une représentation, c’est ce qui peut venir à la place de l’objet en l’absence de l’objet. Donc, rien à voir avec le réel. Éventuellement avec la réalité.
Prenons cette autre définition encore donnée par Lacan dans « le sinthome » : le symbolique c’est le trou. Force est de reconnaître que c’est encore différent des deux premières définitions. Le trou, qu’est-ce, si ce n’est la place laissée vide par un objet absent ? Cette définition me convient mieux car elle me semble en effet bien rendre compte du symbolique. Mais ce n’est pas « ce qui revient à la même place », c’est la place vide comme telle.
C’est donc celle-là que j’ai retenue.
Le Réel, je l’ai rencontré dans mon analyse, c’est donc à partir de cela que je l’ai conceptualisé, à partir de ma pratique. C’est ce qui n’est pas symbolisé, pas imaginarisé. Ça ne risque donc pas de revenir à la même place, puisque la place suppose un ordre donc une symbolisation. Tout ordre est symbolique, la notion de place s’en déduit. Donc mon Réel n’est pas une rencontre, tuché, je le comparerais plutôt au bruit de fond de l’univers qui est là tout le temps et partout, donc sans place et sans temps.

Vous écrivez « : Nous en revenons à la distinction Imaginaire / Symbolique. Et nous y verrons déjà un peu plus clair en disant que a, le moi du Sujet comme a', le discours de l'autre sont du domaine de l'Imaginaire, alors que S et A sont du domaine Symbolique (du Sujet, bien sûr, nous ne parlons pas ici de celui de Lacan...) ».

Je ne peux non plus adhérer à cette assertion. Le discours, tout discours ne peut être que symbolique car les mots ont besoin d’être à une place bien repérée, tant dans le lexique que dans la syntaxe. Maintenant le thème du discours peut être la réalité ou l’imaginaire, sachant qu’il n’est pas toujours facile de faire la part des choses. Mais même le discours le plus imaginaire en passe par l’ordre symbolique des mots.





Vous écrivez : « Quoique nous n'en ayons pas fini avec ce S. L'idée plus primitive de Freud, c'est que ce S, procède du "Ça"(d'où ce "Es" allemand dans le schéma), c'est-à-dire qu'il s'impose comme le produit d'une pulsion très primitive qui "pousse" à survivre. Le schéma général étant que cette pulsion qui vient du "Réel", se heurte aux normes imposées par l'Autre, du domaine du Symbolique ».

Personnellement je pense, toujours en rapport avec ce que j’ai trouvé dans mon analyse que, du Réel n’émane aucune pulsion. C’est le symbolique qui pulse pour essayer de s’attaquer au Réel qui est le laissé pour compte de son travail de mise en ordre. Ceci est cohérent avec la positon de Lacan à la fin du séminaire 2 où il reconnait la pulsion de mort comme « le symbolique ». C’est également cohérent avec le symbolique comme trou, la mort n’étant rien d’autre que ça, et sachant que pour obtenir des représentations, il faut en passer par le meurtre de la Chose, pour emprunter le mot de Hegel.
Mais je reconnais que ce sont des prises de positions extrêmement rares de Lacan qui, le reste du temps, est barré dans d’autres définitions contradictoires avec celles-ci. Ce n’est pas parce que sa définition du « sinthome » est tardive qu’il la garde. Au contraire, je reconnais qu’il revient ensuite à ses définitions précédentes, sans jamais prévenir l’auditoires de ses brusques changements d’humeurs, dont je ne suis pas sûr qu’il s’aperçoive.



Vous écrivez : « Nous voici revenus au triptyque Réel / Imaginaire / Symbolique. Avec ce Sujet qui décidément se retrouve à tous les étages ! »

C’est bien le problème ! Vos définitions font de RSI des entités homogènes entre elles. D’ailleurs vous les représentez schématiquement par des plans semblables, même s’ils sont étagés. Cet étagement suppose un ordre symbolique qui superviserait le tout, d’ailleurs. Je comprends volontiers votre méprise, car elle est conforme à celle de Lacan : en faisant du nœud borroméen une écriture de RSI, en attribuant à chaque rond le soin de représenter l’une de ses catégories, il identifie donc le Réel avec le symbolique et avec l’imaginaire, car les trois ronds sont, topologiquement, absolument identiques en consistance, en place et en fonction. Il y a là une contradiction avec la théorie qui voudrait que le réel ne soit pas l’imaginaire ni le symbolique.
Cela vient d’une notion catégorielle qui plane le plus souvent sur la théorie de Lacan : RSI seraient des grands sacs dans lesquels on peut fourrer tout ce qu’on veut : le père, le phallus, le sujet…
Donc non, je ne peux pas dire que le sujet soit à tous les étages. Pour moi, le sujet est absolument symbolique. Pourquoi ? parce qu’il tient un rôle de fonction, au même titre que le symbolique, qui étant fonction, ne saurait être représenté par une image puisqu’il est trou, place : ni un plan ni un rond de ficelle ne saurait le représenter. Le sujet organise les mots lorsqu’il parle, il organise ses représentations lorsqu’il réfléchit. Le sujet se construit ainsi un moi qui, lui, revient toujours à la même place : ce pourquoi je me reconnais comme étant toujours le même. Ce moi est imaginaire au sens de l’image du corps, mais aussi l’image que je me fais de moi à travers mon histoire, mon idéal, et ce que je dis de moi aux autres. En ce sens, il est aussi symbolique, mais pas en consistance puisque le symbolique n’a pas de consistance, il l’est en tant qu’organisé par le sujet, qui parfois sait, parfois ne sait pas ce qu’il fait, y compris pour construire son moi.


Vous écrivez : « En bref, le Sujet S est dans le Réel, se représente en a dans l'Imaginaire et se retrouve en compagnie de l'Autre A dans le Symbolique. Il court il court le furet... »

Donc non. Le sujet n’est en aucun cas dans le réel.


Vous écrivez : »Lorsque l'adulte me parle de moi, son discours est inversé ».

Eh bien ça se discute : relisez l’histoire de la « truie » dans le séminaire 3. Lacan y dit cela, mais aussi 4 pages avant, le contraire, à propos de la même chose. Je détaille cela ici : http://une-psychanalyse.com/Je_viens_de_chez_Lacan.pdf

Vous écrivez : « Comment puis-je exister, alors que je ne me reconnais pas dans la parole de l'Autre?
Ce que l'on peut mettre sous la forme canonique suivante (voir le billet "Le mythe de la potière jalouse"): Pour mémoire : Fx(a) : Fy(b) :: Fx(b) : Fa-1(y)
La première fonction, Fx pourrait être le fait de parler, et sous ce rapport, je suis (en b), comme l'Autre (en a), un être parlant.
La seconde fonction Fy pourrait être le fait d'exister à mes propres yeux. Et je prends conscience de ma propre existence, depuis le stade du miroir. C'est notre Fy(b).
Nous pouvons maintenant renseigner complètement notre forme canonique:
Fparler(A) : Fexister(S) :: Fparler(S) : FA-1(exister)


Fparler(A) = a', la parole de l'Autre,
Fparler(S) = a, le moi du Sujet,
Fexister(S) = S tout simplement, en nous rappelant de ce que nous avons dit de la fonction identité,
FA-1(exister) = A-1, en nous souvenant cette fois-ci du singleton.
Ce qui nous donne une formule ayant la légèreté d'une plume:
a' : S = a : A-1
Avec une certaine cohérence dans l'écriture... »

J’apprécie votre tentative de trouver une écriture mathématique. Je suis, moi aussi, fasciné par les maths depuis le début de mes études. Mais, sans bases cohérentes, que sont les mathématiques ? Surtout si vous voulez les faire coller au schéma L qui, en dissociant lui aussi les axes imaginaires et symboliques, en fait deux entités séparées qui fixent des instances « dans le symbolique » ou « dans l’imaginaire », alors que ces instances sont toutes un résultat de leur combinatoire ; alors qu’elles ne cessent de fonctionner de concert puisque, de fonction, je ne reconnais que le symbolique en tant qu’il opère sur l’imaginaire au sens large, c'est-à-dire sur les représentations, la fonction sur l’objet.
J’ai moi-même beaucoup travaillé le rapport avec la physique d’une part, les mathématiques de l’autre :

http://une-psychanalyse.com/L_impossible.pdf
http://une-psychanalyse.com/calcul_integral_et_differentiel.pdf

Ma foi, on s’en passe. C’est amusant, mais l’essentiel n’est pas là, car tout cela est discussion théorique. L’essentiel reste dans la pratique, que l’on peut éventuellement articuler :
http://une-psychanalyse.com/Reve_et_mathematiques.pdf

Votre titre : « l’homme quantique » est pas mal. Perso, je ne trouve pas que l’homme soit quantique. C’est la physique qui l’est. Certes, avec ses réalités superposées et contradictoires, cette dernière dégage une curieuse analogie avec l’inconscient. Mais je suis prudent et je me contente de parler d’analogie, non d’identité. La physique a ses raisons que la psyché n’a pas.

J’apprécie néanmoins votre tentative d’apporter une lecture originale de l’œuvre de Lacan. Souffrez que je vous aie ici proposé un aperçu de la mienne. J’ai eu plaisir à vous lire et cœur à vous répondre.

Cordialement

Alain Simon 27/09/2016 03:07

Merci pour ce commentaire auquel je pense répondre de façon détaillée dans un prochain billet. Car il mérite que l'on s'y attarde.

Mais, pour vous en donner une idée, prenons juste votre premier point concernant le Réel:
"Partons de la définition du Réel que vous donnez en citant Lacan : "le Réel est apparu comme ce qui vient toujours à la même place". Pourquoi pas, mais au séminaire XI, Lacan a donné une toute autre définition du réel : « la tuché, la rencontre, ce qu’on ne peut pas prévoir ». Or, si le réel revient toujours à la même place c’est qu’on peut prévoir sa survenue. On est bien obligé de se rendre compte que les deux définitions sont contradictoires. Alors pourquoi en choisir une plutôt que l’autre ? "
Vous répondez vous-même au dilemme que vous posez: en effet pourquoi "choisir", alors qu'il ne s'agit que d'un effet de la position que l'on adopte. Il n'y a pas contradiction dans ces deux propos de Lacan, simplement une différence de point de vue.

1/ Pour dire que le Réel revient toujours à la même place, il faut évidemment être en position d'observateur, afin de repérer l'automation, la répétition, le mouvement et in fine le temps. Et peut voir l'échec répété auquel se heurte quelqu'un qui bute sur le réel, encore et encore. Je parle de position "ex-post", et j'en parle très longuement.

2/ Pour celui qui est dans le jeu, alors, bien entendu, le Réel se présente de manière traumatique, etc... Le sujet est en position "synchrone".

3/ Et cette différence fait que l'un peut avoir conscience du temps (ex post / 2 niveaux synchroniques / conscience / perception du temps. Là se situe l'automation. L'autre, "au contact", n'a pas le recul pour prendre conscience du temps. C'est la tuchê

J'y reviens à de nombreuses reprises dans mes billets, comme dans mon livre. Et, j'en parle en particulier, à propos de la théorie mathématique des catégories, avec ce clip d'un mouvement de machine à coudre, que je vous engage à parcourir.

La suite dans ce billet à venir.
Très cordialement.

abibon richard 27/09/2016 00:53

J’ai une toute autre lecture que la votre. Je n’ai pas du tout les même notions que vous de l’imaginaire, du symbolique et du Réel.
Partons de la définition du Réel que vous donnez en citant Lacan : "le Réel est apparu comme ce qui vient toujours à la même place". Pourquoi pas, mais u séminaire XI, Lacan a donné une toute autre définition du réel : « la tuché, la rencontre, ce qu’on ne peut pas prévoir ». Or si le réel revient toujours à la même place c’est qu’on peut prévoir sa survenue. On est bien obligé de se rendre compte que les deux définitions sont contradictoires. Alors pourquoi en choisir une plutôt que l’autre ?
Et puis si on y réfléchit un peu on s’aperçoit que le symbolique est justement ce qui se réfère à un place : cet objet, par exemple (au hasard) le phallus, il est ici entre le jambes c’est sa place, et là, il n’y est pas. Tout le symbolique fonctionne sur cet exemple : une représentation, c’est ce qui peut venir à la place de l’objet en l’absence de l’objet. Donc, rien à voir avec le réel. Éventuellement avec la réalité.
Prenons cet autre définition encore donné par Lacan dans « le sinthome » : le symbolique c’est le trou. Force est de reconnaître que c’est encore différent des deux premières définitions. Le trou, qu’est-ce, si ce n’est la place laissée vide par un objet absent ? Cette définition me convient mieux car elle me semble en effet bien rendre compte du symbolique. Mais ce n’est pas « ce qui revient à la même place », c’est la place vide comme telle.
C’est donc celle-là que j’ai retenue.
Le Réel je l’ai rencontré dan mon analyse, c’est donc à partir de cela que je l’ai conceptualisé, à partir de ma pratique. C’est ce qui n’est pas symbolisé, pas imaginarisé. Ça ne risque donc pas de revenir à la même place, puisque la place suppose un ordre donc une symbolisation. Tout ordre est symbolique, la notion de place aussi. Donc mon Réel n’est pas une rencontre, tuché, je le comparerais plutôt au bruit d fond de l’univers qui est là tout le temps et partout donc sans place et sans temps.

Vous écrivez « : Nous en revenons à la distinction Imaginaire / Symbolique. Et nous y verrons déjà un peu plus clair en disant que a, le moi du Sujet comme a', le discours de l'autre sont du domaine de l'Imaginaire, alors que S et A sont du domaine Symbolique (du Sujet, bien sûr, nous ne parlons pas ici de celui de Lacan...) ».

Je ne peux non plus adhérer à cette assertion. Le discours, tout discours ne peut être que symbolique car les mots ont besoin d’être à une place bien repérée, tant dans le lexique que dans la syntaxe. Maintenant le thème du discours peut être la réalité ou l’imaginaire, sachant qu’il n’est pas toujours facile de faire la part des choses. Mais même le discours le plus imaginaire en passe par l’ordre symbolique des mots.





Vous écrivez : « Quoique nous n'en ayons pas fini avec ce S. L'idée plus primitive de Freud, c'est que ce S, procède du "Ça"(d'où ce "Es" allemand dans le schéma), c'est-à-dire qu'il s'impose comme le produit d'une pulsion très primitive qui "pousse" à survivre. Le schéma général étant que cette pulsion qui vient du "Réel", se heurte aux normes imposées par l'Autre, du domaine du Symbolique ».

Personnellement je pense, toujours en rapport avec ce que j’ai trouvé dans mon analyse que, du Réel, n’émane aucune pulsion. C’est la symbolique qui pulse pour essayer de s’attaquer au Réel qui est le laissé pour compte de son travail de mise en ordre. Ceci est cohérent avec la positon de Lacan à la fin du séminaire 2 où il reconnait la pulsion de mort comme « le symbolique ». C’est également cohérent avec le symbolique comme trou, la mort n’étant rien d’autre que ça, et sachant que pour obtenir des représentations, il faut n passer par le meurtre de la Chose, pour emprunter le mot de Hegel.
Mais je reconnais que ce sont des prises de positions extrêmement rares de Lacan qui, le reste du temps, est barré dans d’autres définitions contradictoires avec celles-ci. Ce n’est parce que sa définition du « sinthome » est tardive qu’il la garde. Au contraire, il revient à ensuite à des définitions précédentes, je reconnais sans jamais prévenir l’auditoires de ses brusques changements d’humeurs, dont je ne suis pas sûr qu’il s’aperçoive.



Vous écrivez : « Nous voici revenus au triptyque Réel / Imaginaire / Symbolique. Avec ce Sujet qui décidément se retrouve à tous les étages ! »

C’est bien le problème ! vos définitions font de RSI des entités homogènes . D’ailleurs vous les représentez schématiquement par des plans semblables, même s’ils sont étagés. Cet étagement suppose un ordre symbolique qui superviserait le tout, d’ailleurs. Je comprends volontiers votre méprise, car elle est conforme à celle de Lacan : en faisant du nœud borroméen une écriture de RSI, en attribuant à chaque rond le soin de représenter l’une de ses catégories, il identifie donc le Réel, le symbolique et l’imaginaire, car les trois ronds sont, topologiquement, absolument identiques en consistance, en place et en fonction. Il y a là une contradiction avec la théorie qui voudrait que le réel, ce n’est pas l’imaginaire ni le symbolique.
Cela vient d’une notion catégorielle qui plane le plus souvent sur la théorie de Lacan : RSI seraient des grands sacs dans lesquels on peut fourrer tout ce qu’on veut : le père, le phallus, le sujet…
Donc non, je ne peux pas dire que le sujet soit à tous les étages. Pour moi, le sujet est absolument symbolique. Pourquoi ? parce qu’il tient un rôle de fonction, au même titre que le symbolique, qui étant fonction, ne saurait être représenté par une image puisqu’il est trou, place : ni un plan ni un rond de ficelle ne saurait le représenter. Le sujet organise les mots lorsqu’il parle, il organise ses représentations lorsqu’il réfléchit. Le sujet se construit ainsi un moi qui ,lui, revient toujours à la même place : ce pourquoi je me reconnais comme étant toujours le même. ce moi est imaginaire au sens de l’image du corps, mais aussi l’image que je me fais de moi à travers mon histoire, mon idéal, et ce que je dis de moi aux autres en ce sens il est aussi symbolique, mais pas en consistance puisque le symbolique n’a pas de consistance, il l’est en tant qu’organisé par le sujet, qui parfosi sait, parfois ne sait pas ce qu’il fait, y compris pour conduire son moi.


Vous écrivez : « En bref, le Sujet S est dans le Réel, se représente en a dans l'Imaginaire et se retrouve en compagnie de l'Autre A dans le Symbolique. Il court il court le furet... »

Donc non. Le sujet n’est en aucun cas dans le réel.


Vous écrivez : »Lorsque l'adulte me parle de moi, son discours est inversé ».

Eh bien ça se discute : relisez l’histoire de la « truie » dans la séminaire 3. Lacan y dit cela, mais aussi 4 pages avant, le contraire, à propos de la même chose. Je détaille cela ici : http://une-psychanalyse.com/Je_viens_de_chez_Lacan.pdf

Vous écrivez : « Comment puis-je exister, alors que je ne me reconnais pas dans la parole de l'Autre?
Ce que l'on peut mettre sous la forme canonique suivante (voir le billet "Le mythe de la potière jalouse"): Pour mémoire : Fx(a) : Fy(b) :: Fx(b) : Fa-1(y)
La première fonction, Fx pourrait être le fait de parler, et sous ce rapport, je suis (en b), comme l'Autre (en a), un être parlant.
La seconde fonction Fy pourrait être le fait d'exister à mes propres yeux. Et je prends conscience de ma propre existence, depuis le stade du miroir. C'est notre Fy(b).
Nous pouvons maintenant renseigner complètement notre forme canonique:
Fparler(A) : Fexister(S) :: Fparler(S) : FA-1(exister)


Fparler(A) = a', la parole de l'Autre,
Fparler(S) = a, le moi du Sujet,
Fexister(S) = S tout simplement, en nous rappelant de ce que nous avons dit de la fonction identité,
FA-1(exister) = A-1, en nous souvenant cette fois-ci du singleton.
Ce qui nous donne une formule ayant la légèreté d'une plume:
a' : S = a : A-1
Avec une certaine cohérence dans l'écriture... »

J’apprécie votre tentative de trouver une écriture mathématique. Je suis moi aussi fasciné par les maths depuis le début de mes études. Mais, sans bases cohérentes, que sont les mathématiques ? Surtout si vous voulez les faire coller au schéma L qui, en dissociant lui aussi les axes imaginaires et symboliques, en fait deux entités séparées qui fonction–objet fixent des instances « dans le symbolique » ou « dans l’imaginaire », alors que ces instances sont toutes un résultat de leur combinatoire ; alors qu’elles ne cessent de fonctionner de concert puisque, de fonction, je ne reconnais que le symbolique en tant qu’il opère sur l’imaginaire au sens large, c'est-à-dire sur les représentations.
J’ai moi-même beaucoup travaillé le rapport avec la physique d’une part, les mathématiques de l’autre :

http://une-psychanalyse.com/L_impossible.pdf
http://une-psychanalyse.com/calcul_integral_et_differentiel.pdf

Ma foi, on s’en passe. C’est amusant, mais l’essentiel n’est pas là, car tout cela est discussion théorique. L’essentiel reste dans la pratique, que l’on peut éventuellement articuler :
http://une-psychanalyse.com/Reve_et_mathematiques.pdf

Votre titre : « l’homme quantique » est pas mal. Perso, je ne touve pas que l’homme soit quantique. C’est la physique qui l’est. Certes, avec ses réalités superposées et contradictoires, cette dernière dégage une curieuse analogie avec l’inconscient. Mais je suis prudent et je me contente de parler d’analogie, non d’identité. La physique a ses raisons que la psyché n’a pas.

J’apprécie néanmoins votre tentative d’apporter une lecture originale de l’œuvre de Lacan. Souffrez que je vous aie ici proposé un aperçu de la mienne. J’ai eu plaisir à vous lire et cœur à vous répondre.

Cordialement

Hari Seldon 29/09/2016 17:49

"Pourquoi choisir? mais, dans votre propos, en ne mentionnant à aucun moment une autre définition du réel."
Désolé mais je ne vois pas ce dont vous parlez. J'ai de façon très constante, toujours refusé de faire une quelconque structuration du Réel. Je m'en tiens strictement au fait que du réel on ne puisse qu'être surpris. Je vous engage à regarder quelques-uns de mes textes, sur ce blog. Et je ne tente certainement pas de "l'intégrer" à quoi que ce soit. Il est pour moi inaccessible ou plus précisément hors de mon Imaginaire etc... Et je ne comprends pas de quelle contradiction vous parlez. Je n'en vois aucune. Par ailleurs je ne comprends pas ce que recouvre le terme "parler de la réalité". Les étoiles ont-elles un point de vue traumatique: ce serait idiot. Comme d'imaginer que je puisse être réellement en contact avec les étoiles que je peux "voir". Un chien a-t-il l'impression de voir "des étoiles"? C'est bien entendu une représentation, dont Imaginaire. Et je me garde très soigneusement de parler de la "réalité", qui est un fantasme des plus dangereux.

"et même, si on transpose, comme vous le faites, ça ne va pas : celui qui est dans le jeu peut être parfaitement traumatisé par quelque chose qui revient toujours semblable, dont il a parfaitement conscience que ça revient. Ce n'est donc nullement de la touché."
Essayez d'entrer vraiment dans ce que je dis, vous vous répondrez vous-même assez facilement. Je dis et je maintiens que le simple fait d'avoir conscience d'une répétition, indique a minimum, un recul par rapport à son vécu pour en prendre conscience. Dans ces conditions, votre joueur est sur deux registres. j'en parle assez longuement dans le blog, sans vous inciter à lire le bouquin (il est en ebook, pas cher).
Et je peux même compléter: nous pouvons être sur 3 registres. Par exemple lors d'une séance d'analyse, en particulier.

"enfin, en psychanalyse, je crois qu'on ne prend pas le point de vue de Sirius qui surplomberait tous les acteurs. On prend le point de vue purement subjectif, celui d'un sujet".
Vous avez un préjugé quand à ce que j'expose, ou bien, vous faites un total contresens : je n'arrête pas, au contraire d'indiquer ma propre position dans les schémas, pour dire que ceci est de mon imaginaire !!! Comment pourrais-je être plus "relativiste"?
"On prend le point de vue purement subjectif, celui d'un sujet"
C'est sans doute ce que vous tentez, mais raison de plus pour préciser très soigneusement les positions de chacun. Sans compter qu'il est très ... optimiste dirais-je de prétendre prendre le point de vue du patient.

"quoi qu'il en soit, tout cela ne correspond en rien à ce que j'ai découvert moi-même dans mes rêves et dans ceux de certains analysants."
Argument d'autorité, sans énoncé réfutable.

"et puis il y a encore une autre définition du réel, dans le Sinthome, à côté du symbolique comme trou et de l'imaginaire comme surface : le réel est ce qui ex-siste. c'est encore une toute autre définition"
Ça, justement c'est de la représentation pure et simple : ce trou ne peut être qu'une représentation donc Imaginaire. Je n'ai pas besoin de tout ceci. En ce qui concerne certaines constructions de Lacan, voyez le billet suivant où je commente la séance du 26/0/69 (séminaire XVI). Ave à la clef une belle erreur fondamentale sur l'approche mathématique que se donne Lacan. Ce qui n'enlève pas grand chose à ce qu'il pointe, mais relativise beaucoup le crédit que l'on doit apporter aux métaphores qu'il utilise pour s'exprimer...

"moi j'ai choisi de le comprendre avec mon expérience pratique, de ce qui siste ex, c'est à dire qui se tient en dehors de toute symbolisation par un imaginaire quelconque."
Vous avez la pratique et je vous apporte les outils pour l'exprimer. Encore faudrait-il que vous consentiez à accepte que l'on puisse vous apporter quelque chose...
"... de ce qui siste ex, c'est à dire qui se tient en dehors de toute symbolisation par un imaginaire quelconque."
Comment ne voyez-vous pas que c'est ce dont je vous parle?

"il y a des accidents qui sont parfaitement symboliques."
Nous pourrions en parlez si vous compreniez la différence que j'établie (à l'aide de Sausurre) entre position ex post (rationnelle) et ex ante (mythique, pour faire vite).

"je parie que vous allez me répondre que vous ne choisissez pas non plus et que vous l'intégrez avec les deux autres."
Je dirais plutôt que l'on ne peut pas avancer dans ce type de réflexions sans une théorie cohérente du temps. Ce que j'offre.
Je souhaiterais maintenant avancer en ce domaine en réalisant une expérience grâce à des moyens d'imagerie médicale. Voyez mon billet sur "le phénomène d'adhérence", pour vous faire une idée de ce dont je parle.
http://www.entropologie.fr/2014/06/modelisation-de-la-situation-theatrale-du-phenomene-d-adherence.html
Voyez également mon billet sur "père ne vois-tu pas que je brûle".
http://www.entropologie.fr/2014/06/pere-ne-vois-tu-pas-que-je-brule.html
Mais j'avoue que je ne suis pas au bout de ma réflexion, car, comme vous le dites, je manque d'expérience en la matière... La théorie n'est rien sans la pratique.

abibon 29/09/2016 15:54

Pourquoi choisir? mais, dans votre propos, en ne mentionnant à aucun moment une autre définition du réel, vous avez fait un choix. c'est parce que je vous la rappelle que vous tentez de l'intégrer. Vous essayez de vous sortir de la contradiction par cette question de point de vue mais... Lacan n'a jamais parlé de point de vue à ce propos. si on rajoute des points de vue qu'il n'a pas pris en compte, ça me semble plutôt une tentative de le sauver à tout prix. Mieux : à propos du réel qui revient toujours à la même place, il donne l'exemple des étoiles. autrement dit il nous parle de la réalité, pas du Réel. Les étoiles ont-elles un point de vue traumatique?
et même, si on transpose, comme vous le faites, ça ne va pas : celui qui est dans le jeu peut être parfaitement traumatisé par quelque chose qui revient toujours semblable, dont il a parfaitement conscience que ça revient. Ce n'est donc nullement de la tuché.
certes, il existe le trauma accidentel : un accident, un attentat, n'importe quoi qui surgit et auquel on ne s'attendait pas. mais ce n'est justement pas du tout la même chose, car à cela , personne ne s'attendait, pas plus celui qui le subit que l'observateur.
quoi qu'il en soit, tout cela ne correspond en rien à ce que j'ai découvert moi-même dans mes rêves et dans ceux de certains analysants.
enfin, en psychanalyse, je crois qu'on ne prend pas le point de vue de Sirius qui surplomberait tous les acteurs. On prend le point de vue purement subjectif, celui d'un sujet, car c'est de lui qu'il s'agit d'accoucher. . sinon, on sort de la psychanalyse pour obtenir une sorte de prise en compte objective d'une situation globale. en psychanalyse, il n'y pas d'observateur.

et puis il y a encore une autre définition du réel, dans le Sinthome, à côté du symbolique comme trou et de l'imaginaire comme surface : le réel est ce qui ex-siste. c'est encore une toute autre définition , ni tuché, ni automaton. évidemment la réthorique toujours ambigüe de Lacan fait qu'on peut comprendre ça à peu près comme on veut.
moi j'ai choisi de le comprendre avec mon expérience pratique, de ce qui siste ex, c'est à dire qui se tient en dehors de toute symbolisation par un imaginaire quelconque. or l'automation qui revient à la même place est évidemment symbolique, tout symptôme qui se répète est ainsi. quant aux traces d'accidents, eh bien j'avoue que je ne sais pas.
il y a des accidents qui sont parfaitement symboliques. j'en parle dans le dernier texte que j'ai publié sur ma page et mon site "au-delà du principe de plaisir" en analysant la série télé "au-delà des murs". lorsqu'un accident vient donner raison à un fantasme de mort sur une personne. le dit fantasme était là , parfaitement symbolisé, et la personne s'accuse de la responsabilité de l'accident, ce qui est aussi une façon de faire jouer le symbolique. je cite comme autre exemple la cécité de Ray Charles.
mais il y en a où cela ne joue pas. et je ne sais pas.
je parie que vous allez me répondre que vous ne choisissez pas non plus et que vous l'intégrez avec les deux autres.