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L'Homme quantique

Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Nos deux cerveaux

Ce billet juste pour épingler dans mon blog ce récit d'une commotion cérébrale subie par une neuro-anatomiste, qui a pu restituer son vécu: voir ici.

L'auteur utilise une métaphore intéressante pour différencier les fonctionnements des hémisphères droit et gauche:

  • l'hémisphère droit fonctionne en "parallèle"
  • l'hémisphère gauche fonctionne en "série"

S'il n'y a rien de neuf dans tout ceci, il s'agit là d'un témoignage direct très impressionnant.

Mais ce n'est pas pour cela que je veux en garder la trace ici; non. En l'entendant parler de ces deux "ordinateurs" parallèle / série, j'ai fait le rapprochement avec ce que je rumine encore dans la continuité de mon chapitre 4 sur la théorie des Catégories.

J'ai en effet insisté sur cette torsion que nous faisons subir à la notion de temps, lorsque l'on passe de l'expérience diachronique du physicien, pour passer à son expression synchronique, reportez-vous à l'endroit où je parle du singleton...

Pour prolonger la réflexion (réflexion ! c'est le cas de le dire) on pourrait avancer que :

1/ le langage (d'où découle la conscience du Moi), dans l'hémisphère gauche sélectionne quelques impressions récupérées du cerveau droit: c'est le travaille du "Moi physicien" : il recherche des relations cause/effet, les met en séries, et permet de se projeter dans l'avenir à partir du passé. Bref: il passe du mode de la synchronicité (cerveau droit) à une hiérarchisation diachronique (cerveau gauche).

2/ Les mathématiques sont une "réflexion" sur l'expérience du physicien caractérisée, c'est extrêmement clair dans la théorie des Catégories, par un effort pour "spacialiser" ou rendre synchronique, ce qui est de l'ordre de l'étagement diachronique. Il s'agit donc de retrouver un univers hors du temps d'avant le physicien, idéalement, le monde des idées de Platon, c'est donc une démarche visant à revenir vers le cerveau droit.

Cette bascule marque par là-même une évolution intellectuelle immanente :

  • Dans le premier temps il s'agit d'établir des rapports entre les impressions et Moi, 

R < I cerveau droit < Im ; étant entendu que Im, est essentiellement situé dans la partie gauche du cerveau, puisque l'individu est humain en tant qu'il parle.

Le mouvement diachronique serait alors essentiellement un passage cerveau droit => cerveau gauche

Je suis tenté d'y voir le premier genre de connaissance de Spinoza.

  • Dans le second temps, une "réflexion" sur l'expérience du monde, 

R < I cerveau droit < I cerveau gauche < Im ; ;

Il est question de "comprendre ce que l'on décrit", et donc de gommer ce premier saut diachronique qui, en soi, est une tâche aveugle caractérisant notre langage, comme celle de notre rétine marque le passage du nerf optique. Et ce serait un retour cerveau gauche => cerveau droit, le but étant de comprendre "intuitivement" les mathématiques, de les respirer. 

Cette tension serait à l'oeuvre dans la connaissance du second genre de Spinoza.

Opération menant bien entendu à la connaissance de troisième espèce; mais là nous sortons de l'immanence pour envisager la transcendance, c'est à dire le rapport au Symbolique.

Je vous propose de garder l'hypothèse que la bascule primitive cerveau droit / gauche est le premier mouvement diachronique, né d'une pulsion entre le "Moi" et ce qui remonte du Réel, ce que Freud aurait peut-être appelé le Ça ?

Je crois que ça commence à prendre tournure, non ?

Hari

PS: à développer:

Dans le chapitre 4, j'avance une métaphore entre l'organisation R/ I/ S et une scène de théâtre, avec le Réel coté jardin et le Symbolique côté cour. Le discours du Sujet étant un miroir semi-transparent renvoyant côté cour (partie de la scène où se trouve l'acteur, le Moi)  ce qui est recherché côté jardin. C'est utile pour expliquer la non-symétrie gauche / droite dans la théorie des Catégories ainsi que la différence choix / détermination, mais cette image me renvoie au stade du miroir, et à la métaphore du pot de fleurs de Lacan...

Êtes-vous sensibles, comme moi, à ces effets de miroirs, que l'on retrouve d'un niveau du discours à l'autre ?

Note du 07/11/2017 (je le note pour le reprendre) :

En considérant qu'un foncteur entre Catégories revoit des objets vers des objets et des fonctions vers des fonctions, autrement dit met en relation les concepts synchroniques d'une Catégorie vers les concepts synchroniques de l'autre, idem pour les concepts diachroniques, il est évident que la torsion que le langage mathématique fait subir à notre perception du temps, à savoir qu'il rend synchronique un principe diachronique en son essence, implique qu'il ne peut pas y avoir de foncteur portant de l'un à l'autre: la physique est définitivement irréductible à son langage, ce qui lui donne en retour une certaine consistance ! On voit par là que le langage "dégénère", lorsqu'on se rapproche du réel...

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