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L'Homme quantique

Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

De Descartes à Emmy Noether

Comme d'habitude, j'enchaîne mes cogitations d'un billet à l'autre, "j'en ai marre, marabout, bout de ficelle etc."

Ici, je développe les conséquences pour le Sujet de ce que nous avons vu dans le précédent billet concernant "L'impossibilité d'une théorie unifiant relativité et mécanique quantique" pour l'objet.

Je n'arrête pas de ruminer cette idée que nous abordons finalement l'étude du Sujet avec les mêmes outils que celle des objets, jusqu'à retrouver cette incertitude seconde dont nous venons de parler.

Ce qui m'encourage à prolonger l'exercice, et revisiter par exemple le cogito de Descartes.

"ego cogito ergo sum" / "je pense donc je suis". La pensée s'établit sur deux plans :

  • En Ik : "Je pense"
  • En Ik+1 : "Je suis"
  • Et la copule "donc" souligne le saut Ik/ Ik+1.

C'est une pensée typiquement "française", au sens où notre langue s'appuie plus volontiers sur les définitions statiques (synchroniques) que sur l'action proprement dite (diachronique) comme l'allemand (revoir cette excellente vidéo dont j'ai mis le lien dans "Réalité vs Wirklichkeit"). Une façon plus dynamique de souligner le saut diachronique serait de dire "j'existe".

Ce qui nous ramène bien entendu à l'axiome d'existence dont nous avons longuement discuté au sujet du morphisme identité, portant en particulier sur l'objet final : * =>  {*}.

Nous avons donc, dans le discours de Descartes cette simple "identité" mathématique utilisée pour se définir soi-même comme résultant d'un "processus". : je => {je}. Je parle ici d'un "processus" au sens où le physicien Souriau parlerait du "moment" {je} d'un objet "je". De ce point de vue, le sujet s'accomplirait dans un processus typiquement immanent.

- Soit, tu remets tout ceci en forme et c'est cohérent, mais tu ne nous apprends pas grand-chose.

- Et pourtant ! Souviens-toi du contexte: la pensée de Descartes, en affirmant cette immanence de l'être, rejette une autre approche, complètement transcendante  de l'Église, pour qui l'Homme "est à l'image de Dieu", sa "créature" etc... En ce sens, le Sujet se définit en position ex ante comme reflet "dicible" d'un système Symbolique qui le "transcende". Tu vois où je veux en venir: l'approche du Sujet n'est plus "logique", mais se rapproche plutôt d'une approche "topologique". Le Sujet ne pouvant se "comprendre" qu'à travers des "discours" qui le "cernent" sans fin. 

Or, nous avons défini la "prise de conscience" comme point de convergence entre deux mouvements immanent/ transcendant, prise de conscience originellement d'un objet (la rencontre d'un percept et d'un concept pour le neurologue J_P Changeux), et notre réflexion nous porte à étendre celle-ci à la propre prise de conscience du Sujet par lui-même, à redéfinir ainsi le stade du miroir.

Autrement dit, en reprenant peut-être un terme de Derrida, le geste de Descartes, en insistant sur l'aspect occulté de la perception de soi dans l'approche "XVIè siècle", déconstruit l'image qu'en donne l'Église pour fonder l'individu moderne. C'est en ce sens que Foucault peut parler à juste titre d'invention de l'individu à l'Âge classique (je reprends ici la généalogie de Foucault XVIè / Âge classique / Âge moderne).

Ce que nous faisons ici, c'est de recoller les morceaux, de les "reconstruire", et ce faisant, nous ne pouvons plus parler d'objet sans sujet, de physique sans psychisme..., bref sans parler de langage et donc de maths....

- Tu retombes dans l'auto-justification! Mais plus concrètement, si le Sujet doit être abordé avec les outils nous permettant de cerner l'objet, qu'en est-il du triptyque d'Emmy Noether.

- Et bien, Noether nous permet de préciser certaines choses.

Concernant la "quantité conservée", c'est ce que l'on peut voir comme le résultat d'un mouvement de l'objet, donc ici d'un mouvement du Sujet, et c'est très exactement dans le "mouvement" que le Sujet prend conscience de son existence, qu'il peut affirmer sa consistance (le moment {je} d'un objet "je" affirmant son identité).

Concernant "l'indétermination", nous sommes ici dans la convergence de deux indéterminations (ou libertés) ;

  • L'une, quantique, relative au rapports du Sujet à son environnement, R en dernier ressort. Liberté d'action, face à celle de l'objet qui s'échappe. À la limite nous avons le trauma du Réel qui subvertit l'Imaginaire du Sujet.
  • L'autre relative à sa propre détermination par rapport à son système Symbolique, S en dernier ressort. Liberté de pensée.
  • Avec R< I< S.

Concernant "les symétries", et bien le champ est large et devrait être exploré du point de vue développé ici. Il y a d'abord le stade du miroir, qui en soi est une question de symétrie, mais également les rapports à l'Autre dont parle Lacan. On peut également y rapporter la question des  neurones miroir dont nous parlent les neurologues, et d'une façon générale, l'importance des "rapports" humains, dans le développement de l'enfant. Tout ceci est lié à notre façon d'aborder les objets par la compréhension de leurs symétries me semble-t-iL

À tricoter donc !

Hari.

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