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L'Homme quantique

Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Chamanisme et énergie

- Ça y est, tu abandonnes toute rationalité pour te tourner vers l'ésotérisme ?

- Non, pas du tout, mon dernier échec me montre assez précisément où creuser la plaie pour nettoyer mon cerveau et je vais m'y atteler au plus vite; mais je m'étais inscrit à ce stage de guérisseur, il y a quelque temps déjà, pour me donner l'occasion de rencontrer enfin Sandrine Muller-Bohard qui m'avait beaucoup impressionnée dans ses vidéos ainsi que lors de sa conférence de Toulon, par la clarté de ses propos. J'en avais parlé il y a plus d'un an déjà, dans mon article "Imaginaire et chakras".

- C'est quand même loin de la physique quantique...

- En es-tu si sûr ?

Je me demande, au contraire, si la physique quantique ne serait pas le terrain de jeu où l'homme moderne peut, à très petite échelle, expérimenter ce que l'humanité sait, au plus profond de ses tripes, depuis la nuit des temps.

- Tu plaisantes ?

- Peut-être pas.

Il est vrai qu'il y a un effet de mode, et qu'en entendant parler de "médecine quantique" d'un air assuré quelqu'un n'ayant aucune idée du sujet, on se retient de ramener sa science. On pourrait sourire également de la prétention de Lacan à parler de topologie. Mais certains à-peu-près peuvent s'avérer féconds, pour peu que l'on consente à écouter au-delà des mots, à chercher la Lune au-delà du doigt.

- Je ne te suis pas.

- Par exemple, lorsque Sandrine parle de la connexion à distance entre deux personnes, elle présente la chose comme un lien qui perdurerait une fois établit un premier contact, ne fusse que par téléphone; et elle parle en l'occurrence d'intrication. Je "comprends" son propos, quoique mal fondé.

- Précise.

- En physique il n'y a pas particule ET fonction d'onde intriquée simultanément; c'est l'une ou l'autre. Les particules existent grâce à, ou plus précisément procèdent de, l'effondrement de la fonction d'onde, mais il n'y a pas de retour en arrière et les particules sont ensuite décorrélées. Donc, l'idée de deux individus liés à distance ne tient pas, il faut plutôt imaginer que la liaison tient à un changement de posture Imaginaire de qui en fait l'expérience.

- Je ne comprends pas.

- Si tu te représentes deux individus, comme des "éléments" distincts d'un groupe, à un niveau quelconque Ik de ton Imaginaire, tu es (en Im) dans une position ex post, rationnelle R<Ik<Im. Maintenant, penser l'intrication de deux êtres implique ton incapacité à les discerner en tant qu'individus, et tu es donc dans une posture ex ante, irrationnelle Im<Ik<S.

Dans le premier cas, ton regard est dirigé vers le Réel R, dans le second, vers le symbolique S. C'est dire qu'en te restreignant à une métaphore purement rationnelle, la première attitude est semblable à celle que l'on retrouve dans la pensée rationnelle logique I1<Im, quand la seconde rappelle l'approche topologique I'm<I0=Im.

La différence entre l'approche irrationnelle (ou mythique) et la rationalité tient à la réintroduction du Sujet Im en position finale ex post dans l'approche topologique.

Lorsque tu as compris cela, tu peux écouter sereinement Sandrine, accepter son expérience malgré son aspect irrationnel, pour en tirer des sujets de méditation.

Je noterai ici les quelques sujets de réflexion que j'ai retirés de mon écoute. Sandrine attaque par ces mots :

Attention / intention

L'attention, avec le privatif "a" latin indique l'absence de "tension", et l'ouverture nécessaire du soignant à ce qui l'entoure. Ça paraît très nécessaire effectivement, pour qui se sent comme une sorte de "passage" dans un sens qui va se préciser. Cette attitude "attentive", me semble être bien résumée par la posture I'm<, que je qualifierais volontiers de femelle Yin.

L'intention, celle du thérapeute, est réelle: c'est celle de guérir, ou tout au moins de venir en aide. Le "in" est donc une "mise en tension", une focalisation de la volonté sur le but à atteindre. Nous sommes là bien évidemment dans la posture <Im, que je qualifierais par opposition à la précédente de mâle, Yang.

Et tu vois comme tout ceci est très lié à ce que nous venons de voir à l'instant!

- Comment cela ?

- Je viens de te dire que l'aspect "corpusculaire" est lié à une posture <Im quand l'aspect "ondulatoire", ou "énergétique", est lié à la posture I'm<, et c'est ce que nous retrouvons ici.

Les pôles Yin et Yang :

Nous avons déjà par mal discuté de cette dualité (voir "Linga & Yoni" de juin 2015), et nous retrouvons avec Sandrine cette idée que le Sujet est ancré dans le sol, de type Yin pour s'élever par paliers, de chakra en chakra, jusqu'au pôle le plus éthéré Yang, ce qui correspond à notre étagement Imaginaire R<I1<I01<IR<I#<I0<S.

Nous avons vu également que l'approche la plus directe du niveau Imaginaire le plus bas, I1 est de type ex post, avec I1<Im, et l'approche la plus évidente de I0 est de type I'm<I0. Nous pouvons donc compléter intuitivement comme suit : 

  • L'approche des niveaux les plus bas, les plus "ancrés au sol" R<I1, de type Yin se font dans la posture Yang avec R<(I1)<Im;
  • L'approche des niveaux les plus hauts, les plus éthérés I0<S, de type Yang se font dans la posture Yin avec I'm<(I0)<S.

La présentation a l'avantage de conserver un aspect dynamique à l'opposition Yin/Yang : soit une "action" Yin sur un "objet" Yang, soit l'inverse.

Il faudrait méditer là-dessus, en repensant aux entendements de premier et second ordres de Spinoza; ou encore à cette idée piquée à J.P. Changeux qu'une prise de conscience est la rencontre entre un percept (du côté de R) et un concept (vers S). Cette dynamique seconde, propre au Sujet me semble résumée dans nos deux schémas, avec cette idée complémentaire d'une dualité entre deux processus R<Im et I'm<S., qui nous ramène à la balance du Sujet au stade du miroir : I'm⇆Im.

La perception de l'invisible :

- Là, tu déconnes ! Tu ne vas pas te mettre à prier l'archange Gabriel, non ?

- Permets-moi de te poser une question : depuis quand existent les photons ?

- Depuis l'âge du Big Bang, sans doute !

- Non, tu réponds trop vite. Le photon a été vu à l'origine comme un "quantum d'énergie". L'idée en est due à Einstein en 1905, à partir des calculs de Plank en 1900 pour résoudre la catastrophe ultraviolette. Ce quantum a été nommé "photon" par Aimé Cotton en 1926 et popularisé dans la revue Nature par le chimiste Gilbert L. Lewis la même année.

Autrement dit, c'est après cette naissance du concept que toi, un siècle plus tard, tu le fais exister rétrospectivement à l'aube de l'Univers !

- Attends, la matière a quand même une réalité que tu ne peux mettre en doute.

- Tu oublies toujours les bases : du Réel nous ne savons rien, sauf à constater qu'il nous dérange ou nous traumatise de temps à autre. Tu peux certes rire de Lacan et d'un langage trop verbeux à ton goût, mais il a fondamentalement raison : le Réel s'impose à toi, comme cette catastrophe ultraviolette, dans la mesure où c'est imprévu et vient te déranger dans ce rêve éveillé qu'est ta vie quotidienne; métro-boulot-dodo. Le Réel vient te chatouiller la couenne, comme ce caillou qui blesse Jacques au genou.

- Mais enfin, les atomes, les nucléons, les quarks...

- Franchement ? L'atome de Bohr est tombé de lui-même avec l'équation de Schrödinger, protons et neutrons se redessinent comme des assemblages de quarks. Et très franchement, que penser d'un boson vu comme une "particule de liaison" entre deux fermions, voire se baladant dans un champ de Higgs... Quand aux "cordes" ou à la "matière noire" n'en parlons même pas !

J'insiste un peu lourdement pour te mener à cette notion essentiellement quantique : une fois que tu as fixé ton protocole expérimental, l'expérience répond à la question que tu lui poses. Nous l'avons vu dernièrement: tu détermines les états propres du système et sa mesure va se caler dans ce que tu as déterminé. C'est la même chose avec ton photon : une fois que tu l'as imaginé, tu vas le voir.

Nous sommes là, en physique quantique, dans des questions d'énergie et de réification de quantums d'énergie selon des formes particulières, répondant à des principes de symétries particuliers (la théorie de jauges), autrement dit en accord avec notre façon d'organiser l'information.

Mais il s'agit bien de trouver le "bon accord" entre percepts et concepts, et d'accorder l'expérience à la théorie, comme on "accorde" un récepteur à l'émetteur, pour reprendre une excellente image de Sandrine parlant du bouton de "tunning" de nos radios d'antan.

Pourquoi dès lors refuser que tel ou tel agrégat ou disposition particulière d'énergie ne puisse être perçu sous une forme qui fasse sens pour le Sujet, de même qu'en regardant une pomme, je lui donne un sens pour moi, qui ne doit rien au fait que ce soit un gigantesque amas de cellules, molécules, atomes ou quarks.

- En as-tu fait l'expérience ?

- Non, mais c'est peut-être faute de ne pas y avoir fait attention, précisément...

Et puis j'avoue que mon Imaginaire n'est pas très fertile en la matière. J'avais déjà abandonné la voie Bouddhiste faute de prendre vraiment au sérieux toutes ces cohortes de Bouddhas, dieux, demi-dieux, démons, demi-démons et théories d'enfers comme de paradis...

Mais ce n'est pas parce que je suis bouché que j'ai raison... Je me souviens d'un temps où nous nous amusions beaucoup au bureau avec des images de "l'oeil magique" comme celle-ci :

Nous avions un collègue qui malgré tous ses efforts n'a jamais réussi à voir de coeur dans cette image de roses, il était persuadé que nous nous fichions de lui en lui expliquant ce que nous voyions.

Et bien, je suis à peu près sûr d'être dans cette situation par rapport à ce que j'entends de Sandrine, et la raison qui me fait penser qu'elle nous fait part d'une expérience vécue tient précisément à cet enseignement de la physique quantique: le système observé dépend de l'intention du Sujet.

- Tu pousses un peu le paradoxe !

- Vraiment ? Repense à l'expérience des fentes de Young conduite par Alain Aspect : il détermine après le passage d'un photon (ou d'un électron) par la ou les fentes, s'il décide de s'informer ou non de la fente traversée, et le résultat sur la plaque sensible en est affecté : s'il choisit de s'informer, le résultat conduit au comportement d'un corpuscule, sinon, l'expérience montre celui d'une onde. On ne peut pas mieux démontrer l'importance de l'intention du Sujet sur sa perception de son environnement !

Symbolisme de la croix :

Je le traduirais ainsi :

  • L'axe horizontal, c'est le plan synchronique;
  • L'axe vertical, c'est l'axe diachronique.

Sandrine s'est attachée à l'importance du point de croisement des deux (au niveau du chakra du coeur).

Pour nous, il s'agit de la place du Sujet dans son discours, comme de la représentation qu'il se fait de lui-même. Et pour compléter l'approche de Sandrine :

  • Vu en position ex post : <Im, il s'agit d'un principe d'existence;  orienté vers le Réel ;
  • Vu en position ex ante : I'm<, le Sujet est essentiellement un vide autour duquel tourne son Moi.

Voilà mes premières réflexions sur ce stage.

Il me reste encore pas mal de chemin à faire pour améliorer mon attention, dans l'intention d'un éveil éventuel ! ;-)

Hari

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