Information, virus et complot

Publié le par Hari Seldon

Fait-on jamais autre chose que tourner en rond, quelque soit la taille de la cage?
Je me rends compte, en le relisant, que mon dernier article, sur la théorie du complot, renvoit au premier, où j'exposais le thème du livre "Fondation", à savoir comment, à l'aide d'une théorie, la "psycho-histoire", un groupe minuscule infléchit le cours de l'histoire.
N'est-ce pas là le but même de nos fameux comploteurs, conspirateurs, illuminati ou illuminés de tous poils ?
D'un certain point de vue, toute idée, tout développement intellectuel, toute "information" est par essence subversive. Ce mot d'"information" est d'ailleurs très explicite: il veut dire "mettre en forme", donc changer, modifier, en un mot manipuler; sauf que les modifications attendues ne sont pas forcément obtenues "manuellement".
Mais il y a bien l'idée que l'information peut diriger, gérer de la matière et donc mettre en oeuvre de l'énergie. C'est le rapport du peu au multiple, de la commande à la machine, du général à la troupe, en un mot, nous sommes au coeur des problèmes d'organisation: comment mettre en oeuvre des énergies colossales par le truchement du verbe.
L'information a une connotation positive: on s'informe pour prendre les bonnes décisions, pour mettre en oeuvre une politique acceptée.
Mais l'on peut également vouloir contrôler l'autre à son insue, sans son accord, ou bien détourner l'énergie d'un organisme à notre profit. il y a alors conflit. Se pose alors la question de savoir comment obtenir de l'autre ce que l'on désire en minimisant notre propre dépense d'énergie: c'est toujours un problème d'information, mais souterraine cette fois. Il faut introduire chez l'autre, une information qu'il ne désire pas forcément: c'est le virus dans les cellules, ou le virus informatique dans les programmes ou la manipulation des foules.
Le complot ne se distingue des techniques de gestion que par l'intention.
Et je reviens sur cette remarque faite par le webmaster de siti-net rapportée dans le précédent article: en améliorant ses connaissances il faut toujours prendre en compte la part d'ombre de chaque nouvelle avancée. On peut vouloir devenir le bon chevalier blanc, mais il ne faut pas être naïf pour autant

Ceci dit, il semble bien que la "psycho-histoire" du bon docteur Hari Seldon, n'échappe pas à cette double facette, qui se dédouble à l'infini: la planète Terminus est le siège d'un complot contre l'Empire. Mais, au coeur du complot, les détenteurs du savoir -les psycho-historiens- forment la Seconde Fondation, et manipulent la Première. Et enfin, il y a un comploteur au dessus de la Seconde Fondation, qui se trouve sur Gaïa.
Allez, on va le dire, il y a là un petit côté fractal ou poupées russes, que l'on retrouve dans tout bon complot comme dans toute bonne organisation.

Quand je vous dit que l'on n'arrête pas de tourner en rond (c'est le principe de répétition de Freud au niveau de l'individu). Comme disait Horare: bis repetita placent.
Animation2-copie-1.gifIl fallait bien que je termine par cette illustration de la Structure Absolue d'Abellio, non ?

Cette article est également un bouclage en un autre sens: ce jour est le dernier passé sur le site de Prony. Il s'agit donc là aussi d'un retour à la case départ d'une nouvelle mission que je ne connais pas encore.

A+
Hari.

Publié dans sciences humaines

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