Popper et Freud valsent à Vienne

Publié le par Hari Seldon

Pas mal de bribes de discours tournent dans ma tête en ce moment, et puis, ce matin une idée se scotche à moi: il y a une parentèle entre la falsification de Popper et l'instinct de mort de Freud (expliqué par Lacan, toujours).
Le symbolisme se résume à la capacité d'indiquer ou non quelque chose, le symbole représente, mais pourrait tout aussi bien ne pas représenter, passer d'un état à l'autre, et cette mutation potentielle (le livre des mutations, le Ki king!) est la marque du symbolique.
Dans le domaine scientifique, une théorie est acceptable tant qu'une expérience, ou un raisonnement ne prouve pas sa fausseté. Toute théorie est donc éminemment symbolique, car malgré sa prétention à représenter la réalité, elle est toujours potentiellement fausse.
Ce qui revient à dire que la science est par essence un langage, c'est peut-être trivial, mais fixe bien son statut de praxis au sens Lacanien du terme. A savoir une manière de traiter le réel par le symbolique. La science n'a pas valeur de vérité, et n'est pas sur le même terrain qu'une religion.

Doit-on s'étonner d'une telle rencontre entre Popper et Freud, qui tous deux ont tourné autour du cercle de Vienne. Sans y participer activement, au moins en eurent-ils quelques échos.

Ce qui rejoint par un biais insolite des réflexions que je me faisais hier en regardant une émission sur KURTRAJEME Productions.
J'étais impressionné par la vitalité qui se dégageait de ce collectif, et je faisais un rapprochement avec la troupe du Splendid, celle du café de la Gare de Romain Bouteille et puis, en remontant le temps, celle d'Hervé Villard à Avignon.
Je recherchais d'autres exemples de tels groupes sources d'un jaillissement d'idées. Je pensais alors au clan Curie pour l'aventure française de l'énergie atomique, à l'école de Copenhague pour la théorie quantique, et d'autres encore, qui arrivent en foule: le groupe Dada, les Surréalistes, et les peintres du Bateau  Lavoir, Montparnasse et finalement, le Cercle de Vienne, pour commencer le XXème siècle.

Un domaine de recherche intéressant serait sans doute d'expliciter les conditions d'éclosion de tels tourbillons germinatifs, pour en faire éclore 1000 ou 100 000 dans nos écoles, sur nos places publiques, à l'université comme dans le 93. Que la France bouge enfin son cul.

Et moi-même ne vais pas tarder à me lever, c'est l'heure de l'apéro, autre lieu de regroupement, mais là, on tombe dans les brèves de comptoir !

Publié dans philosophie

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