Psycho histoire et manipulation

Publié le par Hari Seldon

Qu'est-ce qui rend si attractive la théorie de la psycho-histoire (ou tout au moins la possibilité de son existence), si ce n'est le pouvoir qu'elle pourrait représenter dans des mains bien intentionnées (forcément bien intentionnées!).

En effet, n'est-ce pas grâce à cette théorie qu'une petite équipe de scientifiques dirigée par Hari Seldon, le théoricien de la chose, va ensemencer la galaxie en dégénérescence d'une petite Fondation, basée à un bout de la galaxie sur le planète Terminus.

Donc, une équipe d'une trentaine de personnes (relayée ensuite par la seconde fondation) va manipuler une colonie de quelques centaines de milliers de personnes, qui à leur tour va orienter l'avenir d'une galaxie. Il y a là un effet démultiplicateur qui s'apparente aux meilleurs scénarii imaginés par les tenants de la théorie du complot. Mais la manipulation est encore plus complexe, si l'on tient compte du rôle d'un certain robot (pour les aficionados d'Asimov).

D’autres théories du même type ont excité les foules. N'est-ce pas le fantasme des terroristes que de changer le Monde par quelques actions ciblées. Les idéologies de la révolution, qu'elles soient de droite ou de gauche, bien qu'elles mettent en avant le rôles des "masses", s'appuient toujours sur le rôle de catalyseur d’un "parti" quel qu'il soit.

De même pourrions-nous parler de la manipulation des dogmes religieux par les clergés pour assurer la pérennité de leur églises au sein de leurs fidèles.

Bref, la question tourne toujours autour du même problème : comment démultiplier la puissance d’un seul (tyrannie) ou d’un petit nombre (oligarchie) pour diriger le peuple.

Les chinois avaient analysé le problème il y a fort longtemps, et les « légistes » avaient élaboré une théorie du pouvoir basée sur le respect absolu de la loi.

Mais tout ceci manque de subtilité : ce qui nous intéresse n’est pas tant d’imposer quoi que ce soit par la force, mais plutôt, de comprendre quelles sont les facteurs qui permettraient d’induire une réaction inconsciente dans la masse que l’on vise : c’est en cela qu’une théorie du complot se distingue d’une théorie du pouvoir : le pouvoir dont on parle ne se fait pas sentir. Il s’agirait en quelque sorte rien de moins que de maîtriser l’effet papillon (ce qui posé en ces termes semble bien sur impossible).

Dans une telle problématique, il est évident qu’il faut prendre en compte différents niveaux d’analyse pour décrire les organisations sociales observées, car les phénomènes dont ont parle se déroulent simultanément sur différentes échelles (nombres d’individus/échelles de temps/espace occupé).

Pour cela deux outils sont à privilégier:

  • les structures fractales,
  • les groupes de renormalisation

Hari Seldon

Publié dans philosophie

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