L'Incal et Lacan

Publié le par Hari Seldon

Je n'en ai pas fini de digérer Lacan (je n'insiste pas sur le symbole...) bref, à la suite de l'article d'hier, toujours à la fin de ce premier séminaire, Lacan livre le petit schéma suivant:

À tout hasard, je vous ai mis au tableau ce petit diamant qui est une sorte de dièdre à six faces.
Alors, si nous concevons ceci que le plan médian, celui dans lequel il y a le triangle qui partage en deux cette pyramide, est, si vous voulez, la surface du réel. - Dans cette surface du réel, je parle du réel tout simple. - Rien, si vous voulez, ne peut le franchir, rien de ce qui est là, et là toutes les places sont prises, à chaque instant toutes les places sont prises. Et à l'instant suivant, tout est changé.
Il est bien clair qu'avec notre monde de mots et de symboles, nous introduisons là-dedans - si nous appelons le réel une deuxième dimension - autre chose, un creux, un trou, quelque chose grâce à quoi toutes sortes de franchissements et de choses interchangeables sont possibles.
Comme on l'a fait remarquer ; cette sorte de trou, dans le réel, s'appelle, selon qu'on l'envisage d'une façon ou d'une autre, l'être ou le néant.
Cet être et ce néant, nous l'avons déjà tout de même touché à plus d'une reprise, sont essentiellement liés précisément à ce phénomène de la parole. C'est dans cette dimension de l'être que se situe la tripartition, sur laquelle j'insiste toujours avec vous pour vous faire comprendre les catégories élémentaires sans lesquelles nous ne pouvons rien distinguer dans notre expérience, tripartition du symbolique, de l'imaginaire et du réel.

Je le comprends comme ceci: par le langage, nous creusons le réel d'un côté, et nous créons notre Etre de l'autre (l'Etre et le Néant). Cette construction du sujet possède 3 faces (une pour chaque plan : Symbolique / Imaginaire / Réel).
Mais il y a certainement une différence entre le réel servant de base à la figure, et cette face de notre Etre, que je parviendrais sans doute à appréhender dans la suite des séminaires.
Cette idée d'une construction concomitante d'un Etre et d'un trou (comme un tas de sable que l'on formerait en creusant une fosse) me fait penser à une réflexion d'un de mes premiers articles (l'effacement de Dieu): nous nous construisont toujours autour d'une aporie, d'un manque initial, en réponse à un manque.
En électronique, nous pourrait parler d'une conduction par trou.
D'autre part, cette construction me semble respecter (à un niveau symbolique, certes) la conservation de l'énergie (rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme, comme l'a dit Lavoisier).

 

Mais c'est la figure même de Lacan qui m'a rappelé celle de l'Incal d'Alexandro Jododrowsky et de Moebius (je m'adresse aux aficionados de BD et de SF)
Bien sûr, l'Incal m'a pas la même forme (il est à base carrée et ses 4 coins, représentés chacun par un personnage de l'histoire, sont en opposition Yin - Yang), mais cette dialectique entre l'Incal Noir et l'Incal Lumière qui se fondent ensemble rappelle un peu ce dont il s'agit ici. Et puis ce nom même d'Incal est presque un anagramme de Lacan, non ?
Je me demande s'il n'y a pas ici plus qu'une coïncidence. Si l'un d'entre vous connait les auteurs, qu'il m'en informe.

Sur ces fortes paroles, je vous laisse pour répondre à l'appel de mon ventre qui crie famine et me demande de puiser un peu en ce bas monde pour le remplir à son tour.

Bonne méditation et bonne digestion.

Hari

 

 

Publié dans philosophie

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clovis simard 25/06/2012 23:36


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