Et rond et rond

Publié le par Hari Seldon

Il y a quelque chose à tirer de cette phase intermédiaire où je me trouve.

 Tout d’abord, je comprends que la routine quotidienne du travail est source de tranquillité. Quelques soient les soucis du quotidien, la certitude que demain reviendra semblable à lui-même dans sa structure, que les relations de travail sont un cadre stable et que la paye revient en fin de mois, tout ceci permet d’exister dans un bas niveau d’énergie, de ronronner.

Quand je dis être paresseux…

Cette paresse porte un nom en physique, c’est l’inertie, qui a ses lois propres.

Et je ne peux m’empêcher d’imaginer que ce principe de répétition dont parle Freud et qui règle de façon si évidente ma vie ordinaire, doit d’une certaine façon traduire au plan humain la loi universelle de l’inertie.

Mais voilà, le cycle est bouclé et je m’inquiète de mon avenir : il va me falloir  trouver une autre niche écologique, dans laquelle tourner en rond comme un chat avant de trouver ma place et ronronner à nouveau. Autrement dit, je dois passer par un niveau d’énergie intermédiaire plus élevé, pour retomber ensuite dans un état de plus basse énergie.

J’ai en tête l’analogie d’un liquide que l’on transfèrerait d’un vase à un autre au moyen d’une pompe. Je suis dans la situation où la pompe se met en marche.

Pour continuer sur cette image d’une pompe à actionner, quitte à la faire fonctionner (étant entendu que le plus difficile c’est sa mise en route), c’est maintenant l’occasion de choisir le vase d’arriver. En termes énergétiques, c’est le moment de choisir si ce nouveau vase sera à la même cote que l’ancien, plus bas (baisse de potentiel) ou plus élevé (potentiel plus important).

 

Cette période est par essence source d’incertitude : que choisir ? Comment orienter mon action ?

D’autant plus tiraillé que je n’ai pas de désir fort.

Pas d’obsession, pas de manque criant, pas faim pour tout dire.

Pas de libido sans objet non plus, merci.

Pas de gros risque financier: je pourrais rester sans travailler jusqu’à la retraite.

 

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La tentation est là de me retirer du Samsara, de baisser le niveau d’énergie, mais j’ai du mal à ralentir à ce point; incapable de passer en mode méditation vous dis-je.

 

Voguer au large de Nouméa procède du même tropisme.

 


Mais d’un autre côté, il y a tant à voir ici et là :

corto-1.jpgJe voudrais pas crever

Avant d'avoir connu

Les chiens noirs du Mexique

Qui dorment sans rêver

Les singes à cul nu

Dévoreurs de tropiques

Les araignées d'argent

Au nid truffé de bulles

 

 

Il y a enfin ce désir constant de servir à quelque chose, au-delà de ma petite personne, au-delà de mon cercle proche, espérance d’une sorte de survie sans doute. D’où la tentation d’écrire bien sûr, puisque je suis français !

Un seul ouvrage, présentant une idée si nécessaire qu’elle marque durablement les esprits. Mais cela, ça demande d’élever le niveau d’énergie. Mouais…

 Le seul rêve qui me poursuive, c’est celui de fonder la psycho-histoire dont parle Asimov dans «Fondation», mais pourquoi celui-ci ?

Ca me conduirait à parler des machines symboliques de Freud et Lacan en cybernéticien, à mettre un peu de physique dans l’humain, et corrélativement, humaniser nos machines.

Bref, faire quelque chose de scandaleux.

J’ai la matière, j’ai l’outil (fourni par Abellio) et j’ai l’angle d’attaque: les différents plans dont parlent Freud et Lacan (toujours au nombre de trois), ont des constantes de temps différentes.

Dire cela et en faire découler tout le reste comme la conscience et la mémoire, le fait que l’homme soit une machine «à échec», parler de ses dysfonctionnements comme de catastrophes, mettre en scène S, s,  A et a, passer de l’homme au groupe et plus si affinité.

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Mais j’hésite: je n’ai pas de lieu légitime d’où parler (et donc aucune chance d’être écouté) c’est bien de l’énergie à investir pour rien finalement : sans auditoire, pas de discours.

Et puis la mer est si attirante…

Et c’est reparti pour un tour, forcément !!!

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