L'alpha et l'oméga

Publié le par Hari Seldon

Nous voici au BIMA, depuis le jeudi 1er avril, drôle de poisson.

Sains et saufs, c’est le principal, mais depuis je n’arrête pas de me reprocher de n’avoir pas été suffisamment prêt. En fait, nous vivions avec une menace vague sur nos têtes, mais au quotidien, tout était tranquille, alors nous n’étions pas réellement prêts.

J’avais bien vu une planque pour mettre nos affaires, et Virginie, avait l’habitude en sortant de notre chambre de boucler rapidement nos biens les plus précieux dans la plus grande valise, mais au moment d’introduire celle-ci dans la planque, ça coinçait de partout et faute de temps pour l’en extraire lorsqu’un militaire est venu nous chercher pour partir dans un VAB, je l’ai laissée en place et nous ne savons toujours pas à l’heure actuelle, si nous sommes passés au travers des gouttes, ou si tout a été découvert et pillé. Dans ce dernier cas, nous n’avons plus de papiers, Virginie est sans les bijoux auxquels elle tenait et notre magnifique appareil photo vie sa vie.

Bref, c’est une bonne occasion d’apprendre à se passer des biens de ce monde.

Pas trop de peur, pendant un défilé ininterrompu de visiteurs qui a duré plus d’une heure, sauf à un moment donné lorsque deux d’entre eux particulièrement excités nous ont réellement menacés. Heureusement, ils étaient dans l’urgence, et la foule même faisait tampon : ils étaient là pour prendre ce qu’ils pouvaient, pas réellement contre nous.

Si j’ai le malheur de dire en loge que les Africains en sont au stade de la cueillette, je vais encore passer pour un abominable facho, et pourtant…

J’ai un vieux démon, qui je pense me sert d’excuse pour ne pas achever mon livre : j’ai toujours pensé que je ne survivrais pas à sa parution, et je me suis dit que j’en avais trop fait, que je m’étais avancé un peu trop loin dans sa rédaction.

Mais, bon, je suis malgré tout assez content de l’avancée que j’ai faite depuis trois mois passés ici.

Je peux bien confier à ce blog ce que je ne pourrais jamais écrire dans ce livre. Ma grande ambition  c’est de poser les bases de ce que Lévi-Strauss appelait de ses vœux : une théorie de l’« entropologie ».

Je suis particulièrement étonné d’avoir pu indiquer, baliser, sinon démontré, que les deux extrémités de cet axe entropique (nota 2015 : devenu « diachronique ») qui traverse notre système de représentation indiquent d’une part que le point limite entre l’Imaginaire et le Réel, c’est la représentation de l’objet quantique, et d’autre part que la limite entre les domaines Imaginaire et Symbolique, passe par une opération très spécifique, que Lévi-Strauss a représentée par la forme canonique des mythes.

Il en découle beaucoup de choses, que j’ai écrites, et d’autres que je dois taire, pour garder un minimum de crédibilité :

D’une part c’est que les objets symboliques (nota 2015 : étonnant de retrouver ceci si tôt dans la rédaction du bouquin : c’est ce que je développe actuellement) ont beaucoup de points communs avec les objets quantiques. Par exemple, ils ne sont pas définis par une valeur figée, mais par un système duquel ils se détachent. Le monde qui nous est familier, macroscopique pour faire court, est en fait un cas particulier. Notre système de représentation brise la symétrie des objets et c’est dû à la nécessité de discerner les objets de leur environnement, et donc, par nécessité, de pratiquer des coupures dans le Réel (qui induisent des paradoxes Imaginaires, que nous résolvons Symboliquement).

Mais je veux ici vous amener à l’autre bout de l’Imaginaire, dans le domaine Symbolique.

J’ai utilisé la forme canonique des mythes pour décrire l’effet thérapeutique de la cure psychanalytique, et en particulier le rôle du psy dans celle-ci.

Ce qui m’amène à reconsidérer le dire de Lacan : « Je est un Autre » ; illustrant ainsi (mais pas uniquement sans doute) que Je est le produit de sa culture (les noms du Père etc.). L’emploi de la forme canonique m’incite alors à écrire, au fil de la plume pour ainsi dire, que ce diptyque Je/Autre forme les deux faces Imaginaires d’un unique Symbole (comme le Yin et le Yang par exemple).

Vient alors la question ultime, qu’en bon français athée par vocation et frangin par adoption, je ne peux pas réellement me poser : « Et Dieu dans tout ça ? »

Et bien, j’y vois là encore la trace imaginaire d’une nécessité logique que l’on pourrait poser sous une forme bien familière : « To be or not to be ». Ce qui me ramène à un article (l'effacement de Dieu) de ce blog, que j’avais écrit il y a bien longtemps à ce propos.

L’autre facette Imaginaire, complémentaire de cet être omnipotent, omniprésent et omni tout, ne serait autre que la vacuité bouddhiste.

Autrement dit ces deux attitudes religieuses seraient les facettes complémentaires, (le tout ou le rien) d’un ultime Symbole qui serait « Exister et ne pas exister ».

Après ceci, que faire sinon tirer l’échelle ?

PS : pour poster cet article, j’ai dû attendre de sortir du BIMA, donc, avec un léger décalage.

De plus c’est l’heure du péro, que demander de plus ?

A +

Hari

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