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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Le refoulement de la vérité — Lacan

Le 01/ 01/ 2026 — Fazenda São Francisco — São José do Barreiro — SP :

Ce matin, je tombe sur ce texte, cité par Dominique Giraudet, qui m'intrigue :

«En psychanalyse, l'enlèvement n'est pas l'enlèvement de quelque chose, mais la vérité.
Que se passe-t-il quand on enlève la vérité ?
Toute l'histoire de la tyrannie est là pour nous donner la réponse : elle s'exprime ailleurs, dans un autre registre, dans une langue cryptée, clandestine.
Niveau supérieur ! C'est exactement ce qui se passe avec la conscience : la vérité, enlevée,
persistera mais traduite dans une autre langue, la langue névrosée.
Et plus ou moins à ce stade qu'on ne peut plus dire qu'il est le sujet de parler, mais il faut dire plutôt "Esso" (c'est-à-dire Es) parle, Es continue de parler ; et ce qui arrive est déchiffrable entièrement de la façon dont il est déchiffrant, ce qui signifie non sans difficulté, une écriture perdue.
La vérité n'a pas été anéantie, elle n'est pas tombée dans un abîme ; elle est là, offerte, présente, mais elle est devenue "inconsciente".
Le sujet qui a enlevé la vérité ne la gouverne plus, n'est plus au centre de son discours : les choses continuent de fonctionner seules et le discours s'articule, mais en dehors du sujet.
Et cet endroit, ce hors sujet est exactement ce qu'on appelle inconscient.
»

Et ça me renvoie vaguement à ce que nous découvrons petit à petit au cours de nos pérégrinations autour de la querelle des universaux.

Par curiosité, je lance Perplexity là-dessus :

— 🤖 : En l’état, tout indique que ce texte n’est pas une citation littérale tirée d’un séminaire ou d’un écrit identifié de Lacan, mais une paraphrase ou reformulation secondaire de thèmes lacaniens sur l’inconscient et la vérité.  Autrement dit, il est très vraisemblablement apocryphe comme «texte de Lacan» au sens strict. (voir lien)

- Mais ça nous le savons déjà, puisque l'auteur te livre une réponse d'IA.

- Je le sais bien, mais j'aimerais remonter à la source. Je relance donc —voir ici— mais reste insatisfait: ce qui m'avait tiré l'oeil était cette idée "d'enlèvement", que je ne retrouve pas dans la réponse.

— HS : Je me centre sur l'idée d'enlèvement... Peux-tu te focaliser là-dessus ?

— 🤖 : L’image d’«enlèvement de la vérité» n’est pas une formule technique de Lacan, mais elle condense assez fidèlement sa façon de penser le refoulement comme soustraction d’une vérité du sujet de la scène consciente, sans qu’elle disparaisse pour autant. [1][2][3]

  • Refoulement comme enlèvement de la vérité
    • Des commentateurs du Séminaire XI et des Problèmes cruciaux pour la psychanalyse soulignent que, dans la refonte du freudisme, Lacan conçoit le refoulement originaire comme portant sur la vérité : quelque chose de vrai pour le sujet est «élidé», «élidé au niveau de l’énonciation», déplacé hors de son discours explicite. [1][2][4]
    • Cette vérité n’est pas détruite : elle subsiste dans l’inconscient sous forme de signifiants refoulés, qui continuent à s’organiser, à se lier à d’autres représentations et à faire retour dans les symptômes, selon la logique du «retour du refoulé». [2][5][6]
  • Vérité refoulée et «langage névrosé»
    • Les textes de présentation clinique insistent sur la «vérité refoulée, restée inconsciente» qui cherche à se dire dans le symptôme : ce que la conscience a voulu «enlever» revient sous un autre mode de langage, détourné, chiffré, ce que ta paraphrase appelle « langue névrosée ». [2][5][3]
    • On retrouve cette idée dans des exposés pédagogiques lacaniens : la répétition et le symptôme témoignent d’un savoir qui ne se savait pas, d’un non‑savoir de vérité qui se manifeste malgré la volonté de ne rien en savoir. [5][6]
  • «Moi, la vérité, je parle» et «ça parle»
    • L’article sur «la chose freudienne» et les lectures françaises qui en sont faites rappellent la formule «moi, la vérité, je parle» : la vérité est ce qui parle là où le sujet ne la pense ni ne la sait, elle s’énonce précisément là où elle a été censurée. [7][8][9]
    • Les auteurs francophones résument ainsi la thèse lacanienne : «ça parle» en l’homme, une vérité le conduit là où il ne sait pas, si bien que l’inconscient apparaît comme ce lieu «extérieur» où se poursuit le discours d’une vérité soustraite au contrôle du moi. [10][11]
  • L’inconscient comme lieu «hors sujet»
    • Dans les textes de synthèse français, l’inconscient est défini par la formule «l’inconscient est le discours de l’Autre» : le champ où se tient ce qui, dans le langage, ne passe pas dans le discours du moi, ce que Lacan appelle aussi «ce qui du sens se perd en ne passant pas dans le discours». [12][13][14]
    • L’«enlèvement de la vérité» est donc une bonne métaphore pédagogique pour désigner ce mouvement : la vérité du sujet est soustraite de son discours conscient, mais elle demeure comme vérité de l’inconscient, écrite «ailleurs», dans ce lieu de l’Autre où «ça parle» à travers symptômes, actes manqués, formations de l’inconscient. [12][7][10][11] (Sources : suivre le lien)

- Et qu'est-ce que cela a à voir avec les premiers pas de la philosophie ?

- Plusieurs fils se présentent sans vraiment former une trame quelconque, mais enfin... 

Il y déjà ma propre surprise, lorsque j'ai écrit, avant même de le penser consciemment, que Jésus était né par scissiparité : (voir ici dans #24)

"- J'avoue ne pas m'être rendu compte sur le coup de l'énormité de ce que nous avons mis à jour hier !

  • À Nicée en 325 : La Sainte Trinité découle d'une philosophie grecque incapable de penser le mouvement, et la gestation d'un "objet" issu d'un duo;
    • Jésus en [⚤] n'est pas né d'un couple, mais par scissiparité d'avec le Père [♻]; (le verbe éponyme de Dieu dans une approche platonicienne R← par [⚤]/[♻]);
    • Le Saint-Esprit est la réification intellectuelle en [♻]♧ (toujours selon R par [⚤]/[♻])  de cette opération (comme "le chant" réifie l'action de chanter);
  • À Constantinople II en 553 : De ce fait Marie, n'ayant pu enfanter, est déclarée vierge CQFD !"

Tout ceci renvoyant au choix de Parménide : "ce qui est est ce qui n'est pas n'est pas", qui nous a beaucoup agité ces derniers temps.

- Il voulait rompre avec ces vieilles histoires de dieux mythologiques qui se déchiraient dans des drames invraisemblables...

- J'entends bien, mais pourquoi ce Un, insécable, au lieu d'un duo, comme le Yin/Yang, ou Linga/Yoni, et même pour rester Grec le duo primordial Gaïa/ Ouranos, avec à la clef une magnifique rébellion de Cronos contre son père qu'il châtre pour vivre...

Et cette idée d'un "enlèvement" me pousse à me poser cette question : quel est le malaise des Grecs, et de leurs descendants —dont nous sommes— envers les femmes ?

Et par contrecoup, cette ontologie qui va croître à partir de [♻], m'apparaît comme le substitut fantasmé d'un Sujet qui veut "être" à tout prix, et pour tout dire, oui, comme le phallus venu là pour combler un manque du Sujet.

- Il faudrait arrêter les mélanges cachaça/ champagne, ça ne te réussit pas.

- Lendemain de réveillon... Je te l'accorde, mais justement : les défenses se relâchent et quelque idée neuve pourrait se faufiler hors des filets.

Autre chose, puisque ces temps-ci nous visitons les fazendas des environs : il n'est pas possible de ne pas ressentir de malaise en repensant à l'esclavage qui a permis à un certain propriétaire de s'offrir un bout d'iceberg, afin de servir des sorbets à ses invités de marque (c'est l'envers d'Offenbach "je suis Brésilien j'ai de l'or")... À cette occasion j'ai appris qu'il ne fallait pas dire "esclavo" mais "esclaviçado", la condition d'esclave n'étant pas une qualité de l'individu, mais le fait de l'esclavagiste...

- Le rapport ?

- Je ne saurai le dire précisément, mais il me semble que pour jouer avec son "être" comme un fou agitant sa marotte, l'Occidental a eu besoin de réduire l'Autre, femme, serviteur, colonisé à l'état d'objet pour se sentir exister... allant jusqu'à manger Dieu le dimanche...

- Il y a eu de tels asservissements dans toutes les civilisations... 

- Je le sais, mais je m'intéresse ici au développement de la pensée occidentale, et c'est elle qui accouche d'une question "ontologique".

- OK, tu as craché ta bile, et c'est tout ?

- Non, derrière cet écran ressurgit quelque chose d’assez curieux : quand tu cherches à dépasser cette pensée unitaire, tu en viens, très précisément dans la théorie moderne des catégories, à développer une pensée duale (entre objet initial et objet final). De là, tu aboutis d’un côté à Grothendieck parlant explicitement de Yin/Yang, et de l’autre, au niveau [♻], à une sorte de totalité — «quantité conservée» chez Emmy Noether, ou «topos» chez Grothendieck — là où Platon, lui, choisissait le Un.

- D’où cette idée qui te trotte dans la tête depuis quelque temps : une orthogonalité Unité Dualité. Mais quel est alors le rapport avec Lacan ?

- C'est précisément cette phrase "l'enlèvement est la vérite" qui m'avait arrêté, même si finalement la formule n'est pas de lui... La dualité appelle son dépassement comme l'enfant nait d'un couple, et réciproquement l'enfant cherche son dual, comme dans le mythe de l'androgyne d'Aristophane.

- Et le discours névrosé ?

- La névrose nait de l'oubli de l'un des deux aspects... On arrête là : c'est l'heure d'une petite capirinha. Bonne année à tous.


Le 05/ 01/ 2026 — São Paulo :

- Hier, j'ai écrit cet article "perspectives", qui à bien y réfléchir tournait autour du même sujet.

- Je ne vois pas trop ?

- Mon schéma rêvé hier matin, à partir du bra|ket⟩ de Dirac :

    | 𓂀
  |    
𓁝|𓁜      

tourne autour de la dualité de deux approches
covariante— bra ket — contravariante du discours.

Et, en relisant ce texte sur la "vérité forclose", je m'interroge au sujet du rapprochement que je fais entre "quantité conservée" et "Un" platonicien : "qu'est-ce qui les différencie ?"

- La réponse est évidente : 

  • Platon choisit le Un  en [♻]𓁜←𓁝[∅] => c'est une vérité covariante;
  • Une "quantité conservée" telle que v̅.v= c2 est un concept en ♡ soumis ♡/ à l'expérience [⚤][♻]; qui est falsifiable => contravariant.

- OK, mais alors s'il y a effectivement une constante Unité Dualité, il faudrait trouver une symétrie duale dans le second membre de .

- Tu veux dire que :

  • Chez Platon la dualité devrait être contravariante;
  • Pour nous, la dualité devrait être covariante ?

- Testons l'hypothèse. Reviens à ce que nous avions vu de la logique du premier ordre associée au choix de Platon, et avant lui de Parménide (voir "Logique et mouvement")

  Parménide Bouddha
Jugement/ Concept être non-être être non-être
existe 1 0 0 1
n'existe pas 0 1 1 0
  • Cette logique du Premier ordre est d'une rigidité absolue => contravariante.
  • À l'inverse, la dualité objet initial vide— [∅] / [∃] —objet final de la théorie des catégorie permet de choisir notre objet final => covariante.

Vois-tu où ça nous mène ?

- Pas trop, non.

- Le choix du Un est en soi "paranoïaque", en ce sens qu'il amène à un discours rigide.

- D'où l'ontologie comme un phallus freudien... Mais comment caractérises-tu le choix du vide ∅ comme objet initial [∅] ?

- C'est là que c'est intéressant : l'objet en [♻], comme son mouvement en [♻], sont stables, dans la mesure où une infinité de points de vue permettent d'en prendre conscience.

- Autrement dit : il dépendent d'un principe universel en [♻] ?

- Voilà : et là, nous retrouvons Kant comme précurseur du langage catégorique. Elle est pas belle la vie ?

- Amen

Hari

Le 05/ 01/ 2026

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