Du département à la région

Publié le par Hari Seldon

Comme toujours lorsque j’écris un article, j’y repense, le modifie (je corrige les erreurs que je retrouve !) et je suis amené à le commenter par un autre article.
Le dernier n’échappe pas à la règle.
En fait ma plume se laissant guider par les chiffres c’est en cours d’écriture que j’ai été amené à poser qu’un découpage de la France en régions n’est pas dans la même logique qu’un découpage en départements.
C’est une idée neuve pour moi, qu’il me semble intéressant de développer.
Si l’on regarde de plus près la série de chiffres, en la prolongeant même jusqu’à l’absurde, on voit des choses intéressantes :

 
2
3
4
5
6
7
8
9
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
66 M
1
8 124
163 316
732 248
1 801 504
3 283 119
5 040 414
6 951 859
 
1
404
8 124
49 173
163 316
384 936
732 248
 
 
1
90
1 342
8 124
29 398
77 129
 
 
 
1
37
404
2 245
8 124
 
 
 
 
1
20
171
856
 
 
 
 
 
1
13
90
 
 
 
 
 
 
1
9
 
 
 
 
 
 
 
1

 

On voit, par exemple que le niveau « conurbation » (8124) garde un sens, pour les découpages en 3, 5, 7 ou 9 niveaux : en effet, pour chacun de ces types d’organisation, c’est le niveau médian (autant de niveaux au dessus qu’en dessous).
Le niveau « départemental » apparait à partir d’une hiérarchie à 5 niveaux, et reparaît dans une hiérarchie à 9 niveaux.
On pourrait dire qu’il y a des agrégats qui «persistent» lorsque l’on augmente le nombre de niveaux pour décrire une structure. C’est le cas le plus évident pour la «conurbation» qui garde un sens pour toutes les hiérarchies ayant un nombre impair de niveaux, avec un rythme propre de 60 jours.

 

 
Par contre la structure à 4 niveaux ne correspond à rien pour décrire la France, ni aucune hiérarchie ayant un nombre pair de niveaux. Il serait intéressant de voir si elles auraient un sens pour certains pays?

La hiérarchie à 9 niveaux montre, au-dessus des agrégats départementaux, 9 agrégats qui pourraient être les provinces (regroupant plusieurs régions) qu’évoquait Sarkozy en répondant à la présentation du rapport Attali.
Cependant, il ne faut pas oublier qu’une structure perd vite en rendement lorsque le nombre de niveaux augmente, avec les données concernant la France, nous aurions les rendements suivants:
 
niveau
2
3
4
5
6
7
8
9
rendement
99,97%
97%
82%
58%
34%
17%
7%
3%
 
On voit immédiatement qu’au-delà de 5 niveaux, plus rien ne sort de la bureaucratie installée : c’est Kafka à coup sûr.
Ceux qui s’intéressent à la physique, se souviendront peut-être qu’un état est d’autant plus stable qu’il peut être atteint d’un plus grand nombre de façons. Si l’on considère notre mode de structuration en niveaux comme un crible permettant de trier les agrégats dont se constitue notre société, on voit alors qu’à part l’ «individu» et l’ «Etat», qui par construction entrent dans chacune des descriptions, c’est la «conurbation» qui apparaît le plus souvent (4 fois sur les 9 premières structures), suivi du «département» (2 fois) et de la «région» (1 fois).
De fait, des villes comme Paris, Lyon , Marseille ont une longue histoire, et sont plus stables que le département, la région, et même la nation dans lesquels elles s’inscrivent.
Mais alors, quid de nos 36 000 communes ?
C’est vrai qu’il s’agit d’une spécificité française, qui ne semble pas s’inscrire dans la logique d’un état de 66 millions d’individus. Il faudrait se reporter au temps de leur constitution, et prendre en compte les chiffres de l’époque.
Il y aurait en fait, autour de ces quelques idées, un champ entier à explorer, mais se serait plutôt un travail d’historien ou de démographe.
Merci pour ne serait-ce que d'un commentaire (comment taire ?), juste histoire d'avoir l'écho d'une présence, de temps en temps!

Hari
Du département à la région

Publié dans politique

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