Des idées et des hommes

Publié le par Hari Seldon

Le rasoir d’Ockham est certainement mon outil préféré, c’est sans doute pour cela que j’éprouve une certaine fascination pour le katana du samouraï, et donc pour les films de Quentin Tarantino, (Kill Bill en particulier).

Ma démarche actuelle, guidée par les écrits (mais hélas, sans la parole !) de Lacan procède de ce besoin de dépouiller les apparences pour arriver à quelque chose de simple. D’où ma prévention pour tout se qui peut ressembler à de l’habillage, à la façon de chosifier la réalité par l’usage intempestif des mots.

L’homme marche, de cette activité on passe au concept de «marche», puis on va étudier «la marche», puis on la caractérise pour en extraire une norme et on finit podologue ou adjudant, c’est selon.

Mais, cette prévention ne peut être qu’un moment de la pensée. On ne peut pas espérer vivre dans ce dépouillement total. Ce n’est pas cela, vivre, nous habitons 3 niveaux (Symbolique/ Imaginaire/ Réel), et je présume que vivre pleinement suppose d’occuper également ces 3 niveaux.

Comme le disait Pascal, l’homme n’est ni ange ni bête et qui veut faire l’ange fait la bête (c’est également le sens que l’on pourrait donner à mon précédent article sur le karma de Lucifer).

La nature elle-même procède en deux temps : la production (par le hasard) et la sélection (due à la nécessité). Il n’est pas inconcevable que le chercheur lui-même doive procéder en deux temps (comme le chirurgien il taille les tissus mous, puis les écarte pour avancer).

Il est donc peut-être léger de ma part d’écarter trop vite la phénoménologie (Husserl est quand même à l’origine de tout ce sur quoi je m’appuie, en particulier le structuralisme, l’esprit de système), et Heidegger en redonnant la parole aux poètes rend la vie plus supportable.

Comment savourer une tasse de thé sans une pointe de cérémonie ?

Mais je n’en suis pas dans ce moment de la pensée, dans la caractérisation ou l’habillage imaginaire (forcément imaginaire), ceci ne pourra se faire que dans un deuxième temps. Pour le moment il importe de voyager léger, afin de mettre à jour les ressorts de la mécanique dont nous faisons partie avec le minimum d'idées préconçues.

Pour l’instant je garde les repères suivants:

A l’origine de la thermodynamique:

- ON ne voit que ce qui est suffisamment stable pour être perçu
- Un état est d’autant plus stable qu’il peut être atteint par un nombre de voies différentes

A l’origine de la vie :

- Le hasard et la nécessité (principes qui devraient se déduire des précédents)

Maintenant je cherche à situer l’Homme dans tout ceci.
Et je pense précisément que cette notion d’Homme n’est pas une notion première, que le «Moi» n’est qu’une image que "Je" me donne de moi–même, par économie,  pour simplifier mes représentations (précisément une réduction phénoménologique, une caractérisation, un moment dans la description) mais que ceci n'est pas essentiel (et reste donc existenciel), tout comme "l'Observateur" polarise, précipite, "chosifie", par sa seule présence le reste du Monde qu'il observe - cachez ce ON que je ne saurais voir!.

Il y a un parallèle à développer entre cette circulation de "Je" à "Moi" et celle qui s'établie entre l'Observateur et ce qu'il observe et pour tout dire, je ne pense pas que l'on puisse avancer dans la compréhension de la physique sans aller du même pas dans la compréhension fine de cet Observateur qui n'est autre que "Je", ou "Moi" ?

Mais là je fatigue.

Bonne méditation.

Hari

Publié dans philosophie

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