- Le texte sur Duns Scot m'épuise car je suis obligé de tout vérifier, presque mot à mot, tellement il est facile de faire des contre-sens dans un texte très dense.
- Oui, mais ça reste encore très superficiel. J'ai envie de titiller Perplexity, pour nous rapprocher de ce qui m'intéresse : une épistémè qui permettrait l'expression de la méca Q ET de la relativité, avec bien entendu Tarki, Gödel, Grotendieck etc., et surtout débusquer des talents neufs, jeunes philosophes du XXIè siècle encore verts, si je puis dire.
— 🤖: Oui, et ton intuition d’«élargir l’horizon» touche exactement là où se joue une partie de la philosophie du XXIᵉ siècle : ce n’est plus seulement Platon/Aristote + Kant, mais un travail explicite sur les structures issues de la relativité, de la mécanique quantique et de la théorie des catégories (Grothendieck, topos, dualités).[1][2][3][4]
Trois grands déplacements en cours
Réalisme structural (relativité + quantique)
Une partie de la métaphysique contemporaine défend un réalisme «ontique structural» : ce qui existe «en dernier» ne sont plus des objets individués avec des propriétés intrinsèques, mais des structures, des réseaux de relations, des invariants de symétrie.[2][5][6][1]
Relativité générale (espace-temps courbe sans «substrat») et mécanique quantique (états non séparables, intrication, interprétations relationnelles) sont mobilisées pour dire : les entités classiques (particules-locales, substances) ne sont plus le bon support ontologique, il faut penser des formes d’«entité‑relation» où l’individu dérive de la structure.[5][6][7][2]
Grothendieck, topos et «géométrie de la logique»
Chez Grothendieck, les notions de schéma et surtout de topos redéfinissent «l’espace» comme objet structural capable d’unifier continu/discret, géométrie/arithmétique, topologie/logique.[3][4][8
Un topos peut être vu à la fois comme généralisation de l’espace, comme univers de modèles logiques, et comme cadre pour reformuler des théories physiques (il y a toute une littérature «geometry of physics — categories and toposes»).[4][9][3]
Philosophes et logiciens y voient un changement de paradigme : la métaphysique des «choses» cède le pas à une métaphysique des sites, des foncteurs, des topos comme milieux structuraux, potentiellement adaptés à des théories quantiques ou relativistes où la notion classique de point/espace ne convient plus.[9][3][4]
Catégories, dualités, initial/final (le moment Yin–Yang)
La théorie des catégories, telle qu’elle irrigue aujourd’hui fondements des maths et «geometry of physics», place au centre les dualisations : objet initial / terminal, limite / colimite, fibration / cofibration, espace / co‑espace, etc.[10][11][9]
Certains auteurs vont jusqu’à dire que la catégorie est «théorie de la dualité» par excellence, et parlent, non sans ironie mais avec un fond sérieux, d’une identité «Yin–Yang» pour qualifier les lois de dualité (triangle identities, adjonctions).[9]
D’un point de vue philosophique, cela ouvre exactement la voie que tu évoques : au lieu de chercher un principe unitaire à la manière aristotélicienne, on travaille avec des paires duales fondamentales (source/puit, initial/final, objet/morphisme, local/global), et des principes de correspondance structurale plutôt qu’un «Un» transcendant.[11][10][9]
En quoi cela dépasse (ou déplace) Platon/Aristote
La métaphysique classique part d’unités fortes (substance, forme, sujet) auxquelles on ajoute des relations; l’ontic structural realism soutient que, dans la physique contemporaine, l’ordre s’est inversé : relations et structures sont premières, les «individus» en résultent comme nœuds ou patterns.[6][1][2][5
Le cadre grothendieckien/toposien remplace l’idée d’un «monde» unique, structuré par une logique une fois pour toutes, par une pluralité de milieux logico-géométriques (topoi) possibles; la logique elle-même devient interne à un environnement catégoriel, et non plus tribunal absolu à la Kant.[3][4]
Les dualités catégoriques donnent un langage formel à des oppositions que la tradition traitait souvent symboliquement (Yin/Yang, actif/passif, matière/forme) mais sans mécanisme de passage explicite; là, le passage est encodé par des foncteurs adjoints, des correspondances universelles, des équivalences.[10][11][9]
Ce que cela change pour ton projet Pour ton chantier entropologique, cela ouvre au moins trois directions :
Penser ton cross-cap et ton carré non plus seulement comme schémas «représentatifs» (à la Aristote/Kant), mais comme fragments d’une ontologie structurale : ce qui est «réel», ce sont les invariants des parcours, les adjunctions entre niveaux [⚤]/[♻], les lieux où se nouent des dualités (par exemple singulier/universel, sujet/structure) plutôt que des entités isolées.[1][2][5]
Articuler la topologie lacanienne du sujet avec une vision à la Grothendieck / topos : un cross-cap comme «site» où se recollent des faisceaux de discours, ou comme figure locale d’un topos du sujet; la psychanalyse devient alors laboratoire d’une logique interne, non simplement une clinique illustrée par des surfaces.[12][13][4][3]
Utiliser la dualité initial/final comme modèle conceptuel pour repenser certains couples médiévaux : par exemple,
natura communis vs haecceitas,
sujet transcendantal vs condition de possibilité,
universel logique vs nature réelle, etc., non plus comme hiérarchie, mais comme polarités liées par des morphismes universels.[14][15][9][10]" (Sources : suivre le lien)
- Toujours curieux, je lui demande les auteurs phares :
— 🤖: Oui, il y a clairement quelques «nœuds de noms» qui concentrent ce que tu vises pour le XXIᵉ siècle (ou le très contemporain).
Côté physique et réalisme structural
James Ladyman : figure centrale du réalisme structural en philosophie de la physique (ontic structural realism, OSR), articulant relativité, mécanique quantique et métaphysique des structures.[1][2][3]
Steven French : co‑architecte de l’OSR avec Ladyman, travaux sur la métaphysique de la structure en physique quantique, identité des particules, rôle des symétries.[2][4][1]
Michael Esfeld : développe une version modale/causale de l’OSR, cherchant à répondre à la question «de quoi sont faites les structures ?» (structures causales, modalité objective).[5][6]
Ces trois-là sont les plus «en vedette» dès qu’on parle de quantum + relativité + structure comme nouvelle ontologie.
Côté Grothendieck, topos, unification
Alexander Grothendieck : évidemment la source mathématique, mais aussi un auteur à portée quasi philosophique dans ses textes tardifs (Récoltes et Semailles), autour de l’idée de «paysage», de «mathematical morphogenesis».[7][8]
Olivia Caramello : très importante pour un versant explicitement philosophique de l’héritage grothendieckien; elle défend l’idée des **topos grothendieckiens comme «bridges» unificateurs** entre théories, et insiste sur leur «universalité» comme notion structurale.[9][10][11][12]
Autour d’elle, tu as un petit milieu qui travaille «topos, ontologies et représentations de la connaissance», souvent à l’interface maths / épistémologie / IA.[10][13]
Catégories, dualité, «dialectique» au sens fort
F. William Lawvere : figure clé pour une lecture philosophique de la théorie des catégories; il explicite lui-même la filiation avec Hegel et propose la notion de «category of being», avec objets initial/terminal et modalités adjointes comme formalisations de l’«unité des opposés».[14][15]
Dans le sillage de Lawvere, toute la mouvance nLab / «geometry of physics — categories and toposes» travaille les dualités catégoriques (initial/final, limites/colimites, adjointes) comme nouvelle grammaire ontologique.[15][16][17]
Si tu cherches explicitement un équivalent rigoureux de ton Yin/Yang au niveau structural, Lawvere et ce qui gravite autour de la «category of being» sont très proches de ton intuition.[14]
Pour organiser la suite de ta veille
On pourrait structurer la lecture/dépouillement ainsi :
- Bloc «physique et structure» : Ladyman, French, Esfeld (relativité + quantique → ontologie structurale).[4][1][2][5]
- Bloc «topos comme espace de pensée» : Grothendieck (sources), Caramello (topos = univers unifiant, ponts entre théories).[8][11][12][9]
- Bloc «catégories et dialectique» : Lawvere (category of being, adjoint modalities) + textes nLab/geometry of physics.[15][14]
Dis-moi quel bloc tu veux que l’on cartographie en premier (par exemple «Ladyman/French» ou «Caramello/Topos» ou «Lawvere/Category of being»), et on reste encore à ce niveau panoramique avant de descendre dans des exemples concrets." (Sources : suivre le lien)
- J'avoue être rassuré de retrouver en bonnes places Lawvere, Grothendieck et Olivia Caramello.
- Peut-être on IA te connait-t-elle trop bien, ou ta question était trop orientée?
- Tu as raison, voyons ce à quoi s'oppose tout ce courant de pensée.
— 🤖: Oui, et c’est intéressant parce que les oppositions ne sont pas seulement techniques, mais rejouent aussi, à un niveau nouveau, le conflit «substance / relation» qui t’occupe depuis la scolastique.
Contre le réalisme structural en physique Face à Ladyman/French/Esfeld, on trouve surtout :
Néo‑aristotéliens de la substance et des pouvoirs Ils défendent que la métaphysique doit repartir d’objets individuels porteurs de propriétés et de pouvoirs causaux, non de «structures pures».
Travaux rassemblés sous l’étiquette «neo‑Aristotelian substance ontology» et plus largement «contemporary Aristotelian metaphysics».[1][2][3]
L’idée centrale : les relations ne suffisent pas, il faut des porteurs (substances, formes, puissances) qui aient une ontologie propre; les lois et structures dérivent de cette couche ontologique de base
Réalisme scientifique «object‑oriented» et critiques de l’élimination des objets. Ladyman/French opposent leur OSR à ce qu’ils appellent «object‑oriented realism» (OOR); les défenseurs de ce dernier refusent que la métaphysique «efface» les objets en ne conservant que les invariants et symétries.[4][5]
Objection typique : l’OSR est trop élitiste (fondamental physics only) et trop éliminativiste (plus de particules, ni tables, ni chats au niveau ontologique).
Ils exigent une ontologie multi‑niveaux où les objets de la physique, de la chimie, de la biologie, etc. gardent un statut réel, pas seulement dérivé.
Empiristes / antiréalistes des structures Une autre opposition consiste à dire : cessons de faire de la métaphysique sur les structures; tenons‑nous à un instrumentalisme ou à un empirisme sur les théories scientifiques.
Héritage logique‑empiriste : les structures physico‑mathématiques sont de bons outils prédictifs, mais ne «révèlent» aucune ontologie profonde.[5][6]
Contre l’usage philosophique massif de la théorie des catégories Sur le versant catégories/topos, les critiques viennent de trois directions:
Fondationnalistes set‑theoretical classiques Pour certains philosophes des maths (par ex. Geoffrey Hellman dans le débat avec Awodey), la catégorie n’offre pas un «fondement» mais un langage trop haut niveau; le socle ontologique reste l’ensemble (ZFC) et les objets individuels.[6][7]
Objection : la théorie des catégories gomme justement ce que l’on veut comprendre (quels sont les objets mathématiques ?), en remplaçant la question ontologique par une pure théorie des morphismes.
Anti‑structuralistes ou structuralistes prudents Une partie de la philosophie des maths considère que structuralisme et catégorique sont des métaphysiques superfétatoires; ils préfèrent un structuralisme épistémique modéré (Parsons, Resnik, etc.) ou bien un réalisme «substantialiste» sur les objets mathématiques.[8][6]
L’idée : on peut décrire des structures sans pour autant affirmer qu’il n’y a que des structures.
Critiques internes : la catégorie n’est pas «structure» Des auteurs comme Andrei Rodin soutiennent que la théorie des catégories ne s’accorde pas si bien que cela avec le structuralisme classique, et qu’elle pousse vers une autre vision, ni structuraliste ni substantialiste.[7][9]
En un sens, c’est une critique «radicale» du raccourci «catégories = structuralisme».
Contre les généralisations grothendieckiennes/toposiennes Pour Grothendieck, Caramello et les lectures topologiques/toposiennes de la science, les oppositions sont plus dispersées :
Philosophes des sciences prudents Ils reconnaissent la puissance mathématique des topos, mais refusent d’y voir un «nouveau cadre ontologique» pour la réalité physique ou pour l’épistémologie en général, faute de liens expérimentaux clairement établis.[10][11]
Métaphysiques locales / pluralistes Certains défendent une métaphysique ancrée au plus près de chaque science particulière, sans «méta‑cadre» unifiant (qu’il soit set‑théorique ou toposien); pour eux, vouloir unifier via topos est une reconduction, sous une forme plus sophistiquée, de l’ancienne quête d’un socle unique.[5][6]
Vue d’ensemble pour ton projet En très gros, les adversaires «radicaux» des approches que tu vises sont :
des néo‑aristotéliens des substances et des puissances (contre le primat de la structure);[2][3][1]
des réalistes des objets et des empiristes qui refusent soit l’élimination des objets, soit toute métaphysique des structures;[4][6][5]
des fondationnalistes ensemblistes qui voient la catégorie et le topos comme langage utile mais ontologiquement secondaire.[6][7]
Pour toi, cela trace assez nettement deux «horizons» :
un horizon structural–catégorial–toposien (Ladyman/French/Caramello/Lawvere),
et un horizon néo‑aristotélicien / substantiel / pouvoirs qui, d’une certaine façon, prolonge ton terrain médiéval." (Sources : suivre le lien)
- Bon, ça se dessine pas mal, un peu ennuyé tout de même que les sources soient essentiellement anglo-saxonnes.
- Oui, j'ai demandé des références à l'IA, mais c'est maigre (en Note 1), à part le nom de Denise Vella-Chemla, dans le sillage d'Olivia Caramello, qui m'est inconnue...
- Je te sens insatisfait ?
- Oui, je cherche autre chose. Après avoir vérifié que Bohr utilise bien la dualité des voies dans le rapport du Sujet à l'objet (i;e.: contravariante—⇅/⇆—covariante), j'ai demandé quels philosophes actuels étaient le plus en phase avec cette approche.
— 🤖: Parmi ceux qu’on a évoqués, deux pôles prennent vraiment au sérieux cette double direction Sujet/objet, même s’ils ne parlent pas explicitement «covariant / contravariant» :
Bohr et ses lecteurs «relationnels»
Dans les lectures contemporaines de Bohr (par ex. Dorato, Faye, Barad), la relation Sujet/objet est pensée comme holisme relationnel :
l’objet quantique n’a pas de propriétés définies indépendamment du contexte de mesure;
le dispositif classique et l’«observateur» déterminent ensemble ce qui peut compter comme phénomène.[1][2][3]
On a donc de fait deux directions :
du système vers l’observateur (résultats de mesure, corrélations);
de l’observateur/dispositif vers le système (choix de contexte, découpe classique/quantique, «cut» bohrien).[2][3][1]
Cela correspond assez bien à ta paire «selon les mots» / «selon les choses», même si le vocabulaire reste épistémologique plutôt que catégorique.
Lawvere et la dialectique sujet/objet en termes d’adjonctions
Lawvere, surtout dans ses textes sur l’adjoint modality et la «category of being», formalise une dualité structurée entre deux niveaux (par exemple discret / codiscret, local / global, possible / effectif), reliés par une paire de foncteurs adjoints.[4][5]
Cette situation d’adjonction est exactement celle où tu as un foncteur covariant dans un sens et son adjoint dans l’autre, ce qui donne une forme rigoureuse à une circulation Sujet/objet, intention/réalisation, description/situation.[5][6][4]
Même s’il ne parle pas en ces termes, on peut lire sa «category of being» comme une tentative explicite de faire travailler cette dualité à un niveau ontologico-logique très général.[4][5]
Les réalistes structuraux «durs» (Ladyman, French, Esfeld)
Eux s’intéressent surtout à la structure du monde physique lui-même (structures d’espace-temps, symétries, intrication), et beaucoup moins à la dualité Sujet/objet.
Le rôle de l’observateur y est en général minimisé ou traité de manière classique; la dualité que tu évoques n’est pas un thème central chez eux.[7][8][9]
En résumé :
pour ta dualité covariante/contravariante du rapport Sujet/objet, les plus proches sont Bohr (via le holisme relationnel et la coupure classique/quantique) et Lawvere (via les adjointes et les modalités), chacun sur son versant;[3][1][2][5][4]
les réalistes structuraux anglo-saxons travaillent surtout la structure côté objet, pas la dualité de l’approche de l’objet par un sujet." (Sources : suivre le lien)
- Bon, sous réserve d'approfondissement, j'ai l'impression d'avoir eu de la chance d'avoir été guidé vers Lawvere il y a maintenant une petite dizaine d'années, et de revenir sans cesse à Bohr !
- Avec Grothendieck et Caramello, tu n'es pas non plus en mauvaise compagnie !
- Dommage que ce soit si difficile à comprendre !
- Voilà pour le versant dur de la connaissance, mais quid de Lévi-Strausss et de sa forme canonique, de l'apport des neurologues dans la connaissance de nos mécanismes cérébraux, et de Lacan, enfin ?
- À chaque jour suffit sa peine, c'est l'heure de l'apéro.
— 🤖 : Tu as raison : le paysage que je t’ai esquissé est très anglo-saxon, alors qu’il existe des lignes françaises qui jouent, parfois autrement, avec les mêmes problèmes (relativité, quanta, structure, catégories). Je te donne des «familles» plutôt que des noms isolés, pour que tu voies les correspondances.
Proches du réalisme structural (physique, structure) Il n’y a pas vraiment d’équivalent français direct de Ladyman/French, mais on trouve des auteurs qui, à partir de la physique, défendent des thèses très voisines (primat de la structure, intrication, espace-temps relationnel) :
Étienne Klein : physicien et philosophe des sciences, très présent médiatiquement, qui insiste sur la manière dont relativité et quantique obligent à repenser le temps, la causalité, l’objet, et défend une vision non naïvement réaliste de la physique (sans aller jusqu’au réalisme structural «dur», mais en en reprenant plusieurs intuitions).[1][2]
Travaux français sur le réalisme structural : l’«Encyclopédie philosophique» a une entrée en français sur le réalisme structural qui reprend l’opposition réalisme structural épistémique / ontique à partir des débats sur la relativité générale et l’intrication quantique.[3][4]
On y retrouve explicitement l’idée que l’espace-temps et les états quantiques se décrivent mieux en termes de structures que d’objets individuels, avec intrication et courbure comme paradigmes.[4][3]
En gros : pour le réalisme structural, la meilleure porte d’entrée francophone est moins un «grand nom» unique qu’un faisceau de textes de philosophie des sciences (Klein, dossiers de revues, encyclopédies en ligne) qui traduisent, commentent, adaptent Ladyman/French/Esfeld dans le paysage français.[1][3][4]
2 Proches du structuralisme / topos / Grothendieck Là, tu es plus «chez toi» : la France a déjà toute une tradition structuraliste, même si elle n’est pas toujours connectée explicitement à Grothendieck et aux topos.
Structuralisme au sens large
Héritage Lévi-Strauss, Foucault, Althusser, Lacan, qui ont déplacé l’attention des «sujets» aux structures (langage, parenté, inconscient, épistémè).[5][6][7]
Ce structuralisme n’est pas le réalisme structural ontique anglo-saxon, mais il prépare l’idée qu’il y a des régimes structuraux qui organisent les expériences et les discours.[6][7][5]
Ligne Grothendieck–Lawvere–topos en français
Les expositions et commentaires de Denise Vella-Chemla jouent un rôle important pour articuler, en français, Grothendieck, Lawvere et le concept de topos comme nouvelle notion d’espace.[8][9][10]
Elle insiste sur les «catégories d’espace», les topos comme milieux de cohésion, la manière dont Grothendieck passe du point au faisceau, du local au global.[10][8]
Autour de Grothendieck, tu as aussi toute une littérature française (exégèses mathématiques et philosophiques) qui met en avant l’idée de «paysage» mathématique, de géométrie comme morphogenèse et non plus simple étude de figures.[11][12]
Caramello, mais en français
Olivia Caramello publie principalement en anglais, mais son projet de «topos grothendieckiens comme ponts unificateurs» est relayé et discuté dans des contextes francophones, notamment autour de l’idée d’unification des théories via des structures catégorielles.[13][14][15]
Donc, si tu cherches l’équivalent «France» de l’axe Grothendieck–Caramello–Lawvere, tu peux le reconstruire en combinant :
les textes de Grothendieck lui-même (et leur réception française),
les commentaires de Vella‑Chemla sur catégories et topos,
et l’arrière-plan structuraliste français qui rend ces notions «culturellement» acceptables.[7][9][5][8][10]
3. Correspondants français du néo‑aristotélisme / métaphysique des pouvoirs Côté courants opposés (néo‑aristotéliens, pouvoirs, substance), la scène est surtout anglo-saxonne, mais certaines orientations françaises sont en affinité :
Une partie de la métaphysique française contemporaine reste attachée à des lectures aristotéliciennes de la substance, des causes, des puissances, sans les reformuler en termes de structures ou de catégories (voir par exemple les travaux sur les «deux souches de la métaphysique chez Aristote et Platon» qui réactivent les couples forme/matière, acte/puissance).[16]
On pourrait aussi rapprocher certains fils de la phénoménologie française tardive (Merleau‑Ponty, puis les héritiers) qui restent centrés sur l’être-corps, le vécu, la chair, plutôt que sur des structures formelles, même si ce n’est pas du néo‑aristotélisme au sens strict.[17]
Pour le néo‑aristotélisme des pouvoirs au sens très technique (comme dans les Cambridge volumes), il n’y a pas vraiment de «star» française; la connexion se ferait plutôt via l’intérêt français persistant pour Aristote, la causalité, les puissances, mais dans un idiome moins analytiquement codé.[16][17]". (Sources : suivre le lien)