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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

La querelle des Universaux # 42 — Alain de Libera — Retour à son introduction

Alain de Libera

Le 24/ 03/ 2026 :

- Au moment du dénouement de la pièce, je me rends compte d'avoir beaucoup erré de droite et de gauche et m'être noyé dans des pages de commentaires d'autant plus creux qu'ils foisonnaient. Je ne peux pas partir en laissant tout ça derrière moi. Ce serait un manque de respect tant envers l'auteur qu'envers moi-même.

- Tu veux tout reprendre ?

- Oui, mais en écrivant seulement quelques lignes structurantes, là où j'ai tartiné autour de mes manques.

- On commence par quoi ?

- Par relire le début.

1. Un problème saturé

  • Questions de méthode 
  • L’incohérence de l'aristotélisme ou d'une ambiguïté destinale
  • Porphyre, ou le métaphysicien malgré lui
  • Sur le lien entre la problématique des universaux et la doctrine des catégories
  • Sources platoniciennes de la problématique des universaux
  • En guise d’orientation

"Ce livre est un livre d’histoire. Il a un objet, une méthode et un présupposé. Les trois sont liés." p. 10

Questions de méthode 

"Nous présupposons ici une certaine conception du Moyen Âge et de l’histoire de la philosophie médiévale. On peut la résumer d’une formule, translatio studiorum, et l’expliciter en quelques phrases." p. 11

- C'est exactement ce que je cherchais : un fil conduisant, comme l'indique le sous-titre de l'ouvrage "de Platon à la fin du Moyen Âge".

- De Libera présente l'objet de son étude —les universaux— comme ce qui persiste, court au fil de l'histoire et définit par là même son existence :

"L’histoire d’un objet n’est pas un état de la question à une période donnée. Il n’y a ni période ni question données. Il y a des questions durables en ce qu’elles créent leur propre durée." p. 12

- Ça me paraît évident...

- Oui, mais j'aimerais te proposer de concevoir l'objet en question comme signifiant d'un manque, ce qui colle mieux à notre approche.

- N'est-ce pas aller à l'encontre de l'auteur, qui fait preuve d'historien dans la mesure où il tente de ne pas caractériser les concepts d'autrefois d'un point de vue actuel, par exemple N. Goodman, caractérisant le nominalisme comme «le refus d’admettre toute entité autre qu’individuelle» ?

- Non car notre proposition n'est pas "partielle", évaluant un point particulier, mais se place au niveau de généralité où se situe de Libera : en parlant "de question durable", il a lui-même cette distance que je propose juste d'identifier comme un manque.

- Une approche psychanalytique ?

- Constater que des philosophes ressassent la même question pendant mille ans me semble l'indice d'un automatisme de répétition assez significatif au sein de l'habitus Occidental hérité des Grecs, non ?

 - OK, et ce manque est l'impossibilité de parler en [⚤] d'une partition d'un objet singulier en [♻] ?

- Bien entendu. Je l'ai rabâché au fil de ce blog à en perdre la voix, inutile ici de nous y appesantir. (Note 1)

Ceci étant précisé, de Libera rejette également une problématique des universaux déjà formatée autour du triptyque "mots/ concepts/ choses", qui est notre façon "classique" héritée du Moyen Âge tardif.

Là, il faut préciser un point de notre propre méthode "topologique".  Nous repérons 2 axes orthogonaux
voie des mots⇅ voie des choses.
C'est une dénomination qui peut prêter à confusion dans le contexte présent, surtout après avoir placé Platon sur l'une R  et Aristote sur l'autre. R.

- Tu en as déjà maintes fois discuté, pourquoi y revenir ici ?

- Parce que ces "voies" ne sont pas liées à ce que l'on pourrait situer comme :

  • En [⚤]—de rem : ce qui est du domaine de la parole;
  • En [♻]—in re :  ce qui est du domaine de l'objet. 

mais à la façon de circuler sur le cross-cap. Autrement dit, parler des mots et des choses nous ramène directement à la structure de notre topologie ainsi qu'à la façon d'y circuler, mais le "concept" par lui-même n'est pas une posture première ou une 3ème dimension de notre topologie il n'entre pas immédiatement dans le quadrillage conceptuel
(discret—[⚤]/[♻]—continu)(covariant⇅ contavariant).

- C'est ennuyeux, parce que l'auteur parle bien d'un triptyque identifié par l'antiquité tardive comme mots/ concepts/ choses, qui remonte à Aristote :

"Avant que les médiévaux se demandent si les «universaux» étaient des choses, des concepts ou des mots, les néoplatoniciens se sont demandé si les Catégories d’Aristote étaient des étants (ὄνια), des noèmes (νοήματα) ou des sons vocaux)." p. 13

- Oui, c'est pourquoi il faut assumer notre point de vue actuel, dont il nous est impossible de nous abstraire car notre représentation topologique la porte implicitement (cf. "Le moi peau"), et renvoie directement au triptyque Réel/ Imaginaire/ Symbolique de Lacan.

- Précise, sans tourner autour du pot.

- Toute représentation, qu'elle soit parlée, écrire, ou une "voix intérieure" comme chez Occam, se place quelque par sur la topologie de notre Imaginaire, un cross cap, que nous déployons ici pour en parler, "à plat" sur l'écran d'un ordinateur.

- D'où le "moi-peau" Imagniare, surface séparant Réel et Symbolique ?

- Exactement. Donc, l'idée que ce dont on parle puisse se référer à un "existant" auquel on accéderait par ailleurs nous est étrangère. De même du "concept" qui, d'une façon ou d'une autre, doit donc s'articuler selon un acquis culturel, habitus, ou epistémè —quelque soit le terme employé— qui tisse la trame du discours, de la représentation où du concept mis pour représenter l'étant.

- Tout ceci pour nous dire quoi ?

- Que nos triades mots/ concepts/ choses ou étants/ noèmes/ sons vocaux vont se balader sur notre topologie sans qu'il faille s'en inquiéter outre mesure.

- Il doit malgré tout y avoir des points plus ou moins fixes, non ?

- Oui :​

 
  • Au plus près du Réel, en ♧, nous avons les mots/ voces/ signifiants;
  • Au plus près du Symbolique, en ♡, nous avons un principe unitaire hérité de Parménide;
  • En ♧ se situe le "sujet sensible" d'Aristote, correspondant à notre "mesure" de l'objet.

- Et le manque dont tu parlais ?

- Il apparaît dès qu'Aristote définit ses catégories :

  • En ♢ : celles qui qualifient ou ne modifient pas substantiellement l'objet ;
  • En ♢ : celles inhérentes à la substance de l'objet (espèce, genre, en particulier), qui en sont abstraites par ♧,
    Ces dernières posant la redoutable question de la participation.

- Or l'Isagore est une préface à la logique d'Aristote, et les catégories sont dès l'origine une question de logique, c'est bien cela ?

- Oui :

"Considérons un instant le résumé que J. Tricot, son traducteur, fait de l’opuscule de Porphyre : «L’Isagoge a pour objet l’étude des quinque voces (les cinq voix ou dénominations : le genre, l’espèce, la différence, le propre et l’accident), qui jouent un grand rôle dans la doctrine d’Aristote, mais sur lesquelles les ouvrages du Stagirite ne fournissent que de brèves indications.» Nous voilà en possession d’une liste. Les universaux sont le genre, l’espèce, la différence, le propre et l’accident." p. 14

- Toutefois de Libera est critique : les termes d'universel et de prédicat ne sont pas mentionnés...

- Oui, oui, et c'est là où nous objectifs divergent : de Libera est historien et suit ce qu'il peut vérifier, quand nous nous intéressons à la persistance d'un manque qui est dès l'origine identifiable.

- Apparemment, il est plus facile de pointer ce manque qu'une identification directe :

"D’où vient donc le «problème» qui a non seulement suscité dix siècles de discussions, mais permis l’éclosion des thèses philosophiques fortes et cohérentes qu’on appelle «nominalisme» et «réalisme» ? Peut-être du fait que le «problème des universaux» recouvre un réseau de questions qui, dans le mouvement complexe de l’exégèse de l’ensemble du corpus aristotélicien, ont cristallisé autour de l’Isagoge sans être toutes énoncées par l’Isagoge. À ce compte, il faudrait dire que l’Arbre de Porphyre cache une forêt. C’est la thèse que nous défendons ici." p. 17

- Je voudrais montrer comment notre approche vient à l'appui de celle de l'auteur lorsqu'il fustige une transposition de la querelle des universaux dans une problématique actuelle.

- N'est-ce pas ce que tu fais ?

- Non au sens où notre point de vue topologique rend compte indifféremment de chacun des courants qui forment cette histoire. Considère ce "manque" comme le "Ma"  japonais, permettant de lier par un silence des kanjis insuffisants à retranscrire une langue parlée. Ce n'est pas une interprétation contraignante, mais une liberté offerte.

- OK, et cette affaire de stylos ?

"Dans son introduction à la traduction anglaise du De universalibus de Jean Wyclif, P.V. Spade tente d’«illustrer» le problème des universaux avant de l’«énoncer précisément». La question philosophique générale, vite circonscrite, ouvre sur une alternative simple : «Y a- t-il ou non des universaux dans le monde ? Une réponse affirmative est le réalisme, une réponse négative, le nominalisme.»
[...]
ce que Spade appelle «croire aux universaux», est le réalisme : admettre que des «entités universelles» comme la noirceur sont partagées par toutes les choses qui présentent une même propriété (ici, être noires) et qu’à ce titre elles leur sont communes. À l’opposé, évidemment, le nominaliste est caractérisé comme celui qui voit deux noirceurs, autant de noirceurs que de stylos. Deux noirceurs qui sont «semblables», certes, mais qu’«il suffit de regarder pour voir qu’elles ne sont et n’en restent pas moins deux noirceurs». Ainsi illustré, le problème des universaux est simple : y a- t-il ou non deux couleurs dans les stylos de P.V. Spade ? «Le réalisme et le nominalisme sont les deux principales réponses à cette question.
»" p. 19

Est-ce que tu vois comme moi les limites d'une telle métaphore ?

- Oui : l'idée que le nominaliste voit deux couleurs noires ne correspond pas à la problématique posée, qui tient à la participation.

- Exactement. Remplace stylo par "part de tarte" et noir par "tarte", et ça devient déjà plus facile. Le problème est de dégager le concept "tarte—noir" avant de considérer les "stylos noirs—parts de tarte".

  • En ♢ : on peut qualifier un stylo de noir (i.e.: stylo + noir);
  • En ♢ :
    • à partir du sujet sensible "tarte" en ♧ ;
    • vu comme qualité potentielle ♧; et substantielle de toute "part de tarte" ♢ ; (ce qui n'est pas le cas du noir pour le stylo);
    • on peut le prédiquer en ♡ d'une part de tarte ♧; soit le circuit ♡//;

L'inhérence de la "tarte" dans la "part de tarte", évite toute question embarrassante concernant la "partition" directe d'un tout singulier, insécable, en parties dans le mouvement qui nous est familier :

𓁜 tout
 
𓁝 partie
 
𓁜 élément/ sujet sensible/ singulier

Renvoyer une incapacité conceptuelle à une question de vison objective discriminant le nominaliste du réaliste, c'est louper l'essence de la difficulté.

"Or, s’il est un terrain commun au nominalisme et au réalisme à l’époque d’Occam ou de Duns Scot, c’est bien la singulière et nouvelle théorie de la perception qui, à la fois, les rassemble et les sépare, et qui veut que, pour Scot, une seule perception sensible suffise pour que l’intellect puisse former les concepts universels correspondants et, pour Occam, un seul acte de connaissance intellectuelle abstractive d’un singulier suffise pour que l’esprit puisse former à son sujet un concept spécifique de soi applicable à tous les autres singuliers maximalement semblables." p. 21

- Alain de Libera s'attaque à une interprétation de Goodman, nominaliste actuel, du nominalisme médiéval. Je ne reviens pas sur l'argumentation générale de l'auteur pour juste me focaliser sur ceci qui à mon sens détruit d'entrée de jeu l'approche en question sans trop se fatiguer :

"[...]Goodman a son chemin de pensée propre :

  1. cet individualisme est instrumenté par «le rejet de la relation d’appartenance au profit de la relation méréologique entre parties et tout» (la thèse de Goodman étant que «deux individus composés», ce qu’il appelle des sommes, «ne diffèrent que si au moins un des atomes qui les constituent diffère»)" p. 22

Par sécurité, je vérifie ce qu'est la métrologie dans Perplexity (cf. ici), bon, il s'agit de discuter du tout et des parties sans passer par les ensembles, ce qui se conçoit aisément. Et je pose la question à cinq sous :

— HS : cette métrologie utilise-t-elle la logique du 1er ordre ?

— 🤖: Oui : la mérologie “classique” de Leonard & Goodman est formulée dans une logique du premier ordre classique, donc avec tiers exclu et non‑contradiction pleinement valides.
Logique sous-jacente
    •    Les présentations standard de la mérologie issue de Leśniewski et de Leonard & Goodman précisent que l’axiomatique se donne dans le cadre du calcul des prédicats classique avec identité.
    •    Les manuels et articles parlent explicitement de “classical mereology”, définie comme une théorie première‑ordre sur un prédicat binaire de parthood, en supposant la logique classique comme base, ce qui inclut  et  pour toute formule .
Cas particulier de Goodman
    •    Les versions du “calculus of individuals” et la version ultérieurement purgée de classes chez Goodman restent, dans l’analyse contemporaine, des systèmes mérologiques axiômatisés au sein de la logique du premier ordre classique.
    •    Les variantes non classiques de la mérologie (intuitionnistes, paraconsistantes, etc.) sont des développements plus récents; elles ne correspondent pas au cadre de Goodman, qui s’inscrit dans le paradigme classique de la logique.
" (sous ces : suivre le lien)

- Donc, planté d'office ?

- Oui, bien entendu. Mais vois-tu l'économie de moyens ? D'avoir identifié d'entrée de jeu un manque nous permet de voir immédiatement la répétition autour quand l'on prétend s'en éloigner.

- Quand je parle "d'entrée de jeu", il s'agit quand même d'une réflexion a posteriori... Est-ce important ici ?

- Pour Alain de Libera sans doute. Le problème étant qu'en critiquant cette façon de circonscrire a posteriori le domaine du nominalisme, il reste malgré tout dans le même champ conceptuel, puisqu'il ne relève pas ce point de blocage :

"Le vrai problème est de montrer comment et pourquoi les problèmes méréologiques se sont immiscés dans la querelle des universaux. C’est alors un autre travail qui s’engage, qui réclame l’examen d’un objet proprement médiéval : l’élaboration de la topique du tout, selon la distinction entre tout universel et tout intégral, à partir des matériaux transmis par les monographies logiques de Boèce." p. 24

La métrologie moderne est une réponse inadaptée, de la même facture que le déplacement opéré par Occam (cf. #37) :

  • 1er circuit : rapport discours intérieur—[⚤]/[♻]—objet :
    =>  départ aristotélicien
  • 2e circuit : rapport vocês—[⚤]/[⚤]—intentiones:
    => production d'un discours
  • 3e circuit : rapport écrit—[⚤]/[⚤]—voix :
    => représentation du discours
R3        
    R2    
        R1
écrit   voces   intentiones   objet
♡e   ♡v   ♡i  
♢e ♢v ♢i
♧e   ♧v   ♧i  

En passant de R1 à R2, Occam esquive la logique propre à ♢, pour la réduire à la logique du 1er ordre en ♢i. La métrologie fait la même chose, ni plus ni moins, et de Libera en ne remettant pas en question cette logique, donne la main à Goodman pour entrer dans la ronde...

Quant à l'élaboration de distinguo entre tout universel et tout intégral, nous la retrouvons dans la différence déjà vue chez Avicenne entre ♡ et ♡...

- J'ai l'impression que tu soutiens Alain de Libera comme la corde le pendu ?

- Certainement pas ! Je pointe une limite conceptuelle, qui interdit de vouloir ramener le continu au discontinu après les travaux de Cantor. Que des philosophes continuent de nos jours à ne pas l'avoir intégré m'étonne juste un peu, et que de Libera dépense de l'énergie à argumenter contre eux me désole, c'est tout. (Note 2)

- L'important est qu'il ne se donne pas de définition a priori du nominalisme :

"Il va de soi, pour nous, qu’une notion de « nominalisme » médiéval ne peut être proposée qu’a posteriori. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille s’en tenir à des œuvres apparaissant « typiques d’un nominalisme signalé par ce terme dans cette histoire même »." p. 24

- La même approche vaut pour le réalisme, et C'est effectivement tout l'intérêt de sa démarche.

- Ici, Alain de Libera tisse des liens entre des relectures a posteriori es reales et Husserl entre autres, auxquels il faudra revenir en temps opportun (pages 27-30)

 

 

 

 

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1. Un problème saturé

  • Questions de méthode 
    • Le problème des universaux et l’affaire des stylos
    • Nominalisme et réalisme au Moyen Âge ou de quoi parlons- nous ?
    • Contre la téléologie en histoire
    • Histoire autoritaire et analyse des réseaux
  • L’incohérence de l'aristotélisme ou d'une ambiguïté destinale
  • Porphyre, ou la métaphysicien malgré lui
    • Le paradoxe de Porphyre
    • L’arbre de Porphyre
  • Sur le lien entre la problématique des universaux et la doctrine des catégories
  • Sources platoniciennes de la problématique des universaux
    • De la non- différence à la participation ou la violence faite à Ménon
    • Théorie platonicienne des Idées et causalité éponymique des Formes
      • La causalité éponymique et le problème des « causes d’imposition »
      • Un platonisme de contrebande : paronymie et éponymie
  • En guise d’orientation

d

Note 1 :

Voir :

On peut même prolonger la discussion en évoquant les topos de Grothendieck comme le "lit du discret et du continu", pour indiquer d'où vient notre intérêt dans une querelle qui préfigure déjà cette impossibilité de ramener le continu—[♻] au [⚤]—discret; irréductibilité démontrée par Cantor.

Note 2 :

D'ailleurs, pour en revenir aux Grecs, leurs mathématiciens avaient déjà une bonne appréhension du problème, qu'il s'agisse de la tortue de Zénon, de la non rationalité de √2, objet de scandale pour les Pythagoriciens, voire les 3 problèmes antiques : 

  • Duplication du cube;
  • Trisection d'un angle;
  • Quadrature du cercle...
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