19 Juillet 2025
Le 18/ 07/ 2025 :
Présentation du colloque : ici
Sommaire :
Des concepts à vivre, enfin
Peut-on penser des concepts "de vivre" / "à vivre" ? Animateur : Marcello GHILARDI
Pascal DAVID : Accéder à la vraie vie. Usages des concepts, ressources de la littérature
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- Marcello GHILARDI commence par faire une récapitulation de ce qui a été vu la veille (cf #2) (vidéo ici)
- Ça permettra peut-être de revenir sur ce que tu avais mal entendu...
- Sans doute. J'ai noté ceci :
- Nous avons largement commenté tout ceci d'un point de vue théorique, mais l'objectif n'en reste pas moins fort louable.
- Certes, second point qui sera développé l'après-midi : l'accent mis sur le "in" dans
Inouï : Avec une exhortation à penser "l'inouï" (in—ouï <=> non entendu), quand j'ai plutôt mis l'accent dans mes articles sur "l'indicible" (<=> non dit) . J'ai trouvé la distinction intéressante à relever :
Incommensurable : sont "incommensurables" deux choses qui ne peuvent pas être appréhendées sur une échelle commune. Typiquement, c'est l'orthogonalité ⊥ entre les abscisses et les ordonnées sur un plan cartésien. Et ceci ne peut être pensé que par l'introduction du niveau [#]. Rapporter ce qui est "incommensurable en [#] (ex : une surface repérée sur 2 axes) à l'idée d'une conservation en [♻] (l'aire de la surface), repéré par une évaluation en [⚤] (ex : "3 m2" sur 1 axe), c'est tout l'objet de la théorie de la "mesure" !
Invivable : l'orateur indique très succinctement qu'il existe trois termes Grecs se référant à "vivre". Pour remédier à mon ignorance, j'ai fait appel à Perplexity :
🤖:
• zôè (ζωή) : le simple fait de vivre, la vie biologique ou vitale, commune à tous les êtres vivants (animaux, humains, dieux).
• bios (βίος) : la manière ou le mode de vie, soit une existence spécifiquement humaine, qualifiée par un choix, un style ou un projet (par exemple, la vie politique, philosophique, contemplative).
• praxis (πρᾶξις) : l’action ou l’activité pratique, le fait de réaliser des actes ayant une fin en eux-mêmes, distincte de la simple fabrication ou production (poièsis). Chez Aristote en particulier, «praxis» évoque la vie en tant qu’action humaine éthique et politique, c’est-à-dire une vie dirigée par des choix et des responsabilités. (lien)
Parler d'invivable demande donc de préciser à quel aspect de la "vie" on se réfère. Ici, l'orateur nous parle de "la vie fausse" d'Adorno; re-Perplexity :
🤖: "Theodor W. Adorno qualifie de “vie fausse” (ou « fausse vie ») l’existence des individus dans une société moderne marquée par l’aliénation, la réification et la domination sociale. Pour Adorno, la “vie fausse” désigne un mode de vie où les individus sont privés d’autonomie véritable, contraints de se conformer à des structures sociales et économiques qui ne leur permettent pas d’accéder à une existence authentique, juste ou pleinement humaine. Cette vie est dite « fausse » parce qu’elle est conditionnée par un ordre social qui ne vise que sa propre reproduction : le travail abstrait, la consommation de masse et les rapports humains standardisés y remplacent toute spontanéité, subjectivité et éthique véritables.
La formule célèbre d’Adorno, «Il n’y a pas de vraie vie dans la vie fausse», extraite des Minima Moralia, souligne que, tant que les conditions sociales restent aliénantes et injustes, il est impossible pour l’individu d’accéder à une vie authentiquement bonne ou morale. La “vie fausse” ne signifie pas que toute résistance ou tout geste éthique soit impossible, mais que ces actes restent limités et fragiles tant que le cadre social global demeure inchangé.
En résumé, pour Adorno, la “vie fausse” est celle qui se déroule sous une société administrée, aliénante et réifiée, où l’individu perd la possibilité d’une existence vraiment autonome, juste et singulière" (lien)
- Ça me rappelle Bourdieu, parle-t-on de la même chose ?
- Vérifions : Perplexity fait sans effort le rapprochement (suivre le lien), mais ne trouve pas de lien direct entre Bourdieu et l'école de Frankfurt. Certains ont cependant tenté le même rapprochement que moi : (Note 1)
Disons que, pour ce qui nous concerne, le rapprochement n'est pas idiot, mais demanderait à être contextualisé pour en faire une thèse universitaire substantielle...
- OK, mais dans cette présentation de concepts, qui doivent peu ou prou se référer à F.J., que faut-il comprendre de cette entrée en matière ?
- L'auteur me semblait dire que la recherche du "bonheur" n'est pas la "vraie vie", et ça peut se comprendre en ce sens où le "bonheur" serait la recherche d'une coïncidence avec un modèle de vie que le Sujet se donne (ou qu'il partage).
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- Rien de bien neuf : ça nous renvoie à cette vidéo dans laquelle André Comte-Sponville parle de "tomber de Shopenhauer en Platon", à propos du désir et de l'ennui...
- Oui, et c'est précisément cette recherche d'une coïncidence aboutissant à l'ennui, ou une "non-vie", qu'il est question ici de subvertir en "dé-coïncidant"...
- Reste à savoir si l'orateur faisait référence à "bios" ou "praxis" ?
- Laisse-lui le temps de préciser au fil du colloque....
Enfin : le mot peut se comprendre comme :
Je l'ai relevé pour ma propre réflexion.
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Pascal DAVID poursuit sur le thème de "la vraie vie" (vidéo ici)
Là, j'ai eu beaucoup plus de mal, car j'ai bloqué dès le début, lorsqu'il a parlé de "définir un objet de pensée" à partir de "de vivre" ou "à vivre", en disant que "pour exister, un concept doit montrer son efficacité".
- Tu n'es pas d'accord ?
- Si, quant au fait qu'un concept ne survit qu'en étant utile, mais c'est sur l'idée "d'objet de discours" que je tique. J'ai peur, pour tout dire d'en rester à l'Imaginaire platonicien, pour nous retrouver avec un concept en [♻]𓁜, gros-Jean comme devant.
- Et que voudrais-tu qu'il fît ?
- S'attacher au mouvement, nom de nom, entre Yin et Yang, en termes de rapports entre objets, c.-à-d. en mode syntaxique ♢, et exploser ce sempiternel ruban de Moébius — Platonicien, pour s'attaquer à la circulation du Sujet sur sa topologie Imaginaire en forme de cross-cap !
- On aura compris, mais de quoi a-t-il parlé ?
- D'exemples de mise en jeu des concepts auxquels il se réfère, dans la littérature. Pour nous y rendre sensibles, Il a tenté un parallèle entre le philosophe Hegel et l'écrivain Stendhal.
- Eh bien suivons-le sur ce terrain.
- J'avoue avoir un peu décroché, suite à ma réaction initiale, et mes notes sont très fragmentaires. J'ai noté une différence :
Ainsi que quelques réflexions de l'orateur :
Je suis vraiment désolé d'être aussi parcellaire, mais j'ai commenté mes notes de flèches surlignées en rouge.
- Tu repensais à ton GPS.
- Oui, par soucis de concision, comme une sténo, et je te soumets mon interprétation, que l'orateur est libre de rectifier, s'il me lit, bien entendu :
Si mon interprétation est acceptable, alors, la démarche de F.J. doit être vue comme un effort pour passer de la voie des choses à celle des mots. Mais bien entendu, faute de prendre en compte le niveau [#] et le mode ♢, ça coince un peu aux entournures, d'où des questions qui paraissent un peu simplistes :
- Ça ressemble un peu à du "FFF" (Note 2)?
- Non, pas : il s'agissait pour l'orateur de nous parler de l'avènement de la littérature comme quelque chose de neuf dans la culture Occidentale. L'important étant, et là l'orateur se réfère à Mme de Staël, que la littérature est un effort pour dégager l'Imaginaire :
- C'est parfait, nous nous retrouvons grâce à notre GPS, à choisir entre deux mouvements qui ne partent pas de [♻]♡𓁜, mais au contraire du signe, en [⚤]♧𓁜:
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| 1 | 2 | 3 | 4 |
En 2/ l'écrivain cherche ses mots pour décrire un "objet littéraire" défini en 1/
=> En 2/ le sens prime le mot : ♡↓♧.
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| 1 | 2 | 3 | 4 |
En 1/ le poète laisse les mots lui proposer un "objet littéraire" en 2/
=> en 1/ Le mot prime le sens ♧↑♡.
- Tu m'as l'air bien sûr de toi ?
- N'y vois qu'un exercice sans prétention : je trouve cette proposition assez élégante, mais franchement, libre à quiconque de prendre le relais si le coeur lui en dit ! L'important, me semble-t-il, est de situer la démarche de F.J. comme un changement de voie par rapport à la philosophie Platonicienne. Il n'est certes pas le premier, mais il insiste... Et c'est à mon sens le signe d'un besoin chez F.J., symptomatique d'une nécessité épistémologique de notre époque...
- Si tu revenais au texte ?
- L'orateur a cherché à identifier la différence entre littérature et philosophie, en nous offrant un condensé de l'avènement de la littérature en Europe. Après Mme de Staël, nous sommes passés à Baudelaire (j'ai noté : "il n'y a pas véritablement de littérature avant lui" en me demandant où situer l'épopée de Gilgamesh) et j'ai compris que nous étions ici dans le schéma ♧↑♡; c.-à-d. dans un schéma de co-homologie, sans nécessairement de "co-chaînes" pour ramener le discours au "vraisemblable".
- D'où tires-tu ça ?
- De cette remarque : "hors des limites du Sujet, mais dans les limites du langage". Il y a bien un mouvement immanent, cadré par la possibilité d'une langue ("une pensée du dehors" et "la poésie est le langage de l'impossible")...
Ensuite, l'orateur est passé à Georges Bataille, dont je ne sais rien... Pour nous dire qu' "il faut attendre le Romantisme et l'esthétique de 1830 pour aller à la subjectivité".
- Autrement dit, nous passons dans l'un et l'autre cas, à l'étape 3/ de tes schémas ?
- Ben oui, tout simplement : l'étape où le récit prend un sens pour le Sujet en [♻]♡𓁜... Ce ne sont que des spéculations de ma part, bien entendu, des béquilles m'aidant à donner un sens à ce que j'entends. Disons a minima, que ces béquilles m'économisent des efforts...
Après cet aperçu, Pascal David en vient à l'usage de la littérature pour le lecteur : "pourquoi relit-on un roman ?", et il dégaine sa thèse : "parce qu'il fait vivre : fils de vie"
"Le roman apprend comment on s'en sort dans la vie :
Citant "Bel ami" de Maupassant en 1885 (histoire d'une ascension sociale), et "L'écriture ou la vie" de Jorge Semprun, dont je ne sais rien. Perplexity m'offre cet aperçu de l'écriture de Semprun :
🤖: «Je ne possède rien d’autre que ma mort, mon expérience de la mort, pour dire ma vie, l’exprimer, la porter en avant. Il faut que je fabrique de la vie avec toute cette mort. Et la meilleure façon d’y parvenir, c’est l’écriture. Or celle-ci me ramène à la mort, m’y enferme, m’y asphyxie. Voilà où j’en suis : je ne puis vivre qu’en assumant cette mort par l’écriture, mais l’écriture m’interdit littéralement de vivre.»
- Intéressant cette idée de l'écriture comme substitut à la mort...
- Oui, on peut facilement y voir le rejet de la posture [♻]♡𓁜, ou l'effroi face au vide 𓁝[∅], avec comme remède (l'orateur s'est questionné à propos de la littérature "qui pense, qui panse ?"), la voie des mots, au niveau élémentaire [⚤]... J'ai noté sur le vif :
Et je crois que c'est un bon résumé.
Il y a encore eu beaucoup de choses livrées pas l'orateur, mais j'avoue que ça allait trop vite pour moi, il faudrait en reparler avec lui, si le coeur lui en dit... Je te livre juste cette note finale :
"Émanciper l'esprit par la subversion du signifié par le signifiant";
- C'est bien l'étape 1/ du schéma quantique, la démarche co-homologique, sans le carcan des co-chaînes ?
- Oui, je crois que c'est le point essentiel que je retiendrai.
Par opposition à la littérature, l'orateur pose la philosophie comme un acte décidé : le Sujet de la philo est "Je pense".
- On en revient à Descartes et au "bouclage" de notre topologie Imaginaire ? (voir ici)
- Oui, et c'est rassurant ! Je te passe les détails pour arriver à la conclusion :
"La littérature est incommensurable (à la philo je présume, ou à la vie ?)
Très sincèrement je ne suis pas du tout branché littérature, mais pourquoi pas? Notre "entropologie" pourrait très certainement y être de quelque utilité, avis aux amateurs... 😉
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Étienne KLEIN : "La physique moderne ou l'art de "dé-coïncider d'avec le Monde" (vidéo ici)
- Franchement, rien à dire : présentation impeccable, unité de temps, de lieu et d'action, beaucoup d'exemples tirés de sa grande connaissance de la physique.
- Et c'est tout ?
- J'ai tout de suite compris que sa "dé-coïncidence" collait parfaitement avec l'orthogonalité entre :
Le reste courre au fil de ce blog. Je peux juste ajouter que j'aimerais vraiment en parler avec lui...
- Raconte quand même.
- Quelques remarques à intégrer, sans doute :
- Pas clair...
- Au contraire c'est limpide :
Il a parlé également de son "Argument dentifrice" que je ne connaissais pas, avec un rappel à Bachelard "penser contre soi". Magnéto Serges !
🤖 :
• Klein utilise cette analogie pour dénoncer le réalisme naïf ou l’erreur conceptuelle qui consiste à penser que la science découvre simplement des vérités «prêtes à l’emploi», comme si elles étaient toujours déjà là, simplement cachées.
• Cela s’oppose à une vision plus fine des sciences, pour laquelle les instrumentations, les cadres de pensée et même les actions d’observation participent à la construction du phénomène observé.
En résumé, l’argument dentifrice vise à éveiller l’esprit critique sur nos propres biais de raisonnement automatique, particulièrement sur la nature des découvertes scientifiques ou des vérités perçues.
- OK, l'expression est amusante, mais elle renforce le décalage dont tu parlais entre l'objet et ce que l'on en dit...
- C'est bien parce que ça colle pile poil, que nous pouvons passer à la suite.
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Françoise GAILLARD : Rupture, écart et dé-coïncidence (voir cette vidéo)
- Elle s'intéresse à l'émergence des idées et concepts (sans citer Lévi-Strauss), mais également à la photographie. Je n'ai noté que quelques références à creuser éventuellement :
Avec une charge contre Michel Foucault (nota: lui aussi cite Borgès au sujet d'une liste qui dé-coïncide totalement de la réalité), qui me semble porter à faux "Foucault coïncide les mots et les choses" ? Pour tout dire j'ai eu le sentiment sur l'instant d'un exercice de style pour faire plaisir à F.J.
Ensuite d'autres orateurs ont pris la parole, pour le plus grand plaisir de grignoter au passage quelques références culturelles, mais j'avoue qu'en fin de journée, j'étais fatigué !
- Ainsi s'achève le second jour, en espérant la suite au prochain numéro.
- Amen
Hari
Note 1 :
J'y a trouvé ceci :
" À l’évidence, Adorno n’a pas dans son champ de vision quelque chose qui ressemblerait à l’habitus tel qu’il est conçu par Pierre Bourdieu, c’est-à-dire comme principe générateur de conduites incorporées dans le psychisme et les schémas d’action des individus."
J'avoue que cette analyse qui s'y développe dépasse largement le cadre de ma réflexion primaire, à l'écoute de Ghilardi...
Note 2 :
Terme technique de l'industrie : "flying flies fucking" intraduisible en Français.