Différence et différance

Publié le par Hari Seldon

Différence et différance

Nos différentes considérations concernant les rapports du conscient et de l'inconscient nous ramènent toujours à une dualité de concepts synchronie/diachronie. L'intuition de laquelle je suis parti m'a mené à définir la "prise de conscience" (forcément Imaginaire) comme un développement d'uns structure plate qui serait notre inconscient, lui-même étant une structuration élémentaire de notre Symbolique.

Cet aplatissement de l'Imaginaire à la frontière du Symbolique est en quelque sorte une nécessité structurelle, puisque pour aborder le Symbolique nous sommes toujours, nous, porteurs du discours, en position ex-ante, c'est dire, très précisément sans repère temporel.

Ce déploiement signe un changement de posture: d'ex-ante, nous passons à une position ex-post, qui va de paire avec la mise en oeuvre d'une représentation du mouvement (objet dual synchronique/diachronique) et du temps (extrait sec du mouvement décanté de son élément synchronique: l'espace).

Je voudrais vous montrer que cette problématique sous-tend le discours de Derrida, et s'exprime très explicitement dans son concept dual différence/différance.

Les deux termes diffèrent par les voyelles e/a, qui se repère dans l'expression écrite, mais non dans l'expression orale. Derrida souligne qu'en français, la terminaison en ance « reste indécise entre l'actif et le passif ». Autrement dit (et pour aller vite!), la différance marquerait une potentialité, que l'expression articulée "différence" se charge d'actualiser. J'y vois, moi, un plan ou s'exprime des potentialités, sur une feuille de papier, où s'inscrit le mot et une "mise en volume", sonore, s'écoulant dans la temporalité du discours.

On retrouve assez facilement l'opposition de Chomsky entre compétence et performence... mais ce qui est intéressant chez Derrida, c'est ce passage du potentiel à plat à son articulation (actualisation) dans un mouvement.

Ce que je repère, en termes quantiques par le passage d'un état "intriqué" à la "décohérence" de ses constituants, qui s'exprime en fonction du temps. Et je retrouve bien cette idée d'un champ inconscient aux états intriqués et "plat", hors de tout repère temporel (comme un "champ"), avec la prise de conscience comprise comme une "mise en mouvement" etc...

On peut essayer d'envisager les rapports entre mathématiques et physique sous ce rapport. Tout domaine mathématique, encadré par une axiomatique donnée, est un espace purement synchronique; tandis que la physique, est toujours une mise en volume de l'Imaginaire, mettant en jeu 2 niveaux (repérage du temps, vitesse, énergie, moment) ou 3 niveaux (accélération, gravitation, force etc...).

En ce sens il y a entre mathématiques et physique un phénomène de "décohérence". On peut ainsi envisager les échanges qui s'opèrent entre les deux disciplines d'un oeil neuf, et y méditer par exemple, sur la signification des efforts produits pour écrire une physique sans la variable "temps", ou la gravitation comme une déformation de l'espace...

A développer.

Hari

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