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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Freud de Fliess à Ferenczi

Nota : La signification et l'usage de mes glyphes, comme le schéma général de l'Imaginaire du Sujet  sont présentés ici: "Résumé"

([∃]𓁝⇅𓁜[⚤]𓁝⇅𓁜[#]𓁝⊥𓁜[♲]𓁝⇆𓁜[∅])𓂀 (♧)

J'ai situé certains concepts Japonais, tels que Ma/Aïda 間, Mu 無, espace 空間 et temps 時間 dans cette grille de lecture, ici : "L'espace-temps / Ma"

([∃]𓁝⇅𓁜[時間]𓁝⇅𓁜[空間]𓁝⊥𓁜[間]𓁝⇆𓁜[無])𓂀 (♧)

Enfin, j'ai défini trois "niveaux de circulation" du Sujet entre [∃] et [∅], étiquetés par ♧, ♢ et ♡; voir ici "Foncteurs et transformations naturelles".

- Je suis toujours dans la rumination du livre "Impardonnable Ferenczi" d'Yves Lugrin; et sous le coup de cette lecture double 𓂀, 𓂀♢ de l'Imaginaire du Sujet, qui s'est imposée à moi dans ce premier article, et que je retrouve dans le rêve de l'injection faite à Irma.

J'aimerais voir si cette approche duale, ou plutôt en canon, comme un chant Corse peut aider à présenter la problématique qu'explore Yves Lugrin.

- Et tu nous fais ça vite fait sur le pouce ? Un bouquin de 371 pages encore mal digéré ?

- L'écriture aide à la digestion, mon ami. Le récit présente deux points d'orgue, si je l'ai bien lu :

  • Une rupture entre Freud et Fliess, dont on peut sentir les prémisses lors de vacances en famille, à Breslau à Noël 1897 et qui éclatera en 1904 pour aboutir sur la scène publique en 1906;
  • Une fissure entre Freud et Ferenzci apparue lors d'un voyage à Palerme à l'été 1910, qui éclatera en 1932, et occupera Freud jusqu'en 1937, après même la mort de Ferenczi en 1935.

Freud - Fliess :

Nous avons déjà évoqué cette première rupture en revenant sur le rêve de l'injection faite à Irma. Yves Lugrin relève qu'alors même que Freud commence son livre fondateur "l'interprétation des rêves", publié en 1999, par l'analyse de ce rêve fait en 1895, il n'en parle pas aisément à Fliess...

J'ai caractérisé ce point de désaccord, par une différence d'approche théorique de la psyché : 

  • Fliess reste dans un discours qu'il voudrait "scientifique" en 𓂀; en prise directe avec le "Réel";
  • Freud analyse les "représentations" que se fait le Sujet de lui-même, autrement dit, s'y ajoute un second registre de langage, redoublé en 𓂀.

La dispute se cristallise autour de la notion de "bisexualité".

  • En 𓂀, il est immédiat de comprendre que la sexualité est une affaire de posture du Sujet :
    • 𓁜 posture ex post / masculine ;
    • 𓁝 posture ex ante / féminine ;
    • Avec des mouvements entre les deux positions, qui font la vie psychique du Sujet.
  • En 𓂀, nous revenons aux "objets", et la différence fondamentale d'approche entre 
    • [∃][⚤]𓁜 une approche ex post, logique, cartésienne discriminant les "éléments" de l'objet;
    • 𓁝[#][♲][∅]une approche ex ante, où le Sujet est comme "partie" de ce qu'il espère ou dont il procède.

Je n'insiste pas sur cette différenciation, c'est l'objet de tout mon développement au fil de ce blog, mais très concrètement, dans l'Imaginaire primaire 𓂀, le phallus "se voit" et se désigne, se prend en main, s'échange même, selon Lacan, en position [∃]𓁜, quand le sexe féminin, est vu imaginairement -surtout en ces débuts de psychanalyse faite par des hommes- comme manque de phallus, comme un vide d'objet : 𓁝[∅]...

Maintenant, ce qui est évident pour Freud, i.e. : (𓁝<=>𓁜)𓂀, peut être compris comme une ambivalence sexuelle, par Fliess 𓂀 bien évidemment, mais également par Freud lui-même, qui ne fait pas le distingo que nous établissons ici !

- D'où tires-tu cela ?

- Freud 𓁝a eu besoin de voir Fliess 𓁜2 comme un maître, mettons comme "docteur de la loi" [♲]𓁜2, ou "sujet supposé savoir", quand il se voit en position d'élève, et donc en 𓁝1[♲], (jusqu'à cette opération du nez pratiquée sur Emma), ce que Freud-auteur 𓂀 aurait pu exprimer ainsi : (𓁝1[♲]𓁜2)𓂀.

Mais faute d'avoir conceptualisé la différence 𓂀 /𓂀:

  • ce qui se lit maître/ élève en 𓂀,
  • peut se comprendre amants dominant/ dominé en 𓂀.

Mon hypothèse de lecture, c'est que Freud est mal à l'aise avec cette idée d'homosexualité appliquée à sa personne.

Freud - Ferenczi :

La cristallisation se fait à Palerme, lors d'un voyage que tous deux voulaient d'échanges pour faire avancer le schmilblick. Or donc, il advint que Freud se mit à dicter à Ferenczi des notes de travail.

Ferenczi se lève, outré d'être ramené au rôle de scribe lorsqu'il entendait "échanger" avec le maître, comme ils le firent d'ailleurs l'année précédente, au cours d'un voyage en Amérique avec Jung.

La réaction de Freud fut :

"- Alors, c'est comme ça ? Vous voulez manifestement prendre le tout" (p. 231)

Le malaise sera si profond que pendant 20 ans les deux n'y feront référence que de façon très allusive, et c'est tout le travail d'Yves Lugrin d'en avoir déroulé le fil jusqu'au bout de la pelote, jusqu'à cette scène occultée..

Par rapport à la scène précédente, pour Freud, les rôles sont inversés Ferenczi est en position 𓁝3[♲], alors que lui, Freud est manifestement en [♲]𓁜1 !

Il y a bien sûr deux lectures de la scène à retrouver :

Lecture de Ferenczi :

Deux courtes séances d'analyse ultérieures auprès du Freud feront ressortir chez Ferenczi :

  • un problème de reconnaissance dans une fratrie très nombreuse;
  • un viol par un adulte ayant autorité.

Que révèle la demande de Freud ?

  • Qu'il n'est pas reconnu dans la fratrie Freud-Ferenczi
  • Que Freud le considère en posture 𓁝3

Or, comme Freud, Ferenczi n'a pas le langage pour discriminer les deux niveaux Imaginaires 𓂀, 𓂀 et les conséquences qui en découlent. En particulier les oppositions élève/ maître et homosexuel passif/ actif s'aplatissent l'une sur l'autre.

Donc, non seulement Ferenczi n'est pas reconnu comme interlocuteur par Freud, mais encore, il est là pour "se faire baiser", comme autrefois.. D'où la violence de sa réaction.

Lecture de Freud :

Freud a eu beaucoup de mal à "tuer le père" Fliess, et prendre sa place, autrement dit vivre l'évolution : ((𓁝1[♲]𓁜2)(𓁝2[♲]𓁜1))𓂀, et pour ce faire, il abandonnera le niveau ♧ à Fliess pour investir le niveau  ♢...

Mais cette position 𓁜1, il y tient : il est fier d'être enfin accepté comme "professeur", et d'avoir un premier élève à lui : Félix Gattel. Par ailleurs, il est également obligé de s'y tenir, puisqu'il est incontestablement le père de la voie qu'il défriche, et que ceux qui le rejoignent ont besoin de lui à cette place de même qu'il eut besoin de Fliess à cette place pour évoluer lui-même.

Ce "besoin" peut paraître évident en  ♢; mais la question est la suivante : cet accrochage à sa position ([♲]𓁜1)𓂀 n'a-t-elle pas quelque résonance à l'étage inférieur ([♲]𓁜1)𓂀 autrement dit : Freud n'a-t-il pas besoin de se rassurer en tant que "mâle" ?

Il dit en effet qu'il a dû "accepter sa part de féminité", qu'il a peut-être vue comme liée à son attachement à Fliess, mais cet aveu même souligne un problème, surgit peut-être de la non-discrimination entre  𓂀♧ et 𓂀que nous pointons ici, plus que d'une réelle attirance homosexuelle...

Bref, j'y vois un embarras de Freud avec l'idée qu'il puisse devenir le partenaire passif d'une demande homosexuelle de Ferenczi, qui serait sa lecture ((𓁝3[♲]𓁜1)(𓁝1[♲]𓁜3))𓂀, d'une demande d'égalité de Ferenczi exprimée en ([♲]𓁝3⇆𓁜1[∅])𓂀 !

- Très spéculatif !

- Pas facile de suivre un dialogue sur deux registres différents, compris de façon différente par les deux interlocuteurs en présence !

- Sur quoi appuies-tu cette analyse ?

- Sur le cri de Freud : "vous voulez prendre tout". Pour moi, ce "tout", c'est le phallus dont parle Lacan, et s'échange imaginairement (𓁝[⚤]𓁜)𓂀 dans la relation sexuelle.

Hari

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