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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Freud - L'interprétation des rêves - #1

Nota : La signification et l'usage de mes glyphes, comme le schéma général de l'Imaginaire du Sujet  sont présentés ici: "Résumé"

([∃]𓁝⇅𓁜[⚤]𓁝⇅𓁜[#]𓁝⊥𓁜[♲]𓁝⇆𓁜[∅])𓂀 (♧)

Pour le schéma développé de l'imaginaire voir :"Mettre un peu d'ordre dans sa tête"

[#]𓂀          
  [∃] [⚤] [#] [♲] [∅]
  [∃] [⚤] [#] [♲] [∅]
  [∃] [⚤] [#] [♲] [∅]

Ma problématique :

- Ce matin au réveil, une question s'est imposée à moi, concernant ce que j'avais écrit du rêve d'injection faite à Irma, si pressante qu'il me faut revenir très sérieusement et en détail, sur le livre fondateur de Freud "l'interprétation des rêves".

- Et peut-on savoir ce qui t'agite ainsi ?

- Revenons au schéma final, sensé représenter le cheminement de Freud dans son rêve, le portant de 𓂀 à 𓂀:

(𓁝[⚤]𓁜⏩𓁝[⚤]𓁜) [∃]    [⚤] 𓂀
                            ↑
([#]𓁝⊥𓁜[♲]𓁝⇆𓁜[∅]) [#]    [♲]    [∅] 𓂀

J'ai posé l'hypothèse que les 3 femmes dans la phase A du rêve délimitent un "espace" F1⊥F2⊥F3 au sens de la "géométrie" en [#] quand les docteurs délimitent non plus un "espace" de ce type, mais un "graphe" (avec la formule NC3H9) en [⚤].

Et la question qui m'a réveillé ce matin est la suivante : quelle est la différence entre un trait ou une flêche comme celle-ci  ou cette autre , et le dessin de cette flêche, considéré comme la trace sur un papier d'un "élément de géométrie" ?

- Ça me semble très clair :

  • Lorsque le Sujet progresse en ♧, passant [⚤] à [#], nous avons vu qu'il passe de N à R, puis par répétition à R2, R3 etc... Et dans cette progression de la pensée, la droite est soit une succession de points, ou bien, en partant de réflexions de niveau [♲], définie par des symétries comme la pliure d'une feuille de papier;
  • En [∃], c'est la flêche (⟲) elle-même qui devient l'objet élémentaire de la réflexion, au même titre que l'objet final (*) en [∃].

- Autrement dit, ce que j'ai considéré, en ♧ comme élément diachronique , c'est-à-dire ce passage de l'objet final (*) en [∃] à son identification élémentaire (au sens de la catégorie des ensembles) {*} en [⚤], (i.e.: ((*){*})𓂀) devient un élément synchronique en [∃],  (i.e.: (())𓂀), et cela me fait prendre conscience de toutes les bêtises que j'ai pu écrire sur ce blog, en pensant que la flêche du morphisme, élément diachronique par excellence entre les deux niveaux élémentaires [∃]  [⚤] en ♧, était réifié et synchronique en [⚤], ce que je représentais comme ceci !

Toutes mes interprétations sont donc à reprendre !

- Je ne te suis pas très bien, peux-tu développer ?

- À partir d'un simple point (*) notre esprit explore deux directions radicalement différentes.

  1. Il y a d'une part un travail sur la construction d'images à partir de [⚤], qui conduit à la géométrie et la topologie en [#] et la mesure en [♲],
  2. et d'autre part un travail sur la notion d'ordre, de logique et de relations qui s'élabore pour "trouver du sens" à nos images, et pouvoir "s'en servir".

À la réflexion, notre exploration primitive de l'Imaginaire :
([∃]𓁝⇅𓁜[⚤]𓁝⇅𓁜[#]𓁝⊥𓁜[♲]𓁝⇆𓁜[∅])𓂀 peut être vu comme un effort pour ramener la perception du temps à celle de l'espace, avec en point d'orgue l'idée relativiste que le mouvement est comme "rien", quant au contraire, l'évolution de 𓂀 à 𓂀 tendrait à approfondir les enchaînements de cause à conséquence.

- Peux-tu dévelloper ce dernier point ?

- Assez simplement : la notion de successeur, en [⚤], liée à la logique du premier ordre reste très élémentaire quand, avec la notion de graphe en [⚤] on peut explorer des enchaînements de cause à conséquence beaucoup plus riches.

C'est d'ailleurs ce qui met mal à l'aise lorsque l'on tente "d'expliquer" de façon consciente, avec la logique élémentaire [⚤] ce dessin NC3H9, que le songe donne à freud, en [⚤] selon moi.

- D'où la nécessité de revenir au livre de Freud ?

- Oui, j'ai l'impression que l'état de veille est comme "focalisé" par les stimuli de notre environnement, comme autant de "traumas" élémentaires, qui retiennent notre attention en [∃]𓁜, quand le rêve, dans un état plus relaxé, permet un "relachement" en posture 𓁝[∅], à l'écoute plus intime de nous-mêmes.

- Veux-tu dire que l'éveil serait mâle ou Yang et le sommeil, féminin ou Yin?

- C'est ce que je voudrais vérifier dans cette relecture, d'ailleurs, je ne l'ai pas plutôt commencé, que je retrouve ceci sous la plume de Freud : 

"La théorie que Schopenhauer a développée en 1851 à servi de point de départ à de nombreux auteurs. La représentation du monde apparaît en nous parce que notre esprit place dans les formes de l'espace, du temps et de la causalité les impressions qui lui viennent du dehors. Les stimuli organiques, provenant du système sympathique, ne peuvent avoir au plus pendant le jour qu'une influence inconsciente sur nos dispositions. Mais ces impressions organiques s'imposent à notre attention pendant la nuit, quand l'action étourdissante des sensations du jour a cessé, de même que, la nuit, nous entendons le bruit de la source que nous ne pouvions percevoir dans la journée. Mais l'esprit ne pourrait-il réagir à ces stimuli autrement qu'il a coutume ? Il leur donne donc la forme de l'espace et du temps, il leur fait suivre la loi de la causalité : ainsi naît le rêve"  p.63

On retrouve également sa problématique  par rapport Fliess lorsqu'il écrit plus loin :

"Souvent là où le psychique paraît être la cause primaire d'un phénomène, une recherche plus profonde arrive à en découvrir les fondements organiques. Mais il ne faudrait pas dissimuler le psychique là où il est, ou semble être, l'aboutissement momentané de nos connaissances." p.69

Maintenant l'idée que dans le rêve nous nous intéressions plus aux "relations" qu'aux "objets" est également relevé très vite par Freud qui note cette contradiction :

"Pour que nous puissions nous rappeler des sensations, des représentations, des pensées, elles ne doivent pas demeurer isolées, mais avoir entre elles des des liaisons et des assosiations adéquates [...] or dans la plupart des cas le rêve manque d'ordre et de clarté. La façon dont nos rêves sont composés empêche de les retenir, et nous les oublions parce que, le plus souvent, ils se désorganisent aussitôt. - Toutefois Radestock (p.168) prétend avoir remarqué que les rêves les ^plus étranges étaient précisément ceux que nous retenions le mieux, ce qui ne s'accorde guère avec ce qui précède." p.71

Et cette remarque reprise de Spitta :

"... lorsque nous nous efforçons de nous rappeler un rêve, nous mettons d'abord de l'ordre dans les éléments d'une manière lâche. "D'une juxtaposition, nous faisons une suite et une chaîne : nous ajoutons le lien logique qui manquait dans le rêve."."  p. 73

  - Pour être honnète, il y a dans cettte introduction de Freud, une remarque qui mine ton point de départ, lorsqu'il écrit :

"Ainsi nous croyons n'exprimer qu'un fait, lorsque nous disons que l'activité psychique est très réduite pendant le rêve et qu'en particulier les fonctions intellectuelles supérieurs sont suspendues ou gravement détériorées". p.81

- C'est peut-être notre compréhension de ce que seraient des "fonctions intellectuelles supérieurs" qu'il faut revoir. Lorsque le Sujet, en restant au niveau 𓂀♧ du discours passe de la logique [⚤] à la topologie [#], puis à la relativité [♲] (pour faire court), tu as bien conscience d'une élévation de l'esprit, qui se retrouve d'ailleurs chez Piaget décrivant les stades de développement de l'enfant. Mais le passage de 𓂀♧ à 𓂀 marque très certainement un "progrès" d'un autre ordre.

D'ailleurs tu retrouveras sur notre schéma restituant les mouvements de Freud dans ce rêve, que : 

  • ce "progrès" 𓂀♧  𓂀 , s'il faut l'appeler ainsi, s'accompagne
  • d'une "régression" puisque le point d'arrivée en [⚤] est une régression par rapport à un départ en [#], faute d'avoir trouvé Fliess en position maître en [♲]𓁜 sur son chemin : la structure NC3H9 n'est qu'un graphe relationnel en [⚤], lorsque l'explication attendue de Fliess en [♲] n'explique pas la scène en [#]!

Je pense que c'est l'articulation, ou l'économie, entre ces deux mouvements qu'il nous faut comprendre.

- Soit, je pense avoir saisi l'intérêt de cette relecture, et si nous laissions cet emplilement de préfaces de Freud, faites au fil des rééditions, pour en arriver au vif du sujet, en commençant par relire ce rêve inaugural ?

Récit préliminaire du rêve de l'injection d'Irma :

- Freud nous prévient par une note :

"Je dois ajouter, pour préciser ce qui est dit plus haut, que je n'ai presque amais donné l'interprétation complète d'un de mes rêves. Sans doute ai-je été sage de ne pas trop faire confiance à la discrétion de mes lecteurs". p. 130

Aussi, lorsque je lis son "récit préliminaire", après avoir lu "Impardonnable Ferenczi" d'Yves Lugrin, je reste un peu dubitatif quand à celui-ci : il nous parle d'une patiente Irma, hystérique, dont le traitement aurait été interrompu à la suite d'un désaccord. :

"nous avons interrompu le traitement à la suite de ce désaccord. [...]

Avoue que nous sommes très loin du traitement d'Emma, et d'un Freud qui tombe pratiquement dans les pommes, à la suite d'une opération ratée de son ami Fliess. Il fait intervenir Otto comme intermédiaire entre eux :

"..."Elle va mieux, mais pas tout à fait bien" [...] J'ai cru y percevoir le reproche d'avoir trop promis à la malade, et j'ai attribué, à tord ou à raison, l'attitude partiale d'otto à l'influence de la famille..."  p. 131

Pour ramener la figure d'un Dr M... "qui était alors la personnalité dominante de notre groupe". Franchement, à part Freud dans le groupe du mercredi, je ne vois que Fliess, et pour le seul Freud lui-même pouvant faire figure de "personnalité dominante" !

- Veux-tu dire qu'il faut rejeter le bébé avec l'eau du bain ?

- La transposition qu'il avance, en guise de "récit préliminaire", minimise fortement la charge émotionnelle qui était alors en jeu entre lui et Fliess !

- Notons-le, mais cette mise en perspective d'Yves Lugrin renforce la valeur du rêve dans la situation réelle : la stupeur de Freud devant l'opération ratée de Fliess était certainement plus forte que "l'agacement" ressenti à l'énoncé d'un "reproche" d'Otto !

________Je lis le récit du rêve et l'analyse qu'en livre Freud,_______ 

__________ et j'en reste sur le cul__________

Je me croyais parti pour tirer deux bords entre La Rochelle et l'île de Ré, et j'ai bien peur de m'être embarqué pour une croisière sans fin...

Il faut que je me documente beaucoup plus que je ne l'ai fait pour avancer un peu, et déjà Lacan et son Séminaire II où il revient sur ce rêve...

Je l'ouvre, page 207 d'une vieille édition "Point" au Seuil, et d'emblée, Lacan embraie sur Irma, "une malade amie de la famille Freud"...

Emma, Irma, les deux existent-elles ? Ou bien Irma n'est-elle qu'une masque d'Emma, il faut déjà être fixé là-dessus !

Mais il fait trop beau pour rester à l'ombre dans mon salon,

À +

Hari

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