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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Freud - L'interprétation des rêves - #2 Irma / Discussion du cas

Nota : La signification et l'usage de mes glyphes, comme le schéma général de l'Imaginaire du Sujet, sont présentés ici: "Résumé"

([∃]𓁝⇅𓁜[⚤]𓁝⇅𓁜[#]𓁝⊥𓁜[♲]𓁝⇆𓁜[∅])𓂀 (♧)

Pour le schéma développé de l'imaginaire voir: "Mettre un peu d'ordre dans sa tête"

[#]𓂀          
  [∃] [⚤] [#] [♲] [∅]
  [∃] [⚤] [#] [♲] [∅]
  [∃] [⚤] [#] [♲] [∅]

- J'avais pris cet exemple du "rêve d'injection faite à Irma", pour faire mes gammes, en utilisant ma façon de représenter les divers "postures" que le Sujet peut adopter dans son Imaginaire lorsqu'il parle de lui comme du reste, et me voici embarqué malgré moi dans une analyse plus complète de ce rêve inaugural dans la théorie de Freud.

- Tu ne finiras jamais ton programme (parler du Sujet comme topos) si tu flânes comme tu le fais en chemin. Quel intérêt ?

- En lisant "L'impardonnable Ferenczi" d'Yves Lugrin, avec qui j'ai discuté à Cerisy, lors de la rencontre autour de l'oeuvre de Piera Aulagnier, j'ai été emporté par cette déprise de Freud d'avec Fliess, que j'ai caractérisée par un passage de 𓂀 à 𓂀, à partir de ce rêve :

(𓁝[⚤]𓁜⏩𓁝[⚤]𓁜) [∃]    [⚤] 𓂀
                            ↑
([#]𓁝⊥𓁜[♲]𓁝⇆𓁜[∅]) [#]    [♲]    [∅] 𓂀

Pour conforter cette approche, je reviens au texte de Freud, et là, paf, plus d'Emma, bonjour Irma !

- Elle apparaît quand même dans le titre du rêve...

- Comprends-moi : à la lecture de Lugrin, la thèse selon laquelle Irma est un prête-nom pour Emma est évidente (note 1); mais en lisant Freud, il nous donne des détails sur sa cure qui indiquerait qu'elle a réellement existé.

Se pose alors la question : si Irma est réelle et s'il s'agit simplement d'un "arrêt" de sa cure et d'une sorte de mécontentement de Freud, comment ce même Freud n'a-t-il pas fait de lui-même le rapprochement avec le cas d'Emma en février 1895 (le rêve est de juillet) ? Le traumatisme qu'il éprouve après l'opération d'Emma était alors d'une autre importance : 

"Au moment où le corps étranger sortit, où tout devint clair pour moi et où, tout de suite après, j'eus le spectacle de la malade, je me suis senti mal; après qu'elle eut été complètement rebouchée, je me suis enfui dans la pièce d'à côté, j'ai bu une bouteille d'eau et je me suis senti pitoyable" Freud, Lettre à Fliess, p.328

Comment n'a-t-il pas fait le rapprochement avec sa vision de la gorge d'Irma dans son rêve ?

« C’est le spectacle d’horreur par excellence ! C’est la chair qu’on ne voit jamais : le fond des choses, l’envers de la face, du visage, les sécrétas par excellence, la chair en tant qu’en sort tout ce qui en sort, au plus profond même du mystère" Lacan, Séminaire II

- En rapportant ce rêve il veut démontrer sa méthode qu'il qualifie de "déchiffrage" à partir des éléments disparates du rêve, qu'il oppose à une "interprétation globale". Je crois même que Lacan enfonce le clou est parlant négativement "d'explication psychologisante", qui serait une projection des théories de l'analyste sur le matériau apporté par le rêve... Dans cette optique, ce qu'il convient d'analyser, c'est le récit du rêve, fait au plus près de sa production, dès que Freud se lève pour rédiger ce compte-rendu.

Par ailleurs, il veut ici faire une démontration, sans tout dire de lui, il l'exprime en note : 

"Je dois ajouter, pour préciser ce qui est dit plus haut, que je n'ai presque jamais donné l'interprétation complète d'un de mes rêves. Sans doute ai-je été sage de ne pas trop faire confiance à la discrétion de mes lecteurs". p.130

Après tout, "ne pas tout dire" est un droit de l'analysant lui-même, la manifestation de son libre-arbitre dans une consultation; ce que son livre n'est même pas !

- Je crois plutôt que, compte tenu de ses relations à l'époque avec Fliess, et précisément parce que ce rêve révèle cet écart qui se creuse entre eux, il ne pouvait qu'avancer masqué... Et ce non-dit pose problème,

... et je comprends mieux l'insistance de Ferenczi à prendre Freud en analyse;

... et la résistance de Freud à cette demande de Ferenczi, redouble le problème, car le drame se rejoue à l'envers, et il y a une répétition qui là encore aurait dûe alerter Freud... Caillou dans la chaussure qu'il a traîné jusqu'en 1937, après la mort de Ferenczi en 1935...

- Cherches-tu à analyser Freud ou à représenter le Sujet dans son rêve grâce à ta représentation de l'Imaginaire du Sujet ?

- Ce qui m'embête, c'est que je suis malgré moi amené à en dire plus sur lui qu'il n'en dit lui-même à partir de ce rêve... Or je n'ai aucun feed-back possible puisqu'il est mort, et donc ce que j'avance ne peut être démontré...

- Vise moins haut, contente-toi de chercher quelques points de concordance avec ce que tu avances.

- Tu as raison, je te propose de balayer les interprétations et commentaires de Freud et Lacan, en commençant par décanter les plus périphériques pour nous recentrer petit à petit autour des éléments bruts du rêve, et voir ce qu'il en reste.

Chapitre III du Séminaire II de Lacan :

La régression

Lacan attaque sur ce thème, qui renvoie à la séance précédente où, miracle, il parle de l'étagement Imaginaire que Freud expose à Fliess dans sa lettre 52; d'où je suis parti il y a si longtemps pour arriver à :
([∃]𓁝⇅𓁜[⚤]𓁝⇅𓁜[#]𓁝⊥𓁜[♲]𓁝⇆𓁜[∅]). Nous sommes en phase en disant que passer de [♲] à [#] ou de [#] à [⚤] exprime une régression; mais nous avons vu ensuite que passer du registre 𓂀♢ à 𓂀 est une autre forme de régression...

Caractère figuratif de la perception :

 "C'est parce que l'état de rêve ne permet pas aux processus de se poursuivre jusqu'à la décharge motrice qu'il y a retour en arrière du processus de l'influx intentionnel et apparition de son caractère imagé." p.204

Je ne crois pas que cette explication soit suffisante : le rêve ne permet pas la position ([⚤]𓁜)𓂀 et la conscience du temps, au plus près du Réel, et donc de l'action. D'où un bloquage dans la régression à (𓁝[⚤]𓁜)𓂀([#]𓁜)𓂀♧ autrement dit l'espace, sans consciene du temps. (note du 24/08/2021)

D'ailleurs, Lacan y revient de lui-même très vite :

"C'est très simple à remarquer, et ça constitue précisément l'originalité du rêve - le rêve n'est pas dans le temps". p.211

Le culturalisme :

Lacan semble avoir dans le nez un certain Erikson "qui se qualifie lui-même de tenant de l'école culturaliste".

"La question est de savoir si l'on doit donner à cet élément une importance prévalente dans la constitution du sujet [...] Vous serez étonnés de voir que ce culturalisme converge assez singulièrement avec un psychologisme qui consiste à prendre tout le texte analytique en fonction des différentes étapes de l'ego.[...] Le rêve de l'injection d'Irma on cherchera donc à le situer comme une étape du développement de l'ego de Freud. [...] Mais est-ce la leçon que nous avons à tirer de l'expérience freudienne, et plus spécialement, si nous le regardons à la loupe, de ce qui se passe dans le rêve de l'injection d'Irma ?

Si ce point de vue est vrai nous devons abandonner la notion que je vous dis être l'essence de la découverte freudienne, le décentrement du sujet par rapport à l'ego. Il y a là une alternative sans médiation - si c'est vrai, tout ce que je dis est faux." p.205 – 206

Il faut absolument que je me positionne par rapport à ce texte, pour suivre Lacan dans son intention.

1/ Oui, ma représentation du triptyque Réel/ Imaginaire/ Symbolique, avec le feuilleté Imaginaire que j'ai décanté  ([∃]𓁝⇅𓁜[⚤]𓁝⇅𓁜[#]𓁝⊥𓁜[♲]𓁝⇆𓁜[∅]permet de suivre l'évolution de l'ego du Sujet. Nous l'avons fait en suivant le développement de l'enfant chez Piaget (voir "l'épistémologie génétique de Piaget");

2/ Oui, il permet de situer telle ou telle culture. Nous avons fait l'exercice en suivant le développement des sociétés occidentales, marqué par certaines étapes en suivant Foucault, comme dernièrement dans la société Japonaise avec les concepts de temps et d'espace qui découlent du Ma 間, d'une façon très différente de l'approche Européenne. (notes 2)

3/ Mais le décentrement entre le sujet par rapport à l'ego me semble repris dans la différence que je théorise entre le Sujet représenté dans le discours par son "Moi" 𓁝𓁜 et l'auteur du discours 𓂀. Ce qui permet, en particulier de comprendre assez simplement l'émergence 𓁝𓁜 au stade du miroir cher à Lacan. J'ai fait plus que cela est parlant de la radicale différence 𓁝𓁜⊥𓂀 en termes "d'orthogonalité" voir par exemple ici "Résumé". 

- Donc "si c'est vrai, tout ce que je dis est faux." est faux ?

- On peut faire les deux ! Lacan, le chantre de la "topologie", en reste à une logique du premier ordre pour aborder le rêve, et franchement, ça paraît un peu léger... Et pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis, je pense que ma façon d'utiliser 𓁝𓁜 et 𓂀 est singulièrement utile.

Le concept de névrose pour Freud à l'époque du rêve de l'injection en 1895 :

Lacan fait une remarque très importante pour l'interprétation de ce rêve :

"Comme il nous le signale dans les associations du rêve, il en est encore à ce moment à penser que, quand le sens inconscient du conflit fondamental de la névrose est découvert, on n’a qu’à le proposer au sujet, qui accepte ou n’accepte pas. S’il n’accepte pas, c’est sa faute, c’est un vilain, un méchant, un mauvais patient. Quand il est bon, il accepte, et tout va bien. Je ne force rien - il y a les bons et les mauvais patients." p.207

- Et qu'en tires-tu ?

- Deux points fondamentaux :

1/ L'énonciation vaut explication, or, j'ai situé la résolution du rêve par la formule NC3H9 en ([⚤]𓁜)𓂀; sous-entendant, pour moi en 𓂀2, et qu'il y a une suite possible (en bleu): ([⚤]𓁜1[#][♲][∅])𓂀2quand, pour Freud 𓁜1 à l'époque, l'énonciation fait loi [⚤]<=>[♲], ce qu'il pourrait comprendre: ([]𓁜1)𓂀1. On voit bien, effectivement, qu'il y a une différence de point de vue à prendre en compte entre hier 𓂀1 et aujourd'hui 𓂀2...

2/ Le second point tient au sentiment de Freud par rapport à ses analysants : il y a les bons (qui acceptent) et les réfractaires, comme Irma, qui refusent de guérir par sa parole.

Ces deux points font ressortir l'aspect dichotomique de la pensée freudienne à l'époque: 

  • La "loi" recherchée []𓁜1 est binaire (i.e.: de niveau [⚤]);
  • Le jugement sur les analysants est binaire : bon/ mauvais

Sans doute était-ce un passage obligé dans le développement de sa pensée :

"Cette notion, Freud nous la rapporte avec un humour voisin de l’ironie un peu sommaire que je fais sur ce sujet. Il dit qu’il peut bénir le ciel d’avoir eu cette conception à cette époque, car elle lui a permis de vivre." p.207

Qui désire ?

Lacan attaque le problème en pointant "la satisfaction qu'apporte à Freud la solution du rêve". C'est une excellente statégie: voyons de quelle façon la "tension" se résout, le point de jouissance.

"C’est à ce niveau que va s’éclairer pour nous cette immense satisfaction qu’apporte à Freud la solution qu’il donne au rêve. Pour donner nous-mêmes son plein sens au fait que ce rêve joue un rôle décisif dans l’exposé de Freud, il nous faut tenir compte de l’importance que lui accorde Freud [...]. Mais s’il tient ce rêve pour le rêve des rêves, le rêve initial, typique, c’est qu’il a le sentiment de l’avoir fait, ce pas [...]. S’il a le sentiment de l’avoir fait, c’est qu’il l’a fait." p.212

Lacan s'attache ici au désir de l'auteur Freud 𓂀, à l'issue de son interprétation, et non pas au fait que le rêve puisse répondre à la frustration de Freud 𓁜 devant le refus d'Irma de son analyse.

- C'est un peu tordu comme approche, non ? Son approche n'a pas de visée scientifique, puisqu'il ne s'intéresse pas à l'objet du discours, ici le rôle du rêve pour le Sujet 𓁜, mais à sa valeur aux yeux de son Auteur 𓂀. Lorsque Lacan parlait de décentrement, je commence à en mesurer l'importance !

- Est-ce si surprenant ?

- Je ne te suis pas ?

- Objectivement, Lacan ne peut faire l'analyse ni de Freud ni de son rêve, et il nous a bien mis en garde contre cette tentation, menant à une approche "psychologisante". Il se limite donc à la matière offerte par Freud, et au rôle qu'a – en tant qu'auteur 𓂀 – ce rêve dans son oeuvre.

- Ça n'a rien à voir avec ta schématisation de l'évolution de Freud, ni la problématique d'Yves Lugrin!

- A priori, non; il récuse même cette démarche, mais puisque nous y sommes, autant continuer.

La réversion du Sujet Is / Si :

Il y a si longtemps que je suis parti du triptyque R/I/S pour avancer dans mes propres développements que j'ai l'impression de faire des fouilles en retrouvant ces remarques de Lacan :

"Rappelez-vous ce que, dans la conférence inaugurale de cette société, je vous évoquais à propos du symbolique, de l’imaginaire et du réel. Il s’agissait d’user de ces catégories sous forme de petites et de grandes lettres.
- iS - imaginer le symbole, mettre le discours symbolique sous forme figurative, soit le rêve.
- sI - symboliser l’image, faire une interprétation de rêve. Seulement, pour cela il faut qu’il y ait une réversion, que le symbole soit symbolisé.
Au milieu, il y a la place pour com­prendre ce qui se passe dans cette double transformation." p.211

Rappelle-toi que mes développements ont été motivés par le besoin de clarifier, dans cette approche de Lacan, quelques difficultés.

  1. Tout d'abord, oui, il y a ce fait majeur de la nécessité d'un retournement du Sujet dans son Imaginaire, d'où la figure duale que j'utilise pour représenter ses postures : 𓁝𓁜;
  2. Ensuite il y a une différence fondamentale entre 𓁝 et 𓁜 que n'explicite pas Lacan :
    1. Ce qui vient du Réel 𓁜 peut être dénoté en [∃]𓁜 et identifié en [∃][⚤]𓁜, et les "objets du discours" composés d'éléments;
    2. Le Symbolique perçu ex ante 𓁝☯ ne peut être qu'être connoté sous forme de récit explicatifs ayant force de loi 𓁝[♲][∅] c'est la pensée mythique, ou sous forme d'appartenance 𓁝[#][♲][∅]

Ceci explicité je reprends ;

  • La forme iS - imaginer le Symbole par (𓁝[♲][♲]𓁜)𓂀 (ou pour faire court  𓁝↑𓁜)
  • La forme sI - symboliser l'Image par ([♲]𓁜𓁝[♲])𓂀 (ou 𓁜↓𓁝) (note 3)

Toutes ces remarques nous permettent de retrouver à peu près notre schéma de l'Imaginaire.

- À peu près ? Quelle est ta réserve ?

- Le niveau [#] de la topologie : je l'ai introduit à partir de la révolution Galoisienne, mais ni Lacan ni Freud n'en ont l'intuition.


Le 16/08/2021 :

Hier, j'étais mécontent de la tournure que prend cet article, car j'y accumule de petites remarques sans lien entre elles, et l'intention de Lacan m'échappe; aussi ai-je relu la fin du chapitre, en surlignant les passages qui me semblaient importants, avant d'aller me coucher. Et ce matin, je me réveille de mauvais poil, en me disant que Lacan cherche à me la faire à l'envers.

- Ce sera donc toujours ainsi ? Mais de quoi parles-tu ?

- De ses effets de manches pour emporter le morceau, il me fait penser à M° Vergès, et sa stratégie de rupture.

Lorsqu'il écrit par exemple :

Si ce point de vue est vrai nous devons abandonner la notion que je vous dis être l'essence de la découverte freudienne, le décentrement du sujet par rapport à l'ego. Il y a là une alternative sans médiation - si c'est vrai, tout ce que je dis est faux." p.205 – 206

Il veut nous interdire de chercher à comprendre le rôle de ce rêve dans l'évolution de Freud (ce qu'il appelle psychologiser) pour en rester au désir de l'auteur Freud 𓂀 nous rapportant son analyse du rêve qui le met en scène 𓁝𓁜, et de la satisfaction qu'il (𓂀) en éprouve car c'est la pierre de touche de son édifice théorique.

- Et alors ?

- Les désirs de chacuns (i.e.: en posture 𓁝), sont indépendants l'un et l'autre (le sens même de ce décentrement dont parle Lacan), ce que je représente par leur orthogonalité :

𓂀/𓁝I𓁜 [∃] [⚤] [#] [♲] [∅]
[;]           [;]
[∃]   [∃;∃]          
[⚤]     [⚤;⚤]        
[#]       [#;#]      
[♲]         [♲;♲]    
[∅]           [∅∅]  
[;]           [;]

voir "Résumé"

Or, Lacan est aussi étranger à l'un, le sujet Freud1 𓁝𓁜1 du rêve, qu'à l'autre, l'auteur Freud 2 𓂀2, et pour représenter le désir propre à Lacan, auteur 𓂀L, il faudrait une 3ème dimension, orthogonale aux deux premières. Tu vois bien qu'il est aussi irrémédiablement étranger à 𓁝𓁜1  qu'à 𓂀! Son analyse n'est donc pas plus légitime que celle qu'il condamne.

- Disons qu'il n'a pas théorisé ce niveau [#], d'ailleurs tu finissais hier soir sur ce constat...

- Mais il masque ce manque par sa mauvaise foi.

- De quelle façon ?

- Tout d'abord, il sacralise ce rêve, ce n'est plus un "objet de discours" dont on pourrait discuter 𓁜, mais le Saint Graal qu'il faudrait révérer 𓁝. Comme si Coriolis ne pouvait pas dire que la pomme ne tombe pas tout à fait aussi verticalement que le dit Newton !

Ensuite, s'il reconnait à Freud le droit d'arrêter d'approfondir l'exégèse de son propre rêve, nous enjoignant de respecter ce choix :

" Quand Freud interrompt les associations, il a ses raisons pour cela. Il nous dit - Ici, je ne peux pas vous en dire plus long, je ne veux pas vous raconter les histoires de lit et de pot de chambre - ou bien - Ici je n’ai plus envie de continuer à associer." p.210

Lui, Lacan, ne se prive pas de transgresser ses propres règles, parlant tantôt du rôle de son frère Philippe dans son complexe d'Oedipe :

"Le docteur M. répond à une fonction qui a été capitale pour Freud, celle de son demi-frère Philippe, dont je vous disais dans un autre contexte que c’était le personnage essen­tiel pour comprendre le complexe œdipien de Freud..." p.216

Tantôt d'histoires "de lit et de pot de chambre" (note du 18/08) :

"... Cela éclaire tout, triméthylamine. Le rêve ne prend pas seu­lement son sens de la recherche de Freud sur le sens du rêve. S’il peut continuer de se poser la question, c’est qu’il se demande si tout cela communique avec Fliess, dans les élucu­brations duquel la triméthylamine joue un rôle à propos des produits de décomposition des substances sexuelles. En effet - je me suis informé - la triméthylamine est un produit de décomposition du sperme." p.218

"On peut beaucoup s’amuser sur cette seringue d’un usage familier, qui en allemand s’accompagne de toutes sortes de résonances données en français par le verbe gicler. Nous savons assez, par toutes sortes de petits indices, l’importance de l’érotisme urétral dans la vie de Freud." p.219

Il fait le malin avec Fliess, mais passe totalement à côté d'Emma, de son opération manquée et du choc réel de Freud qui tombe dans les pommes, et nous amuse avec des associations de second ordre ! Et puis il passe à côté de certaines choses, et ça m'agace.

- Par exemple ?

La résistance :

- Cette idée de "résistance féminine" par exemple, prise à la légère :

"Tout cela se passe donc sur un fond de discussion et de résistance - résistance non seulement à ce que Freud propose, mais aussi à l’examen. Il s’agit là en fait de résistance du type résistance féminine. Les auteurs passent là-dessus en mettant en jeu la psycholo­gie féminine dite victorienne. Car il est bien entendu que les femmes ne nous résistent plus - ça ne nous excite plus, les femmes qui résistent, et quand il s’agit de résistance féminine, c’est toujours ces pauvres victoriennes qui sont là à concentrer sur elles les reproches. C’est assez amusant." p.212

Il s'agit essentiellement d'une fixité du Sujet 𓁝𓁜1 en posture ex ante 𓁝1, quand le maître ou "sujet supposé savoir" 𓁜2, tente d'imposer sa loi: 𓁝1[♲]𓁜2. Or c'est au coeur de la situation entre Freud et Fliess à ce moment là, comme nous en avons discuté (voir la dispute entre Freud et Fliess autour du concept de bisexualité in "Freud de Fliess à Ferenczi") où nous avons vu l'embarras de Freud à discriminer entre deux positions ex ante 𓁝 dites "féminines" ou "passives" :

  • celle de l'élève, au niveau 𓂀 du discours ;
  • sexuelle passive (féminine ou homosexuelle), au niveau 𓂀.

- Tu oublies que ce livre est la transcription d'un séminaire, que Lacan est face à un public qu'il veut tenir en haleine, pour faire passer son message. Il cherche des images, fait des digressions, pour le tenir éveillé. Oublie ta mauvaise humeur, fais-toi un café, et reviens nous dire pourquoi tu continues à te prendre la tête avec Lacan... 

---------- café  🍵 ----------

- Tu as raison, il faudra un jour que j'analyse qui est Lacan pour moi ! Je lui en veux sans doute de ne pas avoir assisté à son séminaire... Et s'il a des traits de génie, bien sûr, il nous prend un peu pour des billes, et je n'aime pas m'en aperçevoir...

- OK, maintenant que tu as craché ta bile, centre-toi sur le positif, sur ce qu'il apporte effectivement.

Le Moi et le Sujet :

- Lorsqu'il écrit :

"... le moi est la somme des identifications du sujet, avec tout ce que cela peut comporter de radicalement contingent. Si vous me permettez de l’imager, le moi est comme la superposition des différents manteaux empruntés à ce que j’appellerai le bric-à-brac de son magasin d’accessoires." p.215

Il rejoint parfaitement l'idée de Lévi-Strauss selon laquelle le Symbolique ne peut qu'être connoté par une série d'images. Idée qui se retrouve en topologie, comme nous en discutons sur ce blog.  En ce sens, Lacan est parfaitement cohérent, à cette époque déjà, avec ce qu'il développe ensuite du Sujet s'échappant au niveau Symbolique (Je est un Autre, les deux intriqués)  et du Moi 𓁝𓁜 au niveau Imaginaire. Ce  dont je tiens compte, bien entendu sous cette forme : (𓁝𓁜)𓂀.

Dans le schéma, c'est plutôt la notion mal cernée d'ego, qui fait tache. 

- Soit, mais si tu cernais de plus près ce qu'il dit du rêve, de sa structure, de sa fonction ?

La structure du rêve

- Tu as raison, c'est là l'essentiel de la leçon.

L'espace des femmes :

1/ Rappelons ce que nous avons déjà tiré du texte :

  • Le rêve est a-temporel;
  • Le rêve se déploie spacialement.

2/ Les préjugés de Freud concernant la cure :

  • Exprimer la névrose doit guérir la névrosée;
  • Il y a les "bons" et les "mauvais" analysants

Ceci me ramène à cette intuition que j'ai eu que les 3 femmes délimient un "espace" permettant de situer Irma.

- C'est-à-dire ?

- Si Freud n'était que porté par une pensée dichotomique, telle qu'il en a conscience à l'état de veille, il n'aurait besoin que de 2 figures antagonistes, l'une bonne, l'autre mauvaise, pour situer Irma. Or, son rêve en évoque 3. En ce sens, Lacan a raison de voir l'inconscient comme indépendant de l'ego du Sujet. Maintenant, je tire la couverture à moi en avançant une orthogonalité permettant un repérage spatial F1⊥F2⊥F3, à un niveau Imaginaire [#] dont ni Freud ni Lacan n'ont conscience.

- Donc Lacan a raison, mais manque à l'exprimer, faute de concevoir ce niveau  [#] ?

- Amusant, non ? Lacan comme Freud seraient portés par un inconscient qui les dépasse. Maintenant, il faut aller dans le détail pour le vérifier. 

Je ne peux m'empêcher de relever ce "sich strenchen" (s'étendre ou s'étirer"), qui vient sous la plume de Lacan, du domaine d'un positionnement spatial et non dialectique :

"Parmi les personnes qui sont sich streichen, il y en a deux en particulier qui, pour être symétriques, n’en sont pas moins assez problématiques - la femme de Freud lui-même qui, à ce moment-là, comme on le sait par ailleurs, est enceinte, et une autre malade." p. 213

Il y aurait donc :

  • Sa femme "hautement idéalisée";
  • La malade "idéale", "parce qu’elle n’est pas une malade de Freud, qu’elle est assez jolie, et certainement plus intelli­gente qu’Irma";
  • Irma, qui aux dires d'autres (note 1) pourrait être « un condensé d'Emma Eckstein et d'Anna Lichtheim ».

Formant le cadre de référence pour représenter celle qui lui résiste :

"Bref, c’est dans un éventail qui va de l’intérêt professionnel le plus purement orienté, jusqu’à toutes les formes de mirage imaginaire, que se présente ici la femme et que se situe la relation avec Irma." p.213

L'espace des docteurs :

Il y a d'un espace à l'autre une différence de registre très marquée par Lacan:

  • L'espace des femmes permet de situer la scène au plus près du Réel, et à Freud de s'y représenter en inter-action avec Irma :
    "Nous sommes là à un premier niveau, où le dialogue reste asservi aux conditions de la relation réelle, en tant qu’elle est elle-même entièrement engluée dans les conditions imaginaires qui la limitent, et qui font, pour l’instant, difficulté à Freud." p.214
  • L'espace des docteurs, dont Freud est "absent" et qui se définissent par leur bavardage : 
    "Avec ce trio de clowns, nous voyons s’établir autour de la petite Irma un dialogue à bâtons rompus, qui tient plutôt du jeu des propos interrompus, et même du dialogue bien connu de sourds." p.215
    "Voilà donc une tout autre triade que la précédente [...] Elle joue avec la parole, la parole décisive et judicative, avec la loi, avec ce qui tourmente Freud" p.217

- Et tu aimerais bien y retrouver la différence que tu nous as déjà présentée ?

- Oui, ce n'est qu'une thèse, mais enfin, dans ce congrès de toubibs, je ne peux manquer de repérer quelques faits saillants qui font système :

  1. L'absence de Freud en tant que participant, mais Freud tout de même, quelque part pour la rapporter à son point de vue de spectateur. 
    "Freud s’aperçoit qu’il se trouve là inno­centé de tout, selon le raisonnement du seau percé. Les trois sont si ridicules que n’importe qui aurait l’air d’un dieu auprès de pareilles machines à absurdité." p.216
    C'est bien Lacan qui dit ici qu'auprès de ce trio Freud est comme un Dieu.
  2. Si, comme le dit Lacan :
    1. Ce référenciel des trois sert à définir l'ego de Freud :
      "Ces personnages sont tous significatifs, en ce qu’ils sont des personnages de l’identification où réside la formation de l’ego." p.216
    2. Si par ailleurs, l'ego de Freud analysant son rêve 𓂀 est en phase avec celui du rêve 𓁝𓁜 :
      "Dans le rêve lui-même, Freud se montre tel qu’il est, et son ego s’y trouve parfaitement au niveau de son ego vigile." p.213
  3. Si le trio n'existe que de ses relationsverbales (i.e. [⚤]); 
  4. Si Freud lui-même, à cette époque, est dans une pensée consciente simplement dichotomique, pour qui la parole prononcée fait loi ([⚤]⇆[♲]), comme nous l'avons relevé plus haut,
  5. Alors, j'ai toutes les raisons d'exprimer l'ensemble en décrivant ce trio en posture ([⚤]𓁜)𓂀, autrement dit, en utilisant la règle de clôture du discours, en ([⚤])𓂀. Cette posture étant le point de réveil du Sujet, au moment où la formule NC3H9 s'affiche.

- S'agit-il de ton discours 𓂀, de celui de Freud ou de Lacan ?

- De même que nous venons de le voir à propos du niveau [#] (qui est là, inconsciemment dans le rêve, et les analyses de Freud et Lacan), notre trio de clowns se situe de lui-même à ce niveau, déjà là chez Feud et Lacan, même si je ne l'exprime consciemment qu'aujourd'hui. Il s'agit donc de mon discours, puisque j'exprime consciemment des hypothèses concernant les inconscients de Freud et Lacan.

Je m'arroge le droit de le faire, car ce faisant, je pense :

  1. ne pas tordre leurs propres discours, conscients, bien entendu,
  2. tout en interprétant de façon cohérente certaines traces de leur inconscients dans celui-ci,
  3. me permettant de reprendre une problématique, celle d'Yves Lugrin, qui leur avait semble-t-il échappée.

- Quel intérêt, sinon purement esthétique ?

- Cela nous permet, par exemple de répondre à une interrogation de Lacan :

"Mais la question à mon sens est plutôt celle-ci - com­ment se fait-il que Freud, qui développera plus loin la fonc­tion du désir inconscient, se contente ici, pour le premier pas de sa démonstration, de présenter un rêve entièrement expli­qué par la satisfaction d’un désir qu’on ne peut pas appeler autrement que préconscient, et même tout à fait conscient?" p.210

En suivant Yves Lugrin, les "entièrement expliqué", et "tout à fait conscient" laissant de côté Emma et Fliess sont à mon sens un peu légers.

Mais il y a bien plus important : en fixant, comme nous l'avons fait, nos deux "espaces de rêve" :

  • En ([#])𓂀: Espace des femmes; ( ou plutôt  (𓁝[⚤])𓂀; note du 24/08);
  • En ([⚤]𓁜)𓂀 : Espace des docteurs.

À partir de là, nous retrouvons tout le reste de l'analyse de Lacan, déjà passé en revue (note 4).

  1. En (𓁝[♲][∅])𓂀 La vision d'horreur de l'omblic du monde;
  2. Le surpassement par Feud de cette vision et le passage de 𓂀 à 𓂀;
  3. La réponse NC3H9 vu en ([⚤])𓂀 comme une loi opérative satisfaisante pour Freud en 1895.

- Une conclusion ?

- Oui, la plus surprenante peut-être :

Lacan avait raison de penser que l'inconscient n'est pas déterminé par l'ego, mais que ce dernier s'inscrit en lui. Nous le trouvons dans la structure du rêve d'Irma, bien entendu, mais également dans l'analyse qu'en donne Freud, comme dans celle que Lacan fait de celle de Freud !

Lacan apporte inconsciemment la preuve de ce qu'il dit.

Hari

Note 1 :

Je ne suis d'ailleurs pas le seul à me poser la question de son existence :

Selon É. Roudinesco et M. Plon, Irma est « un condensé d'Emma Eckstein et d'Anna Lichtheim », qui « était l'une des patientes préférées de Freud (il donna son prénom à sa fille) » Wikipedia

Note 2 :

Je ne passe pas ici tout en revue, mais nous avons parler de l'Âge Classique en suivant Foucault, les sociétés primitives et la forme canonique avec Lévi-Strauss, puis parlé de Descartes et la révolution apportée par son ego, et encore Évariste Galois, puis Emmy Noether etc... C'est au fil du blog.

Pour la société Japonaise, se reporter aux articles sur le Ma 間, comme ici "L'espace temps Ma 間"

Note 3 :

- J'introduis cette notation pour rappeler ce que nous avons dit de la différence des enchaînements des deux mouvements ↑↓ et ↓↑, l'un (section/ rétraction ↑↓) menant à l'identité , l'autre (rétraction/ section ↓↑) à l'idempotence en topologie.

- Tu ne pourrais pas donner une idée de ce dont tu parles ?

- Prends cette histoire de Freud :

«Tout le plaidoyer – ce rêve n’est rien d’autre – rappelle vivement la défense de l’homme qui était accusé par son voisin de lui avoir rendu un chaudron en mauvais état. Premièrement, il l’avait rapporté intact, deuxièmement, le chaudron était déjà troué lorsqu’il l’a emprunté, troisièmement il n’a jamais emprunté de chaudron à son voisin. Mais c’est tant mieux : si une seule de ces trois manières de se défendre est reconnue comme recevable, l’homme doit être acquitté.  » p. 146

Par rapport à l'état de base du paysan ("je suis innocent") les 3 états du chaudron sont idempotents : chacun d'eux est équivalent à cet égard.

Note 4 :

Voir :

Note du 18/08/2021

Je laisse mon commentaire tel qu'écrit car il révèle bien mon humeur du jour, mais pour le coup je suis injuste avec Lacan. En effet, c'est Freud qui fait le lien entre triméthylamine et sexe  dans son analyse :

« À quoi me mène donc maintenant la triméthylamine sur laquelle mon attention est attirée de cette manière ? À une conversation avec un autre ami, qui depuis des années est au courant de tous mes travaux en germe comme moi des siens. Il m’avait à l’époque communiqué certaines idées relatives à une chimie sexuelle, mentionnant entre autres qu’il croyait reconnaître dans la triméthylamine un des produits du métabolisme sexuel.» Extrait de: Sigmund Freud. « L'Interpretation du rêve (PUF). » p. 142

À noter que l'ami en question n'est autre que Fliess, et le problème de fond n'est pas tant la connexion entre cette formule et la "chimie sexuelle" que ce qui suit :

« Je pressens pourquoi la formule de la triméthylamine a pris dans le rêve de telles proportions. Il y a tellement de choses importantes qui se rencontrent dans ce seul mot : la triméthylamine est une allusion non seulement au facteur surpuissant de la sexualité, mais aussi à une personne dont je me plais à me rappeler qu’elle est d’accord avec moi lorsque, compte tenu des vues qui sont les miennes, je me sens abandonné. Cet ami qui joue un si grand rôle dans ma vie ne devrait-il pas continuer d’être présent dans l’ensemble des pensées du rêve ? Si ; c’est quelqu’un qui connaît particulièrement bien les effets provenant des affections du nez et de ses cavités annexes, et il a révélé à la science quelques relations tout à fait remarquables entre les cornets du nez et les organes sexuels féminins. (Les trois formations frisées dans la gorge d’Irma.) » Extrait de: Sigmund Freud. «L'Interpretation du rêve» p. 143

Pourquoi ne pas nommer Fliess?

Pourquoi taire l'expérience tirée de cette thèse d'un rapport entre les cavités nasales et le sexe féminin, faite en février sur le cobaye Emma, suivi de l'échec que l'on sait ?

Comment enfin interpréter le déni de cet échec jusque dans cette affirmation: "il a révélé à la science quelques relations tout à fait remarquables" ?

Que Freud passe à côté, soit, ça s'explique par son rapport à Fliess, mais Lacan ???

- Tu recommences ?

- Désolé. 

Note du 24/08/2021 :

1/ En écrivant la suite (voir "#3 - déformation et travail du rêve"), il m'apparait que cette explication est moins évidente : Freud parle des images du rêve comme "signes" ce qui tendrait à les placer en ([∃][⚤]𓁜)𓂀, il faut donc revenir sur ce que je dis ici.

Peut-être n'est-ce pas en tant qu'ensemble (i.e. : (𓁝[⚤]𓁜)𓂀) qu'il faut penser à cette collection d'images dans le rêves, mais en tant que groupe de symétrie au sens galoisien, en rapport avec une approche topologique : (𓁝[⚤][#])𓂀; où le dernier retournement (dans une démarche régressive) seul manquerait alors: (𓁝[⚤]𓁜)⏩𓁝[⚤]𓁜)𓂀; retournement qui marquerait l'éveil, ou la conscience du Réel et du temps. 

Ne pas oublier qu'historiquement, la notion d'ensemble a été développée après celle de groupe... Ce qui nous parait évident aujourd'hui (la notion d'ensemble) n'est pas forcément la plus élémentaire.

- Quel rapport ?

- Je veux simplement rappeler que notre façon consciente de nous représenter les choses, dans un ordre "immanent", du plus simple au plus complexe, n'est pas premier: il résulte d'un effort pour décanter une pensée déjà là, complexe, et pas forcément réduite à la pure "logique" ([⚤]𓁜)𓂀 mais de façon plus primitive : "topologique", avec la consience de la dualité 𓁝𓁜.

2/ Retour sur les deux "espaces" des femmes et des docteurs :

En reprenant mon écriture, j'en arrive à :

  • En (𓁝[⚤])𓂀: Espace des femmes;
  • En ([⚤]𓁜)𓂀 : Espace des docteurs.

Le saut 𓂀↓𓂀se ferait donc dans un changement de posture (𓁝[⚤]𓁜𓁝[⚤]𓁜)𓂀.

  • C'est cohérent : la "solution" concoctée en 𓂀 doit faire l'objet de notre "interprétation" en 𓂀, ce qui s'exprime en termes topologiques d'identité et d'idempotence (voir "#3 - déformation et travail du rêve").
  • C'est rassurant : structurellement, il n'y a une rupture diachronique entre les deux positions 𓁝 et 𓁜 qui rejoint celle qui existe entre 𓂀♧ et 𓂀.
  • C'est une représentation très simple du fait qu'en passant de  𓂀à 𓂀le Sujet change de logique. (i.e.: il change d'objet discriminant en [⚤]).
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