14 Janvier 2026
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Le 14/ 01/ 2026 :
- Hier, en rédigeant l'article #33 concernant les Modistes et la doctrine des intentions, je me suis rendu copte d'avoir complètement loupé mon approche d'Avicenne.
- Et tu en fais étalage ?
- Oui, car je dois reprendre tous mes articles à partir du #28 sur Avicenne pour les rectifier en conséquences. Mais mon erreur est intéressante à analyser, ne serait-ce que pour m'en garder à l'avenir.
- Par où commencer ?
- Par la fin, comme dans un Colombo (cf. #33). Il y a chez les Modistes, l'émergence d'une différenciation entre "grammaire" et "logique" qui m'a troublé, car il me semblait devoir déplacer la "logique" du niveau [⚤]—"de rem" où je la situe naturellement, au niveau [♻]—"en re" où se situe l'objet.
Je pars donc vérifier qu'il y a bien chez Aristote une différence entre la logique (en [⚤]) et l'abstraction (en [♻]). Puis l'auteur fait référence à la théorie des 3 intentions chez Avicenne, alors que j'avais en tête le schéma du rapport entre "essence" / "potentiel" / "actuel", qui m'avait conduit à dire qu'Avicenne circule sur le cross cap (i.e. en empruntant les deux voies ⇅ & ⇆.)
C'est à ce point que je vérifie auprès de perplexity, par prudence, et voici sa réponse :
— 🤖 : Non : le couple «potentiel / actuel» chez Avicenne décrit d’abord une structure ontologique et noétique (puissance / acte), pas un passage de type «hypothèse → validation expérimentale» au sens d’une épistémologie moderne, même si l’expérience joue chez lui un rôle réel dans la constitution de certains principes scientifiques.[1][2]
Potentiel / actuel : structure de l’être et de l’intellection
Rôle de l’expérience chez Avicenne
En résumé : il y a bien chez Avicenne articulation entre expérience, causalité et science démonstrative, mais le schéma «essence potentielle» → «vérification expérimentale» → «essence actuelle validée» relève d’un paradigme post‑galiléen, non de sa théorie de la puissance et de l’acte." ( Sources : suivre le lien)
Catastrophe : j'avais pris mes désirs pour la réalité !
- De quoi parles-tu ?
- Avant d'attaquer le chapitre sur Avicenne, j'étais encore dans la surprise de ce que nous avons vu de la Sainte Trinité, et de la place de l'Esprit comme copule "être" en ♧♻, entre le Père en ♡♻ et le Fils ♧⚤, en lieu et place de la "substance", et je me suis fait tout un film sur le développement de "l'ontologie" en Occident à partir de ce germe. Avicenne, Musulman, arrivait donc en contre-point de cette culture, et placer "l'objet potentiel" —au sens moderne où nous l'entendons— en ♧⚤ me semblait donc indiquer un développement exotique :
=> N'étant pas assujetti au crédo du concile de Nicée, Avicenne aurait pu se débarrasser de la substance Grecque sans état d'âme, et ça venait à l'appui de ma thèse de l'importance de la Trinité Occidentale dans le développement de l'ontologie.
- C'est ce qui s'appelle prendre une vessie pour une lanterne...
- Oui et j'ai manqué de rigueur.
Il y a déjà quelque temps qu'apparaissait dans ma lecture, comme dans les références de Perplexity, la notion de "potentiel" chez Aristote, et j'aurai du creuser de ce côté. Ensuite le rapport des mots aux choses, avant "l'âge Classique", n'est pas le même qu'actuellement : il n'y a pas encore de théorie du signe indépendante des choses. Et le système des signatures, que Foucault place à la Renaissance, plonge ses racines très loin dans le passé... À cet égard, Avicenne est bien plus proche d'Aristote et Platon, ou des scolastiques (bien qu'ignorant tout de leurs débats) que de Galilée.
- OK, mais après nous avoir présenté l'origine et la fin en cul de sac de ce chemin de traverse, que vas-tu faire ?
- Comme je l'ai annoncé : reprendre tous mes articles dans lesquels je me réfère à Avicenne, en suivant finalement la procédure que je m'étais fixée : utiliser ce texte d'Alain de Libera pour vérifier notre topologie de l'Imaginaire.
Il est clair en particulier que notre définition des modes et niveaux est le fruit d'une très longue maturation :
| Sémantique | ♡ | |||
| Syntaxe | ♢ | |||
| Signifiants | ♧ | |||
| [⚤] | [#] | [♻] | ||
| Algèbre | Géométrie | Analyse |
C'est la dernière feuille d'un empilage (voir "Palimpseste"), dont les premières remontent à Platon et Aristote. (Aparté) Restaurer le film consiste à recadrer chacun des cartons intermédiaires en respectant la trame (♧ ♢ ♡) x ([⚤] [#] [♻]), sans faire l'erreur que j'ai commise ici : amalgamer des cartons entre eux.
- Sois plus concret.
- Je parlais tantôt de "logique". Pour nous, comme pour Aristote, elle agit bien en ♢⚤, cependant, au XIIIe siècle, il semblerait (cf. #33) qu'elle se balade en ♢♻.
De façon générale, pour nous, la "forme" en [#]♧ habille le volume en [♻]♧, mais cette approche n'a aucun sens chez Aristote pour qui la "substance" en ♧♻ "est" véritablement un amalgame "forme" et "matière". Forme qui est "abstraite" de la substance, par ♧♻↑♢♻ (les catégories espèce et genre).
Entre les deux points de vue il y a une sorte de symétrie :
| [⚤] | [#] | [♻] | ||
| ♡ | ||||
| ♢ | ♢♻ | Images (phantasia) νοῦς passif |
||
| ♧ | [#]♧ | |||
| Forme géométrique | ||||
- Mais cette réflexion concerne ta représentation, et ta reconstitution du film, pas les Modistes du XIIIe.
- Exactement : ce schéma est un collage entre deux époques, et il faut "oublier" ma vision moderne pour "voir",comme un modiste, le parallèle entre la "logique" de cette abstraction et la "grammaire" en ♢⚤, les deux étant définis par un rapport similaire entre ♡/ ♢/ ♧ (malgré la différence de rem—[⚤]/[♻]—en re) .
| [⚤] | [#] | [♻] | |||
| ♡ | νοῦς actif | ||||
| Grammaire Logique | ♢ | ↑♢⚤ | ↑♢♻ | Logique modiste νοῦς passif |
|
| ♧ | |||||
| de rem | en re |
- Je comprends mieux pourquoi tu en reviens à l'épaisseur des mots et leur proximité aux choses, jusqu'à la Renaissance.
- Voilà : cette "épaisseur" quasi "substantielle", qui rapproche les mots des choses, relativise beaucoup l'importance de la Trinité pour imposer une copule "ontologique" en ♧♻. C'est moi qui ai tiré sur ce fil qui dépassait du tissu, pour relier le concile de Nicée à l'ontologie au coeur de la philosophie continentale pour longtemps...
- Ça n'invalide pas ce que tu as pu en dire ?
- Non, mais ça le relativise, et en particulier, pour en revenir à Avicenne : il était, lui aussi dans cette épaisseur-là, dont il ne pouvait échapper en penser à "l'objet potentiel" comme "objet d'une thèse" (l'essence) en attente de vérification expérimentale (l'actualisation)...
Par contre coup, cette erreur m'aide à prendre conscience de l'énormité de la révolution galiléenne, précédée d'efforts immenses, de sueur avec Tycho Brahe et Kepler et de larmes avec Giordano Bruno. Le contexte indiquait qu'Avicenne ne pouvait pas être le Jean Baptiste de Galilée...
- Je crois que l'on a compris, et maintenant ?
- Je dois être plus attentif au contexte, et vérifier systématiquement le sens des mots qui varie d'une époque à l'autre.
À commencer par ce duo actuel/ potentiel chez Aristote.
Aristote :
— 🤖 : Oui, on retrouve chez Aristote les concepts de puissance (dunamis, souvent traduit par «potentiel») et d’acte (energeia ou entelecheia, «actuel»), et ils sont centraux dans sa métaphysique et sa physique.[4]
Où Aristote en parle
Sens général de puissance
Sens général d’acte
Changement comme passage de la puissance à l’acte
Puissance, acte et premier moteur
Comme tu le vois, il faut complètement se retourner la tête pour y comprendre quelque chose !
- Tu as déjà parlé du mouvement dans les articles :
- Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Le 15/ 01/ 2026 :
- Le plus urgent est donc de se laver la tête de tout ce qui nous est "naturel" pour entrer dans celle d'Aristote.
- On commence par quoi ?
- Par le mouvement. Nous sommes fondamentalement conditionner pour accepter que si le courant passe entre deux points y a une variation de potentiel entre les deux, et que pour faire une moteur thermique, il faut une circulation entre une source chaude et une source froide. Si je contemple un cours d'eau comme Héraclite, je ne "vois" pas l'eau en mouvement s'écouler entre deux berges fixes, mais je fixe d'instinct l'amont et l'aval.
Il faut oublier tout ceci pour partir d'un seul point fixe, un principe unitaire immobile, et expliquer, à partir de là le "mouvement". Mon problème est que de mon point de vue, c'est idiot.
- C'est idiot depuis Galilée, mais avant ?
- C'est l'exercice auquel je t'invite. En premier, me semble-t-il, il faut réifier "l'acte" : l'objet est "parfait", pleinement achevé au repos : il est "en acte" quand il n'est plus en mouvement. C'est paradoxal, mais il faut s'y accoutumer.
- Soit, mais tu ne peux pas chasser comme cela le mouvement : si tout est "en acte" tout est figé, et même en parler devient impossible, non ?
- L'"acte" s'oppose au "potentiel", et c'est là où je me suis fait piéger : ça ressemble à l'actualisation d'un état "intriqué" en Méca Q. La différence fondamentale tient à la voie suivie : dans l'observation d'un phénomène, nous sommes dans la voie des choses ⇆ quand Aristote reste dans la voie des mots ⇅. Pour le vérifié, j'ai voulu faire le parallèle avec un mouvement purement intellectuel celui-là : l'abstraction qui permet d'extraire la "forme" d'un objet de sa "substance".
— 🤖 : Oui, on peut formuler une analogie forte entre l’«abstraction» de la forme à partir de la substance et le «mouvement» au sens aristotélicien, à condition de bien préciser de quel type de mouvement il s’agit et à quel niveau (physique, psychique, noétique) on se place.[1][2][3][4]
Rappel : abstraction et forme chez Aristote
Définition aristotélicienne du mouvement
Où se trouve l’analogie ?
Autrement dit :
On peut donc dire que l’abstraction est un «mouvement noétique» au sens où elle est une actualisation de puissance ordonnée à une forme, structurée selon les mêmes catégories ontologiques que le mouvement naturel, mais transposée au registre de l’âme pensante.[8][9][5]
Où l’analogie s’arrête-t-elle ?
Donc, parler d’«abstraction comme mouvement» est légitime si l’on entend par là : une actualisation de puissance vers un acte, provoquée par une forme en acte, structurée comme un mouvement mais opérant au niveau de l’intellect plutôt qu’au niveau corporel.[2][5][1] (Sources : suivre le lien)
- Maintenant, je vais être très prudent et tout revérifier, en commençant par le concept "phantasma" d'où l'on tire la "forme".
— HS : Phantasma est-il le produit de ♧⚤↑♢⚤ ou de ♧♻↑♢♻ ?
— 🤖 : Dans ta propre grammaire, phantasma doit être le résultat de ♧♻↑♢♻, et non de ♧⚤↑♢⚤.[1][2]
Pourquoi plutôt ♧♻↑♢♻ ?
Rôle de [⚤] dans l’abstraction
- Donc :
— HS : définis νοῦς
— 🤖 : νοῦς
— HS : je vois dans ta définition deux types de νοῦς chez Aristote
Aristote distingue un νοῦς «possible» (ou passif), capable de recevoir toutes les formes, et un νοῦς «agent» (ou actif), qui rend les formes intelligibles en acte en les abstrayant des phantasmata.
Peut-on dire que le νοῦς «possible» est en ♢♻ et le νοῦς «agent» en ♡♻, permettant de comprendre le passage du potentiel à l'actuel dans le mouvement ♢♻↑♢♻ ?
— 🤖 : Oui, cette écriture est cohérente : on peut poser νοῦς «possible» en ♢♻ et νοῦς «agent» en ♡♻, et lire le passage de la puissance à l’acte comme un mouvement interne ♢♻↑♢♻.[1][2]
Justification entropologique
Le mouvement ♢♻↑♡♻
— HS : mais précisément, ce que nous venons de définir n'est-il pas le mouvement d'abstraction en lui-même ? Dans ce cas, au niveau du "langage" i.e. ce qui est dit de la chose, quel serait le mouvement correspondant à ce mouvement abstraction ?
[...]
— 🤖 : La logique aristotélicienne, telle que tu veux la rapporter à ton analyseur, n’est pas purement de niveau [⚤] : elle s’exerce d’abord au niveau [⚤], mais elle porte aussi sur les résultats du mouvement d’abstraction en [♻], sans toutefois se confondre avec ce mouvement lui‑même.[1][2][3]
Donc : la logique ne crée pas ce mouvement; elle le suppose accompli (il faut déjà que l’universel soit abstrait pour qu’il puisse fonctionner dans un syllogisme).
Ici, la logique travaille sur :
Donc :
La logique ne s’exerce pas directement comme logique sur le mouvement ♢♻↑♡♻, mais elle prend appui sur ce qui en résulte (universels abstraits) pour les mettre en forme au niveau [⚤]. (Sources : suivre le lien)
Désolé, c'était fastidieux, mais nécessaire pour me rassurer.
- Et ça modifie quelque peu le schéma que tu nous as livré (voir "Vademecum Aristote")
- Oui : le sensible et l'expérience de sensible passe avec armes et bagages du côté de l'objet en soi (en re) en [♻]. avec le particulier le "phatasma" abstrait de l'expérience :
Ancien schéma :
| Aristote | ||||
| Nous | ♡⚤ | ♡♻ | moteur immobile Genre suprême |
|
| Images (phantasia) Catégories accidentelles |
♢⚤↑ | ↑♢♻ | Catégories structurantes Espèce / genre |
|
| sensibles | ♧⚤ | ♧♻ | Substance sensible | |
Mise à jour :
| Aristote | ||||
| propositions | ♡⚤ | ♡♻ | moteur immobile νοῦς en acte |
|
| Logique | ♢⚤↑ | ⇙ | ↑♢♻ | Images (phantasia) νοῦς passif |
| universels abstraits | ♧⚤ | ♧♻ | Substance sensible | |
| de rem | en re | |||
- Comment expliques-tu de telles approximations, alors que dans ton article, tu avais déjà pas mal travaillé le sujet ?
- Il y avait beaucoup de non-dits quant à mes a priori dans ce texte, et je pourrais commencer une analyse sur le divan à partir de là.
- Focalise-toi sur notre sujet.
- D'accord. Ce qui me frappe, là, maintenant c'est l'orthogonalité entre les démarches de Platon et d'Aristote : la séparation nette chez Platon entre les idées de mode ♡ et le sensible de mode ♧ se retrouve ici dans une rotation par laquelle "Aristote discute ↑ des idées ←":
| Platon | Aristote | |||||||
| [⚤]♡ | ← | [♻]♡ | ♡⚤ | ♡♻ | ||||
| ↑ | ↑ | |||||||
| [⚤]♧ | ← | [♻]♧ | ♧⚤ | ♧♻ | ||||
- Ça fait des mois que tu nous bassines avec ça !
- Oui, mais j'étais guidé par la syntaxe, alors que là, je commence à comprendre ce qu'a apporté Aristote. Le monde de Platon est totalement figé, avec une impossibilité d'évolution dans le monde des idées, puisqu'elles sont déjà là, et qu'apprendre c'est se "remémorer" (cf. le Ménon). Quant à la dialectique, elle sert uniquement à trier le vrai du faux, et non à construire quoi que ce soit. En s'exerçant à partir des "objets sensibles", le νοῦς permet d'extraire les formes de la substance, pour ensuite, dans la jointure ♡♻/♧⚤, en "parler".
- Et qu'y a-t-il de difficile à comprendre ?
- Nous sommes actuellement dans un monde où la "substance" a totalement disparu, qu'il s'agisse de Méca Q, bien entendu (on parle d'observable), mais également de notre expérience la plus quotidienne : impossible aujourd'hui de savoir si une image ou une vidéo reflète une quelconque "réalité", ou si elle est produite par une I.A. à partir d'une suite de 0 et de 1. Notre monde n'est que "représentation", et il faudrait être bien naïf pour prétendre aujourd'hui avoir entre les mains un "objet en soi".
Même notre façon de "voir" une statue comme un matériau (en volume♧♻) habillé d'une "forme" (en surface♧#) se heurte à l'idée d'un amalgame homogène de "forme+matériau" dans la substance♧♻ de l'objet.
Tout ceci pour me rendre compte que là où Platon passe directement de [⚤]♧←[♻]♧ et de l'un au multiple (toujours le Ménon) dans une démarche où l'idée même d'abeille est éludée (on s'y réfère sans en discuter); Aristote abstrait la forme de l'objet, pour en faire un objet de discours, en [⚤]♧. et si tu colle les deux schémas l'un sur l'autre : "l'objet de discours" d'Aristote en ♧⚤, c'est chez Platon "ce qui est dit de plusieurs" en [⚤]♧.
- Autrement dit un "universel".
- Voilà, cette fois-ci, je pense que nous avançons.
- Passons aux catégories d'Aristote ?
- Si ce sont des "phantasmes" abstraits en ♢♻, alors il est facile de comprendre que dans le passage général ♢♻↑♡♻ / ♧⚤↑♢⚤ : toutes les catégories sont pensées à partir d'universaux (premiers ou second n'est pas discriminant : ils suivent tous le même circuit ♡♻/♧⚤) , mais :
- C'est là qu'intervient —a posteriori— ton analyse portant sur la différence entre les deux niveaux [⚤] et [♻], j'ai compris. D'où l'idée :
- Ça me semble une articulation assez compréhensible.
- De là on peut comprendre le mouvement ?
- Le mouvement est semblable à l'abstraction, et se discute en ♧♻↑♢♻↑♡♻.
- Rien à voir avec ce que nous comprenons de la physique ?
- Aucun rapport, et c'est ce qu'il est difficile de garder à l'esprit !
- Tu vas devoir reprendre en profondeur les articles traitant d'Aristote et du mouvement !
- Je le sais, n'oublie pas que c'était l'objectif de notre exploration du livre d'Alain de Libera, le moins que je puisse dire, c'est qu'il a le mérite de chambouler mes neurones !
- Peut-on revenir à Aristote en urgence (cf. "Vade-mecum révision 1 — Aristote"), puis à Avicenne ?
Avicenne :
- Oui : il est donc facile de comprendre maintenant qu'il lui était impossible, en partant d'Aristote de passer de la voie des mots à celle des choses.
- J'aimerais que tu fasses au plus court : repars de ce que tu avais schématisé, et reprends-le sur la voie des mots ⇅.
Nous avions distingué démarche physique et métaphysique : (cf. #28)
| Essence | ♡⚤ | [⚤]♡ | → (4) |
[♻]♡ ♡♻ |
Dater formarum | |||
| ↑(1) | ↻ | ↻ | ↓(3) | |||||
| Existence | ♧⚤ [⚤]♧ |
(2) ← |
[♻]♧ | ♧♻ | Objet | |||
| Physique | Méta-physique | |||||||
La grosse erreur c'est d'avoir compris "l'indifférence aux choses" de l'essence, comme une "thèse" à vérifier. Non, l'essence est l'actuel de l'objet, en ♡♻ comme le "produit" de l'intellect créateur, et du "Dater formatum", la mise en acte. Rien à voir avec l'existence au sens d'un "trauma" du Réel en [⚤]♧.
Mais reprenons mon article depuis le début : (cf (a))
De Libera insiste sur le déplacement avicennien par rapport à Aristote et Platon : l’universel n’est plus défini par un «être un dans plusieurs», mais par une loi de prédicabilité. Formulé dans ta topologie, un universel logique est un contenu en ♡⚤ (que 𓁜 peut tenir comme essence ou comme intention) tel que, vu depuis 𓁝, il n’est pas contradictoire d’en faire un prédicat «de plusieurs».
Les trois acceptions chez Avicenne se lisent alors comme trois régimes possibles de 𓁝 sur ♧⚤/♧♻ :
Tout est à reprendre :
De là, tu passes facilement aux 3 états de l'universel (cf. ici):
"Les commentateurs néoplatoniciens, Ammonius, Élias, David, Simplicius, distinguaient trois types d’universaux :
Ce qui n'a plus rien à voir avec le schéma que tu proposais :
Ancien :
| postérieurs (logiques) abstraits (mentaux) |
[⚤]♡ | → (4) |
[♻]♡ ♡♻ |
antérieurs (intelligibles) séparés(divins) |
| ↻ | ↓(3) | |||
| ♧♻ | ||||
| Méta-physique | ||||
Modifié :
| Scolastique | ||||
| postérieur à la pluralité | ♡⚤ | ♡♻ | antérieur à la pluralité | |
| ♢⚤↑ | ⇙ | ↑♢♻ | ||
| dans la pluralité | ♧⚤ | ♧♻ | ||
| de rem | en re | |||
Ici la "pluralité" est comprise comme le rappel en ♧⚤, du Ménon de Platon (les abeilles), ce qui permet de relire ce passage de l'auteur :
"De même que l’on peut et doit distinguer la choséité de la chose – sa quiddité – et l’existence de la chose –sa quoddité ou, pour reprendre le terme même d’Avicenne, son anitas– comme deux réponses distinctes faites à deux questions distinctes – quid sit (qu’est- elle ?) et an sit (est- elle ?) –, on peut et on doit distinguer entre
- Je pense que l'on a compris la manière d'aborder la lecture de ce passage. Je te propose de reprendre tout ton article. Que fais-tu ? un nouvel article et tu supprime l'ancien, ou tu en gardes deux ?
- Je vais refondre l'article, mais je garderai la trace de ce fourvoiement, en brouillon.
- Amen
Hari
- Les dieux ont voulu que Midori m'entraîne voir une exposition sur Jung au MIS, en début d'après-midi. Très intéressante au demeurant, surtout parce qu'il n'est pas bloqué par une conception, disons "individualiste" de l'homme et l'on peut bien parier que l'homme s'effacerait, comme à la limite de la mer un visage de sable... as usual.
Bref : je prends cette photo d'une superposition de panneaux de tule :
/image%2F0964014%2F20260114%2Fob_af1890_capture-d-ecran-2026-01-14-a-16-46.png)
- Et tu repenses à ton palimpseste ?
- Oui. J'ai ignoré Jung bien trop longtemps, il faudra combler cette lacune assez vite, d'autant plus qu'en lisant les panneaux, je tombe sur une correspondance avec le Dr Nise da Silveiro, qui avait travaillé, ici, à São Paulo, sur la récurrence de dessins sous forme de "mandala" chez certains de ses patients :
/image%2F0964014%2F20260114%2Fob_640a08_capture-d-ecran-2026-01-14-a-17-09.png)
- Et donc ?
- Je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec notre cross-cap, qui est lui aussi d'une rondeur très enveloppante...
- Bref tu prépares d'autres expéditions en terres psychanalytiques...