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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Logique et mouvement

Le 13/ 01/ 2026 :

Tout est à reprendre  concernant Avicenne: j'ai fait une énorme erreur d'interprétation en présentant Avicenne sur le cross cap dans le circuit ↻ ! 

(voir #33)

Le 21/ 12/ 2025 :

- Ce que j'aime dans ce travail que je poursuis depuis déjà pas mal de temps, ce sont les surprises au détour du chemin. 

- Abrège et dis-nous ce qu'il en est ce matin ?

De la logique :

- Je rajoutais avant-hier une dernière note à l'article "vertige", dans laquelle je revenais sur le duo parfait entre Parménide et Bouddha, qui à mes yeux se résume à ceci :

  • pour Bouddha, tout est fluide,
  • pour Parménide tout est figé,

Avec ce calque blanc/ noir :

  Parménide Bouddha
Jugement/ Concept être non-être être non-être
existe 1 0 0 1
n'existe pas 0 1 1 0

Puis, hier soir, je ne sais comment j'en suis arrivé à vérifier auprès de Perplexity qui est le premier philosophe ayant associé sa démarche à la logique (oui je sais: cela montre ma très grande ignorance, et surtout ma légèreté alors que je ne cesse depuis deux mois de parler d'Aristote et Platon).

Aristote :

Bref, honte à moi, et continuons. 

— 🤖: Dans l’état actuel de la recherche, le premier philosophe grec qui ait à la fois articulé de manière explicite les principes de non‑contradiction et de tiers exclu, et les ait intégrés dans un système formel de raisonnement, est Aristote.[1][2][3]

Ce qu’il y a avant Aristote

Chez les présocratiques, on trouve des usages implicites de la non‑contradiction (Parménide affirmant que «ce qui est, est», contre le non‑être), mais pas de formulation systématique des lois logiques ni de théorie formelle des déductions.[1]
Platon formule clairement quelque chose comme un principe de non‑contradiction au livre IV de la République, mais il ne bâtit pas pour autant un calcul déductif ni une logique de type «premier ordre».[1]

Le rôle spécifique d’Aristote

Aristote est généralement considéré comme le «père de la logique» en ce sens qu’il est le premier à élaborer un système formel de syllogismes, avec une théorie explicite de la validité déductive indépendante du contenu matériel des prémisses.[2]
Dans ce cadre, il pose le principe de non‑contradiction comme « le plus sûr de tous les principes » dans la Métaphysique IV, et formule aussi une version du principe de tiers exclu dans De Interpretatione (tout énoncé est vrai ou faux).[4][3]

Sur la «logique du 1er ordre»

Le langage d’Aristote n’est pas du «premier ordre» au sens technique moderne (Frege, Peano, etc.), mais sa syllogistique est une logique de prédicats avec quantification implicite sur des sujets, structurée autour de formes générales du type «Tout A est B».[3][5]
Les commentateurs contemporains montrent comment ses principes de non‑contradiction et de tiers exclu peuvent se reformuler dans la syntaxe de la logique du premier ordre moderne (par exemple sous la forme $$\forall x\, (Fx \lor \neg Fx)$$), même si ce n’est pas ainsi qu’Aristote les écrit.[4][5] (Sources : suivre lien)

Et soudain je me dis : c'est évident : Aristote est dans la voie des mots parce qu'il en est le défricheur !

C'est lui qui dirige formellement son attention sur l'articulation du langage propositionnel, en faisant abstraction d'un retour à l'expérience directe comme preuve de ses raisonnements.

Et je me rends alors compte d'une incohérence dans mes a priori, que je sentais depuis que j'avais placé, en lisant Foucault, la taxinomie en ♢ entre la logique en ♧ et la mathésis en ♡.

- Quelle erreur ?

- D'en être resté, sans vraiment le justifier, à la logique du 1er ordre au plus bas, en ♧ , comme si ça allait de soi !

Par ailleurs, nous avons vu dernièrement que les modes ♧ et ♡ sont en "miroir" par rapport au mode ♢ (voir la note de syntaxe dans #28)

Il faut donc rectifier le tir : la logique est en ♡, et son emploi en ♢ résulte d'un choix 𓁝♡𓁜.

- Ce qui rend ce choix cohérent avec ce qui sera plus tard le choix d'une algèbre ?

- Exactement. Maintenant, ce qui reste en ♧, c'est la distinction élémentaire synchronie/ diachronie qui, dans la répétition, donne l'idée de succession, de temps, d'ordre et de causalité. C'est ce qui structure nos représentations & fantasmes en ♢, sur quoi va travailler la logique choisie, pour leur donner sens en ♡.

- Dis comme cela, ça paraît plus cohérent avec tout le développement ultérieur, effectivement... Mais ça ne change rien à ta représentation d'Aristote sur un Ruban R ?

- Ça renforce la thèse ! Mieux : ça montre en quoi Aristote est innovant en défrichant cette voie ! (voir lien pour confirmation)

- Et Platon ?

Platon :

- Continuons à creuser cette idée de logique :

HS : "Pourtant Platon articule bien sa dialectique comme une sorte de logique ?

— 🤖 : Oui, Platon articule bien sa dialectique comme une sorte de «logique», mais il ne s’agit pas encore d’une logique formalisée au sens aristotélicien ou «premier‑ordre». [1][2]

  • En quel sens la dialectique est «logique»
    • La dialectique platonicienne est une méthode rationnelle d’enquête, de définition et de refutation : elle procède par questions‑réponses, examen des conséquences d’une hypothèse, et élimination des réponses qui mènent à des contradictions. [3][4]
    • Dans ce cadre, Platon pose des principes structurants, par exemple le «principe de non‑opposition» du livre IV de la République, qui interdit qu’une même chose subisse des contraires «sous le même rapport, relativement à la même chose, au même moment». [5][6]
  • Ce qui manque pour parler de logique du 1er ordre
    • La dialectique ne fournit pas un système de formes d’argument explicites (types d’inférences codifiés) ni de théorie générale de la validité déductive détachée des contenus, comme le fera la syllogistique d’Aristote. [2][7]
    • Elle reste dialogique, exploratoire, orientée vers la recherche des définitions vraies et la conversion de l’âme, plutôt que vers la construction d’un calcul formel avec règles de déduction explicitement séparées du contenu sémantique. [1][8]
  • Continuité et rupture avec Aristote
    • Il y a cependant une continuité : Aristote reçoit de l’Académie une pratique dialectique (élénchos, hypothèses, collection/division) qu’il rationalise et systématise dans une théorie de la démonstration et du syllogisme. [9][10]

On peut dire que la dialectique platonicienne est déjà une "proto‑logique" : elle discipline le raisonnement par des principes (dont une forme explicite de non‑contradiction), mais la formalisation structurelle des inférences que vise la logique du premier ordre appartient proprement à Aristote et à ses successeurs. [5][7] (Sources : suivre lien)

Et là, je me traite vraiment d'imbécile : cette proto-logique est parfaitement adaptée à l'objet de la recherche  de Platon : la vérité; c.-à-d. l'adéquation entre le mot et la chose : sa théorie éponymique. Mais à ses yeux, il ne s'agit pas véritablement d'un "choix" au sens précédent, d'une recherche dans la cohérence du discours puisqu'il ne cherche qu'à "retrouver" (la réminiscence) une vérité qu'il a déjà en lui, et il avance vers cette vérité par essais et erreurs, dans la voie de choses. (voir lien pour confirmation)

Je retrouve donc ici, en regardant simplement l'histoire de la logique, l'opposition des voies choisies : Platon—R/R—Aristote. Et du même coup les deux systèmes me semblent admirablement cohérents, et adaptés à l'attention des deux philosophes:

  • En R—Platon a besoin :
    • de la réminiscence pour passer de [⚤][♻];
    • de la théorie éponymique pour boucler [⚤]/[♻];
  • En R—Aristote a besoin :
    • de la théorie hyélomorphique pour raccrocher le discours à l'objet en bouclant ♡/.

- Et puisque tu en est à creuser, il faut revenir à Parménide ?

Parménide :

- Oui : c'est le choix philosophique initial, et donc retour à notre table de vérité, puisqu'il s'agit bien de cela:

  Parménide
Jugement/ Concept être non-être
existe 1 0
n'existe pas 0 1

- Cette table de vérité respecte le principe de non-contradiction et le tiers exclu...

- Oui, mais j'y vois autre chose : un rapport entre ce qui est de la chose et ce qui est dit de la chose, comme si Parménide était, contrairement à Platon ou Aristote sur les deux voies des mots  et des choses , à partir d'un principe Unitaire absolu :

— 🤖: Parménide pose bien un principe unitaire, mais pas dans les mêmes termes ni au même niveau de systématicité que Platon.

  • L’un chez Parménide
    • Pour Parménide, «l’être est» et il est unique, immuable, indivisible, sans naissance ni destruction : toute multiplicité et tout changement relèvent du domaine de l’opinion trompeuse. [6][7]
    • L’unité ici est l’unité de l’Être lui‑même : un seul réel, massif, sans articulation interne conceptuelle en Idées distinctes.
  • L’un chez Platon
    • Chez Platon (notamment dans le dialogue "Parménide"), l’Un est thématisé comme principe d’unité qui doit se «distribuer» sur une multiplicité de Formes et de choses, ce qui ouvre tout le problème de la participation et de l’Un‑multiple. [1][9]
    • L’Un platonicien devient un principe «structural» : il doit rendre compte d’unités diverses (chaque Idée comme un tout un) et de leur rapport aux particuliers, alors que l’Un parménidien écrase plutôt la multiplicité.
  • Convergence et divergence
    • Convergence : dans les deux cas, il y a affirmation d’un principe unitaire qui corrige le témoignage des sens et fonde un rationalisme ontologique. [6][5]
    • Divergence : Parménide affirme l’unité indifférenciée de l’être contre la multiplicité, Platon, lui, cherche à articuler un principe d’unité compatible avec une multiplicité de Formes et d’étants, ce qui conduit à une conception beaucoup plus interne et «architectonique» du principe unitaire. [1][9] (Sources : suivre lien)

Comme tu le vois, il est facile de caractériser le parcours :de Parménide :

  • La nature, prise dans son ensemble, en ♧
  • comme expression de l'Un en ♡ 
  • est comprise, dans le bouclage ♧/ comme immuable, insécable, atemporelle etc.
  • Ce qui renvoie à l'Un par [⚤][♻].

- C'est tout à fait semblable au circuit "métaphysique" (3)—(4) du parcours d'Avicenne (voir # 28) :

Essence       [⚤] 
(4)
[♻]
Dater formarum
  ↑(1)           ↓(3)
Existence
[⚤]
(2)
[♻]       Objet
  Physique   Méta-physique

- Il faut arrêter la comparaison à ce pur formalisme de l'orthogonalité (3) ↓→ (4).

Du mouvement :

Mais puisque tu parles d'Avicenne, il serait intéressant de voir comment nous passons d'une fixité absolue chez Parménide; au mouvement très contemporain entre essence/ existence dans la physique d'Avicenne.

Car Parménide interdit tout mouvement, enfermant l'être dans un terrible carcan. Voyons comment s'en sort Platon :

Platon :

— 🤖: Platon conserve l’Un parménidien comme principe d’immuabilité au niveau des Formes, mais il introduit un second registre de réalité (le sensible, la chôra, l’âme du monde) où le mouvement devient pensable sans tomber dans le non‑être. [1][2]

  • Deux niveaux de réalité
    • Platon place l’Un immobile du côté de l’être véritable : les Formes sont une, intemporelles, non soumises au devenir, ce qui reprend la leçon éléate au niveau de l’intelligible. [1][3]
    • Le monde sensible, lui, est «toujours en devenir» et jamais pleinement «est» ; le changement se trouve ainsi relégué à un niveau ontologique inférieur, mais non illusoire comme chez Parménide. [4][2]
  • Participation et communion des genres
    • La clé est la théorie de la participation : les choses sensibles changent parce qu’elles participent à des Formes stables sans que ces Formes se modifient elles‑mêmes (une chose devient belle sans que la Beauté change). [5][6]
    • Dans le *Sophiste* et le *Parménide*, Platon élabore la «communion des genres» (être, repos, mouvement, même, autre) : mouvement et repos sont pensables comme kinds qui co‑participent à l’Être, au lieu d’être exclus par lui. [7][8]
  • Mouvement cosmique et âme du monde
    • Dans le *Timée*, Platon décrit un cosmos unique, vivant, animé par une âme du monde : l’Un intelligible sert de modèle, mais le monde corporel reçoit des mouvements réguliers (révolutions du Même et de l’Autre, mouvements des astres). [9][10]
    • Le mouvement n’est plus passage de l’être au non‑être, mais organisation dérivée : la matière réceptrice reçoit les Formes et, sous l’action de l’âme, se met en ordre ; le changement est alors expliqué comme mise en forme et oscillation entre contraires dans un cadre qui demeure, en dernière instance, ordonné par l’Un intelligible. [11][4] (Sources : suivre lien)

Où l'on retrouve, derrière l'Un, une dualité nécessaire au mouvement; demandons des précisions :

— 🤖: Platon explique le mouvement comme le jeu de contraires dans un substrat réceptif, sous la règle de Formes stables et d’un principe d’unité: ce qui change, ce sont les mélanges et alternances, non les Formes elles‑mêmes. [1][2]

  • Mise en forme : Formes, chôra, copies
    • Dans le *Timée*, Platon distingue :
      • le modèle intelligible, un et immobile (les Formes) ; [i.e.: [⚤] 
      • le réceptacle ou *chôra*, «matière» informe, pure capacité d’être affectée ;[i.e.: [♻]]
      • les choses sensibles, qui sont des «images» [i.e.: [⚤]] produites [i.e.: [⚤][♻]] quand la *chôra* reçoit les Formes.[i.e.: [⚤]/[♻]]  [1][2] 
    • Le mouvement est d’abord le processus par lequel la chôra reçoit et perd des déterminations formelles [i.e.: [⚤]/[♻]] (chaud/froid, sec/humide, etc.), produisant des corps changeants [i.e.: [♻]] sans que les Formes [i.e.: [⚤]], elles, se modifient. [1][3]

Pour ne pas t'y perdre, réfère-toi au parcours R de Platon : 

   Dialectique  
Formes [⚤] [♻]  Un
Éponymie ⇗⇘ Participation
sensible [⚤] [♻]  Chôra
   Oscillations  
    • Oscillation entre contraires
      • Les éléments et qualités se définissent [i.e.: [⚤]/[♻]]  par des couples opposés (chaud/froid, dense/raréfié, etc.) [i.e.: [⚤]], et les processus physiques sont décrits comme des passages graduels d’un pôle à l’autre : refroidissement, échauffement, mélange, séparation. [3][4] [i.e.: [⚤][⚤]]
      • Le mouvement sensible est donc une oscillation entre contraires [i.e.: [♻]] dans la *chôra* : [i.e.: [⚤][⚤]] quelque chose devient plus chaud en perdant du froid, plus sec en perdant de l’humide, sans que le chaud en soi ou l’humide en soi changent. [3][1]

Il y a chez Platon la dualité ente l'Un et le multiple, dont il est question dans le Menon : les abeilles toutes semblables en tant qu'elles sont abeilles. Et c'est de là qu'il faut partir pour y comprendre quelque chose.

  1. L'eau peut être "effectivement tiède" [⚤], lorsque j'en juge
  2. par l'expérience [⚤][♻]
  3. de l'eau en [♻],
  4. après sa mise en forme [⚤]/[♻] sous le registre chaud/froid [⚤]
  5. Le bouclage du circuit se faisant par [⚤]/[♻]♡ qui efface les variations pour confirmer (principe unitaire) [♻][♻] la forme "chaud/froid" inchangée, immuable.

Ce n'est pas lumineux, lumineux, mais ça permet au moins de préserver l'opposition :

  • la fixité du monde des formes et des idées en mode ♡, céleste;
  • et le mouvement, la corruption du monde sub-lunaire de mode ♧ .

C'est pour Platon l'essentiel :

  • Ordre par l’Un intelligible
    • Platon évite le chaos des contraires en introduisant l’âme du monde [i.e.:  [⚤]/[♻]], qui reçoit du démiurge une structure mathématique et harmonique dérivée de l’Un intelligible : proportions, rotations régulières, cycles. [5][1]
    • Ainsi, même si localement les corps montent, descendent, se mélangent et se défont, ces mouvements s’inscrivent dans un cadre global d’ordre (le cosmos comme animal unique et vivant) qui reflète, autant que possible, l’Un immobile et rationnel des Formes. [3][2] (Sources: suivre lien)

Mais dis-moi, cette oscillation ressemble fort à sa dialectique, non ?

— 🤖: Oui, Platon pense clairement un rapport entre le jeu des contraires dans le monde et la dialectique : la dialectique est la version noétique et méthodique de ce qui, au niveau sensible, apparaît comme oscillation confuse entre opposés. [1][2]

  • Contraires dans le sensible, opposés dans le logos
    • Dans le sensible (Timée), les choses «se font et se défont» en passant d’un contraire à l’autre (chaud/froid, dense/raréfié), ce qui donne l’aspect d’une oscillation perpétuelle. [3][2]
    • Dans le logos dialectique (République, Sophiste), l’âme remonte de ces contraires sensibles vers les oppositions intelligibles (être/non‑être, même/autre, repos/mouvement) et apprend à les articuler correctement : la dialectique ordonne ce qui, dans le sensible, n’est donné que sous forme de flux. [1][4]
  • Dialectique comme régulation des opposés
    • La dialectique, telle qu’elle apparaît dans le Sophiste, consiste justement à analyser comment les «genres suprêmes» (Être, Mouvement, Repos, Même, Autre) se mêlent ou non : elle donne la grammaire des combinaisons possibles, là où le monde offre seulement leurs mélanges factuels. [1][5]
    • On peut dire que l’oscillation des contraires dans le devenir fournit la matière de l’enquête, mais que la dialectique en est la forme rationnelle : elle ne se contente pas de constater les alternances, elle en reconstruit la structure intelligible (participation, communion, limites des mélanges). [4][6] (Sources : suivre lien)

- Ce qui est oscillation en [⚤]  devient rationalité en [♻]♡ !

- Oui, intéressant, non ? La dialectique n'est pas ici la possibilité d'évoluer vers un "juste milieu", mais une oscillation, qui doit prendre fin lorsque l'observation de l'existant est conforme à l'idée ("on appelle brave celui qui est brave").

- Lorsque le concept s'accorde au percept ?

- Exactement... Et donc, la dialectique est le mouvement en mode ♡ répondant à l'oscillation de mode ♧.

- Avec cette idée de "rationalité" de niveau [♻] (I.e.: une "fermeture" sur le Un), qui s'oppose à une oscillation indéfinie au niveau [⚤]... Tout ceci me semble coller...

- Il y a malgré tout un bémol : l'eau tiède est à la fois chaude et froide...

- Effectivement cette période d'oscillation échappe à la logique de Platon, c'est pourquoi il ne s'intéresse pas trop au processus, pour reporter toute son attention sur l'aboutissement : lorsque le mouvement cesse; c.-à-d. lorsque le circuit R est bouclé, sur une sorte de "Eurêka" ou jugement certain, lorsque  [⚤]/[♻].

Aristote :

- Revenons à Parménide, vs Aristote cette fois-ci :

— 🤖 : Chez Parménide, l’Être est un absolu unique, homogène et immobile, alors que chez Aristote «être» se dit de multiples manières, structurées autour de la substance comme foyer, et inclut le devenir comme mode légitime de réalité. [1][2]

  • Un ou multiple ?
    • Parménide soutient un monisme ontologique : au niveau de la vérité, il n’y a qu’un seul Être, indivisible et sans altérité interne ; toute pluralité relève de la doxa. [1][3]
    • Aristote affirme au contraire que «l’être se dit en plusieurs sens» (*pollachôs legetai*), même s’ils se rapportent à un noyau premier (la substance) : il y a pluralité de catégories et de modes d’être. [4][2]
  • Être et devenir
    • Pour Parménide, l’Être est «non engendré, impérissable, immobile» ; le devenir, la naissance et la corruption sont logiquement impensables si l’on prend au sérieux le couple être / non‑être. [5][6]
    • Aristote intègre le mouvement et le changement dans l’ontologie : il distingue substance, forme, matière, privation, acte et puissance, de sorte que ce qui devient n’est pas exclu de l’être, mais compris comme passage de la puissance à l’acte. [2][7]
  • Sens de «être»
    • Chez Parménide, «être» tend vers un sens univoque et extrême : être, c’est être pleinement, de manière nécessaire, sans mélange de non‑être ; tout le reste est déficience de pensée ou illusion. [1][8]
    • Chez Aristote, «être» n’est ni purement univoque ni purement équivoque : il a une structure «vers‑un» (*pros hen*), se disant par référence à la substance, mais englobe aussi l’être‑vrai, l’être‑en‑acte, l’être‑en‑puissance, etc. [9][2]
  • Rapport au non‑être
    • Parménide exclut le non‑être de toute manière forte : on ne peut ni le penser ni le dire, ce qui impose la clôture compacte de l’Être. [1][10]
    • Aristote, tout en refusant le non‑être comme contraire symétrique de l’être, en fait un corrélat logique (négation, fausseté) et ontologique (privation) ; il ouvre ainsi un espace pour parler rigoureusement du changement et de l’erreur sans tomber dans l’éléatisme. [7][11]" (Sources:; suivre lien)

- Tu vois clairement je l'espère comment en passant dans la voie des mots sur R, surtout après avoir choisi et défini très clairement la logique du discours, Aristote distingue :

  • En [♻] : ce qui est de la chose au niveau;
  • En [⚤] :  ce qui est dit de la chose.

Et très précisément concernant l'être (ou l'étant pour éviter de surcharger le terme): 

  • En  [♻] : la substance de l'objet / "ce qui est";
  • En [⚤] : l'objet ("la substance" est) : autrement dit le jugement entre (∃/∅)

Ce qui redonne, cette fois-ci sans sur-détermination abusive notre table de vérité initiale : 

  Aristote
Jugement/ Concept être non-être
existe 1 0
n'existe pas 0 1

Je ne reviens pas sur ce que nous avons déjà passé en revue du mouvement chez Aristote, dans "vertige", pour me contenter ici de faire le lien entre ce que nous disons ici de la logique, et ce que nous avions déjà vu du mouvement.

— HS : Comment Aristote fait-il le lien entre sa logique et sa conception du mouvement ?

— 🤖 : Aristote articule sa logique et sa théorie du mouvement autour d’une même exigence : montrer, par démonstration nécessaire, pourquoi tout changement est passage d’une puissance à un acte sous l’action d’un moteur. [1][2]

  • Logique comme forme de l’explication du mouvement
    • Dans les *Analytiques*, la science est définie comme connaissance par démonstration syllogistique [i.e.: en ♢]: un phénomène est expliqué quand on en déduit la nécessité à partir de principes plus premiers [i.e.: en ♡]. [3][4]
    • Dans la *Physique*, les analyses du mouvement (changement de place, de qualité, de quantité) sont structurées comme des enquêtes qui aboutissent à des thèses démontrables [i.e.: en ♢]: «tout ce qui est mû est mû par autre chose», impossibilité d’un régrès infini de moteurs, continuité du mouvement, etc. [1][5]
  • Mouvement comme passage de la puissance à l’acte
    • Aristote définit le mouvement comme «l’acte de ce qui est en puissance, en tant que tel» [i.e.: en ♡/]: c’est une formule logico‑ontologique qui relie directement sa théorie des catégories (acte/puissance, forme/matière) à l’intelligibilité du changement. [1][2
    • Cette définition permet de penser le changement sans contradiction logique : ce qui devient F n’est pas simplement non‑F puis F (ce qui heurterait l’éléatisme) mais un sujet qui était en puissance F [i.e.: en ♧]:et qui passe en acte F [i.e.: en ♡/], selon un schéma nécessaire que la démonstration peut expliciter [i.e.: en ♧♢ ]. [1][6]
  • Principe de non‑contradiction et continuité du mouvement
    • Dans la *Métaphysique* Gamma, le principe de non‑contradiction [i.e.: en ] est à la fois principe logique de toute démonstration et principe ontologique [i.e.: en ]: un même étant ne peut être et ne pas être sous le même rapport et au même moment, condition minimale pour parler de mouvement sans ruiner le discours. [7][8]
    • Les livres V–VI de la *Physique* utilisent des arguments proprement logiques [i.e.: en ] (réduction à l’absurde, analyse du continu, critique de l’atomisme) pour montrer que le mouvement et le temps ne sont pas composés d’instantanés discrets, mais sont des continuums [i.e.: niveau [♻]], rendant cohérente la description des processus naturels. [5][9]
  • Premier moteur immobile : conclusion logique d’une analyse du mouvement
    • Le principe «tout ce qui est en mouvement est mû par autre chose» combiné au refus d’un régrès infini de moteurs conduit, par une chaîne argumentative quasi‑déductive, à la thèse d’un premier moteur immobile, acte pur [i.e.: en ♡]. [6][10]
    • Ce point de métaphysique est présenté comme la conclusion rationnelle d’une analyse logique des prémisses sur le mouvement, et non comme un postulat religieux [i.e.: en R et non R] : la même forme démonstrative qui régit les sciences particulières sert ici à articuler la structure ultime du cosmos en tant que système de mouvements ordonné. [6][11] (Sources : suivre lien)

Ici encore, il vaut mieux avoir le schéma R sous les yeux pour lire le texte :

  Aristote  
Principes   Acte pur
Logique   mise en forme
Action
Abstraction
sensible   substance: forme+matière

La chose assez forte, c'est qu'Aristote puisse, par une démonstration de niveau [⚤], démontrer la nécessité du continu de niveau [♻] !

— 🤖 : Aristote défend la nécessité du continu dans le mouvement par une série d’arguments «anti‑atomistes» : ni le temps, ni le lieu, ni le mouvement ne peuvent être composés d’instantanés ou de points indivisibles, sans quoi le mouvement deviendrait impossible ou contradictoire. [1][2]

  1. L’analogie ligne / temps / mouvement
    • Aristote part de l’idée qu’un mouvement suit un trajet spatial dans un certain temps : la structure du mouvement est isomorphe à celle de la grandeur parcourue et du temps dans lequel elle est parcourue. [3][4]
    • Puisqu'une ligne n’est pas composée de points indivisibles (les points n’ont pas de grandeur et ne peuvent «faire» une longueur [l'idée de "mesure" est en [♻]]), le temps n’est pas composé d’instants indivisibles, et le mouvement n’est pas composé de «petits mouvements» indivisibles. [5][2]
  2. Contre l’instantané et la composition d’indivisibles
    • Dans *Physique* VI, Aristote argue qu’il ne peut y avoir de mouvement dans un instant : un instant est un «maintenant» sans durée, or tout mouvement exige un avant et un après, donc une extension temporelle [nous sommes ici en [⚤]]. [1][2]
    • Si l’on supposait que le mouvement est composé d’instants sans durée, il en résulterait que quelque chose aurait «achevé un mouvement sans avoir été en mouvement», ou qu’il serait «toujours à la fois en repos et en mouvement», ce qu’Aristote rejette par des reductio ad absurdum. [6][7]
  3. Unicité et continuité d’un même mouvement
    • Aristote montre aussi qu’un même mouvement (par exemple, aller de A à C en ligne droite) ne peut être analysé comme une suite de mouvements réellement séparés (A–B, B–C, etc.) sans introduire des repos ou des ruptures : sinon, il n’y aurait plus un seul mouvement continu, mais une série de mouvements distincts. [8][9]
    • Il en conclut que les «parties» du mouvement n’existent qu’en puissance : on peut les distinguer par abstraction, mais elles ne sont pas des mouvements effectivement séparés dans la réalité du processus continu. [10][11]
  4. Conséquence : nécessité du continu
    • De l’ensemble de ces arguments, Aristote tire que mouvement, temps et grandeur sont des continua : ils sont divisibles à l’infini en parties toujours divisibles, mais ne sont pas constitués d’éléments ultimes indivisibles. [1][12]
    • Cette nécessité du continu permet à la fois de répondre aux paradoxes de Zénon (dichotomie, flèche, etc.) et de rendre intelligible le passage de la puissance à l’acte sans éclatement du mouvement en une poussière de contradictions logiques et ontologiques. [10][6] (Sources : suivre lien)

- Voilà qui clôt la discussion entamée avec François Jullien ! (voir "Cerisy 25 - François Jullien #01")

- Tu as raison et c'était déjà pris en compte dans la distinction entre niveaux [⚤] et [♻]... Mais voyons plu loin : le débat ouvert ici par Aristote a été avalisé par les travaux de Cantor : il n'y a pas de possibilité, par une démarche indéfinie, de passer du discontinu en [⚤] au continu en [♻].

- On peut également pointer les limites de l'hypothèse Unitaire de départ : cette absence de "vide" entre des sections "séparées" bloque le raisonnement.

- Mais à côté de cela, il y a déjà, à partir d'une divisibilité indéfinie, la notion de limite : on n'est pas loin des infinitésimaux !

- OK, sa pensée est riche de développements, qui ont encore sens à nos yeux, mais l'essentiel me semble être cette très nette distinction entre [⚤] et [♻], dont on voit qu'Aristote avait parfaitement conscience.

- On voit également qu'il lui était tout à fait impossible de penser [⚤][♻].

- Ce qui renforce ta caractérisation duale (cf. #28):

  Platon   Aristote  
Séparer [⚤] [♻]     
  Abstraire
[⚤] [♻]     

- En résumé ?

- En pensant à la logique comme à un choix en ♡⚤ —ou [⚤] selon la voie— notre topologie de l'Imaginaire est plus cohérente.  Par ailleurs, nous voyons les difficultés, auxquelles Platon et Aristote sont confrontés, pour représenter le "mouvement, à partir du choix de l'immobilité de Parménide...

- Quand à la même époque, Bouddha part de l'existence du vide pour exprimer la diversité du Dharma...

- Oui, c'est une chose, mais plus fondamentalement sans doute, il y a cette orthogonalité (Undualité) qui ne nous a pas encore dévoilé tous ses mystères...

- Amen

Hari

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