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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

La querelle des universaux #34 — XIVe siècle — Henri & Matthieu prélude à Duns Scot


Le 09/ 02/ 2026 :

6. La révolution du XIVe siècle

- Avant de revenir à la querelle des universaux, il serait bon sans doute, d'avoir une idée un peu plus large de qui est Duns Scott. Comme j'en ai pris l'habitude, mon inquisition s'appuie sur Perplexity.

- Ça va délayer ton texte.

- Je ne vais garder que les points d'appuis utilisés pour passer d'une question à l'autre, laissant le reste en coulisse, avec un lien à la discrétion du lecteur.

— HS : Qui est Duns Scot ?

— 🤖 : Jean Duns Scot (vers 1265-1266 – 1308) est un théologien et philosophe franciscain écossais, l’un des grands maîtres de la scolastique tardive, surnommé le «Docteur subtil» et fondateur de la tradition dite scotiste.[1][2]

Repères biographiques

  • Né à Duns, en Écosse, il entre chez les franciscains et est ordonné prêtre en 1291.[3][4]
  • Il enseigne surtout à Oxford, Paris puis Cologne, où il meurt en 1308.[2][1]
  • L’Église catholique l’a béatifié en 1993.[5][3]

Idées philosophiques centrales

  • Il défend l'univocité de l’«être» : le terme être se dit dans un sens fondamentalement univoque de Dieu et des créatures, ce qui permet une métaphysique rigoureuse de Dieu et du monde.[6][5]
  • Il élabore la théorie de la natura communis (nature commune) et une position originale sur les universaux, refusant aussi bien un platonisme des Idées qu’un nominalisme radical.[7][8]
  • Il introduit la notion de haecceitas (eccéité, «ceciité») pour rendre compte de l’individuation : ce qui fait qu’un individu est cette chose singulière et pas seulement un cas d’une nature commune.[2][5]
  • Il défend la primauté de la volonté sur l’intellect (volontarisme) et une conception exigeante de la liberté humaine comme capacité rationnelle d’auto-détermination.[6][2]

Théologie  

  • Il propose une preuve sophistiquée de l’existence d’un «Premier Principe» unique, nécessaire, infini, identifié à Dieu.[9][2][6]
  • Il fournit la défense classique de l’Immaculée Conception de Marie, reprise presque telle quelle lors de la définition du dogme en 1854.[10][3] (sources : suivre le lien)

- Je suis immédiatement frappé par l'importance de l'être, le jeu avec la volonté, et son intérêt pour l'immaculée conception. Mais avant, Perplexity propose de le situer par rapport à Thomas et Occam, je lui donne la parole (suivre le lien):

— 🤖 : [...] Par rapport à Thomas

  • Scot reproche au thomisme d’être prisonnier de l’analogie : si le concept d’«être» varie trop entre Dieu et les créatures, la métaphysique de Dieu devient, à ses yeux, impossible en rigueur scientifique ; d’où son insistance sur un concept univoque d’être comme objet propre de la métaphysique.[9][1]
  • Là où Thomas parle d’une «nature commune» surtout comme structure logique/ontologique saisie par abstraction, Scot radicalise cette idée en faisant de la natura communis une condition de possibilité réelle de la ressemblance spécifique entre individus, distincte de l’universel logique (praedicabile).[3][7]
  • Sur la connaissance, Thomas met l’accent sur l’abstraction intellectuelle à partir du sensible; Scot ajoute sa théorie de la connaissance intuitive du singulier, qui reconfigure le lien entre perception, universel et acte intellectuel.[2][7] [...]"

- Je commence à voir un fil conducteur : parmi les reproches adressés à Avicenne, il y a cette idée d'un "donnateur de forme" principe unitaire, certes, mais également universel, constant, sans début ni fin, et pour ainsi dire impersonnel : c'est le Sujet qui, en se perfectionnant arrive à élargir sa compréhension de ce principe unitaire.

Or, il importe d'affirmer la volonté (ou le désir, pourquoi pas) de Dieu, qui d'une part créé le Monde au début, et sera le Rédempteur à la fin, avec la résurrection des corps.

- Avec chez Thomas la conjonction en lui seul de l'essence et de l'existence, quand les deux sont disjoints chez les êtres séparés que nous sommes.

- Oui, bon, il y a quelque chose qui se joue autour de tout ceci. Et si tu te souviens de ce que nous avions vu du rôle de la Trinité dans la constitution de l'être en  ♧, je ne peux que faire le rapprochement avec l'intérêt de Scot pour la Vierge Marie. (voir lien)

— HS : Peux-tu préciser pourquoi Scot s'est intéressé à la virginité de la Vierge Marie ?

— 🤖 : [...]
Enjeu doctrinal pour Scot  

  • En défendant la sainteté «intégrale» de Marie (conception immaculée, virginité, absence de tout péché actuel), Scot poursuit son projet général : penser un Dieu dont la volonté libre peut choisir le mode de Rédemption le plus parfait, et un ordre créé où la grâce peut vraiment empêcher le mal, pas seulement le réparer.[10][11][4] [...]" (Sources : suivre le lien)

- OK, ça confirme la personnification d'un Dieu doté de volonté, mais je ne retrouve pas le lien avec l'être, que j'avais développé à partir de la trinité.

— HS : Qu'est-ce que cette doctrine apporte à ce qu'avait décidé le concile de Nicée ?

— 🤖 : Le concile de Nicée ne disait presque rien de Marie : la doctrine scotiste sur l’Immaculée Conception et la virginité mariale est un développement ultérieur qui tire les conséquences christologiques de Nicée plutôt qu’un complément explicite de ce concile.[1][2]
[...]
Ce que Scot ajoute, en aval de Nicée  

  • En défendant une Rédemption préventive en Marie (Immaculée Conception) et une sainteté intégrale (dont la virginité est un signe), Scot radicalise l’affirmation nicéenne : si Celui qu’elle enfante est vraiment Dieu, alors on peut et on doit penser pour sa mère une grâce absolument singulière, au plus haut degré compatible avec une créature.[5][6][7]
  • Son argument («Dieu le peut, cela convient, donc Il le fait») explicite rationnellement ce que Nicée implicite déjà : la puissance et la gratuité absolues du Christ divin Sauveur, capable non seulement de guérir du péché mais de préserver totalement du péché celle qu’il choisit comme mère.[7][8][9]

- J'ai ensuite une question sur le rapport entre virginité et pureté, qui nous éloigne du sujet (lien), pour revenir plus directement à Thomas :

— HS : Le lien entre cet intérêt de Scot pour Maire et sa conception métaphysique du Sujet, en rupture avec la "nature" chez Thomas ?

— 🤖 : Chez Scot, l’intérêt pour Marie n’est pas un «supplément dévot» à sa métaphysique : il est comme le test expérimental où il pousse à l’extrême sa conception du sujet comme singularité voulante, en rupture avec la centralité thomiste de la "nature".  

  1. Thomas : primat de la nature commune et de l’ordre «naturel»
    • Chez Thomas, la personne créée se définit d’abord par une nature (essence humaine) actualisée dans un individu, ordonnée par Dieu vers sa fin ; la grâce vient sur‑élever ce donné naturel, mais ne le reconfigure pas de fond en comble.[1][2]
    • Le sujet est pensé à partir de cette nature finalisée : la liberté est une propriété de la volonté, mais comme appétit rationnel orienté par le vrai bien inscrit dans la nature ; la singularité se joue surtout au niveau de la matière signée (ce qui individualise la nature).[2][3]
  2. Scot : haecceitas et primat de la volonté
    • Scot déplace le centre de gravité vers l’individu et la volonté : chaque sujet possède une haecceitas, une «ceciité» incommunicable, principe formel d’individuation qui n’est pas réductible à la simple matière.[4][5][6]
    • La volonté est chez lui puissance de préférence libre entre divers biens, non simplement appétit du bien présenté par l’intellect : elle introduit une marge d’auto‑détermination au‑delà de la seule structure de la nature.[7][8]
    • Autrement dit, le «sujet» scotiste est moins la nature humaine qui se réalise en tel individu, que ce quelqu’un singulier, doté d’une volonté capable d’un rapport unique à Dieu.  
  3. Marie comme cas limite de sujet singulier
    • Dans cette perspective, Marie devient le cas paradigmatique où la singularité et la liberté sont maximisées par la grâce :[...]
    • Du côté de Marie, la virginité et le «fiat» de l’Annonciation figurent le sujet comme acceptation libre d’une initiative divine qui traverse et reconfigure son histoire singulière, plutôt que comme simple développement d’une nature humaine générique.[14][15]
  4. Rupture avec le schème thomiste «nature → grâce»
    • Chez Thomas, on part volontiers de la nature humaine (commune) puis on voit comment la grâce la perfectionne ; chez Scot, la logique est plus personnaliste : on part de la capacité de Dieu à vouloir telle personne de manière absolument singulière et à l’ordonner par grâce à une fin unique (Christ, Marie, chaque sujet).[8][16]
    • La doctrine mariale scotiste montre que la grâce peut ne pas seulement restaurer une nature déchue mais constituer positivement un sujet dans un état inédit (préservation du péché originel), ce qui relativise l’idée d’un ordre naturel fixe comme base intangible.[11][9][10]
      [...]

Si tu veux, on peut maintenant placer sur ta topologie :  

  • chez Thomas : «nature commune», «finalité», «analogie» ;  
  • chez Scot : «haecceitas», «volonté libre», «grâce préventive en Marie», comme opérateurs de passage entre positions. (Sources : suivre le lien)

- J'ai l'impression que cette similitude entre Dieu et sa créature va permettre d'utiliser le même schéma topologique pour l'un et l'autre...

- Ce qui reporterait de quelques siècles en arrière l'invention de l'homme comme sujet, que Michel Foucault situe à la fin du XVIIIe siècle (lien).

- Ce sera un développement à surveiller. Autre point qui m'interroge : la notion d' haecceitas, ou «ceciité» :

— HS : Y a t il un rapport entre le concept de  haecceitas ou  «ceciité» et la "quoddité" définie par Alain de Libera ?

— 🤖 : Oui, il y a un rapport très étroit, mais aussi une différence de niveau et de fonction.

  1. Haecceitas chez Scot : singularité ontologique
    • La haecceitas désigne, chez Duns Scot, le principe formel qui fait qu’un individu est ce singulier‑là, irréductible à la simple nature commune + la matière : une «ceciité» ontologique.[1][2]
    • Elle opère au niveau de l’être : c’est ce qui distingue réellement (formellement) Socrate de Platon à l’intérieur de la même nature humaine, indépendamment de nos concepts.[3][1]
  2. La «quoddité» chez de Libera : singularité noétique / logique  
    • Chez Alain de Libera, la quoddité (par contraste avec la quiddité) sert à penser l’«être‑ceci» comme objet de pensée et de discours : l’orientation du concept vers ceci, le singulier déterminé, dans le cadre de la révolution scotiste de la connaissance intuitive du singulier et des théories médiévales du concept.[3]
    • Elle appartient d’abord au registre de l’objectivation : comment l’acte intellectuel, les intentions et les espèces rendent pensable et dicible le singulier, au‑delà de la seule quiddité commune.[3]
  3. Le lien : même problème, deux étages
    • On peut dire, schématiquement, que la haecceitas est la «ceciité» dans la chose (principe ontologique d’individuation), tandis que la quoddité est la «ceciité» dans le concept et le langage (principe d’objectivation et de repérage du singulier dans l’ordre noétique et logique).[1][3]
    • De Libera s’appuie sur la révolution scotiste (haecceitas, nature commune, connaissance intuitive du singulier) pour forger ses outils (dont la quoddité) qui décrivent comment le singulier devient objet de pensée et de discours dans le dispositif médiéval des universaux.[3]

Donc : la quoddité n’est pas un simple doublet terminologique de la haecceitas, mais une traduction conceptuelle de ce motif de la «ceciité» dans l’ordre de l’acte de connaître et de dire, tel que la «révolution du XIVᵉ siècle» (Henri de Gand, Scot, Occam) l’a reconfiguré." (Sources : suivre le lien)

— HS : Situe la ceciité par rapport à la quiddité.

— 🤖 : La quiddité et la ceciité se situent à deux niveaux complémentaires :
[...]
On peut résumer ainsi :  
- La quiddité répond à «quoi ?» (nature, espèce, essence commune).  
- La ceciité répond à «lequel ? ce‑là» (singularité, individu incommunicable).

Chez Scot et dans sa réception, un individu est donc pensé comme :  
individu = quiddité (nature commune) + ceciité (principe d’individuation).[5][6][7]"
(Sources : suivre le lien)

- Il y a chez Scot un effet "fractal" —si je puis dire— qui s'impose à moi, et je ne sais si c'est sa "représentation de Dieu" qu'il ramène à la structure humaine, ou celle de l'homme qu'il rapporte à Dieu.

- Comme le microcosme et le macrocosme ?

— 🤖 : On peut effectivement rapprocher la configuration scotiste Dieu/homme de la vieille dualité macrocosme / microcosme, mais avec des nuances importantes.
[...]
Spécificité scotiste

  • Chez Scot, le volontarisme renforce ce parallèle : la volonté divine est «ordonnée dans sa liberté» (ordinatissime volens), et la volonté humaine participe analogiquement de ce mode d’être libre qui n’est pas simplement déterminé par la nature.[2][7][1]
  • La ceciité (haecceitas) de chaque sujet humain accentue la singularité de cette participation : chaque personne est voulue comme ce singulier‑là par Dieu, ce qui donne une sorte d’écho microcosmique à la liberté créatrice et élective de Dieu (Dieu choisit de créer ce monde‑ci, et ce sujet‑ci).[3][8][9]
    [...]" (Sources : suivre le lien)

- La différence entre les deux tient au passage du virtuel (chez Dieu) au potentiel (chez l'homme), un sujet que nous avons déjà abordé à maintes reprises.

- Bref : les enjeux chez Scot, comme chez les autres scolastiques de l'époque d'ailleurs, ne sont pas strictement philosophiques, mais fortement liés à la théologie, on s'en doutait un peu, et si nous revenions au texte, en revenant, avant Duns Scot à Henri de Gand ?

  1. Rôle d’Henri de Gand
    Henri de Gand opère deux virages majeurs par rapport à Thomas d’Aquin :
    • Il critique la théorie thomiste de l’espèce intelligible comme «medium quo» de la connaissance, en distinguant :
      • une species impressa (d’origine sensible, dans l’imagination) et
      • une species expressa (concept mental produit par l’intellect, verbe intérieur).
    • Il introduit une véritable connaissance intellectuelle du singulier, encore indirecte et réflexive, par attention de l’intellect au fantasme singulier accompagné de son concept mental.
    • Sur le plan théologique, Henri tente d’articuler l’illumination augustinienne avec l’intellect agent aristotélicien :
      • Dieu illumine directement l’âme pour la «vraie vérité», tandis que
      • l’empirisme aristotélicien ne vaut que pour la connaissance par représentations.
        Cela entraîne :
        • La subordination de l’intellect à la volonté (volontarisme : la volonté pousse l’intellect à passer du confus au distinct).  
        • La réactivation d’un objectivisme quidditatif (esse quidditativum) : l’objet propre de la connaissance intellectuelle devient une quiddité mentalisée, indépendante de l’existence actuelle de la chose.
  2. Matthieu d’Aquasparta : non‑existant et quiddité
    Matthieu d’Aquasparta reprend Avicenne pour poser l’indifférence de l’essence à l’existence et à la non‑existence : la quiddité n’est ni existante ni non‑existante en elle‑même. D’où deux points :
    • On peut avoir une connaissance intellectuelle du non‑existant, car l’objet de la pensée est la quiddité, non la chose singulière existante ou non.
    • Il distingue deux types d’actes de pensée :
      • une pensée simple, abstractive, qui saisit la quiddité en elle‑même ;
      • une pensée concrète, qui saisit la chose comme existant «ici et maintenant», dans des circonstances temporelles déterminées.

Cette distinction prépare directement la grande opposition XIVe siècle entre connaissance abstractive et connaissance intuitive (concrète), et déplace l’«indifférence» d’esse essentiae vers la cognition elle‑même.

  1. Duns Scot : intuition du singulier et nature commune
    Duns Scot reprend ce cadre et le radicalise :
    • Sur le plan gnoséologique, il affirme que le premier objet de l’intellect n’est pas un universel de type catégorial mais un transcendantal : l’être en tant qu’«être quelque chose (esse quid)», antérieur à toute détermination catégoriale.
    • Il distingue rigoureusement
      • connaissance abstractive (qui laisse indifférent que la chose existe ou non) et
      • connaissance intuitive (qui porte sur la chose comme existante ou non existante hic et nunc, et fonde la vérité/l’erreur de la pensée).

Sur le plan ontologique et des universaux :

  • Scot élabore la théorie de la nature commune (communis natura) : une réalité formelle unique, ni singulière ni universelle en elle‑même, qui reçoit l’unité numérique dans le singulier et l’universalité dans l’intellect.
  • Il introduit la distinction formelle entre
    • nature commune,
    • existence, et
    • singularité (haecceitas)
      pour éviter la réduction de toute unité réelle à l’unité numérique, et pour donner un statut ontologique non purement logique à l’universel.

Sur la perception :

  • Scot analyse l’unité non numérique du sensible dans la perception (un seul «sensible» dans la diversité des actes sensibles), et le passage de cette unité sensible à l’intellection de l’universel par le jeu des «causes concourantes partielles» (nature de la chose et intellect qui confère la ratio d’universalité).
  1. Enjeu du chapitre pour la querelle des universaux
    Le chapitre montre que la «révolution du XIVe siècle» n’est pas d’abord un simple changement de positions sur les universaux, mais un déplacement de foyer :
    • Du problème «où sont les universaux ?» (ante/in/post rem) vers le problème «comment connaissons‑nous le singulier et le non‑existant ?».  
    • Du schéma platonisme vs aristotélisme vers des modèles internes à l’aristotélisme christianisé :
      • Henri de Gand : illumination, objectivisme quidditatif, rôle de la volonté.  
      • Matthieu d’Aquasparta : i ndifférence de la quiddité et structure des actes de pensée.
      • Duns Scot : intuition intellectuelle du singulier, transcendantaux, nature commune et distinctions formelles.

- Avant d'aborder le texte d'Alain de Libera je te propose de mettre en perspective les concepts que Perplexity en a extrait, afin de vérifier ensuite par le texte notre grille de lecture.

Henri de Gand

- Mettons les choses au clair : c'est un Reale (lien), reprenant la distinction d'Avicenne essence/ existence. Ce qui me fait placer son "verbe intérieur" en ♢.

- Une sorte de "syntaxe ontologique", qui ne suivrait pas les règles d'une grammaire en ♢ , mais ayant sa propre logique ?

- Oui, avec l'idée d'une double dualité :
pensée abstractive—♧  / ♡pensée concrète.
illumination— 𓁝∅𓁜 / 𓁝♡𓁜—volonté.

- Et l'indifférence ?

- Il s'agit chez Avicenne de l'essence indifférente en ♡, si la cognition concerne la doublure du Sujet en ♡⚤ ( en reprenant Avicenne et ses 2 sujets), alors l'indifférence se traduirait par une désir d'universalité en ♡. D'où ce schéma d'ensemble :

  Henri de Gand  
      𓁝∅  
      𓁝𓁜 illumination (Augustin)
cognition (Avicenne)  ♡   essence (Avicenne)
      𓁝𓁜 volonté
pensée concrète
        verbe intérieur
fantasma (Aristote)
species expressa 
species impress 
 
      𓁝𓁜 abstraction (Aristote)
Objectivisme quidditif
/
  existence (Avicenne)

Comme tu le vois, le schéma d'ensemble n'est pas abouti :

  • Nous ne savons pas grand-chose du niveau [⚤]
  • Il y a un mixte entre approche aristotélicienne R et néoplatonicienne R permettant de définir ce "verbe intérieur".

Matthieu d’Aquasparta : non‑existant et quiddité

- Il faut d'abord comprendre ce que Matthieu entend par "connaissance intellectuelle" :

— 🤖 : Chez Matthieu d’Aquasparta, la «connaissance intellectuelle» dont on vient de parler est clairement du côté de l’intellect agent et possible travaillant sur les espèces intelligibles, donc en ♡, et non du côté du raisonnement grammatical/syllogistique en ♡.

  1. Niveau où se situe cette connaissance
    Matthieu décrit :
    • un premier type d’acte où l’intellect «appréhende et conçoit les quiddits ou natures simples des choses» par abstraction grâce à la lumière de l’intellect agent.
    • Cet acte est simple et absolu, antérieur à la composition de propositions, et ne relève pas encore de la combinatoire logique (sujet–prédicat, syllogisme).
      [...]" (lien)

- Bon, c'est clair : nous sommes en ♡, mais alors comment représenter la compréhension des "quiddités simples" ?

- Assez facilement à partir de ce qui est déjà chez Aristote (gardant en tête que chez lui l'actualisation consiste à "figer" un mouvement chaotique) : la quiddité est une abstraction des fantasma : ♢, grâce, précisément à l'intellect agent, lui aussi en ♡.

- Si tout se retrouve à la même place, ton schéma n'est plus très discriminant, et dès lors quelle est son utilité ?

- N'inverse pas la problématique s'il te plaît.

  1. Il y a en [♻], un principe unitaire posé par Platon (i;e.: [♻]𓁜𓁝[∅]), recherchant la vérité, contre des Sophistes passés maîtres dans le maniement du verbe. Et pour être sûr de son coup, il coupe le monde des idées de celui du sensible, plus de grammaire, plus d'échelle de Jacob, rien entre la corruption sublunaire et la perfection supralunaire.
  2. Aristote renâcle et passe de R à R↑ (il dresse l'échelle)  avec la logique d'un côté ♢ et l'abstraction de l'autre ♢ ;
  3. Ensuite viennent les religions, qui voudraient justifier leur choix religieux monothéiste, en reprenant le Un Platonicien, mais en prenant Aristote à contre-pied, d'où les néoplatoniciens en R, puis Avicenne.

Donc, oui, ça se bouscule au portillon en ♡ du Symbolique . Et c'est précisément là que se développe le duo Foi𓁝𓁜Loi, et que se décline en autant d'avatars que nécessaire ce bon vieux principe Unitaire, et c'est précisément parce que cette dualité de posture Partie—𓁝/𓁜—Tout, ne répond pas à la logique du 1er ordre utilisée au niveau [⚤], que l'on tourne autour pendant deux mille ans, jusqu'à Galilée, qui brise le cercle, en passant à autre chose.

Toujours dans cette problématique de "l'un" insécable de Parménide, l'un des points délicats est d'expliquer que "plusieurs uns" fassent un autre "un" comme "des hommes" sont de l'espèce "homme", et que l'essence ou la quiddité de l'espèce "homme" est "une et indivisible"? La première étape, c'est de dire que cette "quiddité" est "indifférente" au nombre d'hommes "qui en sont" si je puis me permettre. C'est ce qu'a fait Avicenne, et que reprend Matthieu.

Maintenant, il y a une autre difficulté relative au couple essence/ existence (cf. "un point sur le XIIIe") :

  • Avicenne distingue nettement
    • Essence en ♡ <=> la forme/ l'actuel d'Aristote;
    • Existence en ♡ <=> la substance/ le potentiel d'Aristote

Ça ne pose pas de problème dans la mesure où son "donateur de formes" en ♡ est un principe "toujours là", d'où tout "émane", comme un soleil indifférent à ce qu'il éclaire.

Par contre, le Dieu  Chrétien est plutôt décrit comme accomplissant sa volonté, par un acte créateur au début, et un acte rédempteur à la fin des temps. De ce fait, pour Thomas s'il "est" essence pure, c'est évident, il "existe" (à lui-même) de toute "éternité", quand l'homme —créé à son image— "est" âme/essence en ♡ ET corps/existant en ♧. Avec, selon mon hypothèse la copule "est" ontologique, placée en ♧♻ (cf. concile de Nicée). D'où la position de Thomas :

  • Thomas :
    • Dieu : essence + existence en ♡ 
    • Homme à son image : âme— essence en ♡  / existence (âme+corps= est) en ♧.

De ce fait, l'existence d'Avicenne se balade maintenant d'un bout du spectre [♻] à l'autre, et pourrait bien devenir mi-chèvre/mi-choux en ♢.

- D'où la nécessité de préciser les choses : les objets du domaine du fantasme d'Aristote en ♢, celui des formes abstraites de la substance, celui du verbe intérieur, n'existe pas. Et donc la quiddité de l'objet, qui se rapporte à ce palier ♢, est indifférente au fait que ces objets aient ou non été "abstraits" de l'existant : ♧.

- Mais l'espèce homme est bien abstraite de l'expérience que l'on en a ?

- Certainement, cependant, lorsque tu réitères le processus ♢, en pensant "homme", "poissons", "insectes", pour passer des espèces au genre "vivant", les éléments de base n'existent pas au sens où Socrate a existé.

- OK; il précise les choses, mais rien de très neuf ?

- Fixons tout ceci en regard du schéma précédent : (nota hypothèse sera amendé par la suite)

  Henri de Gand   Matthieu d’Aquasparta
      𓁝∅    
      𓁝𓁜 illumination   
      essence indifférente
      𓁝𓁜 volonté 
pensée concrète 
connaissance abstractive 
connaissance intuitive 
        verbe intérieur
fantasma (Aristote)
species expressa 
species impress 
 
 
      𓁝𓁜 abstraction (Aristote)   
Objectivisme quidditif
/
  existence (Avicenne)  

Dans ce schéma, l'indifférence à l'existence ne tient plus à l'essence ou quiddité, mais à la façon d'appréhender, l'acte de connaître qui, en se rapportant à ♢, est indifférent à l'existence ou non (de cet homme-ci ou du genre animal).

Duns Scot :

- il y a dans le double mouvement  et , qui semble s'imposer, une dualité bien marquée entre "immanence" et "transcendance". Le modèle de la transcendance étant celui de l'illumination 𓁝∅𓁜. Cette dualité tenant à un mouvement entre deux postures du Sujet 𓁝𓁜. Je n'insiste pas : cf. ici dans "#33".

- Pourtant tu y reviens...

- Nous avons vu deux choses ce matin, à propos de Scot :

  • L'homme à l'image de Dieu;
  • Sa conception de Dieu comme une "volonté" qui crée, faisant penser à la vertu latine 𓁝∅𓁜, qui donne par imitation chez l'homme un acte 𓁝♡𓁜; découlant de la Loi ♡𓁜𓁝♡. La charnière entre les deux étant l'acceptation de la Loi :
    • Soit : 𓁝♡𓁜 : l'élève 𓁝 prend la posture du maître 𓁜 par l'étude;
    • Soit : 𓁝∅𓁜 : le croyant est illuminé par la grâce.

- Tu nous a dit ton sentiment d'une représentation fractale.

- Oui, mais je voudrais insister sur ceci : dans le mouvement 𓁝𓁜, il y a le passage d'une "partie" à une "totalité" élémentaire. Et ça connote ici une insistance de Duns à définir des "totalités", qui rejaillit quand même sur sa conception d'un Dieu ayant une volonté, soit une "personnalité"... Vois-tu l'anthropomorphisme ?

- Tu verses dans la critique théologie ?

- Dieu m'en garde ! Non, mais il y a toujours cette difficulté à distinguer entre le "singulier" Pierre, Paul ou Socrate dont on a l'expérience sensible en ♧; et le "singulier" du genre "mammifère" en ♡ , accrochés les uns comme l'autre chacun à sa "quiddité", puisque ce ne sont pas de vains "flatus voces".

- Autrement dit, en mixant deux approches R et R, l'ancienne distinction entre universaux ante/ dans/ post multiple peut difficilement s'appliquer, mais comment dès lors les distinguer?

- La question ne se posait pas ainsi, mais rien ne nous interdit de faire la liaison. En tout cas, ça permet de comprendre l'importance de cette "unité non-numérique du sensible" relevée par Perplexity.

- Et si nous passions à l'exercice de relecture ?


Le 10/ 02/ 2026 :

Les deux virages d’Henri de Gand

"Source d’inspiration permanente de Duns Scot, qui n’a cessé de le lire et de le contredire, comme lui-même avait lu et critiqué Thomas, Henri de Gand n’a pas été seulement la «tête» de l’équipe de théologiens réunis par Étienne Tempier pour mettre au point le contenu des censures universitaires de l’aristotélisme en 1277, il a aussi et d’abord, pour ce qui nous concerne, opéré deux virages par rapport à la position thomiste de la question des universaux :

  • le premier en reformulant la théorie du verbe mental sur la base d’une élimination préalable de l’espèce intelligible, premier medium quo de la connaissance selon Thomas ;
  • le second en introduisant l’idée d’une connaissance intellectuelle du singulier, certes encore indirecte et réflexive, mais comprise comme une sorte d’acte d’attention ne réclamant, pour s’exercer, que la formation préalable d’une «espèce expresse», autrement dit d’un concept mental accompagnant toute impression psychique directe subie par l’esprit du fait de la chose sensible." p. 396

- Le cadre est posé, maintenant Henri va tenter de faire le pont entre Avicenne et Augustin, en repartant d'Aristote.

- Le point de départ :

"l’intellect agent est pour Henri une puissance de l’âme qui a pour fonction «d’abstraire l’intelligible en acte de ce qui est intelligible en puissance et de le poser comme objet dans l’intellect possible en tant que sujet exerçant l’intellection» (Quodlibet IV, quaest. 21, resp.)" p. 397

Nous retrouvons ces 3 intellects sur le schéma d'Avicenne (cf. : #28 Bis

  Avicenne  
       
  𓁝∅ Donateur
de Formes
𓁝∅  
prédicat / Intention Essence Intellect agent
     
intellect possible   phantasma Intellect en puissance
  (↑)   (↑)  
voices Existence sensible
  𓁜   𓁜  
       
  de rem   en re  
  logique   noétique  

Mais l'intention d'universalité d'Avicenne en ♡⚤ disparaît ainsi que son principe émanatiste à partir du donateur de formes, pour faire place à une volonté qui s'exerce en ♡.

"...sa doctrine de l’âme donne à la volonté une prééminence entière sur l’intellect – un thème absent de la doctrine avicennienne de l’âme." p. 397

Alain de Libera résume en 3 points cette doctrine des facultés:

  1. "S’appuyant sur le traité pseudo-augustinien De spiritu et anima, Henri soutient que l’âme est substantiellement identique à ses puissances ou facultés. Les puissances
    • intellectives et
    • sensitives
      «n’ajoutent à l’essence de l’âme qu’un simple rapport à des actes spécifiquement divers» (Quodlibet III, quaest. 14).
  2. Pour lui, l’intellect est subordonné à la volonté (Quodlibet X, quaest. 14, resp.) : il est dépendant de l’objet extérieur pour entamer son activité («il n’est à même d’exercer son activité que mû par l’objet, mû à un acte de simple intelligence accompli dans des actes premiers d’intellection») et dépendant de la volonté tant pour l’exercer que pour l’interrompre (Quodlibet III, quaest. 17), car seule la volonté «est forme de sa propre liberté», «peut se mouvoir elle-même et s’éduire elle-même du vouloir en puissance au vouloir en acte» (Quodlibet X, quaest. 9, resp.).
  3. Enfin, il distingue
    • le simple vrai (verum) sensible et «expérimental» et
    • la «vérité pure» (sincera veritas),

ce qui reconduit, sous une forme radicale, la distinction et l’articulation de l’universel aristotélicien (universel d’abstraction) et de la Forme platonicienne." p. 398

- J'ai l'impression que l'âme, qui joint ici le sensible à l'intelligible, tient le rôle du donateur de forme d'Avicenne, non ?

- Autrement dit, on descendrait tout le système d'Avicenne d'un cran ? Là où "Dieu" est dans le Symbolique , à l'horizon de l'Imaginaire, vu 𓁝∅; l'âme serait la "quantité" du mode ♡ ? Oui, pourquoi pas, mais alors si l'âme en ♡ est "substantiellement identique à ses puissances", n'y a-t-il pas un paradoxe à y voir l'âme "au repos" au sens aristotélicien du mouvement : l'actualité de l'âme serait d'être la totalité de ses potentialités ?

- Non, ça fonctionne même très bien: l'ensemble de ses potentialité ∑p=1. Et en bonus ça te donne une différence de taille entre dieu vu 𓁝∅, et l'âme définie ainsi en ♡𓁜 :

  • La liberté de choix de Dieu est virtuelle;
  • La liberté de l'âme est potentielle.

- Admettons. Maintenant, comment lire "«n’ajoutent à l’essence de l’âme qu’un simple rapport à des actes spécifiquement divers»" ?

- Si l'âme se définit comme un "tout" (∑p=1) en posture ex post ♡𓁜, la posture 𓁝♡ renvoie au "divers" (même si le mot "partie" n'est pas prononcé).

Donc, dans un passage ♢𓁜𓁝♡, un objet identifié en ♢𓁜 est vu comme une potentialité en 𓁝♡. Ensuite, le passage 𓁝♡♡𓁜 peut signifier :

  1. Soit l'"actualisation" d'une potentialité définie en ♢𓁜 (i.e.: ♢𓁜𓁝♡♡𓁜) ou identification; c'est par exemple le stade du miroir chez l'enfant;
  2. Soit un passage à la limite après une répétition ♢𓁜𓁝♡ (en balayant un ensemble de potentialités). C'est ce qui donne le "genre ultime" chez Aristote ou l'âme chez Henri.

Le cas 1/ permet ensuite d'offrir un "objet dans l’intellect possible" à partir du singulier sensible, dans la jointure ♡𓁜/𓁜. Ces objets s'articulant selon leur syntaxe propre en  ♢ par ♧𓁜𓁝♢, c.-à-d. l'intellect possible.

- Pour y retrouver Avicenne et sa maison heptagonale ?

- Oui mais par un chemin détourné. le noeud de l'affaire tient au rôle de l'âme qui signe le mode ♡, et active des potentialités, pour former un objet de discours à partir de la quiddité de l'objet sensible.

- Quid des différentes vérités ?

- Je te propose ceci (à vérifier: Note 1):

  • Le "simple vrai" (verrum) sensible et expérimental :
    => à mon sens il s'agit de l'adéquation du sensible (observable) au prédicat, soit dans le bouclage ♡𓁜/𓁜;
  • La "vérité pure" (sincera veritas):
    => n'est pas de l'ordre du discours mais de l'illumination de l'âme en ♡ autrement dit dans le mouvement 𓁝∅𓁜.

"... la noétique d’Henri reconduit le dualisme platonicien de l’âme et du corps, et elle y ploie l’empirisme aristotélicien, conservé pour les seuls besoins de la connaissance par «représentations». Elle relance le platonisme par l’affirmation qu’une réalité non empirique, Dieu, est «l’objet principal de l’intellect tant du point de vue de la cause formelle que de celui de la cause finale » (Quodlibet XV, quaest. 9, resp.)." p. 398

On retrouve bien sur notre topologie la dualité âme—♡/corps, mais dans une partition entre niveaux [⚤] et [♻], là où elle se trouve entre modes ♧ et ♡ chez Platon. Ce qui permet à Henri de développer son projet; à savoir constituer la démarche abstractive d'Aristote en [♻] "pour les seuls besoins de la représentation", en [⚤].

- Voilà un pont entre Réales et Nominalistes, non ?

- Nous le verrons certainement dans les critiques qu'Occam adressera à Henri, en tout cas, cela semble le point fixe de la discussion. Par ailleurs, je vois poindre Dieu comme "cause finale" et "cause formelle"; c.-à-d. à l'origine de la chose  𓁝∅𓁜 et de la forme 𓁝∅𓁜, dans une position, somme toute, identique à celle du "donateur de formes" d'Avicenne...

"... il va de soi que, tel qu’il le conçoit, l’intellect agent est entièrement exténué par la notion d’une illumination directe de l’âme par Dieu. C’est donc, très logiquement, au niveau de la théorie de l’abstraction qu’il fait porter l’essentiel de son attaque contre les aristotélismes plus authentiques professés à l’époque tant par les averroïstes que par Thomas d’Aquin. Là, c’est le rejet de l’espèce intelligible (Quodlibet XI, quaest. 5, resp.) qui signe la vraie rupture." p. 399

- Tel que je le comprends : Henri va muscler ♢ au détriment de ♢.

"Dieu doit être vu par essence, non par le biais d’une espèce créée. L’intellect glorieux contemple Dieu sans intermédiaire. Ce ne peut être le cas dans la connaissance pérégrine, car l’objet n’est pas simple, et l’intellect lui-même est lié au corps. Confronté au problème de la vision bienheureuse, Henri répond autrement que Thomas à la question du medium de la connaissance intellectuelle. Il rejette l’action de l’espèce intelligible sur l’intellect, mais, en même temps, il accorde que des espèces (φαντάσματα) doivent se trouver dans l’imagination humaine." p. 399

Autrement dit il y a bien une étape de construction des fantasma (φαντάσματα) en ♢ mais il faudrait s'assurer qu'il n'y a pas "manipulation intellectuelle" pour arriver à l'âme en ♡.

- D'où le duo species expressa species impress ?

- Oui, maintenant il s'agit de comprendre de quelle façon cet outil rend obsolète les sous-catégories espèce et genre de la substance aristotélicienne :

  • En  ♢♻ : "L’espèce impresse assume le legs aristotélicien, l’empirisme. Malgré leur nom, les «espèces intelligibles impresses» dont parle Henri ne sont pas intelligibles, ce sont des espèces sensibles" p. 400
  • En ♢ : "L’espèce expresse et elle seule est véritablement intellectuelle, mais c’est un produit de l’intellect, qui intervient au terme d’un processus cognitif proprement dit, non comme le résultat d’une impression produite par la chose extramentale." p. 400

Pour enfoncer le clou :

"L’esse universale [i.e. en ] n’est pas une espèce intelligible informant l’intellect possible, c’est ce que l’intellect connaît, et ce qui le détermine, c’est la chose même [i.e. en ♧]."

Avec l'idée que cette connaissance de l'essence ou quiddité en ♡ est confuse; la définition venant après, en [⚤]. 

"Le mouvement de connaissance qui commence au sensible ne va pas vers l’intelligible entendu comme le plus universel, mais vers l’universel entendu comme le plus distinct. C’est ce dégagement de l’universel, du confus au distinct, qu’accomplit la seconde étape de la connaissance intellectuelle – et ce, nouveauté de taille, sous l’empire (imperio) de la volonté. Avec Henri, la volonté devient un acteur épistémologique : c’est elle qui pousse l’intellect à dépasser la connaissance confuse." p. 401

- Là j'ai un doute : est-ce que la volonté est en chacun des deux niveaux [♻] et [⚤] ou seulement dans la volonté de connaître, en [⚤] ?

- Hum, je crois qu'Henri se réfère au désir d'universalité d'Avicenne en ♡⚤ pour lui substituer cette volonté d'éclaircissement (tournée vers l'analyse de l'objet ♡𓁜/𓁜), tout en reprenant son idée de répétition, opposant ainsi l'homme voyageur (homo viator) au bienheureux. La volonté de ce dernier le tourne vers Dieu i.e.: ♡𓁜↑𓁝, ce qui l'éloigne de l'intellectuel ("Bienheureux sont les pauvres en esprit, car le Royaume des cieux est à eux" Matthieu).

- Tu retrouves ton opposition ([∃]𓁜𓁝[∅])𓂀Hari ?

- Oui, bien entendu, tu peux même y ajouter l'opposition platonicienne de l'Un et du multiple, tout ceci est très ancré en nous, d'où l'intérêt de retrouver ce dispositif en arrière plan de la thèse d'Henri. C'est dans le fil de notre méditation d'il y a peu (cf. "Perspectives").

- Il semble cependant qu'Henri refuse la distinction entre l'ordre des mots [⚤] et celui des choses [♻].

- Oui, parce qu'il pose en ♡ l'objet de connaissance de la chose, soit sa quiddité, assumant la jointure ♡/ sans solution de continuité, de même qu'il fait porter l'attention intellectuelle sur l'objet sensible par ♡/, ce qui, somme toute ne fait que confirmer qu'il tourne sur R.

- Avec la possibilité pour le bienheureux de sortir du ruban...

- Bien entendu, tu peux même faire le rapprochement avec le passage dans le Nirvana du Bodhisattva, il s'agit de la même ouverture sur le Symbolique.

Ensuite :

"Une fois l’esse universale saisi, la seconde étape de la connaissance consiste, en effet, à «composer et diviser» [i.e.: en ♢], ce qui ne veut pas dire former une proposition [i.e.: en ♡], mais combiner, associer, distinguer. Il s’agit de ranger la chose connue à travers son esse intelligibile [i.e.: en ♧] dans un genre et une espèce dernière, donc de la définir. Le défini est la quiddité, le quid est. Le concept où l’intellect forme la définition est un «verbe mental»" p. 402

Ce qui confirme formellement la position des concepts chez Henri de Gand :

  • En ♢:  Le verbe mental ;
  • En ♢: La quiddité est la définition (catégorique) de
  • En ♧ :  L'esse intelligible joint par ♡/♧ à
  • En ♡:  L'essence de la chose.

- Hum, j'ai un doute sur la "raison quidditative" :

"Alors, «dans l’engendrement du verbe, l’intellect possible, en état de simple intelligence, avec sa connaissance simple confuse, engendrée en lui par l’espèce du fantasme universel et terminée dans l’objet en tant que connu par lui confusément», peut, «par le mouvement discursif de la raison et l’illumination par la lumière de l’intellect agent», se rendre présentes en acte les parties du connu et sa «raison quidditative»." p. 402

- Effectivement la chose est perçue intellectuellement à travers sa définition: l'esse intelligible est en ♧: mais il "prend sens", de façon "rationnelle", c'est à dire jugé par rapport à un filtre en ♢: d'où est tirée sa «raison quidditative» en ♡.

Mise au point nous permettant d'amender et compléter notre topologie telle que nous l'avions pressentie :

  Henri de Gand  
    𓁝∅    
    𓁝𓁜   illumination
Vérité pure
raison quidditative   Âme
essence
intellect agent
volonté
pensée concrète
vérité simple volonté
intellect possible
species express
quiddité
verbe intérieur
      intellect en puissance
species impress
fantasma
 
composition/ division   abstraction
(Aristote)
esse intelligible
/
  existence (Avicenne)
sensible

Tout ceci demandant vérification !


Le 13/ 02/ 2026 :

"Comme Thomas, Henri soutient que l’intellect ne connaît pas directement le singulier. Mais, au lieu de s’engager dans la subtile théorie thomiste de la connaissance indirecte, il se contente de poser que l’intellect connaît le singulier par réflexion sur les images." p. 402

- Le point délicat est de positionner correctement les "images" en question sur ta topologie. S'agit-il des "phantasma" d'Aristote en ♢  on du signifiant d'un objet en ♧ ?

- Il ne peut s'agir de l'image comme "représentant" l'objet au sens de signifiant, puisque pour Henri, l'objet en ♧⚤ sur lequel s'active l'esprit est l'essence même de celui-ci dont il s'agit de définir la quiddité ♧. Il parle bien des phantasma ♢ abstraits du sujet sensible ♧. Faire le rapprochement entre ces deux mouvements est l'objet d'une connaissance indirecte : 

  • L'espèce empresse vient du sensible ♧;
  • L'espèce expresse vient d'une réflexion sur ce lien : ♧.

À cette connaissance indirecte, Henri ajoute une seconde directe : 

"À cette connaissance indirecte, qui semble caractériser l’homme viateur, Henri oppose une connaissance directe, intellectuelle et intuitive, du singulier, qu’il réserve à Dieu et aux Anges, et semble vouloir étendre aux âmes des Bienheureux. Cette notion d’une connaissance intellectuelle intuitive du singulier rompt encore plus décisivement avec l’aristotélisme préservé par Thomas jusqu’au plus haut des Cieux. Elle deviendra en quelques années la ligne de fracture entre l’ancienne scolastique du XIIIe siècle et la nouvelle du XIVe." p. 403

- Il s'agirait d'une prise de conscience directe ♧𓁜𓁜, sans passer par une "décantation" en ♢♻ ?

- Non : nous parlons ici de l'intellect, de niveau [⚤].

- Mais pourquoi se focaliser sur le singulier ?

- Ah ! C'est la bonne question ! Nous venons de voir qu'Henri a renvoyé espèce et genre de ♢ vers ♢ pour qualifier la quiddité de l'objet. Or, il y a une difficulté à représenter le rapport partie/tout topologique ♢ en termes de logique ♢.

- J'ai compris : l'espèce "homme" peut ou non être composée d'une seule partie ou d'une infinité, voire d'aucune, et cependant être un concept "singulier". No problème en ♢ mais impossible de l'exprimer en ♢⚤ !

- À défaut de différencier partie—𓁝/𓁜—tout sur un seul mode relationnel ♢, on garde les "éléments" en ♧𓁜 et l'ensemble en ♢𓁜. De cette façon tu conserves le "singulier" à tous les étages, si je puis dire, sans t'occuper du passage (que nous voyons, nous ici et maintenant, en ♧𓁜𓁝).

- OK, la distinction entre ♧⚤ et  se caractérisant alors par l'existence, reprise d'Avicenne ?

"Cependant, pour que cette mutation s’opère, un nouveau changement doit encore s’effectuer : une redéfinition de la connaissance abstractive fondée non plus sur une abstraction à partir du singulier, mais sur une abstraction à partir de l’existence. Une telle abstraction déplace sur les actes de connaissance la propriété d’indifférence à l’existence et à la non-existence que la tradition avicennienne avait jusque-là confinée à l’objet lui-même : l’essentia." p. 402

- Vois-tu le tour de passe-passe ?

- Oui : le "singulier" pouvant se trouver chez l'individu (Socrate ou Pierre) comme dans l'espèce (la singularité de l'espèce "homme"), la discrimination porte sur l'existence en ♧ on non en ♢...

- Et cette "indifférence" de l'essence d'Avicenne (de mode ♡), comme point de départ ♡ , se retrouve à l'arrivée de la connaissance chez Henri ♧.

- Avec au passage une redéfinition de l'abstraction, pour l'acclimater au niveau [⚤], et la rendre "rationnelle" ?

- Encore faudrait-il s'entendre sur le concept de rationalité. 

  • L'homme viateur rapporte l'objet de discours ♧ à des catégories ♧ d'une part pour le définir, et ensuite prédiquer ♢;
  • Dieu, les anges et les bienheureux ont une intellection directe ou "instinctive" ♧, c.-à-d. "irrationnelle" de l'objet. 

Je suis un peu long dans mon commentaire, mais je trouve extrêmement significatif que la difficulté initiale de placement comme catégories de l'espèce et du genre, depuis Porphyre, se retrouve encore ici au XIIIe siècle.

- Bref : un symptôme persistant ?

- Oui, exactement. Le plus amusant étant que pour mettre le doigt dessus, il faille sortir du cercle philosophique pour rejoindre celui des matheux, de l'autre côté de la cours de récréation. Et la réponse est sans appel : il n'y a pas de possibilité de passer du discontinu en [⚤] au continu en [♻] par une procédure "dénombrable" : il y a un gap à franchir, ce que Cantor démontrera en 1873 (ici).

"Le glissement de la théorie de l’indifférence de l’essence de l’essentia à la cognitio elle-même sera, à nouveau, une (grande) trouvaille de Duns Scot. Il a cependant été préparé à la fin du XIIIe siècle par Matthieu d’Aquasparta, qui a su coordonner dans une discussion spécifique la possibilité de connaître le non-existant, la question avicennienne du statut de l’essence indifférente et celle, toujours approchée, mais rarement élaborée, de l’intuition correspondant à ce mode d’être, indifférent, de l’objet connu." p. 403

Connaissance du non-existant et théorie du concept :
Matthieu d’Aquasparta

"Reprenant à Avicenne la théorie de l’«indifférence des essences à l’existence et à la non-existence», il démontre qu’il peut y avoir connaissance intellectuelle du non-existant dans la stricte mesure où l’objet (obiectum) de la pensée n’est pas la chose (res) singulière, existante ou non existante, mais la quiddité, ou essence, qui n’est ni existante ni non existante."

Bon, rien de nouveau si ce n'est que la quiddité est ici en ♧ après ♡/, mais avant sa définition comme chez Henri, en ♢... 

"Contre les thèses «logicistes» de Bacon, Matthieu fait valoir que la question «ne porte pas sur la signification des noms ou des mots».
[...]
ce sont des questions de logique, non de noétique ni de théorie de la connaissance. Pour répondre à la question proposée, il vaut mieux «faire un certain nombre de distinctions au sujet de l’être et du non-être relativement à la pensée considérée dans son acte de connaissance».
" p. 405

- Matthieu revient donc en [♻] ?

- C'est ce que je comprends à la lecture d'Alain de Libera. Et ça risque d'être intéressant : appréhender le "non-être" est une première en Occident, depuis Parménide !

"Matthieu distingue donc deux sens de l’expression «ce qui n’est pas» :

  • a/ ce qui n’existe d’aucune façon, ni en soi ni dans sa cause, ni en puissance ni en acte, ce qui n’a jamais existé et n’existera jamais, et dont l’existence même n’est pas possible ;
  • b/ ce qui n’existe pas sous un certain rapport, par exemple ce qui n’existe pas en acte, mais existe en puissance ou ce qui, en soi, n’est pas, mais est dans sa cause efficiente ou son exemplaire." p. 405

- Nous sommes encore loin de la posture ex ante face au vide d'où tout peut advenir 𓁝∅ !

- C'est évident, puisque nous avons déjà un principe unitaire en ♡𓁜 par la grâce de Dieu: 𓁝∅𓁜. Néanmoins, ce choix de Dieu mis à part; la première proposition a/ se rapproche assez de cette posture face à l'objet initial : 𓁝∅.

La proposition b/ quand à elle est "rationnelle", au sens vu chez Henri où l'objet en ♧ "manque" au regard d'un critère en ♢. (Note 2)

- Oui, et :

  • le passage potentiel—♧ou♢actuel d'Aristote et rapproché :
  • du duo essence—♡existence d'Avicenne. 

- OK, et que fait-il de ce distinguo subtil ?

"Dans le sens a , ce qui n’existe pas ne peut d’aucune façon être objet de pensée.
[...] la première qu’elle soit capable d’appréhender est « ce qui est », c’est- à- dire l’étant. [...]
 Le néant en soi et par soi n’est pas intelligible. Ce qui n’existe d’aucune façon n’est donc pas non plus intelligible.
C’est donc seulement dans le sens b que «ce qui n’est pas» peut être objet de pensée et intelligible." p. 405

- Je me disais aussi qu'il eut été étonnant de voir Lao Tseu pointer le bout de son nez en Europe au XIIIe siècle ! Parménide peut reposer en paix, avec la bénédiction de l'Église ! (Note 3).

"Ayant montré en quel sens ce qui n’est pas peut être objet de pensée, Matthieu entame sur cette base l’exposé de sa théorie de l’intuition des essences. Par son «pouvoir actif» et grâce à la lumière de l’intellect agent [i.e.: ♡], la pensée humaine est capable d’abstraire les universaux des particuliers, [i.e.: ♧ ], de dégager les espèces intelligibles des espèces sensibles [i.e.: ♧ /] et de séparer les quiddités des choses existant en acte [par /]. Or les universaux, les espèces intelligibles et les quiddités des choses ne sont pas attachés aux seules choses dotées d’une existence actuelle, «ils se rapportent indifféremment à ce qui existe [en ♧ ] et à ce qui n’existe pas [en ]»." p. 405

- En bref, rien de nouveau sous le soleil. Matthieu recycle Aristote et Avicenne, mais quel est l'enjeu ?

- Difficile à dire, attendons la suite.

"La conséquence qu’en tire Matthieu est importante – elle nourrira plus d’un siècle de spéculation, de Scot et du scotisme à Occam et à l’occamisme : l’existence [en ♧ ]  ou la non-existence des choses [en ] n’a rien à voir avec la pensée d’une quiddité." p. 406

- Je pense qu'il s'agit de positionner le concept de quiddité :

  • En ♡ : est-ce l'essence de la chose ♧ et des universaux ♢ ?
  • En ♢ : est-ce (avec Henri) la définition de l'essence de la chose ?
  • En ♧ : est-ce l'essence intelligible d'Henri, par ♡/?
  • En ♡ : est-ce la compréhension quidditive d'Henri ?

- Il a fallu un siècle pour en discuter, tu peux attendre jusqu'à demain.

- In cauda venenum :

"De même que l’intellect peut penser la quiddité d’une chose par l’intermédiaire d’une espèce intelligible quand ladite chose existe, il peut en faire autant et de la même manière quand elle n’existe pas." p. 406

- Effectivement : par ses considérations sur le vide, Matthieu réintroduit ♢, délaissé par Henri. C'est une reconstruction Reale qui, curieusement, se justifie par des considérations sur ce qui n'est pas... On y retrouve Socrate demandant à Menon s'il saurait dire ce qu'est une abeille, sans attendre de réponse... L'espèce abeille existe puisqu'ils s'y réfèrent tous deux. CQFD. (Note 3)


Le 12/ 02/ 2026 :

"La distinction de l’être et du non-être relativement à la pensée considérée dans son acte de connaissance appelle une distinction parallèle des actes de pensée eux-mêmes. Revenant sur le topos des opérations de l’intellect, Matthieu en propose une analyse simplifiée qui va orienter toute la problématique du XIVe siècle." p. 406

- Je ne suis pas sûr du parallèle que tente d'établir Alain de Libera entre la distinction être/non-être et deux types de connaissance.

- Aïe, explique-toi.

- Il y a déjà une ambiguïté dans le terme "être" qu'utilise l'auteur : s'agit-il de l'essence ou de l'existence ?

- Il peut également placer la copule "est", comme toi en ♧, avec en tête la trinité catholique et le rôle de l'Esprit liant le Père en ♡ au Fils en ♧, non ? 

- Admettons, quoi qu'il en soit nous sommes ici dans une approche "Reale", Avec une distinction entre "ce qui existe" doté de substance en ♧, et ce qui n'est que "potentiel" en ♢, mais les deux étant dotés d'une "essence" en ♡. Et c'est de cette "essence" (ou quiddité cf. ci-dessus), qu'il s'agit de "connaitre intellectuellement", après le passage ♡/.

- Et donc ?

- Les deux sont orthogonaux :

  • Au niveau [♻] l'existence ou non est affaire de mode :
    => existant—♧/♢non-existant
  • Les deux types de connaissance, depuis Aristote sont une question de niveau :
    => dit de la chose (de rem)—[⚤]/[♻]—(en re) de la chose

- C'est peut-être dans ce passage de "l'existence" de modesniveaux qui caractérise cette révolution dont parle de Libera ? 

- Peut-être. Ce qui est "de la chose" existerait, ce qui est "du langage" n'existerait pas... Avec le problème non résolu de l'essence/ quiddité des catégories de mode ♢... Gardons l'idée en mémoire, et continuons :

"L’acte de pensée peut revêtir deux formes «exactement comme il y a deux sortes d’opérations de l’intellect» :

  • a/ un premier type de pensée, «simple et absolue», appréhende et conçoit les quiddités ou natures simples des choses ;
  • b/ un second type de pensée «combine et compose».

Ce second type de pensée n’est pas réductible à la simple formation d’une proposition ou d’un énoncé par combinaison de termes, activité à laquelle se tenaient la plupart des classifications antérieures des «opérations de l’intellect». Par «combiner et composer», Matthieu entend l’acte par lequel la pensée «saisit et perçoit qu’une chose est présente dans des circonstances et sous des conditions temporelles déterminées»." p. 406

Ici, nous avons bien un parallèle entre :

  • En [♻] : Les opérations de l'intellect;
  • En [⚤] : L'acte de pensée.

Nous allons donc ici parler du niveau [⚤] :

  • / : c'est la perception "simple et absolue des "quiddités";
  • ⚤ : passage des éléments de langage à leur syntaxe.

- Attention : chez Matthieu c'est plus complexe : "«saisit et perçoit qu’une chose est présente dans des circonstances et sous des conditions temporelles déterminées»"

- Le temps et le lieu sont déjà des catégories chez Aristote.

- Tu fuis la difficulté : temps et espace sont-ils ici covariants (voie des mots ) ou contravariants (voie des choses )? Sommes-nous dans les "conditions a priori de la connaissance" de Kant ?

"La distinction des actes de pensée n’est pas une adaptation de la théorie des opérations de l’intellect, c’est une élaboration nouvelle qui porte sur deux manières d’appréhender les choses :

  • soit en elles-mêmes, indépendamment de toute caractérisation accidentelle extrinsèque – les rapports de temps et de localisation, dont parlait Avicenne à propos de l’abstraction effectuée par l’imagination –,
  • soit en situation, c’est-à-dire telles qu’elles se présentent ici et maintenant." p.407

- Tu t'es fait peur pour rien ! À aucun moment il ne s'agit de "faire des expériences" contravariantes, nous restons toujours dans la voie des mots .

- Oui, effectivement.

  1. Pour l'appréhension des "choses en elles-mêmes", pas de problème : nous sommes sur le trajet d'Aristote, R, et l'on part de "l'essence" avec la jonction ♡/ à la source de la réflexion.
  2. Pour l'objet "en situation", je te propose de le comprendre comme "partir de "l'existence", sur la voie d'Avicenne R, avec la jonction ♧/.

- Un petit schéma serait bienvenu !

Horreur : j'ai perdu la fin du texte !


Le 13/ 02/ 2026 :

- À quelque chose malheur est bon : je vais faire plus court en me remémorant le parcours.

Rétrospectivement, il apparaît que je n'avais pas tout de suite compris l'importance de la discussion concernant le vide, d'où ma difficulté à situer l'être dont parlait Alain de Libera. J'avais donc scanné le livre pour comprendre ce qui m'échappait. La réponse de Perplexity fut longue et circonstanciée (voir lien), et je te propose d'en retenir ceci :

— 🤖 : [...]
Matthieu d’Aquasparta :

  • Reprise de l’indifférence de l’essence à l’être et au non-être pour rendre possible la pensée du non-existant ;
  • «Être» s’oppose au néant au niveau de l’objectivité de la pensée, non au niveau d’une existence factuelle : ce qui «est» au sens de «pouvant être objet de quiddité», même sans être actuellement.

À cette lecture, j'ai pris conscience de l'importance de la Note 3, rédigée à la va-vite la veille au soir en sortant de ma douche, pour épingler une pensée fugace avant qu'elle s'évapore.

L'être et le non-être sont ici en ♢.

- Précise un peu car le lecteur lui, n'a pas suivi l'histoire.

- Reprenons la métaphore du singleton en théorie des Ensembles :

L'ensemble vide { }  est ce qui reste lorsque l'on retire l'élément "*" du singleton {*}

Nous sommes bel et bien au "niveau de l'objectivité de la pensée", et l'être comme le non-être apparaissent comme des potentialités liées à une structure (dans l'exemple une structure d'Ensemble, définie par le choix des axiomes de Peano".

- En filant la métaphore, le choix de cette structure, renvoie à un choix général du type 𓁝♡𓁜 ?

- Très précisément, et ce geste n'est plus Aristotélicien. Reprenons où nous en étions :

  1. Pour l'appréhension des "choses en elles-mêmes", pas de problème : nous sommes sur le trajet d'Aristote, R, et l'on part de "l'essence" avec la jonction ♡/ à la source de la réflexion.
  2. Pour l'objet "en situation", je te propose de le comprendre comme "partir de "l'existence", sur la voie d'Avicenne R, avec la jonction ♧/.

Ce que l'on peut schématiser ainsi :

Matthieu d’Aquasparta/ Aristote
    essence
species express species impress
quiddité   sensible

 

Matthieu d’Aquasparta/ Avicenne
     
{*}/{ }  
    existence

Je ne l'indique pas sur les schémas, mais la table est dressée pour y installer un être transcendant, convoqué en ♡.

- Explique ?

- Le choix 𓁝♡𓁜 suppose antérieurement le passage ♡𓁜𓁝♡ et d'où peut venir cette "totalité" ♡𓁜 ?

- D'au-delà de l'Imaginaire, sans doute, c.-à-d. 𓁝∅𓁜 ?

- Tu vois quand tu veux; ce n'est pas si difficile d'aller chercher "l'être transcendantal" ! Mais nous n'en sommes pas là. Matthieu organise la partie de façon

Le 13/ 02/ 2026 :

- À quelque chose malheur est bon : je vais faire plus court en me remémorant le parcours.

Rétrospectivement, il apparaît que je n'avais pas tout de suite compris l'importance de la discussion concernant le vide, d'où ma difficulté à situer l'être dont parlait Alain de Libera. J'avais donc scanné le livre pour comprendre ce qui m'échappait. La réponse de Perplexity fut longue et circonstanciée (voir lien), et je te propose d'en retenir ceci :

— 🤖 : [...]
Matthieu d’Aquasparta :

  • Reprise de l’indifférence de l’essence à l’être et au non-être pour rendre possible la pensée du non-existant ;
  • «Être» s’oppose au néant au niveau de l’objectivité de la pensée, non au niveau d’une existence factuelle : ce qui «est» au sens de «pouvant être objet de quiddité», même sans être actuellement.

À cette lecture, j'ai pris conscience de l'importance de la Note 3, rédigée à la va vite la veille au soir en sortant de ma douche, pour épingler une pensée fugace avant qu'elle s'évapore.

L'être et le non-être sont ici en ♢.

- Précise un peu car le lecteur lui, n'a pas suivi l'histoire.

- Reprenons la métaphore du singleton en théorie des Ensembles :

L'ensemble vide { }  est ce qui reste lorsque l'on retire l'élément "*" du singleton {*}

Nous sommes bel et bien au "niveau de l'objectivité de la pensée", et l'être comme le non-être apparaissent comme des potentialités liées à une structure (dans l'exemple une structure d'Ensemble, définie par le choix des axiomes de Peano".

- En filant la métaphore, le choix de cette structure, renvoie à un choix général du type 𓁝♡𓁜 ?

- Très précisément, et ce geste n'est plus Aristotélicien. Reprenons où nous en étions :

  1. Pour l'appréhension des "choses en elles-mêmes", pas de problème : nous sommes sur le trajet d'Aristote, R, et l'on part de "l'essence" avec la jonction ♡/ à la source de la réflexion.
  2. Pour l'objet "en situation", je te propose de le comprendre comme "partir de "l'existence", sur la voie d'Avicenne R, avec la jonction ♧/.

Ce que l'on peut schématiser ainsi :

Matthieu d’Aquasparta/ Aristote
    essence
species express species impress
quiddité   sensible

 

Matthieu d’Aquasparta/ Avicenne
     
{*}/{ }  
    existence

Je ne l'indique pas sur les schémas, mais la table est dressée pour y installer un être transcendant, convoqué en ♡.

- Explique ?

- Le choix 𓁝♡𓁜 suppose antérieurement le passage ♡𓁜𓁝♡ et d'où peut venir cette "totalité" ♡𓁜 ?

- D'au-delà de l'Imaginaire, sans doute, c.-à-d. 𓁝∅𓁜 ?

- Tu vois quand tu veux; ce n'est pas si difficile d'aller chercher "l'être transcendantal" ! Mais nous n'en sommes pas là. Matthieu organise la partie de façon à ce qu'un "jeu syntaxique" pur de «combinaisons et compositions», par exemple la maison heptagonale d'Avicenne, puisse être ou ne pas être, telle est la question ♢𓁜𓁝♡. (Note 4)

- Il s'agit d'une révolution !

- C'est ce que dit Alain de Libera, et nous pouvons comme tu le vois en pressentir les développements. Ceci dit, il est temps d'embrayer sur le texte.

"Transposée au niveau du problème de la connaissance, la distinction des deux types d’acte de pensée ouvre ainsi sur une nouvelle manière de concevoir le rapport de la pensée à l’existence du point de vue de la vérité antéprédicative, c’est-à-dire la vérité de la chose, dont parle Augustin, par rapport à la vérité prédicative, celle de la proposition, dont parle Aristote. À la question de savoir si l’existence est nécessairement requise pour connaître une chose on peut faire deux réponses distinctes.
Si l’on parle de l’opération ou du mode de penser grâce auquel une chose est saisie dans des circonstances temporelles déterminées, l’existence de la chose relativement aux conditions temporelles spécifiées est nécessairement requise" p. 407

C'est ici que je vais ramasser mon texte perdu grâce à notre mise au point préliminaire :

  • / — Vérité antéprédicative : c'est la saisie intellectuelle immédiate de la quiddité de la chose en ♧ , dont nous avons connaissance en ♡, schéma d'Aristote;
  • 𓁝♡𓁜— Vérité prédicative : ce qui est articulé en ♢ est.

Maintenant, si l'on parle d'une chose "existant" en  ♧ au sens d'Avicenne, avant qu'elle tire l'attention par ♧/, il faut, concrètement qu'elle soit "là", hic et nunc.

Ce qui pose immédiatement une question relative au temps : quid d'un souvenir ou d'une prédiction, quand l'idée de Matthieu est que la pensée est dans l'instant ?

- Je présume qu'il y a un "stockage" des images, pour reconstruire le passé et des causes, pour prédiquer l'avenir ?

- Voilà, en gros, une fois que tu eu l'intuition d'une "quiddité", elle reste à disposition en ♢. C'est le pendant, manipulable ce dernier, des fantasma en ♢.

- Un jeu entre conscient et inconscient ?

- Ah ! Excellente question, qui reviendra sans doute à son heure, mais pour l'instant hors sujet.

"En insistant, comme il le fait, sur le présent, Matthieu vise à rattacher à l’acte de connaissance intellectuel au présent, non à la mémoire ou à l’imagination, la saisie des choses singulières dans leur être spatio-temporellement déterminé. Il entame ainsi non seulement la réflexion sur la connaissance intellectuelle qui va occuper le devant de la scène théorique durant tout le XIVe siècle, mais il amorce, du même coup, la distinction qui va l’instrumenter : celle de la connaissance abstractive et de la connaissance «concrète», que les générations ultérieures reprendront plus volontiers sous le titre de connaissance «intuitive»." p. 410

- Cette connaissance "concrète", et le terme est très significatif, c'est l'appréhension direct et consciente de l'objet ♧/: Archimède s'écriant Eurekâ en maillant de son bain.

- Pourquoi conscient ? 

- Parce qu'il trouve ensuite les mots pour le dire : "un corps plongé dans un liquide déplace un volume d'eau égal à son volume" —la cochaine des possibles note 4— lui permettant ainsi répondre à la question de Hiéron (ici).

- Pourquoi "concrète" ?

- Parce que l'objet "existant" est réel : pour être imaginable, il "existe", sorti du réel (Note 5).

- Et la connaissance abstractive ?

- Il n'est plus question ici de l'abstraction aristotélicienne de niveau [♻], mais bel et bien de connaissance intellectuelle de niveau [⚤].

- Sans doute, mais en quoi pouvons-nous parler "d'abstraction".

- Je te propose une représentation du mécanisme cadrant a posteriori avec la cohomologie.

- Tu dénatures la démarche archéologique.

- Non, je cherche à prendre conscience de la longue maturation qui conduit jusqu'à nous. Prends-le en 2 temps :

  1. : L'exercice de la syntaxe sur des "quiddités" déjà appréhendées, permettant de construire la phrase "maison+heptagonale";
  2. : L'exercice du jugement, à partir de l'existant pour former un prédicat : "(maison+heptagonale) n'existe pas".

Dans ce schéma :

  1. L'activité intellectuelle est toujours dans l'instant;
  2. Elle s'exerce sur :
    1. des "causes" existantes en ♡ :
      "... des Confessions, Matthieu souligne que, quand on déclare «voir des choses futures, ce que l’on voit, ce ne sont pas les choses elles-mêmes, qui ne sont pas encore, mais leurs causes ou les signes qui les annoncent et qui, les uns et les autres, existent déjà». Ce ne sont donc jamais des futurs, mais toujours des présents qui s’offrent à la perception de ceux qui, par exemple, prévoient un événement naturel ordinaire." p.410
    2. des "représentations" acquises par le Sujet en ♧:
      "Comme l’écrit, là encore, Augustin : «Mon enfance, qui n’est plus, est dans un passé qui lui aussi s’est enfui, mais quand je l’évoque et la raconte, c’est dans le présent que je perçois son image, car elle est encore dans ma mémoire" p. 410

"La liaison avec l’existence, incontournable pour l’acte de connaissance orienté vers la chose prise dans sa réalité spatio-temporelle singulière, n’a pas cours pour la pensée qui résulte de «l’opération simple, pure et absolue par laquelle l’esprit appréhende et conçoit la quiddité absolue des choses »." p. 411

L'opération simple pure et absolue en question est bien entendu ♡/, dont nous venons de parler ce matin.

- On s'arrête donc à ♢, sur un chemin purement aristotélicien ?

- Sauf en ce qui concerne l'existence., Nous l'avons déjà schématisé :

Matthieu d’Aquasparta/ Aristote
    essence
species express ↑↓ species impress
quiddité   sensible

Tu vois immédiatement que dans le passage ♢/, il n'est aucunement question de l'existence de l'objet sensible en ♧. C'est ce que Matthieu va démontrer à l'aide de 3 arguments. Passons-les en revue, histoire de vérifier notre propre représentation.

"Matthieu fonde sa thèse sur trois raisons découlant :

  • a/ de la nature de la quiddité ;
  • b/ de celle des espèces intelligibles ;
  • c/ de celle de la pensée." p. 411

Pour faire court (je fatigue)

  • a/ La quiddité est acquise à partir de l'essence et non de l'existence (Avicenne) :
    => ♡/;
  • b/ De l'espèce "impress" à l'espèce "express", en aucune partie du chemin il n'est question d'existence, mais seulement de l'intellection en "quiddité" de l'essence :
    => ♢/;
  • c/ La pensée implique, et c'est l'apport original de Matthieu, la compréhension en  ♢⚤ de l'existence, par la voie d'Avicenne :
    "L’argument c repose sur la capacité que la pensée a de faire abstraction de tout ce qui n’est pas la chose même. Ce pouvoir d’abstraction n’a plus rien à voir avec l’induction abstractive qu’Aristote situait au terme d’un long processus de recoupements et de recouvrements imaginaires. C’est un mode de connaissance qui est d’emblée abstrait." p. 412
    => ♧/.

Avec, je m'en rends compte, un double sens au mot "abstrait", et sans doute une surdétermination de ma part du concept initial :

  • De façon immédiate : connaissance "abstraite" au sens où le niveau [⚤], celui du discours, voire du "flatus Voice" n'est pas lié au "concret";
  • D'une façon plus "moderne" : le prédicat compris comme un choix (une abstraction ou actualisation d'une proposition), parmi une potentialité construite à l'aide d'une syntaxe. Le jugement existe/ n'existe pas étant le modèle minimal d'un choix parmi 2 éventualités.

Le point essentiel étant que la pensée s'exerce sur des représentations, au niveau [⚤].

- Il y a une rotation de la topologie depuis Platon ?

- C'était déjà implicite dans la distinction "de rem"—[⚤]/[♻]—"en re", mais là, oui, c'est assumé : on s'émancipe totalement de Platon pour lier le domaine des idées au domaine du sensible.

  Platon   Scolastique XIVe  
monde des idées [⚤]  [♻]     essence
  ↑↓    
monde sensible [⚤] [♻]     existant
  multiple   Un   de rem   en re  

 

"Pour achever la théorie philosophique de la connaissance entamée par la question de la possibilité de penser «ce qui n’est pas», Matthieu aborde le dernier problème qui lui reste à traiter : celui de l’objectivité d’une pensée orientée vers un non- existant." p. 413

 - Matthieu amorce sa réflexion en partant de la conception aristotélicienne du "mouvement" et de l'actualisation comme d'un "arrêt" parmi des états "potentiels":

"Reprenant la formule aristotélicienne de la pensée comme procédant «par repos et arrêt», il se demande quel peut être l’objet d’une pensée du non-existant si la pensée «ne peut se fixer ni s’arrêter dans aucune chose»" p. 413

- Tu penses à Diderot ?

- Bien sûr ! «Je crois que vous avez dit quelque part, et avec raison, que le véritable état de stabilité pour nous n’est pas celui dans lequel nous n’avons jamais vacillé, mais celui auquel nous sommes le plus habituellement revenus.» (ici)

- Tu ne t'attends pas vraiment à ce genre de discours ?

- Non, mais sa question est profonde et reste d'actualité. Voyons sa réponse :

"Lorsque la pensée a en elle l’espèce de la quiddité d’homme ou de n’importe quelle quiddité, «cette espèce ne lui présente pas cette quiddité comme une chose qui est ou n’est pas en acte, elle la lui représente absolument». Pour Matthieu, c’est sur ce pouvoir de représentation pure, abstraite, de l’espèce intelligible, non sur la perception sensible directe du singulier, que se fonde la possibilité d’une connaissance conceptuelle objective : «C’est à partir de cette saisie simple que la pensée se forme pour elle-même un certain concept et qu’elle pense absolument la quiddité d’homme ou de n’importe quelle autre chose», et non pas «à partir de la perception de son existence ou de sa non-existence»." p. 414

- Autrement dit c'est le chemin déjà repéré ♢/ qu'il réaffirme ici.

- Oui, tout de reste, nous l'avons déjà passé en revue.

- Effectivement : ta réécriture, en s'appesantissant sur la définition de l'existant et de l'être, allège la charge cognitive ! Nous pouvons enfin passer à Duns Scot !

-Amen

Hari

Note 1 :

Autre hypothèse :

  • Le "simple vrai" (verrum) sensible et expérimental :
    => dans la montée ♢;
  • La "vérité pure" (sincera veritas):
    => dans la montée  ♢.

Autre hypothèse :

  • La "vérité pure" (sincera veritas):
    => une illumination 𓁝∅𓁜
  • Le "simple vrai" (verrum) sensible et expérimental : soit 
    • => dans la montée ♢.

À vérifier dans la suite du texte.

Note 2 :

- À ceci près que Henri était en [⚤]. Nous parlions tantôt de "symptôme", et c'est exactement ce qui se passe ici : Henri fait passer l'espèce de ♢ à ♢ , avec une difficulté qui le pousse à reprendre l'existence d'Avicenne, et Matthieu repasse par derrière, en ramenant la connaissance à son niveau d'origine [♻].

Automatisme de répétition, mais je ne vais pas le souligner à chaque au risque d'être pour le coup très répétitif !

Note 3 :

- À noter que cette façon d'aborder le vide relatif, est parfaitement en accord avec une approche de niveau ♢, et en particulier la théorie des Ensembles. Par exemple l'ensemble vide { }  est ce qui reste lorsque l'on retire l'élément "*" du singleton {*}.

Cet ensemble vide { } n'a plus de "substance" —puisque privé d'élément- cependant, il reste doté de la structure d'ensemble.

Il faut attendre la théorie des Catégories pour associer à l'objet initial, vide, une "propriété universelle", qui forme un duo avec celle attachée à l'objet final, que nous avons vu comme la traduction en langage catégorique d'une différence plus fondamentale entre les deux postures du Sujet 𓁝𓁜.

  • Sujet vis à vis de l'objet initial : 𓁝[∅];
  • Sujet vis à vis de l'objet final : [∃]𓁜.

Note 4 :

Autrement dit : nous voyons ici la même structure que dans la cohomologie, cela n'aura échappé à personne :

  • 𓁝♡𓁜 : choix d'une algèbre,
  • 𓁜𓁝♢ : passage d'élément à partie d'une structure algébrique;
  • En 𓁝♢𓁜 : expression de cochaines (contraintes sur les possibles) mais dans une voie contravariente , qui sort du cadre où nous demeurons .

Note 5 :

- Il ne t'échapperas pas, cher Padawan, que le prolongement de ♧/, aux bords de l'Imaginaire donne ceci :

  • L'existence tirée du Réel 𓁜
  • L'être transcendantal condition de saisie : 𓁝∅𓁜
  • Avec un bouclage hors Imaginaire entre Réel et Symbolique, marqué par un changement de posture du Sujet : 𓁜𓁝

- Sauf que pour nous l'ouverture :

  • Sur le réel est en [∃][⚤]𓁜;
  • Sur le Symbolique est en 𓁝[∅].

- Oui : le point important est que jusqu'à la mécanique quantique on postule que l'objet "existe" en [♻], alors qu'aujourd'hui c'est un "observable" potentiel. L'existence étant dans le mouvement actuel—[⚤][♻]potentiel  impensable à l'époque.

- Source d'un énorme erreur d'interprétation de la démarche d'Avicenne de ta part !

- Ne remue pas le couteau dans la plaie, please.

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