3 Février 2026
Le 03/ 02/ 2026 :
- Nous voici revenus au texte qui m'avait fait prendre conscience de mon erreur d'interprétation de la théorie d'Avicenne.
- À peine quinze jours...
- Qui m'ont paru une éternité, à reprendre tout depuis Aristote. Ceci dit, en relisant le résumé ci-dessous, j'ai ri de constater combien mon erreur était évidente et comment je serais passé pour un imbécile aux yeux d'un lecteur ayant les moindres lueurs sur le sujet...
|
5. La scolastique latine du XIIIe siècle |
|
Présentation de la doctrine modiste des intentions La doctrine modiste des intentions articule systématiquement ontologie, cognition et langage à partir de la distinction entre intentions premières et secondes, et du parallélisme entre modi essendi, modi intelligendi et modi significandi. Cadre général des intentions Les Modistae définissent
Historiquement, cette distinction prolonge la logique avicennienne (intention seconde comme objet propre de la logique) et la tradition des «noms de première et de seconde imposition» (noms de choses / noms de noms). Intentions et statut logique Au XIIIᵉ siècle, la logique est définie comme science des intentions secondes en tant qu’elles s’appliquent aux premières. Roger Bacon, par exemple, distingue des noms de première intention, qui signifient des choses extramentales, et des noms de seconde intention, qui ne signifient pas des choses mais des «raisons» sous lesquelles l’intellect subordonne les choses, et qui n’entrent dans aucune catégorie réelle (elles ont un être «dans l’âme»). Virage modiste : intentions et modes d’être Chez les Modistae, les intentions sont des entia rationis fondées sur des modes d’être des choses (entia rationis fundata super modos essendi). La grammaire analyse les modi significandi des mots, la logique les intentions premières et secondes, mais les deux séries sont parallèles, parce qu’elles renvoient toutes deux aux modi essendi :
Occam et la réduction des intentions Occam redéfinit l’intention comme concept mental-signe :
Toutes les intentions sont alors des qualités réelles de l’intellect (entia realia) prises comme signes ; la distinction première/seconde est logique et référentielle, non plus ontologique au sens fort. Simon de Faversham : intentions et opérations de l’esprit Simon de Faversham systématise le lien entre intentions et trois opérations de l’intellect (appréhension des simples, composition/division, raisonnement) en distinguant :
Paronymie, concret/abstrait et intention Simon met en parallèle la signification des paronymes d’accidents (blanc / blancheur) et celle des intentions secondes :
Le genre est ainsi un ens respectivum, intention seconde causée par l’intellect, appliquée à une chose intelligée et dénotant une nature essentielle dans ses sujets spécifiquement distincts. Raoul le Breton : triade res / intentio concreta / intentio abstracta Raoul le Breton radicalise cette structure en une triade :
Toute connaissance dénomme son objet comme l’accident abstrait dénomme son sujet ; l’intention seconde (universel) se divise, elle aussi en abstraite (connaissance de la nature comme commune à plusieurs) et concrète (universel comme «chose ainsi connue», prédicable de plusieurs). La paronymie devient ainsi le schème général de l’onto‑sémantique intentionnelle : l’intention abstraite n’est pas prédicable «en tant que telle», seule l’intention concrète (universel) est prédicable. Intentionalité comme orientation et statut ontologique Les Modistae conçoivent l’intentionnalité comme orientation de l’intellect vers la chose (tendere in rem), ce qui permet de dépasser le simple modèle aristotélicien de la «similitude» (species comme image passive) en introduisant un mouvement actif vers l’objet. Raoul distingue alors
en précisant que la logique ne les considère pas comme réalités, mais seulement en tant qu’elles dénomment leurs objets. Synthèse modiste Au total, la doctrine modiste des intentions :
|
(y)- En préambule, je dois préciser comment notre représentation du Sujet 𓁝𓁜 se déplace sur le cross cap (voir "syntaxe de l'entropologie"). Attention, l'écriture dépend de la voie (selon la voie ⇅ ou ⇆) suivie.
- Pourquoi ces rappels ?
- Parce que notre représentation du Sujet 𓁝𓁜 est fondamentalement "topologique" (sur les deux voies ⇅ & ⇆), et que je vais l'utiliser pour représenter une pensée qui, étant linéaire et unipolaire (un seul principe Unitaire), ne se représente pas elle-même en ces termes :
Cette mise au point étant fait, revenons à Avicenne (cf. ici dans #28 Bis) et à son "intention universalis" en ♡⚤ :
"L’universel n’est ni un faisceau d’impressions sensibles lié dans l’imagination et conservé dans la mémoire, ni un simple terme ou nom «collectif». Pour définir ce qu’est l’universel, Avicenne utilise un terme qui, à travers sa traduction latine, va marquer en profondeur toute l’histoire de la philosophie : l’universel est une «intention». Le mot «intention», en Latin intentio, qui rend les termes arabes ma «qûl et ma «nâ (pensée, mais aussi idée et signification), est généralement considéré comme un synonyme de concept." p. 228
À partir de cette "intention universalis", il vient immédiatement :
La nature selon Thomas d'Aquin
Maintenant, nous avons vu que Thomas introduit en [♻] une "nature" qui se décline, elle aussi, sur nos 3 modes (cf. "l'appréhension des quiddités") :
"...Il s'agirait donc, pour Thomas, de distinguer l'essence en fonction du mode (puisqu'elle se retrouve également dans "l'être" en ♧♻, dans un mouvement descendant par la Grâce de Dieu Trinitaire; ce qui permet de retrouver sa terminologie :
Toute la problématique étant de passer de l'une à l'autre :
Le hiatus :
1/ Les deux démarches, d'Aristote ↺/ ↻ et d'Avicenne ↻/↺ sont "bouclées" sur notre cross cap Imaginaire, c.-à-d. qu'elles permettent, chacune à sa manière, de développer une représentation cohérente du monde (le Sujet tourne en boucle dans son Imaginaire comme un hamster dans sa cage) ;
2/ Thomas mixte les deux approches tout en récusant le fondement purement transcendent du cheminement d'Avicenne (i.e;: le donateur de formes, qui explique la similitude des points hauts (la théorie des deux sujets en ♡♻& ♡⚤), rappelant (superficiellement) le premier tronçon ↺ du chemin de Platon soit [⚤]♡←[♻]♡.
- Mais l'intention est clairement d'Avicenne ↺ ?
- Oui, maintenant, il y a un embarras dans la conception de l'objet qui mélange abstraction ↺ et information d'une essence indifférente ↻..
- Il dégage en touche avec l'ontologie trinitaire, non ?
- C'est une hypothèse à vérifier. Nous avions vu ici chez Thomas ce fondement ontologie du sujet sensible, en ♡⚤ ; là où Avicenne posait son "existence" :
- Je te propose un rapprochement simple : "l'homme est à l'image de Dieu"...
- Et donc ?
- Il faut qu'il "soit" !
| Credo | ♡⚤ | ♡♻ | Père | ≡ Âme | ||
| ↑ | ⇙ | ↑ | ||||
| Image ≡ | Fils Art |
♧⚤ | ♧♻ | Esprit être |
≡ corps |
Ce qui permet à Thomas de voir de l'ontologie partout :
- D'après ton interprétation ça a l'aire te tenir : il serait purement en R↑ ?
- Ça ressemble malgré tout à un bricolage cherchant à :
- Je pense qu'il est temps d'aller voir de près ce qu'il en est advenu chez les Modistes.
|
LA DOCTRINE MODISTE DES INTENTIONS
|
- L'auteur commence par retracer l'historique des intentions sur laquelle je ne m'étends pas, pour arriver à un distinguo introduit par les scolastiques entre les intentions et les "suppositions", sans doute lié à leur façon de structurer les "disputes" et de former des syllogismes.
"La distinction des «suppositions» n’est que partiellement liée à la problématique des intentiones. Elle a ainsi un développement autonome : théorie des suppositions et théorie des intentions couvrent des domaines aussi distincts que le sont originairement les problèmes de référence et de signification." p. 364
Nous l'avons vu en introduction : la différence tient au sens de parcours. Dans la voie des mots ⇅ (qui seule nous occupe ici ) :
Ceci sera d'importance lorsque nous arriverons à Occam, et je te propose de garder cette perspective en tête, sans nous y attarder pour l'instant. Ce qui nous importe ici, c'est que l'histoire va tendre à limiter l'intention au seul niveau [⚤].
- Pourquoi nous parler ici d'Occam ?
- À cause de la réflexion suivante de l'auteur :
"Si, comme l’affirme Occam, les «intentions» sont des «entités mentales qui, de nature, signifient quelque chose» (entia in anima nata significare aliquid), on peut effectivement se demander si ce ne sont pas de pures «fictions» (figmenta), de simples «êtres de raison» [ce que nous venons de voir]
en ce cas, il n’y a aucune distinction réelle entre premières et secondes intentions, concepts de choses et concepts de concepts),
mais comme, en tant qu’actes d’intellection, on ne peut pas ne pas leur attribuer un certain mode d’être spécifique, dès la fin du XIIIe siècle, l’habitude est prise de s’interroger sur le statut ontologique des intentions, spécialement des intentions secondes : «Sont-elles quelque chose ou rien ?», ce qui, du même coup, détermine une étape spécifique dans l’histoire des universaux." p. 365
J'ai sans doute surdéterminé le discours en distinguant les intentions premières et secondes au niveau [⚤] (voir ci-dessus).
- Tu parles des intentions premières que tu représentais par 𓁝♡⚤↓♧⚤𓁜 ?
- Oui : il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas encore de théorie d'un "signe" aussi nettement séparé de l'objet. Ici, a priori, le "concept" est pris pour "universel simple", que nous avions placé chez Aristote sur ce schéma :
| Prédicat | ♡⚤ | ♡♻ | actuel | |
| universel composé | ♢⚤↑ | ⇙ | ↑ ♢♻ | |
| universel simple | ♧⚤ | ♧♻ | potentiel |
Mais chez Avicenne, nous avons vu un renversement de perspective :
| intention d'universalité | ♡⚤ | ♡♻ | essence | |
| universel composé | ♢⚤↓ | ⇖ | ↓♢♻ | |
| universel simple | ♧⚤ | ♧♻ | existence |
- Et la question est : où sommes-nous ?
- Exactement. À la lecture d'Alain de Libera, il me semble que la distinction se fasse ici, selon une grille de lecture aristotélicienne:
| ♡♻ | intellect agent | |
| intentions secondes | ↑ | actualisation |
| ♢♻ | phantasma intellect potentiel |
|
| intentions premières | ↑ | abstraction de la forme |
| ♧♻ | potentiel |
- Ça semble cohérent avec l'intention de Thomas d'une démarche aristotélicienne et "Reale", et tu as une congruence entre les niveaux [⚤] et [♻] :
| ♡⚤ | ♡♻ | |
| ↑ | intentions secondes | ↑ |
| ♢⚤ | ♢♻ | |
| ↑ | intentions premières | ↑ |
| ♧⚤ | ♧♻ |
- Sans doute, mais vois-tu de quelle façon, l'intention d'Avicenne a été retournée ?
- OK, et donc, Occam va de nouveau retourner la situation, pour limiter l'intention au niveau [⚤]?
- C'est en tout cas ce que nous pouvons imaginer à ce moment de notre lecture. Poursuivons.
Genèse des théories médiévales de l’intentionnalité
"Ce cadre général posé, l’évolution de la problématique des intentiones se déroule principalement au niveau de la définition de l’objet de la logique. C’est à l’époque des Summulae dialectices de Roger Bacon (vers 1250) que la définition avicennienne de la logique («le sujet de la logique, ce sont les intentions secondes en tant qu’appliquées aux intentions premières») fait son entrée." p. 366
- J'avoue avoir eu du mal à situer la logique en ♢♻ (note 1), mais bon, il faut savoir s'adapter.
- Remarque que cet effort pour tordre tes habitudes rend tout de suite le discours plus cohérent : dans une approche Reale, les intentions sont de niveau [♻], comme la logique♻ qui permet d'articuler les concepts seconds (tirés des fantasma) à partir des concepts premiers.
- Toujours est-il que le grand sujet à la mode sera de distinguer grammaire et logique :
Et donc, en premier de définir l'objet de la logique :
"Au XIIIe siècle, la détermination de l’objet de la logique, véritable lieu commun épistémologique, se fait en trois directions :
(x)- C'est différent de ce que tu avais écrit ?
- Effectivement : considère que la discussion bat son plein à l'époque et que les concepts cherchent leur place. En l'occurrence tu peux considérer que l'intention seconde que j'avais placée en ♡♻, se trouve immédiatement "nommée" dans la jointure ♡♻/♧⚤, (dans une approche R↑) pour être l'objet de la grammaire en ♢⚤.
Cette triple distinction, qui suppose l’entrée du corpus aristotélico-avicennien, a un invariant : quel que soit l’aspect considéré, l’objet de la logique reste constitué par les intentions secondes." p. 366
- Au point c/ j'ai eu un moment de flottement en pensant que si la physique était de niveau [♻], la métaphysique devait être de niveau [⚤]. C'était oublier que l'ontologie baigne la physique comme la métaphysique (Note 2). Plus sérieusement :
- Je note qu'inconsciemment tu parles des intentions dans un mouvement ↑, alors qu'en introduction tu en parlais comme de l'intuition du Sujet, en mode ♡↓ ?
- Effectivement, il y a ici superposition de concepts qui furent définis dans des contextes différents. En distinguant physique & métaphysique, il est assez naturel de se retrouver dans les pas d'Aristote...
Le 05/ 02/ 2026 :
- En relisant mon texte sur l'objet de la logique, j'ai ajouté un petit commentaire (cf. (x)), que la suite commande de développer.
Roger Bacon est complètement dans l'approche b/ et c/, mais le débat va évoluer vers a/ :
"En fait, comme les noms signifiant des choses, ce sont des expressions «catégorématiques» (i.e. qui signifient «par elles-mêmes»). La différence entre les intentions réside uniquement dans le fait que les universels logiques ne sont d’aucune catégorie (non sunt in predicamento), bref «n’appartiennent pas au monde réel» et n’ont qu’un être purement intentionnel, un «être dans l’âme» (esse in anima). Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, la question du statut ontologique des intentions secondes se développe dans un contexte plus psychologique, en liaison avec la théorie des trois opérations de l’intellect." p. 367
Et ma petite note de ce matin va sans doute nous être utile pour suivre cette évolution.
- Un petit schéma ?
- Précisons le sens de la jointure ♡♻/♧⚤ en modifiant le schéma précédent de cette façon :
| Roger Bacon | ||||
| ♡⚤ | ♡♻ | intentions secondes | ||
| catégories | ↑♢⚤ | ⇙ | ↑♢♻ | intentions premières |
| Universaux | ♧⚤ | ♧♻ | ||
| Grammaire | <= | Logique | ||
Il y a fort à parier que la logique en [♻] chez Roger Bacon, va évoluer vers la grammaire, retrouvant ainsi ce qu'Avicenne avait développé à partir de l'intentio universalis, en ♡⚤ sur ↺.
- Avec une confusion entre les "intentions" des uns et des autres ...
Simon de Faversham :
La théorie des intentions et la distinction des trois opérations de l’esprit
"L’intention première n’est ainsi rien d’autre que l’intellection d’une chose dans ce qu’elle est, par exemple homme subsumé par un «concept essentiel» (sub intellectu essentiali) [i.e.: ♢♻↑♡♻]. C’est cette intellection essentielle de la réalité humaine, cette intuition de l’essence homme, qui est dite intentio prima. En revanche, l’intellection d’homme comme espèce [i.e.: ♧⚤↑♢⚤] ou définition est une intentio secunda. L’intuition de l’essence, identifiée par Simon à l’intention première, n’évoque pas d’emblée l’intuition de l’essence avicennienne dans son «indifférence» et sa séparation éidétique, mais plutôt ce qu’Aristote appelle l’«intellection des indivisibles»" p. 370
- Je crois que nous sommes ici à la charnière ♡♻/♧⚤ :
"De fait, Simon propose sa classification des intentions à partir d’une distinction des trois opérations de l’intellect précisément extrapolée d’Aristote (De an., III 6, 430a26-28) :
un topos que l’on trouve déjà dans la Lectura Tractatuum de Guilhem Arnaud, qui définit la première opération de l’intellect comme «appréhension des quiddités simples» [i.e.: en ♡♻]– et il distingue trois types d’intentions secondes («simples et incomplexes», «composées ou complexes» et «plus complexes») d’après cette même division.
Ce que l'on peut assez facilement, me semble-t-il situer de cette façon :
| Simon de Faversham | ||||
| intentions secondes | intentions premières | |||
| 3e type | ♡⚤ | ♡♻ | quiddités | |
| 2e type | ↑♢⚤ | ⇙ | ↑♢♻ | |
| 1er type | ♧⚤ | ♧♻ | ||
Paronymie et intentionnalité : la thèse des modistes
"Simon établit un parallélisme strict entre le problème de la signification des paronymes d’accident et celui de la signification des intentions secondes du premier type. Un nom d’accident signifie à la fois un sujet individuel (une res subiecta) et une forme accidentelle : le nom «blanc» détermine en même temps l’intellection de la blancheur comme forme accidentelle et celle de la chose qui «supporte cette forme»." p. 372
- Ici, Simon axiomatise le passage ♡♻/♧⚤ : le mot "blanc" en ♧⚤ implique l'existence d'une "chose qui supporte la forme" en-dessous de la quiddité en ♡♻; soit en ♢♻ (la blancheur) ou en ♧♻ (ce cheval blanc). (Note 3)
Maintenant, il semble qu'il y ait un glissement dans le sens de "l'intentionnalité" :
/image%2F0964014%2F20201119%2Fob_cffbb9_moebius.png)
- Tu veux dire que la paronymie implique un parallélisme entre la logique en ♢♻ et la grammaire en ♢⚤?
- Ce sont (localement) les deux faces d'une même position sur notre ruban de Moébius R↑. Vérifions-le :
«Par le genre animal, j’intellige une intention [il s'agit de l'intention de l'auteur en ♡⚤] et en même temps l’animal qui est la chose sujet de cette intention.» [i.e.: ♧♻]
Dès lors, la comparaison avec la signification [i.e.: en ♡⚤] des paronymes d’accident commande toute la doctrine de l’intention seconde du premier type [i.e.: ♧⚤↑♢⚤]
«Il est donc clair que par un genre logique [i.e.: ♢⚤] nous n’intelligeons rien d’autre qu’une intention seconde [i.e.: de niveau [⚤]] causée par l’intellect [i.e.: en ♡⚤], appliquée à une chose intelligée [i.e.: ♢⚤↑♡⚤] et dénotant [i.e.: ♡♻/♧⚤ ] une nature essentielle et quidditative [i.e.: ♡♻] relativement à des sujets formellement et spécifiquement distincts.[i.e.: ♧♻]» p. 372
- Hum, il y a plusieurs lectures possibles ! Tu places la logique en ♢⚤... Et puis l'intellect de Simon en [⚤] n'a plus rien à voir avec le duo intellect actif—♡♻/♢♻—passif des Parisiens !
- Oui, il faut vérifier dans le texte :
"Le genre est une intention seconde parce qu’il est un «être de raison», un «être logique». L’intention seconde est «causée par l’intellect», car son être est un être intentionnel et non pas un être réel." p. 372
Cette phrase n'a de sens qu'en situant les termes de "raison", "être de raison", "intellect" "être intentionnel" au niveau [⚤] , je pense que cela devrait lever tes doutes, non ?
- Soit, mais ça fait une sacrée évolution !
- C'est pour cela qu'il est important de bien prendre conscience de cette évolution marquant la séparation des mots et des choses, même si pour l'heure leurs voies sont encore parallèles et non orthogonales ! Et dès cette séparation, la voie des mots est subordonnée à l'intention de l'auteur ! (Note 4)
Être, intentionnalité et référence
"Concernant les différents types d’être, Simon distingue :
Cette distinction marque l’apogée de l’influence d’Avicenne sur la psychologie intentionnelle médiévale, notamment par la reprise de la notion controversée d’être d’essence." p. 373
- La controverse concernant l'être dans l'essence se comprend assez bien :
Donc il y a un télescopage entre l'être dans l'essence d'Avicenne et l'être dans le sujet des scolastiques.
- Mais ils se retrouvent sur l'être d'intention <=> intention universalis ?
- Oui, toute activité créatrice est essentiellement un bricolage de choses à portée de main. Ici on garde l'intention, et on oublie le "donateur de formes", avec en prime un rapprochement entre "intention" et supposition (cf. (y) en préambule).
"La réalité de l’universel est donc liée à sa «prédicabilité de plusieurs suppôts». Elle se définit par l’aptitude, au sens où, l’universel étant ce qui est «apte de nature à être prédiqué de plusieurs», il a une réalité de prédication. Le réalisme de Simon est celui de la prédicabilité de l’essence, qui fait d’elle un «universel réel de prédication» (universale reale predicationis) : une réalité qui n’est ni celle d’une chose ni celle d’une propriété dans les choses. La réalité de l’universel est d’être vérifiable d’autres réalités quant à «l’être de l’intention», pro esse intentionis." p. 374
Il y a là quelque chose d'intéressant à souligner : alors que l'on vient d'introduire la relativité du discours par rapport à l'intention de l'auteur, ce qui le rend "substantiel" c'est son universalité. Une "universalité déjà chez Avicenne, que l'on retrouvera chez Kant, et jusqu'à nos jours avec la propriété universelle, et le principe de conservation...
- L'auteur revient au fondement aristotélicien de la démarche, ce qui me donne l'occasion de reprendre mes petits schémas :
| Aristote | ||||
| ♡⚤ | ♡♻ | concepts | ||
| ↑♢⚤ | ⇙ | ↑♢♻ | ||
| sons vocaux | ♧⚤ | ♧♻ | choses | |
| Aristote | ||||
| ♡⚤ | ♡♻ | âme | ||
| ↑♢⚤ | ⇙ | ↑♢♻ | species | |
| ♧⚤ | ♧♻ | pierre | ||
- OK : toute la manoeuvre va donc consister à passer la hiérarchie choses/ species/ concepts du niveau [♻] (en re) au niveau [⚤] (de rem) et le concept devient signe ?
- Oui : avec l'ontologie en [♻] et l'intentionnalité en [⚤].
- À ceci près que chez Avicenne, l'intentionnalité part dans l'autre sens R↓?
- Bah oui...
- Et où est le symptôme de ce décalage ?
- En ♧⚤ naturellement :
- Cette inversion de sens ne te posait pas problème dans le schéma de Platon ?
| Platon | ||||
| monde des idées | [⚤] | ← | [♻] | Un |
| ⇗ | ||||
| monde sensible | [⚤] | ← | [♻] | |
- Parce que chez lui, il n'y avait pas de questions de ce type. Lorsque Socrate demande à Ménon s'il saurait dire en quoi les abeilles sont "semblables en tant qu'abeilles", il suffit qu'il réponde oui, pour que Socrate n'ait aucun doute qu'il le sache... Depuis Platon, la vérité n'est plus si sûre, et la casuistique, qui commence à se développer au sein de l'Église, a de beaux jours devant elle...
- Bref, le signe s'émancipe de son référé ?
- Michel Foucault nous rappelle malgré tout qu'à la Renaissance encore, la séparation n'est pas nette (voir le système de signatures).
- OK, et si tu avançais ?
"... Or le signe conceptuel aristotélicien est un invariant (il est «le même» chez tous les hommes), contrairement aux mots (qui varient d’une langue à l’autre), parce que, pour Aristote :
Pour Aristote, le concept est donc une similitudo rei. C’est cette similitudo que les «intentionnistes» s’efforcent de déconstruire en introduisant l’idée nouvelle de l’intentio rei comme présence intentionnelle de la chose même. La présence intentionnelle est destinée à éliminer la «forme-similitude » d’Aristote : l’invariance du concept ne tient pas à sa «ressemblance» avec la chose extérieure, mais à la possibilité pour l’âme de se rendre présentes les choses intentionnellement." p. 375
- J'ai eu un doute, vite levé (suivre le lien) concernant "l'intentio rei", parce que cela me paraissait trop facile, mais oui : il s'agit bien du pointage complémentaire ♡⚤/♧♻ !
| Modistes | ||||
| paronymie ⇙ | ||||
| intention | ♡⚤ | ♡♻ | concept | |
| imposito ↓ | ↑ | ⇘ | ↑ | ↑ similitido rei |
| mots | ♧⚤ | ♧♻ | sujet sensible | |
| intentio rei ⇘ | ||||
- En résumé : la paronymie ♡♻/♧⚤ appelle l'intentio rei ♡⚤/♧♻ pour boucler le circuit R↑ ?
- C'est un moyen efficace d'éliminer l'imposito ↓, en bouclant un parcours sans heurt en R↑.
Présence intentionnelle et objectité
"On retrouve donc chez eux [Les Modistes], portée à son maximum de systématicité, l’idée d’une détermination des intentions secondes comme caractérisation «transcendantale» des choses, réglée par le topos de la triple activité de l’intellect : «Ce sur quoi porte (Gegenstand) une intention seconde n’est pas un objet en soi (ein Objekt an sich), mais un objet considéré dans sa relation avec d’autres objets.» Pour faire face aux contraintes du modèle sémantique d’Aristote, et le dépasser, la doctrine de l’intention est ainsi complétée par une doctrine de l’imposition qui pose de manière nette l’idée d’un mouvement de l’intellect vers son objet." p. 376
- Je te laisse imaginer tous les développements philosophiques qui vont puiser à cette source ! Retenons pour l'heure :
Le 06/ 02/ 2026 :
Pierre d’Auvergne : l’intentionnalité comme orientation vers les choses
"Pour Pierre d’Auvergne, les noms sont imposés par l’intellect aux choses qu’il saisit par un acte d’intellection. Mais l’intellect a deux façons de s’orienter vers les choses (supra res ipsas intellectus duplicem habet motum).
Le thème de l’intentionnalité est donc ici intrinsèquement lié à celui de l’activité, ou mouvement (motus), par laquelle l’intellect s’oriente vers les choses." p. 377
- Cette dualité de mouvements semble conforter ce que nous avions déjà identifié :
| Pierre d'Auvergne | ||||||||||
| intention première | intention seconde | |||||||||
| paronymie ⇙ | paronymie ⇙ | |||||||||
| intellect | ♡⚤ | ♡♻ | nature quiddité |
intellect | ♡⚤ | ♡♻ | nature quiddité |
|||
| ↑ | ⇙ | ↑ | conditions | ↑ | ⇘ | ↑ | ||||
| mots | ♧⚤ | ♧♻ | sujet | mots universaux | ♧⚤ | ♧♻ | sujet | |||
| intentio rei ⇘ | intentio rei ⇘ | |||||||||
Le "mot universel" peut être vu comme la confirmation d'une proposition ♡⚤/♧♻, lorsqu'il "revint en place" après bouclage d'un tour de circuit i.e.: ♡♻/♧⚤.
Dans cette interprétation d'Aristote, l'intellect s'est dépassé de ♡♻("l’impression psychique, ou passio animae") vers ♡⚤, où il retrouve l'intentio universalis d'Avicenne; et :
Chez Pierre d'Auvergne le mouvement ♡⚤/♧♻, indique seulement une "orientation de l'auteur vers l'objet". La théorie évolue ensuite avec Duns Scot :
"C’est chez Duns Scot, Questions très subtiles sur la Métaphysique, VII, quest. 14, § 5, que la théorie trouve sa formulation complète, quand il affirme que «dans une puissance appréhensive, l’élément moteur n’a pas à être l’objet propre de cette puissance sous l’angle où il est moteur, mais l’objet sous l’angle où il termine ladite puissance », c’est-à-dire lui sert de terme, de pôle d’actualisation, de terminaison – ce qui revient à dire que «la puissance cognitive n’a pas tant à recevoir l’espèce de l’objet (recipere speciem obiecti) qu’à s’orienter vers lui par son activité» (tendere per actum suum in obiectum)." p. 378
Alain de Libera marque ainsi très fortement un retour à Avicenne avec une séparation radicale des deux Sujets ♡♻ et ♡⚤.
Raoul Le Breton : la structure de l’intentionnalité et la psychologie intentionnelle
"... il articule les distinctions courantes (celles de Simon de Faversham ou de Pierre d’Auvergne) en une véritable combinatoire où l’on retrouve le topos des trois opérations de l’intellect et la théorie sémantique des paronymes. Il peut ainsi faire jouer aux trois niveaux d’opération une même distinction entre l’abstrait et le concret, qui lui permet de résorber l’opposition triviale de l’intention [de niveau [⚤]] et de la chose.[de niveau [♻]] " p. 379
- En fait, nos schémas précédents ont un peu sur-déterminé les thèses de Pierre d'Auvergne, et nous revenons sur nos pas avec Raoul Le Breton pour construire le tableau final.
"il soutient que toute espèce de connaissance dénomme son objet comme les accidents abstraits dénomment leur sujet, c’est-à-dire concrètement : Et ita semper cognitio denomi- nat suum obiectum, sicut accidentia abstracta denominant suum subiectum." p. 380
Nous avons bien ici l'identification de nos deux niveaux [⚤] & [♻]; par ailleurs j'attire ton attention sur le terme "dénommer" son objet de discours, qui rappelle la posture 𓁜 se démarquant de la pensée mythique qui connote 𓁝 l'objet symbolique (cf. la forme canonique de Lévi-Strauss).
- Sauf que le passage d'Aristote en R↑ à Avicenne en R↓ devrait conduire à une inversion de sens, non ?
- C'est ce que la suite nous dira sans doute.
- Hum... il semble qu'encore une fois je sois trop conditionné par mon propre entendement, pour avoir eu une intuition correcte du bon déroulement de la pièce qui se joue.
- De quoi parles-tu ?
- Notre approche n'a rien à voir avec l'ontologie du Sujet 𓁝𓁜, alors qu'ici, nous sommes dans un parcours purement "Reale", qui nous est étrangère, avec un questionnement quand à la "nature". Je voulais juste souligner ce recul en discutant du cheminement des Modistes.
Une fois ceci bien présent à l'esprit, nous pouvons avancer sans nous perdre !
"La prima intentio in concreto est le couplage d’une res intenta et d’une prima intentio in abstracto. La nouveauté du programme «intentionniste» est manifeste dès cette définition. Une chose n’est pas dans l’âme, ni seulement sa représentation ou «similitude» : ce qui est «dans l’âme», c’est une intention première concrète. Cette correction n’est pas purement terminologique. Ce que veut dire Raoul, c’est qu’une chose est présente à l’âme
Je te propose cette interprétation, à discuter évidemment:
| Raoul Le Breton | ||||
| paronymie ⇙ | ||||
| primera intentio in concreto |
♡⚤ | ♡♻ | primera intentio in abstracto |
|
| ↑ | ⇘ | ↑ | ||
| ♧⚤ | ♧♻ | res intenta | ||
| intentio rei ⇘ | ||||
- Il y a un déplacement de l'âme, de réceptacle passif en ♡♻, à actif en ♡⚤?
- Oui et vois-tu l'implication ?
- On s'éloigne de la conception aristotélicienne du mouvement !
- Exact. L'intention première n'est plus dans le "sujet sensible" dont on perçoit le mouvement dont la "compréhension" nous arrive passivement par abstraction, mais dans l'oeil de l'observateur. Le circuit de l'intention se boucle par ♡♻/♧⚤, et ensuite la raison va manipuler des concepts...
- En rejoignant Avicenne : ♡⚤↓♧⚤ ?
- C'est ce que nous verrons.
"À cette première intention d’une chose s’oppose, au niveau même de la première opération de l’intellect, la connaissance d’homme «en tant qu’il est en plusieurs» (in pluribus). La connaissance d’homme «en tant qu’il est en plusieurs» est la connaissance d’homme comme «principe d’intellection d’une pluralité», c’est-à-dire d’homme en tant que «repérable en plusieurs» (reperibilis in pluribus). C’est une connaissance relative (respectiva), ou relationnelle (in habitudine ad aliud), une intention seconde qui dépend de la première opération de l’intellect." p. 380
- Là il faut comprendre que la montée ♧♻↑♡♻ passe évidemment par le palier ♢♻ auquel sont attachées le genre et d'espèce comme attributs de la forme extraite de la substance dans ♧♻↑♢♻(désolé si c'est un peu répétitif, mais j'ai besoin de m'approprier les concepts par leur répétition: j'apprends). Donc, la "connaissance en ♡♻ est par nécessité celle de l'homme "en tant qu'il est plusieurs".
- C'est un peu tiré par les cheveux : l'intention première serait individuelle et la seconde, découlant de celle-ci, serait universelle ?
- C'est du moins cohérent dans la démarche aristotélicienne... Et c'est grâce à cela que le bouclage ♡♻/♧⚤ peut de faire.
"Mais cette intention seconde se divise à son tour en abstraite et concrète. 1. Cf. J. Pinborg, «Radulphus Brito’s Sophism on Second Intentions », Vivarium, 13 (1975), p. 141.
Ce qui nous complète notre schéma : ♢
| Raoul Le Breton | ||||
| paronymie ⇙ | ||||
| primera intentio in concreto |
♡⚤ | ♡♻ | primera intentio in abstracto |
|
| secunda in abstracto |
♢⚤↑ | ⇘ | ↑♢♻ | secunda in concreto |
| ♧⚤ | ♧♻ | res intenta | ||
| intentio rei ⇘ | ||||
- "Et voici justement ce qui fait que votre fille est muette"...
- Oui, je sais, ce qui est "concret" s'obtient par "abstraction", et ce qui est dit abstrait est du domaine du pur langage... Il y a de quoi s'y perdre, mais nous assistons à mon sens à un moment important de la mue occidentale, et les efforts du papillon pour s'extraire de sa chrysalide sont considérables !
"Raoul réaffirme ainsi la systématicité du lien entre paronymie et intentionnalité : «Homme est une espèce» est une prédication paronymique (denominativa) au sens où, précisément, l’esse intellectum reste accidentel à la chose. L’universalité n’est prédicable qu’in concreto : «Quand je dis qu’“Homme est une espèce” je dis seulement que je saisis “homme” comme prédicable quidditativement de plusieurs numériquement distincts.»" p. 381
- Raoul Le Breton développe le parallèle entre les deux voies [⚤] et [♻] pour chacune des 3 opérations de l'intellect (nos 3 modes ♧ ♢ ♡) (cf. ci-dessus). Il articule donc un parallèle entre la grammaire en [⚤] et la "logique" en [♻]. L'une étant liée à l'autre grâce à un rapport paronymique. On peut retenir :
"La thèse générale est simple : de même qu’un accident réel «dénomme» son sujet de deux manières différentes selon qu’il est pris in concreto («blanc») ou in abstracto («blancheur»), de même les intentiones «dénomment» leur objet ou fondement de deux manières, selon qu’elles sont prises concrètement ou abstraitement." p. 383
- Bon, nous avons déjà fait le lien entre les deux sur nos schémas précédents. la suite traduit la difficulté conceptuelle de cette "co-signification".
"«Si l’intellect saisit une chose sous un certain concept, il n’y a pas d’inconvénient à poser qu’il coïntellige à la fois ce concept et le fait qu’il intellige la chose même.» Il faut ainsi distinguer intelliger et coïntelliger, et de même signifier et consignifier, car, si c’est bien «la chose qui est signifiée par le son vocal, le concept et la raison d’intellection, sous lesquels la chose est signifiée, sont consignifiés par le son vocal»." p. 385
"Ce que veut préserver Raoul, c’est le parallélisme du réel et de la pensée,
tout en écartant l’hypothèse d’une action directe du sensible sur l’âme. Mais, tout en introduisant la considération des modes chère aux modistes, il maintient la psychologie intentionnelle dans le cadre de la théorie averroïste de l’abstraction." p. 386
- C'est ce qui ressort de ce que nous avons déjà vu.
- Cela mène à quelques impasses !
"La théorie de l’intentionnalité comme orientation vers un objet [i.e.: ♡⚤/♧♻] est donc finalement contredite par la théorie de l’origine de l’universel, parce qu’elle s’exprime dans le cadre de l’aristotélisme averroïste, qui pose que l’action de l’intellect agent s’exerce sur l’espèce imaginaire pour la dépouiller de son « idole sensible» [i;e.: ♢♻↑♡♻ ]..." p. 388
- Qu'il y ait des hiatus dans la représentation, on s'en doutait un peu. L'important, pour nous est de pouvoir éclairer la scène afin de voir y jouer les acteurs, sans rien laisser dans l'ombre. Il semble que ce soit le cas, et que nous pouvons comprendre le sens général de la représentation : se dégager aux forceps de ce qui est supposé se passer en [♻] pour "en parler" en [⚤], sans passer pour un Sophiste.
"La seconde question traitée par Raoul est intrinsèquement liée à la première. Mais, là encore, il offre deux solutions, dont l’une réintroduit la notion aristotélicienne du concept comme similitudo rei.
- Il y a un embarras évident à conserver toutes les catégories en ♢♻, nous en avons déjà maintes fois parlé, et l'on retombe sur une partition entre ce qui peut être ajouté (en ♢⚤) et ce dont le sujet fait partie (en ♢♻). Quant à la "réalité atténuée", cela à tout d'un cache-misère...
Avec un lien entre cette typologie et les intentions :
Raoul ne tranche pas. Toutefois, il rappelle que la logique considère les intentions secondes prises au second sens, c’est-à-dire non pas en tant que dispositions ou habitus intellectuels, mais plutôt en tant que connaissances des choses." p. 390
Ce qui conforte notre représentation :
| Raoul Le Breton | ||||
| paronymie ⇙ | ||||
| habitus intentions | ♡⚤ | ♡♻ | ||
| ♢⚤↑ | ⇙ | ↑♢♻ | genre espèce accident | |
| ♧⚤ | ♧♻ | |||
| intentio rei ⇘ | ||||
- Ouf ! nous voici au bout de ce chapitre... Je n'en voyais plus le bout.
- Que peut-on en retenir ?
- Que nous assistons ici à un mouvement de fond tendant à séparer la "voie des mots" ⇅ de la "voie des choses" ⇆. Mais il ne s'agit pour l'heure que d'émanciper le "langage" en [⚤] de ce qui "est", puisque depuis le concile de Nicée, le niveau [♻] est férocement "ontologique" !
- La suite au prochain numéro !
- Amen.
Hari
Note 1 :
- Cette lecture m'a obligé à une grande remise en question de mes propres a priori pour comprendre de quoi il retourne !
- Mais nous avons déjà vu, chez Thomas dernièrement, qu'il n'y a pas de conscience d'une spécificité de la logique au niveau [⚤] et qu'implicitement, les scolastiques s'attendent à ce qu'elle s'applique au niveau [♻]. Il faut donc oublier qui tu es —si faire se peut. Les choses en deviendront plus simples !
- OK, je vais quand même préciser le niveau de cette logique, pour m'en souvenir; donc :
Note 2 :
J'étais parti sur une voie de garage :
- Est-ce que le niveau [⚤] serait celui de la "métaphysique" ?
- Dans la mesure où chez Aristote ↺/↻ l'exploration du niveau [⚤] succède au niveau [♻] —défini ici comme celui de la physique— ce ne serait pas idiot. Vérifions (suivre lien ici). Perplexité se fait un peu tirer l'oreille, et reviens toujours sur cette définition de la métaphysique :
"— 🤖 : La métaphysique est une « philosophie première », distincte de la physique, parce qu’elle étudie l’être en tant qu’être et les causes ultimes, tandis que la physique étudie un certain genre d’êtres, à savoir les êtres naturels, matériels et soumis au mouvement."
Ce qui n'arrange pas mes bidons, dans la mesure où l'ontologie aurait tendance à se situer au niveau [♻], mais en insistant, l'I.A. lâche le terme de Logos, et je suis le lapin dans son terrier :
"— 🤖 : Le mot grec logos est fondamentalement polysémique; il combine l’idée de «parole/discours» et celle de «raison/structure intelligible».[1][2]
Donc :
Note 3 :
- C'est la jointure complémentaire de celle ♧⚤/♡♻ de Platon ?
- La problématique était différente : ici la démarche se veut immanente.
Note 4 :
Je ne voudrais pas insister lourdement mais quand même : dans notre syntaxe :
- Concernant l'habitus, de Libera en parle peu dans son texte, mais il est bon de le pointer ici comme le "réservoir" d'intentions du Sujet en ♡⚤𓁜 ; à partir duquel il va faire des "choix" ♡⚤𓁜↓𓁝♡⚤ ou diriger son attention sur l'objet : ♡⚤𓁜/♧♻𓁜.
"— 🤖: ... introduit explicitement la notion d’habitus comme manière de rapporter les intentions secondes à l’intellect qu’elles informent «à titre d’habitus dispositif» (Raoul le Breton, modistes). Ici, l’habitus est brièvement caractérisé comme mode d’être des intentions dans l’esprit, mais là encore, il ne consacre pas de section autonome à une «théorie de l’habitus» modiste.
Donc, dans ces pages, il est bien question d’habitus :
mais toujours à l’intérieur d’analyses centrées sur les universaux et la théorie de la connaissance, non comme thème principal isolé."