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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

De Descartes à Wolff — La voie rationnelle et spéculative

 

 

Le 16/ 04/ 2026 :

- J'étais assez content de m'être fait une idée raisonnable de Hume (cf. #4), suffisante en tout cas pour aborder Kant, pensais-je, et tel un maître de thé balaie les abords avant de se préparer à la cérémonie du chadō, je vais faire un petit tour dans "Les mots et les choses", pour y vérifier le rôle charnière de Kant entre les deux épistémès Classique & Moderne. 

- Tu reprends ton exploration de Foucault ?

- Non pas encore car je risquerais de rependre son point de vue sans recul. Je préfère revenir à lui après une première approche de Kant, pour pointer nos écarts.

- Ok, et donc tu vas dénicher une copie des prolégomènes sur internet pour alimenter Perplexity ?

- On ne peut rien te cacher. Mais dès que j'ouvre le livre à la table des matières le nom de Wolff me saute au visage : jamais entendu parler. 

— 🤖 : Dans l’épistémè classique, Foucault voit deux grands courants opposés (rationaliste et empiriste) qui partagent en profondeur la même «grammaire» de la représentation, de l’ordre et de la mathèsis, et que Kant vient fracturer à la fin.[1][2][3]
Je te propose une sorte de «double ligne» jusqu’à Kant, avec pour chaque figure : position classique, geste principal, et rôle par rapport à l’épistémè.

1 . Ligne «rationaliste» : de Descartes à Wolff (jusqu’à Kant)

Descartes (1596–1650)

  • Position classique : fondateur de la mathèsis universalis comme idéal d’un savoir unifié, déductif, fondé sur des idées claires et distinctes.[2][1]
  • Geste : il installe l’idée que le savoir véritable est un ordre démonstratif mathématisable, où les vérités se déduisent à partir de principes premiers assurés (cogito, Dieu, extension, etc.).[2]
  • Pour Foucault : Descartes fixe le modèle classique de la représentation vraie comme adéquation des idées claires à l’ordre du monde et ouvre l’âge où le savoir est d’abord un problème d’ordre et de mesure.[1][2]

Leibniz (1646–1716)

  • Position classique : radicalisation de la mathèsis universalis sous la forme du calcul et des langues formelles, intégrant la logique, la métaphysique, la science.[4][1]
  • Geste : projet d’ars combinatoria et de calcul logique (characteristica universalis, calculus ratiocinator) où tout débat théorique pourrait, en principe, se résoudre par calcul.[4]
  • Pour Foucault : Leibniz incarne l’idée classique d’un système total où l’ordre des raisons, des possibles et des mondes se laisse représenter dans une architecture conceptuelle intégrale.[1]

Wolff (1679–1754)

  • Position classique : systématisation maximale du rationalisme leibnizien, en grandes «parties» de la philosophie (logique, ontologie, cosmologie, psychologie, théologie) ordonnées didactiquement.[5][4]
  • Geste : il transforme le rationalisme en scolastique moderne, un manuel géant du savoir organisé, où chaque notion occupe une place définie dans un tableau hiérarchisé.[5][4]
  • Pour Foucault : Wolff est comme le point où l’épistémè classique rationaliste se «ferme» sur elle‑même : tout est pensé en termes de système, de déduction, de subdivisions ordonnées – exactement ce que Foucault décrit comme «tableau» et mathèsis.[2][1]

Kant (1724–1804) – pris depuis ce versant

  • Position : héritier critique de Leibniz et Wolff ; il se présente lui‑même comme rompant avec «la  phase dogmatique» leibnizo‑wolffienne.[5][1]
  • Geste : il transforme la question «Comment ordonner le savoir dans un système ?» en «Quelles sont les conditions de possibilité de l’expérience et du savoir ?», c’est‑à‑dire une critique des prétentions du système rationaliste.[6][1]
  • Pour Foucault : du point de vue de cette lignée, Kant est celui qui fracture la confiance classique dans la représentation et l’ordre mathésique en montrant que nous n’accédons qu’aux phénomènes organisés par nos formes a priori, et non aux choses en soi.[6][1]

2. Ligne «empiriste» : de Bacon à Hume (jusqu’à Kant)

Bacon (1561–1626)

  • Position classique : père de la «nouvelle méthode» empirique, anti‑scolastique, centrée sur l’observation, l’induction, l’accumulation de faits.[7]
  • Geste : il propose une mathèsis empirique : organiser des tableaux d’expériences, de cas, de séries, pour dégager progressivement les formes et lois de la nature.[7][2]
  • Pour Foucault : Bacon inaugure le versant empiriste de l’épistémè classique, où l’ordre n’est plus d’abord celui des idées, mais celui des faits arrangés dans des tableaux d’expériences.[1][2]

Locke (1632–1704)

  • Position classique : empirisme modéré ; il élabore une théorie de l’esprit comme «table» où les idées simples venant des sens se combinent en idées complexes.[7]
  • Geste : critique des idées innées, analyse des sources et des limites du savoir, théorie du langage comme système de signes nominaux, contrat social politique.[7]
  • Pour Foucault : Locke installe solidement l’idée que connaître, c’est ordonner des idées‑représentations en fonction de leur origine sensible et de leur connexion, ce qui reste exactement dans la logique de la représentation classique.[1]

Berkeley (1685–1753)

  • Position classique : immatérialisme empiriste ; il radicalise la thèse que seules les perceptions (idées) sont données et nie la matière comme substrat.[7]
  • Geste : il montre que l’on ne sort jamais du système des idées perçues (esse est percipi), tout en conservant l’idée d’un ordre stable garanti par Dieu.[7]
  • Pour Foucault : Berkeley illustre jusqu’à l’extrême un point de l’épistémè classique : le monde est entièrement représentatif, et l’être des choses se confond avec leur "apparaître" dans un tableau d’idées.[1]

Hume (1711–1776)

  • Position classique : empiriste sceptique ; il pousse l’analyse des impressions et des idées jusqu’à mettre en doute les notions de causalité, de substance, de moi.[7]
  • Geste : démontage des prétentions fortes du savoir (cause, identité, nécessité) comme simples habitudes d’association ; l’ordre devient un fait psychologique de liaison d’impressions.[7]
  • Pour Foucault : Hume est comme le «bord» empiriste de l’épistémè classique : la représentation y perd sa garantie métaphysique et ne tient plus que par des régularités d’association, ce qui prépare, du côté empiriste, la crise que Kant analysera.[6][1]

Kant – prise depuis ce versant

  • Position : il lit Hume comme celui qui l’a «réveillé de son sommeil dogmatique» et lui fait poser la question des conditions de possibilité des jugements synthétiques a priori (y compris dans l’expérience).[6][7]
  • Geste : répondre au scepticisme empiriste (Hume) sans retourner à la métaphysique dogmatique (Leibniz‑Wolff) : c’est exactement le mouvement par lequel Kant «ferme» l’âge classique et ouvre l’épistémè moderne.[6][1]

3. Comment Foucault articule les deux lignes

  • Même épistémè : pour Foucault, Descartes→Leibniz→Wolff et Bacon→Locke→Berkeley→Hume ne sont pas deux mondes, mais deux pôles d’une même configuration de pensée où l’on suppose que le savoir consiste à mettre en ordre des représentations (idées, espèces, richesses, signes) dans des tableaux continus.[2][1]
  • Oppositions internes : rationalistes et empiristes s’opposent sur l’origine du contenu (raison vs expérience), mais ils partagent la même croyance fondamentale dans la transparence possible du tableau du savoir et dans l’unité mathésique de ce tableau.[2][1]
  • Limite kantienne : Kant est pour Foucault la «préfiguration» du passage à l’épistémè moderne, car il déplace la question de l’ordre des représentations vers les conditions transcendantales de leur possibilité et introduit la problématique de la finitude (ce qui ouvrira la voie à la figure moderne de «l’homme»).[9][6][1]" (Sources : suivre le lien)

Bon, nous avons déjà beaucoup traité de Descartes, il faudrait le resituer dans cette perspective. De Leibniz, j'avoue connaître mieux son apport en mathématique que ses idées philosophiques, quant à Wolff, ce sera une découverte... 

— 🤖 :  Oui, Wolff a eu une très forte postérité au XVIIIᵉ siècle, mais elle est surtout «interne» à la philosophie allemande avant Kant, puis en grande partie recouverte par la critique kantienne et l’idéalisme allemand.[1][2][3]

Importance et postérité au XVIIIᵉ siècle

  • Entre 1725 et 1765, la philosophie universitaire allemande est largement structurée par l’opposition «wolffiens / anti‑wolffiens» : presque tous les professeurs se définissent pour ou contre lui.[2][4]
  • Ses manuels systématiques, couvrant logique, métaphysique, droit naturel, morale, psychologie, etc., deviennent le cadre standard de l’enseignement : on parle alors de «philosophie leibnizo‑wolffienne».[5][2]
  • Voltaire pouvait résumer l’époque par la formule «Frederico regnante, Wolfio dozente» (Frédéric règne, Wolff enseigne), ce qui donne une idée de sa centralité dans l’Aufklärung allemande.[4][2]

On peut dire qu’il fournit l’armature conceptuelle et pédagogique des Lumières allemandes avant Kant.[1][2]

Wolff et Kant

  • Kant se forme dans ce cadre : il apprend la métaphysique, la logique et la morale dans des versions largement wolffiennes, au point de qualifier Wolff de «plus grand de tous les philosophes dogmatiques».[3][6]
  • Une partie importante de la philosophie kantienne est un dialogue critique avec cet héritage : distinction a priori / a posteriori, refonte de l’ontologie (Nouvelle elucidation, etc.), critique de la théodicée et de la métaphysique démonstrative.[7][8][3]
  • Kant lui consacre même un texte tardif sur les «progrès de la métaphysique depuis Leibniz et Wolff», signe que, pour lui, Wolff reste le point de référence à partir duquel on mesure ce qui a changé.[8]

Donc, même dans la critique, Wolff structure le terrain sur lequel Kant intervient.

Après Kant : une postérité surtout indirecte

  • Après la Critique, le «wolffianisme» comme système explicite perd en prestige : l’idéalisme allemand (Fichte, Schelling, Hegel) se définit plutôt par rapport à Kant qu’à Wolff.[6][9][10]
  • Pourtant, certains schèmes wolffiens (division des facultés de l’âme, systématique de l’esprit pratique, articulation des disciplines) continuent d’influencer la manière dont Kant puis Fichte et Hegel organisent leurs propres systèmes.[9][6]
  • Aujourd’hui, la recherche historico‑philosophique redécouvre Wolff comme «architecte du rationalisme systématique» : on édite ses œuvres complètes, on étudie sa logique, sa métaphysique, sa psychologie, et son rôle dans la constitution du modèle universitaire moderne.[11][2][5][1]

En résumé :  

  • à son époque, Wolff est une autorité majeure et le centre d’un vaste courant (le wolffianisme) ;
  • Kant s’oppose à lui, mais en partant de son cadre ;
  • sa postérité est surtout médiée par Kant et l’idéalisme allemand, puis réévaluée par l’historiographie contemporaine." (Sources : suivre le lien)

Très franchement, après avoir passé beaucoup de temps sur les empiristes, ce qui nous a permis de pointer une évolution par étapes de l'un à l'autre, j'ai comme a priori que le cadre intellectuel du côté rationaliste est beaucoup plus rigide.

- Pourquoi ce sentiment ?

- Parce que Descartes fait porter l'effort intellectuel purement au niveau [⚤], sous la coupe de la seule logique du 1er ordre, quand les empiristes articulent au niveau [⚤] un autre niveau [♻] beaucoup plus malléable, ce qui permet un glissement de l'objet à l'expérience de l'objet. Vérifions.

— 🤖 : On peut dégager une vraie évolution de la démarche rationaliste entre Descartes, Leibniz et Wolff, même si, vus par Foucault, ils restent tous dans la même épistémè de la représentation et de la mathèsis.[1][2][3]

Descartes : l’intuition et l’ordre, plus que le système

  • La mathèsis universalis cartésienne est d’abord une idée de science générale de l’ordre : savoir, c’est ramener des problèmes différents à des structures de proportion, de rapport, de mesure communes.[4][5]
  • Méthode : Descartes privilégie l’intuition claire et distincte et la déduction à partir de quelques principes premiers (cogito, Dieu, étendue, pensée), mais il se méfie de la logique formelle scolastique, jugée stérile pour la découverte.[6][7][4]
  • La construction reste relativement «ouverte» : quelques grands principes, un ordre de raisons, mais pas encore une systématisation encyclopédique rigide de tous les domaines du savoir.[3][7]

En termes foucaldiens : Descartes pose le noyau de la mathèsis (ordre, mesure, représentation claire), mais la forme de son œuvre reste encore largement celle de la méditation et du traité, plus que du tableau systématique total.[2][1]

Leibniz : de l’ordre à la combinatoire et au calcul

  • Leibniz reprend l’idéal de mathèsis universalis, mais il le transforme en projet de calcul : ars combinatoria, characteristica universalis, calculus ratiocinator.[5][8]
  • Méthode : il ne se contente pas d’un ordre de raisons, il rêve d’un langage formel où les concepts seraient analysables en éléments simples et manipulables par règles, de sorte que «disputons, calculons» .[8][5]
  • Conceptuellement, il universalise le modèle mathématique : la logique, la métaphysique, le droit, la théologie doivent, en principe, être pensables comme domaines de calcul portant sur des structures de possibilité, de compossibilité, de perfection, etc.[7][8]

Ici, la mathèsis devient explicitement une science générale des formes et des structures, intégrant logique, mathématiques et métaphysique, avec l’idée d’un formalisme possible.[3][8]
Vu par Foucault : Leibniz pousse le versant «ordre formel» de l’épistémè classique beaucoup plus loin que Descartes, dans la direction d’un symbolisme et d’un calcul potentiellement universels.[1][2]

Wolff : systématisation didactique et hiérarchie des savoirs

  • Wolff hérite du rationalisme leibnizien, mais il en modifie la forme intellectuelle : l’objectif n’est plus seulement de penser un calcul possible, mais de construire un système complet, hiérarchisé, où chaque proposition a sa place.[9][10][11]
  • Méthode : il codifie une méthode démonstrative rigoureuse, fortement inspirée du «mos geometricus», et organise la philosophie en grandes parties (logique, ontologie, cosmologie, psychologie, théologie, puis droit, éthique, etc.) reliées entre elles selon un ordre de dépendance.[11][12][7]
  • Sur le plan des principes, il retravaille même l’héritage de Leibniz : par exemple, il subordonne le principe de raison suffisante au principe de non‑contradiction, de sorte que la cohérence formelle (absence de contradiction) devient le critère ultime d’acceptabilité.[12][13][9]

Chez Wolff, la mathèsis universalis devient vraiment un schème d’organisation du savoir :

  • non seulement dans chaque domaine, mais entre les domaines (ordre des sciences, présuppositions réciproques, progression didactique).[7][11]
  • la philosophie apparaît comme «science de l’ordonné» et de l’ordonnable, au sens le plus fort.[11][3]

Du point de vue foucaldien, Wolff est presque la cristallisation parfaite de l’épistémè classique rationaliste : un tableau systématique de tous les savoirs, articulé par une logique formelle et des principes généraux (contradiction, raison suffisante), où la représentation se pense comme entièrement maîtrisable par l’ordre démonstratif.[2][1][3]

Fil conducteur : ce qui évolue vraiment
Si on résume l’évolution de la démarche intellectuelle (en laissant de côté les contenus particuliers des sciences) :

  • Chez Descartes :
    • priorité à l’intuition et à l’ordre des raisons, méfiance envers la logique comme simple instrument formel ;  
    • mathèsis universalis comme idéal d’unité du savoir, mais encore liée à une expérience intérieure de l’évidence.[4][6][7]
  • Chez Leibniz :
    • conceptualisation de cette mathèsis comme théorie générale des formes et du calcul ;
    • ambition de formaliser les disputes, d’objectiver la raison dans un langage‑calcul.[5][8][7]
  • Chez Wolff :
    • systématisation «scolaire» de cet idéal dans un ordre hiérarchique des sciences, un découpage fixe et une méthode démonstrative uniforme ;
    • rationalisme devenu une grille qui ordonne tout le champ des savoirs et des enseignements.[10][12][11]

C’est exactement ce mouvement – de l’intuition ordonnée (Descartes) au calcul possible (Leibniz), puis au système didactique total (Wolff) – que Kant va prendre comme cible lorsqu’il critiquera la métaphysique «dogmatique» : il reprend la rigueur et l’exigence systématique, mais il en retourne le sens en les transformant en critique des conditions et des limites de la raison, non plus en simple extension du tableau rationaliste.[14][10][2] (Sources : suivre le lien)

- Qu'est-ce qui te tracasse ?

- Le statut de la géométrie chez Leibniz. Nous avons vu la démarche [#][♻] chez Newton (cf. "La géométrie de Newton"), mais Leibniz est-il dans le même schéma ?


Le 20/ 04/ 2026 :

- Il m'a fallu faire un détour pour situer la démarche de Leibniz relativement à celle de Newton :

- Est-ce que cela éclaire notre débat ?

- Son travail sur les courbes transcendantes, permet de cerner assez bien son propos philosophique. Je te passe les détails (cf. ici) pour en venir à ceci :

  1. Descartes, grâce à ses coordonnées cartésiennes, arrive à décrire des courbes dites "algébriques", mais il écarte de ses calculs, d'autres courbes telles les "cycloïdes" qui peuvent effectivement être tracées au moyen de mécanismes, sans pouvoir être décrites algébriquement.
  2. Leibniz, grâce à son introduction des infinitésimaux permet d'en donner une expression, que n'on appellerait de nous jours "analytique".

Il est donc bien dans le projet de faire passer un "objet" observable , "in re" en [♻] à une description "de rem" en [⚤]. C'est exactement dans ce que Foucault appelle l'Âge de la représentation redoublée. Et jusqu'à Descartes on peut garder l'image d'un ruban e Moebius avec une "face" [♻] doublée d'une "face" [⚤].

Le gap entre les deux tenant à l'aspect continu en [♻] qui implique une logique impossible à rabattre complètement sur celle du 1er ordre, associée à l'aspect discontinu du discours en [⚤]. Descartes en est conscient et laisse de côté ce type de courbes dans son effort de mathesis en ♢.

Leibniz, en introduisant le calcul différentiel explore une voie procédurale (une succession infinie d'étapes) en ♢, lui permettant d'approcher un "objet" mécaniquement constructible en ♧.

- OK : c'est ce à quoi tu aboutis en parlant d'une démarche  ; (i.e. : [⚤][#][♻]).

- Voilà : par ses travaux, Leibniz fait une brèche dans la belle logique aristotélicienne, dont bien entendu personne n'a conscience pour l'heure. Et par la même occasion il articule entre eux un discours algébrique en  et une géométrie toute neuve   , introduisant de fait un changement de voie  ⇅ ⇆, que Newton introduit également, mais du côté analytique. (cf. "... Et Kant comme arbitre").

Leibniz / / /
Newton / / /

Leur terrain de jeu commun étant :

—[⚤]    [♻]—♡
   
—[⚤] [#] [♻]—♧

- Merci pour la reprise, mais concernant nos trois compères Descartes/ Leibniz/ Wolff, en quoi ces considérations nous éclairent-elles ?

- In cauda venenum : le maître mot de Wolff est le principe de contradiction !

- Je vois : il referme la porte à la géométrie et reste en ♢ sur un ruban R?

- Exactement : sa mathèsis est de niveau ♢; et sa taxinomie des domaines de connaissance est tout au plus un graphe en ♢.

- D'où ce qualificatif de "nouvelle scolastique" ?

- Oui, il organise le savoir dans une coquille fermée. On pourrait parler de réflexe de Parménide, que l'on retrouvera d'ailleurs chez Lord Kelvin (cf. ici), affirmant en 1900 que la physique étant un domaine dont on achevait l'exploration, alors même qu'elle explosait à cause de la catastrophe ultraviolette, et l'hypothèse des quantas de Planck la même année.

- Belle envolée, mais quel rapport ?

- Newton du côté Empiriste comme Leibniz du côté Rationaliste ont exploré en mathématiciens la voie des choses ⇆ et permis, après Descartes, l'émergence d'un lieu [#], qui ne sera exploré ensuite que par les mathématiciens et physiciens, à commencer par Legendre, Lagrange et bien entendu Évariste Galois, qui réorganise tout le champ mathématique grâce à sa théorie des groupes.

Cependant, les philosophes soucieux de métaphysique se réclamant pourtant de nos deux mathématiciens, vont oublier cette voie et rester dans la voie des mots .

- Mais Kant s'oppose pourtant à Leibniz et Newton en sortant un argument de symétrie ?

- Oui, c'est l'aventure qu'il faut suivre maintenant, et comprendre pourquoi personne n'a creusé la question après lui...

- Amen.

Hari

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