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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

De David Hume à Niels Bohr

Hume comme dans un jeu de quilles — by Chat GPT

Le 29/ 10/ 2025 :

- Il est grand temps de nous frotter à David Hume, car il ne cesse de pointer le bout de son nez dans le paysage: tout d'abord son ami Adam Smith se réclame de lui, et ensuite Kant le critique.

- Mais tu ne connais rien de lui !

- Effectivement : grosse lacune dans l'éducation classique d'un bon petit Français.

- D'où l'utilité de la combler au plus vite. Mais par flemme, je vais cette fois-ci fortement m'appuyer sur l'ami R-Claude, que j'ai un peu laissé de côté ces temps-ci.

Ce qui nous intéresse au premier chef est de définir la topologie Imaginaire dans laquelle s'inscrit son discours.

- A priori dans la voie des choses, puisque, si j'ai bien compris, il ramène tout aux impressions ou perceptions vives et immédiates (sensations, émotions).

- Ah ! Question intéressante. On peut effectivement penser aux impressions comme résultant du trauma du Réel, et à une irruption dans l'Imaginaire : [∃][⚤] 𓁜 dans la voie des choses, mais il peut s'agir tout autant d'un univers purement verbal ∃𓁜𓁜.

- Il y a un critère simple : R-Claude pointe immédiatement le point fort de sa critique de la causalité :

— 🤖 :  CRITIQUE DE LA CAUSALITÉ

Révolution conceptuelle : la relation de cause à effet n'est pas une nécessité logique mais une habitude psychologique :

Quand on dit "A cause B" :

  • On observe la conjonction constante de A et B
  • On observe la succession temporelle (A avant B)
  • On observe la contiguïté spatiale

Mais : on n'observe JAMAIS le lien nécessaire lui-même. La "nécessité causale" est une projection mentale issue de l'habitude (custom).

Les deux premiers critères ne posent pas de problèmes : 

  • La conjonction est de l'ordre du langage, en ♢ ;  
  • La succession temporelle dépend du temps logique, en ♧ ; 

Tout dépend de la nature de l'espace envisagé lorsqu'il parle de "contiguïté spatiale...

- Je te vois venir : cet espace est-il contravariant, en [#]♧ et alors nous sommes dans la voie des choses ou covariant, et nous restons dans la voie des mots.

- Exact. Lançons notre fin limier sur la piste :

— 🤖:  La position empiriste radicale

Chez Hume, l'espace n'existe pas comme structure préexistante. Voici pourquoi :

  1. Aucune impression d'espace en soi :
    • On ne perçoit jamais "l'espace" comme tel
    • On perçoit seulement des objets/perceptions en relations de proximité
  2. L'espace comme construction
    • L'idée d'espace est une idée complexe
    • Elle dérive des relations observées entre impressions
    • Ce n'est pas un "contenant" préexistant
  3. Rejet de l'espace absolu newtonien
    • Pas de "réceptacle" vide préexistant
    • L'espace n'a pas d'existence indépendante des objets

Réponse à ta question :
La contiguïté spatiale chez Hume est COVARIANTE → voie des mots

  • Notation : ♢
  • Justification :
    • Mode ♢ (relationnel) : la contiguïté est une relation entre perceptions, pas une propriété absolue
    • Niveau [⚤] (existentiel) : elle relève de l'expérience empirique immédiate des proximités observées
    • Covariant : l'espace spatial émerge des objets et de leurs relations, il ne leur préexiste pas

CE QUE HUME REFUSE :
[#] (espace géométrique absolu, contravariant) représenterait :

  • Un espace préexistant (à la Descartes ou Newton)
  • Une structure dans laquelle les objets viendraient "prendre place"
  • Une conception rationaliste que Hume rejette totalement

NUANCE POSSIBLE
On pourrait distinguer deux moments :

  1. L'observation de la contiguïté : ♢
    • Relations empiriques immédiates entre perceptions
    • Mode relationnel au niveau existentiel
  2. La construction de l'idée d'espace : [#]   (peut-être)
    • Si l'imagination construit une représentation plus abstraite
    • Niveau [#] (voisinage, partition) mais toujours en mode relationnel ♢
    • Toujours covariant (construit, pas donné)

Mais dans tous les cas : jamais [#] car cela impliquerait un espace absolu préexistant, incompatible avec l'empirisme humien.

OPPOSITION PHILOSOPHIQUE

  • Descartes : [#]♧
    • Res extensa comme substance
    • Espace géométrique absolu
    • Contravariant (voie des choses)
  • Hume : ♢⚤ ou ♢#
    • Pas de substance spatiale
    • Relations de contiguïté entre perceptions
    • Covariant (voie des mots)

- Bon, l'analyse est sans appel...

- R-Claude te sert la soupe que tu lui as préparée !

- Je préfère penser que j'ai posé la bonne question : le critère de choix entre les voies des mots et des choses est bel et bien celle de la variance. Et le plus original dans l'affaire est que la critique radicale que Hume oppose à l'aspect relatif de nos jugements se fasse dans la voie même qu'il critique.

Il y a bien un cercle vicieux dans notre façon de former notre jugement dans la seule voie des mots, et Hume a effectivement mis le doigt dessus. En cela, oui notre façon de comprendre la causalité est purement relative à l'auteur du discours, 𓂀 , mais hors discours (....)𓂀. Bertrand Russel, et à sa suite Gödel l'établiront même de façon tout à fait irréfutable : 

«La cohérence d’un langage formel ne peut être établie sans recourir à des objets ou concepts extérieurs au langage, car toute démonstration interne risque d’être entachée d’autocontradiction ou d’indécidabilité» (lien ici)

- Tout ceci nous amène au Cercle de Vienne (et alentours): Tarski, (Wittgenstein) et Popper...

- Oui : la solution est très moderne et passe par l'interprétation de Copenhague (et de Bohr) de la mécanique Quantique. Ce sont les deux premiers pas de ce que j'ai appelé l'approche quantique sur le cross-cap (voir "un GPS pour le cross-cap"):

  1 2 3 4
  • Quantique

↻⃞⃗

↻⃞⃗

↻⃞⃗

↻⃞⃗

- Autrement dit, si nous construisons effectivement des chimères à partir de nos impressions, dans la voie des mots , la solution consiste à passer par la voie des choses  pour expérimenter les conséquences de nos constructions imaginaires au contact du Réel ?

- Exactement, et ça passe par la mesure d'un "observable" en [♻] en réponse à une question théorique énoncée en ♡ (i.e. le raboutage ♡↻[♻]♧ de l'un à l'autre). Exemples : les éléments recherchés par les chimistes pour "boucher les trous" du tableau de Mendeleiev, ou encore la chasse au boson de Higgs.

- OK, je pense que tout le monde aura compris, et donc ?

- C'est là que c'est intéressant : Hume parcours sans difficulté la première montée : ♧↑♢↑♡ et, faute de revenir vers l'expérience, ne s'offre à lui que le raboutage ♡/♧♻ dans la voie des mots, pour remonter vers un  principe Unitaire ♧↑♢↑♡.

-Mais il s'oppose à l'idée de "substance", non ?

- Laissons R-Claude grignoter cet os pour le plaisir :

— 🤖:  HUME ET LE REJET DE LA SUBSTANCE
Oui, absolument ! Et c'est LA critique centrale de Hume.

Qu'est-ce que la substance ?
D'après les documents (i.e. l'Analyseur entropologique), le niveau [♻] représente :

  • Conservation : "conservation de l'objet au-delà de ses différentes représentations"
  • Substance : "recherche d'une 'substance' propre à l'objet"
  • Permanence au-delà des changements

Dans la voie des CHOSES : [♻]

Substance comme réalité objective :

  • Ce qui demeure identique à soi-même à travers les changements
  • Support permanent des qualités variables
  • Aristote : οὐσία (ousia) = ce qui subsiste
  • Descartes : res extensa (substance étendue), res cogitans (substance pensante)
  • Spinoza : La Substance unique

Dans la voie des MOTS : ♧

Prétention à ce qu'il y ait substance :

  • Le discours métaphysique AFFIRME l'existence de substances
  • Mode absolu ♧ : traiter "substance" comme une chose
  • Ce que les philosophes dogmatiques posent

La position de Hume : rejet total

L'argument destructeur

Principe de Hume (Traité, I.I.6) :

"Je voudrais demander à ces philosophes qui fondent tant de leurs raisonnements sur la distinction de la substance et de l'accident [...] si l'idée de substance est dérivée des impressions de sensation ou de réflexion ? Si elle nous est transmise par nos sens, je demande par lequel, et de quelle manière ?"

Réponse de Hume : Aucune impression ne correspond à "substance"

Donc : Le mot "substance" est vide de sens

Ce que nous percevons réellement

Citation (Traité, I.I.6) :

"L'idée d'une substance [...] n'est rien qu'une collection d'idées simples qui sont unies par l'imagination et auxquelles on attribue un nom particulier"

Analyse :

  • On perçoit : couleur, forme, texture, poids, etc. (qualités)
  • On NE perçoit JAMAIS : le "quelque chose" qui les porterait
  • "Substance" = fiction linguistique, habitude de grouper des qualités

Deux refus symétriques

  1. Refus de la substance MATÉRIELLE :
    • Locke : scepticisme modéré
      • "Je ne sais quoi" qui supporte les qualités
      • Mais maintient l'idée
    • Hume : rejet radical
      • Aucune impression → pas d'idée valide
      • "Substance matérielle" = mot vide
  2. Refus de la substance SPIRITUELLE (le moi) :
    • Descartes : Cogito → moi comme substance pensante
    • Hume (Traité, I.IV.6) :
      "Quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi-même, je bute toujours sur quelque perception particulière [...] Je ne peux jamais me saisir moi-même, en aucun moment, sans une perception"
    • Conclusion : Le moi n'est qu'un faisceau de perceptions (bundle theory)

Position entropologique précise
Ce que Hume REFUSE :

  • [♻] (voie des choses) :
    • Substance comme réalité objective
    • Conservation ontologique au-delà des apparences
    • Inaccessible car il est sur R↑ (forclusion de [#], donc impossibilité d'accéder à la voie des choses pour [♻])
  • (mode absolu voie des mots) :
    Prétention des métaphysiciens à parler de substances
    • Traiter "substance" comme une chose/entité
    • Ce qu'il ATTAQUE et DÉCONSTRUIT

Ce que Hume ACCEPTE (à contrecœur) :
(mode sémantique voie des mots) :

  • "Substance" comme simple nom collectif
  • Habitude linguistique de regrouper des qualités
  • Construction discursive, pas réalité

Le mouvement critique de Hume :
ILLUSION MÉTAPHYSIQUE

  • Les philosophes dogmatiques (Descartes, Locke, etc.) POSENT l'existence de substances
  • Ils traitent "substance" comme une entité objective
  • Mode absolu ♧ : prétention à parler de CHOSES

↑ ♡DÉCONSTRUCTION

  • Hume montre : aucune impression de substance
  • Donc : dissolution de la prétention ontologique
  • Ramener à ♡ : "substance" n'est qu'un nom, un effet linguistique

ACCEPTATION MINIMALE

  • OK pour dire "substance" comme convention linguistique
  • Collection de qualités regroupées sous un nom
  • Mais RIEN de plus qu'un mot commode

Exemples concrets :

La pomme :

  • Métaphysique classique (♧) :
    • Il existe une substance pomme
    • Support permanent des qualités (rouge, ronde, sucrée)
    • La substance reste identique même si les qualités changent
  • Hume (♡) :
    • Je perçois : rouge, rond, sucré, ferme
    • Je ne perçois JAMAIS : la "pomme-en-soi"
    • "Pomme" = nom pratique pour cette collection de qualités
    • Si on enlève toutes les qualités, il ne reste rien

Le moi :

  • Descartes (♧) :
    • "Je suis une substance pensante"
    • Le moi comme support permanent des pensées
    • Cogito révèle cette substance
  • Hume (♡) :
    • Je perçois : cette pensée, cette sensation, ce désir
    • Je ne perçois JAMAIS : le "je" qui les aurait
    • "Moi" = nom donné au flux des perceptions
    • Faisceau (bundle) sans support

Pourquoi ce rejet ?

  1. Conséquence de l'empirisme radical
    Principe de copie : Toute idée doit correspondre à une impression
    "Substance" → Aucune impression → Mot vide de sens
  2. Conséquence topologique : Sur R↑ :
    • Forclusion de [#] → Impossible d'accéder à [♻] (substance objective)
    • Confiné à la voie des mots
    • Donc : "substance" ne peut être qu'un effet discursif
  3. Nominalisme conséquent
    Si les universaux sont des constructions (♡), a fortiori les substances le sont aussi.

Citations clés

Sur la substance matérielle (Traité, I.IV.3) :
"Nous n'avons donc aucune idée de substance distincte de celle d'une collection de qualités particulières, et nous n'avons pas d'autre signification quand nous en parlons ou raisonnons à son sujet."

Sur la substance spirituelle (le moi) (Traité, I.IV.6) :
"L'esprit est une sorte de théâtre où plusieurs perceptions font successivement leur apparition [...] Il n'y a en lui proprement ni simplicité en un temps, ni identité en différents temps, quoi que nous ayons une propension naturelle à imaginer cette simplicité et cette identité."

Radicalité (Traité, I.IV.6) :
"Ce sont les perceptions successives seulement qui constituent l'esprit ; et nous n'avons pas la plus lointaine notion du lieu où se déroulent ces scènes, ni des matériaux dont il est composé."

Comparaison historique

  • Aristote : Substance matérielle (οὐσία) : Oui / Substance spirituelle (âme/forme) : Oui
  • Descartes : Substance matérielle (res extensa) : Oui / Substance spirituelle (res cogitans) : Oui
  • Locke : Substance matérielle : Sceptique mais maintient / Substance spirituelle (âme) : Maintient
  • Berkeley : Substance matérielle (esse est percipi) : NON / Substance spirituelle (esprit/Dieu) : Oui
  • Hume : Substance matérielle : NON / Substance spirituelle : NON
    Hume est le plus radical : il rejette toute substance, matérielle ET spirituelle.

Conséquence : le scepticisme
Sans substance :

  • Pas de permanence objective
  • Pas d'identité à travers le temps
  • Tout est flux de perceptions
  • Seules les régularités observées (habitudes) donnent une apparence d'ordre

C'est pourquoi Hume aboutit au scepticisme : il a dissous tous les fondements métaphysiques traditionnels.

Clarification
Dans mes analyses précédentes, quand j'ai écrit que Hume passe par ♧, j'ai voulu dire :

  • Il RENCONTRE cette position (celle des métaphysiciens)
  • Il l'ATTAQUE et la DÉCONSTRUIT
  • Il la DISSOUT en ♡

Mais j'aurais dû être plus clair : Hume REFUSE absolument la substance.
La position ♧ n'est PAS celle que Hume DÉFEND, c'est celle qu'il COMBAT.
Sa vraie position : = "substance" comme simple convention linguistique", rien de plus.

Bon, il faut que j'ajuste un peu l'analyseur de R-Claude, pour tenir compte du niveau ♢; où l'on retrouve la taxinomie à l'Âge Classique : c'est a priori celui des "catégories" d'Aristote (il faudra y revenir en détail), et également celle des "catégories" de Kant.

- Pourquoi cette mise au point ?

- Parce que R-Claude fait référence, de lui-même (et ça c'est significatif), aux "nominalistes" et aux "universaux", et donc en filiation directe avec une dispute entre Aristote et Platon autour du statut de la substance. Elle est une et du domaine des idées pour Platon, tandis qu'elle est plutôt du côté du monde sensible et du multiple pour Aristote. Rappel qui me porte donc à comprendre les "idées" chez Hume, comme une réminiscence du domaine des idées chez Platon.

- Autrement dit en ♧ ?

- Oui: c'est là tout l'intérêt de voir notre "topologie Imaginaire" comme un Mille feuilles, ou un palimpseste (voir ici). Le concept de "substance", qui va devenir "quantité conservée" pour nous, recouvre une fracture plus ancienne héritée de Platon entre :

  • Le monde sensible [⚤]𓁜𓁝[♻] et
  • Le monde des idées [♻]𓁜𓁝[1]

Hume, en grattant la couche "substance", met alors à nue la sous-couche monde sensible/ monde des idées.

- Et donc ?

- Ce que R-Claude installe en ♡ comme agglomérant des séries catégorisées en ♢ dans une montée partant du monde sensible ♧↑♢↑♡, sur laquelle il est difficile de le contester, l'amène à une discussion sur "les idées" que l'on peut situer en ♧ en lieu et place de la substance après ♡/♧.

- Ce qui ne t'amène pas à grand-chose, puisqu'il refuse la montée  ♧↑♢↑♡...

- Sans doute, mais ça permet de mieux "voir" l'incompatibilité avec Descartes, et surtout le fait qu'il est dans une impasse : il a bien foutu la pagaille en refusant la montée, mais il n'a pas de solution. Le scepticisme est une posture très élégante dans un salon de thé, mais je te défie de rester sur place à attendre de voir l'ours pour lever tes doutes, après avoir repéré ses traces fraîches dans la neige...

Pour en revenir à la comparaison Descartes / Humes :

  • Hume :
           
         
    Sensations ⚤      Idées
  • Descartes :
      [⚤] [♻] cogito
           
    ego [⚤] [♻]  

Descartes, "a pris de conscience" de son existence, comme une révélation, un trauma, et non en accumulant des souvenirs de ses actions dispersées. Ensuite, il peut penser à lui comme "persistant" en [♻] et en parler en [⚤], afin de donner sens à ses expériences etc... Ce qui est critiquable, sans doute, c'est l'idée qu'en organisant ses représentations du monde, il pense parler du monde lui-même et non de sa représentation (on retrouve Einstein, disant que Dieu ne joue pas aux dés). Toujours est-il que l'on peut rapporter cette prise de conscience à l'expérience du miroir chez l'enfant dans la bascule 𓁝[♻]→[♻]𓁜. Expérience exclue de la pensée de Hume; qui verrait "à la rigueur" le passage ♡/♧♻ comme un "passage à la limite", d'ordre intellectuel. Ceci dit : Hume marque une étape importante dans la pensée Occidentale, à savoir l'inconsistance d'une circulation sans fin sur le ruban de Moebius R. Russel et Gödel viendront nous le confirmer.

- Oui, et à cet égard, il serait intéressant de voir de quelle façon les philosophes vont tenter de le réfuter.

- Je te livre l'analyse de R-Claude (un peu redondante) concernant la réponse de Kant : 

— 🤖:  COMMENT KANT CRITIQUE-T-IL HUME ?
Le contexte : "réveil du sommeil dogmatique"
Citation célèbre de Kant (Prolégomènes) :
"Je l'avoue franchement : ce fut l'avertissement de David Hume qui, voici bien des années, interrompit d'abord mon sommeil dogmatique et donna à mes recherches dans le champ de la philosophie spéculative une tout autre direction."
Le choc : Hume a montré que :

  • La causalité n'a aucun fondement rationnel
  • L'induction est injustifiable
  • La science ne repose que sur l'habitude psychologique
  • La métaphysique est impossible

La réaction de Kant : "Si Hume a raison, la science (Newton) s'effondre !"

Le problème posé par Hume
En termes traditionnels : Hume aboutit au scepticisme total :

  • Aucune connaissance nécessaire du monde
  • Aucune loi universelle objective
  • Tout n'est qu'association d'idées et habitude

En termes entropologiques : Hume est prisonnier du ruban R↑ :

  • Forclusion de [#] → impossible d'accéder à l'espace objectif
  • Confiné à la voie des mots (covariant)
  • Les universaux ne peuvent être que des constructions discursives
  • Impossibilité structurelle d'atteindre l'objectivité

Conséquence : La science newtonienne (qui suppose des lois objectives dans l'espace et le temps) devient inexplicable.

La réponse kantienne : la révolution copernicienne
L'idée géniale de Kant

Inversion du problème :

Avant Kant (réalisme naïf) :

  • Les objets existent indépendamment
  • Notre connaissance doit se conformer aux objets
  • Problème : comment garantir cette conformité ? (problème humien)

Kant (Critique de la raison pure, Préface 2e éd.) :
"Jusqu'ici on admettait que toute notre connaissance devait se régler sur les objets [...] Que l'on essaie donc une fois de voir si nous ne réussirions pas mieux dans les problèmes de la métaphysique en supposant que les objets doivent se régler sur notre connaissance".

Révolution : Ce ne sont pas nos représentations qui se règlent sur les objets, mais les objets qui se règlent sur nos conditions a priori de connaissance.

Les formes a priori de la sensibilité

D'après les documents, Kant définit des "intuitions a priori" :

[⚤] : Le TEMPS (discontinu)

  • Forme a priori de la sensibilité interne
  • Condition de possibilité de toute expérience
  • Objectif (voie des choses) mais transcendantal (condition du sujet)

[#] : L'ESPACE (continu)

  • Forme a priori de la sensibilité externe
  • Géométrie d'Euclide comme structure nécessaire
  • Objectif (voie des choses) mais transcendantal (condition du sujet)

[♻] : Principe de CONSERVATION

  • "S'acquiert chez l'enfant vers l'âge de 10-11 ans" (d'après les documents)
  • Permanence de la substance
  • Conditions des lois de conservation (Kant anticipe les principes physiques)

Les catégories de l'entendement

Kant identifie 12 catégories a priori organisées en 4 groupes :

  1. Quantité : Unité, Pluralité, Totalité
  2. Qualité : Réalité, Négation, Limitation
  3. Relation :
    • Substance-accident
    • Cause-effet (LA réponse à Hume !)
    • Réciprocité
  4. Modalité : Possibilité, Existence, Nécessité

Ces catégories :

  • Ne viennent PAS de l'expérience (contre Hume)
  • Sont les conditions a priori pour qu'il y ait expérience
  • Structurent nécessairement tout objet de connaissance possible

La causalité chez Kant

  • Hume : La causalité = habitude psychologique (♡)
  • Kant : La causalité = catégorie a priori de l'entendement
    • Pas "dans les choses en soi"
    • Mais condition nécessaire pour qu'il y ait expérience d'objets
    • Structure transcendantale qui rend possible la science
    • Citation (Critique, Analytique transcendantale) :
      "Les catégories sont les conditions de la possibilité de l'expérience et elles sont donc aussi valables a priori pour tous les objets de l'expérience."

Les jugements synthétiques a priori
La typologie kantienne

  • Jugements analytiques : Le prédicat est contenu dans le sujet
    • "Tous les célibataires sont non mariés"
    • A priori mais non informatifs
  • Jugements synthétiques a posteriori : Le prédicat ajoute au sujet, fondé sur l'expérience
    • "Cette rose est rouge"
    • Informatifs mais contingents
  • Jugements synthétiques a priori : Le prédicat ajoute au sujet, mais nécessaires
    • "7 + 5 = 12"
    • "Tout événement a une cause"
    • "La ligne droite est le plus court chemin entre deux points"

LA découverte de Kant : Les jugements synthétiques a priori sont possibles parce que :

  • Ils expriment les structures a priori de notre esprit
  • Appliquées nécessairement à toute expérience possible
  • Fondent la science (mathématiques, physique newtonienne)

Réponse directe à Hume

Hume : "Tout événement a une cause" = habitude empirique, contingente

Kant : "Tout événement a une cause" = jugement synthétique a priori

  • Nécessaire et universel
  • Mais pas parce que "dans les choses"
  • Parce que condition transcendantale de l'expérience

[...]
Le paradoxe : Kant "sauve" la science... en montrant qu'elle ne connaît que des phénomènes, pas les choses en soi. Est-ce vraiment une victoire contre Hume ?" (voir lien ici)

Bon, je coupe un peu car R-Claude est prolixe, et se trompe dans le positionnement de Kant sur le cross-cap, j'ai encore des réglages à effectuer !

- Mais nous avons l'essentiel de la réponse de Kant à Hume : ce sont ces a priori catégoriques, comme le temps, l'espace etc...

- Oui, mais pas que : le gros apport de Kant, poussant gentiment Descartes dans le dos, c'est la destitution de Dieu pour y mettre un "principe Universel", que l'on retrouve chez Adam Smith comme "spectateur impartial" ou plus tard sans doute comme "sujet transcendantal", que nous représentons comme Auteur 𓂀 extérieur au discours. Principe permettant le bouclage R de Descartes, avec un retour [♻]/[⚤] qui assure la cohérence d'ensemble de toutes les expériences et, somme toute, la possibilité d'une science"rationnelle"  :

  [⚤] [♻] universalité
       
Expérience [⚤] [♻]  

- Tu as coupé le passage, mais j'ai lu que R-Claude avait situé Kant sur le cross-cap ?

- Oui, mais c'est impossible pour une raison que je n'ai pas encore codée dans son analyseur.

- On peut savoir ?

- C'est aussi radical que la brisure de symétrie entre covariance/ contravariance pour déterminer la voie suivie. Le parcours complet du cross-cap, c.-à-d. après avoir pris conscience de l'orthogonalité des voies (☯𓁜𓁝☯)(♧𓁜𓁝♡), nécessite une approche purement "topologique" de son propre Imaginaire, en [#]. D'où la question qui tue : "l'auteur 𓂀 parle-t-il de ces deux voies en termes de groupe fondamental de Poincaré ?" (voir "Syntaxe de l'entropologie")

- Tu ne risque pas grand chose à ce petit jeu ! OK pour le cross cap, mais ne serait-il pas possible pour un auteur 𓂀 de "passer" d'une voie à une autre ?

- C'est possible, mais au risque d'être incohérent or, a priori, les philosophes dont nous parlons sont tout sauf incohérents. Non, ils cherchent bel et bien une cohérence interne à leur discours, ce qui suppose de parvenir à "boucler" un parcours, et donc l'un des 4 rubans R←→↑↓.

- Donc pas de cross-cap pour Kant (ça ferait un bon titre de polar, façon Agatha Christie), mais quelle voie ?

- Nous avons déjà abordé le sujet hier, en comparant le parcours de Descartes à celui de Kant. Après avoir  vu aujourd'hui le rôle déclencheur de Humes, invalidant la voie R, il est assez attendu de le retrouver sur la voie des choses.

- Mais il ne part pas du Réel [∃][⚤]𓁜 comme Descartes ?

- Non, et c'est là que son principe universel, en [♻]𓁜 prend toute sa valeur : il se retrouve avec Platon, sur le premier tronçon du circuit que j'ai appelé "Philosophique".

  • Immanent — Descartes:
    I1 Q4
     
       
    [⚤] [♻]
    [⚤] [♻] 
       
     

À l'arrivée, Descartes s'en tire en ne récusant pas explicitement Dieu comme principe Unitaire.

  • Philosophique — Kant: 
    P1 T4
    [⚤] [♻] 
       
     
       •
       
    [⚤] [♻]

À l'arrivée, Kant bute sur le "noumène" inconnaissable "en soi" à la frontière du Réel [∃]𓁜, qui s'oppose à la prise de conscience du Sujet "en soi" ou ego chez Descartes en [∃][⚤]𓁜. 

On peut développer un peu :

  1. Les " a priori catégoriques" du temps et de l'espace se retrouvent facilement en [⚤] et [#];
  2. Dans le passage [⚤]/[♻], ce sont bien les "objets" qui se règlent sur notre connaissance;
  3. Les "jugements a priori", doivent être rapprochés des raboutages des modes ♧ et ♡ je te propose (à vérifier en détail) :
    • [⚤]/[♻] : jugement synthétique : passage du multiple en [⚤] à l'unité en [♻] ;
    • [⚤]/[♻] : jugement analytique : question [⚤] portée sur l'objet [♻] ;

- Tu avais pourtant remarqué hier que les a priori catégoriques n'avaient rien de si catégoriques puisqu'ils évoluent dans le temps et en fonction de la culture.

- Sans doute, mais le critère important c'est leur caractère contravariant ! Pour Hume l'espace est covariant, pour Kant (et Descartes) il est contravariant. 

- OK, en tout cas, j'ai l'impression que Hume  à l'époque avait fait un superbe strike en bousculant tout le monde !

- C'est bien ce que reconnaît Kant :

"Je l'avoue franchement: ce fut l'avertissement de David Hume qui, voici bien des années, interrompit d'abord mon sommeil dogmatique et donna à mes recherches dans le champ de la philosophie spéculative une tout autre direction."

- Et maintenant, si nous revenions à Foucault ?

- Hum, je pense qu'avant il serait sage de revenir aux catégories d'Aristote, pour voir si celles de Kant se situent en [#] ...

- À suivre, donc.

Hari

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