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L'Homme quantique

Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

À propos

Ce blog a déjà une longue histoire, puisque je l'ai commencé le 6 juillet 2006, et je ne suis plus tout à fait le même qu'à cette époque. Il fait d'ailleurs suite à un premier blog disparu corps et âme lors du naufrage d'un site englouti par l'un de ses concurrents !

À l'époque j'étais ingénieur, travaillant à Nouméa sur un chantier pour installer la centrale électrique d'un centre de traitement de minerai de nickel, sur le site de Prony et je dois avouer que je m'ennuyais ferme pendant cette fin de chantier, dans la routine du travail. Et je combattais mon ennui est ressassant de vieilles idées concernant les organisations, après les avoir synthétisées dans un article des "techniques de l'Ingénieur" : "Le management des organisations par le modèle sénaire".

Mais au fond de moi, je n'étais pas satisfait du traitement thermodynamique que j'utilisais à l'appui de ma thèse. L'idée générale étant qu'une organisation a une structure "fractale", j'en suis arrivé à renverser mon point de vue en me demandant si l'homme ou le Sujet pris comme brique de Lego dans mon jeu de construction ne pouvait pas à son tour être vu lui-même comme une structure organisée. Il y avait déjà à cette époque une modification de point de vue qui ressemble fort à ce que j'ai caractérisé dernièrement comme un changement de posture global/ local... Et puis mes pensées à l'époque n'étaient pas toujours au beau fixe (voir "Faire repartir la machine").

Un point important fut à l'époque ma fréquentation d'une assemblée Bouddhiste à Nouméa. J'en aimais la fréquentation paisible et la gentillesse des participants, mais très vite je me rendis compte qu'il m'était impossible d'accepter cette voie toute tracée. J'en gardais cependant la conviction que le "Moi" du Sujet n'est rien d'autre qu'un discours intérieur, une histoire que l'on se raconte à soi-même, et j'en acquis la conviction qu'il fallait m'en convaincre pour me libérer de mes propres démons et véritablement "voir" ou "être" pleinement au monde.

À l'époque donc, retiré sur mon voilier le "Olla", amarré dans la baie de l'orphelinat, je lisais Lacan pour déconstruire l'individu dans le fil de mes précédents travaux; mais poussé par un désir nouveau, c'était aussi le moyen de polir ce "Moi" qui gauchit toutes mes représentations du Monde. Je me retrouvais en fait au centre de ma propre réflexion, ne sachant plus marquer de frontière entre pensée scientifique et philosophique.

J'en étais à peu près là lorsque je retournais à Abidjan pour diriger mon dernier projet de centrale à Vridi. Pris par le chantier, j'écrivais assez peu, avec cependant cet instant particulier encore vivace à mon esprit : "Le hasard et la nécessité". Le chantier achevé, nous fîmes un petit tour à Nouméa, avec ma nouvelle compagne, pour revenir à Abidjan, dans l'idée de rebondir une dernière fois avant la retraite, et faire éventuellement du conseil en me basant sur ce que j'avais déjà développé. On peut retrouver mes hésitations d'alors dans cet article "Et rond et rond...", avec déjà l'idée d'un livre en gestation...

Je commençais donc à rédiger à Abidjan un manuel à des fins de conseils, mais très vite, j'abandonnais l'aspect "recettes", pour approfondir mes réflexions sur l'organisation de l'Imaginaire à partir des idées de Lacan, en utilisant toujours la structure sénaire d'Abellio. Hasard ou pas, j'avais profité d'un passage en France pour ramener le livre que la Pléiade consacrait à Lévi-Strauss, et j'ai le souvenir d'avoir partagé toutes mes matinées entre cette lecture et ma propre écriture, installé devant mon café-croissant du matin (jusqu'à midi) à la terrasse ombragée du Rallye, juste au-dessous de notre studio. D'ailleurs je vivais cette période d'écriture dans un triangle chambre/ brasserie/ piscine de moins de 30 mètres de côté, jusqu'à en être délogé lors des évènements de 2011 (voir "Quand il est temps").

Il s'ensuivit une période picaresque qu'il n'est pas temps de conter ici, mais déboucha sur la publication à compte d'auteur de mon livre "L'Homme Quantique" en 2014. J'espérais le vivre comme une délivrance et passer à la suite... Comme je ne m'attendais pas à un accueil enthousiaste, on peut dire que mon pessimisme n'a pas été déçu, mais du coup, je ne pouvais me délivrer d'un bébé qui s'accrochait à moi !

D'où l'idée de tester mon approche sur le domaine qui m'était le moins étranger: la physique, et puis surtout, j'avais hâte de faire lire ce bouquin à mon ancien binôme de taupe: l'ami Roger que j'avais déjà sollicité pour faire en duo une thèse en sciences économiques, présentée en 1982, sur la base de la structure absolue d'Abellio, qui accaparait mon esprit depuis 1974, et ne me lâchera que tardivement (voir "Synchronie-diachronie- L'abandon d'Abellio" publié en mars 2019!). Nous nous distribuions les rôles à l'époque: à lui les maths, à moi la physique... Et c'est au moment où j'essaye de le retrouver, en pianotant sur le web que je tombe sur sa nécrologie (voir "À Roger, Phillipe, Étienne").

Période un peu morte, comme j'en ai connu bien d'autres jusqu'en décembre 2014 (voir "Temps mort"), mais petit à petit, j'ose entrouvrir la porte des maths, faute de pouvoir m'en remettre à mon ami Roger (voir "Regard entropologique sur les maths" du 29/01/2015). Période pendant laquelle mon seul lien avec l'Europe doit être ma lecture de Mediapart et le blog que j'y tiens, en parallèle avec celui-ci.

Puis, coup de chance, je tombe sur un article de Mediapart qui parle de théorie des catégories à l'occasion d'une nécrologie de Grothendieck...

C'est un tournant dans ma démarche (voir "An entropological approach of mathematical categories #1" du 24/07/2016, 10 ans après mon premier article sur ce blog) ! Comme j'ai débuté par le livre de Lawvere, il me semblait plus rapide d'écrire en anglais...

Ensuite, j'ai assisté au séminaire de l'ENS 2017 consacré à Grothendieck, (voir "Séminaire Grothendieck à l'ENS" de 11/2017) visionnant Laurent Lafforgue sur Youtube, pour finir par assister au séminaire d'Olivia Caramello au lac de Côme en 2018. C'est au séminaire de l'ENS que je rencontre Anatole Khelif qui gère de main de maître son propre "atelier de logique topologique" à Paris Diderot, et me fait la grâce de pouvoir y faire quelques présentations, mal reçues en général, mais je persiste avec constance ! Voir celle de :

Bien entendu, ce travail de fond m'oblige à sans cesse revenir sur mes propres idées reçues, et je dois à chaque pas que je fais, revoir beaucoup de choses déjà écrites, voire me confronter à d'autres domaines. Ce fut par exemple le cas en assistant à une rencontre autour de la psychanalyse à Montréal en 2011 (voir "retour de Montréal"), quelques apparitions au colloque Dimpsy (autour de René Lew, rencontré à Montréal) (voir "Colloque Dimpsy") ou bien encore lors d'un colloque à Cerisy "Les psychanalystes lisent Spinoza" en 2016, au cours duquel j'eus l'occasion de faire un exposé de mes idées (voir "Après Cerisy") et où je découvris Spinoza !

Cette année, j'ai peu avancé dans ma compréhension de la théorie des catégories, trop occupé à revisiter la physique, me confronter à mes plus vieux démons et plonger au plus profond de l'Imaginaire pour en comprendre les ressorts les plus intimes, comme la différence entre addition et multiplication.

Mes derniers développements concernent essentiellement le stade du miroir et de quelle façon les mécanismes qui marquent cette évolution chez l'enfant, se retrouvent en mathématique comme en physique (le saut I01/IR).

J'espère ensuite pouvoir aussi précisément définir le saut suivant IR/I#, qui marque véritablement le domaine de la physique.

Dans un dernier temps, je voudrais alors "réduire" toute cette réflexion au langage des topos...

J'espère avoir l'occasion d'en faire une thèse visant à réintroduire le Sujet dans son discours sur l'objet, autrement dit la physique au premier chef...

Il y a donc encore beaucoup à faire, à apprendre et désapprendre avant de prendre pleinement conscience, comme c'était mon but originel, de la vacuité essentielle de notre ego pour jouir pleinement du spectacle du monde auquel nous participons...

Voilà ce que je peux vous dire à propos de ce blog, en espérant qu'au moins un lecteur se sente suffisamment d'affinité avec ce programme pour éventuellement m'y rejoindre... Un peu de compagnie me ferait du bien.

Hari.

Pour ceux qui se posent la question de ce surnom:

Jeune, j'ai lu en boucle pendant des années le cycle "Fondation" d'Isaac Asimov, et j'ai rêvé à la psycho-histoire inventée par le Professeur Hari Seldon... Ma démarche est une tentative pour réaliser ce rêve d'enfant.

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