8 Décembre 2025
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Le 08/ 12/ 2025 :
- Tu n'en as pas marre de cette lecture ?
- C'est long, mais indispensable : notre questionnement actuel s'est formé à cette époque et nous travaillons sempiternellement la même matière, parce que nous buttons toujours sur les mêmes apories...
- Tu exagères.
- Vraiment ? Pourquoi une psychanalyste poserait-t-elle en 2022 la question du "3" dans un colloque "mathématiques et psychanalyse" ? Question à laquelle je m'étais d'ailleurs arrêté lors de ma précédente lecture de la querelle, et exactement au même passage (voir "de l'hypostase"). Il est évident a posteriori que mes réponses d'alors demandaient à être creusées, au moins jusqu'à l'époque de Boèce et des conciles de Nicée et Constantinople 2 (voir article #24). Respiration dans l'exploration qui nous a aidé à comprendre que le verbe "être" puisse à la fois hypostasier l'objet (♧♻) ou servir de simple copule (♢⚤), en réponse à une nécessité plus ancienne ; quand Michel Foucault ne creuse pas en deçà de l'Âge Classique...
Alain de Libera nous entraîne à manipuler des concepts millénaires, de mieux comprendre leur évolution, voire leur émergence, au fil de leurs confrontation sur notre topologie, comme le déplacement des pierres sur le go-ban nous raconte une histoire.
- OK, d'accord, et pour en revenir à cette école Porrétaine, qu'allons-nous en tirer ?
- Un éclairage important concernant la différence entre "substance" et "subsistance".
- C'est encore d'actualité ?
- Plus que jamais. Nous avons jusqu'ici placé un peu vite la substance en ♧♻ comme nous plaçons la quantité conservée en [♻]♧ (i.e.: dans la démarche "Quantique" ↻/↻, et précisément au passage ♡⚤/[♻]♧). Il est donc intéressant de comprendre comment cette "subsistance", qui ressemble beaucoup à un principe d'inertie et à la "conservation" de Noether, s'impose dans la réflexion philosophique ! Ou plutôt, à quelle nécessité cela renvoie-t-il ?
Et pour éviter de commenter au fil de ma lecture, ce qui est assez lourd, je le reconnais, j'ai lancé Perplexity à l'assaut du texte :
— 🤖 : Ta demande vise à déterminer "ce que l’école porrétaine ajoute de véritablement nouveau" dans la querelle des universaux, en vue de son intégration à la grille entropologique — c’est-à-dire de comprendre le "déplacement structurel" qu’elle opère dans le champ conceptuel de la substance, de l’universalité et de la relation. Voici un condensé analytique dans ce sens :
Analyse : l’apport spécifique de l’école porrétaine
L’école porrétaine (Gilbert de Poitiers et ses élèves) introduit une mutation décisive dans la querelle des universaux : elle déplace le problème du "statut ontique" de l’universel vers celui de la "structure de la ressemblance".
Jusqu’à elle, deux modèles dominaient :
Les Porretani inventent une troisième voie — une ontologie que Libera nomme «conformisme», où "l’universalité devient un effet de la conformité entre subsistances", non une entité ni un pur mot.
Autrement dit :
L’universel cesse d’être "ce qui fonde la collection" pour devenir "ce qui résulte de la ressemblance causale des membres d’une collection".
Trois innovations ontologiques majeures
Cette distinction fonde une logique triadique (essence – subsistance – substance) qui redouble dans ton schème entropologique (de ♡ à ♻ à ♧).
Elle délie le plan de l’"être (ce qui «est en soi») du plan de l’"avoir" (ce qui «soutient autre chose»), anticipant la décomposition ontologique moderne entre "structure" et "énergie", ou entre "forme" et "portance".
Au lieu de penser que les individus participent à une même Forme, Gilbert affirme :
Dire que deux êtres ont une même nature ne signifie plus qu’ils *partagent* quelque chose, mais qu’ils "adviennent parallèlement selon une même forme causalement efficiente".
L’universel devient donc cause formelle répétée plutôt qu’essence commune, ce qui introduit une ontologie itérative plutôt que participative — une véritable prémisse à une lecture "entropologique" des universaux, comprise comme propagation d’une invariance au sein de singularités distinctes.
En termes entropologiques
L’école porrétaine inaugure une pensée de la cohérence sans identité — l’idée qu’un ordre de réalité peut rester invariant sans reposer sur une substance commune.
Cela ouvre une structure à trois niveaux :
| Niveau | Concept médiéval | Schème entropologique possible |
| Supérieur (archétype) | Universel causal, forme divine | ♡ — principe d’unité, logique de l’archétype |
| Intermédiaire | Conformitas (relation de similarité) | ♢ — relation d’isomorphie / copule interne |
| Inférieur (individuel) | Subsistance singulière | ♧ — consistance singulière, inertie/conservation |
Ainsi, la subsistance se comprend comme un opérateur de stabilité interne — ce que tu rapproches à juste titre du principe de conservation de Noether : maintien d’un invariant à travers la pluralité des formes en acte.
- Bon, c'est déjà une bonne base de lecture, mais il faut malgré tout revenir au texte car si Perplexity commence à bien reconnaître les modes, et les niveaux, il a du mal à "penser les deux" en même temps c.-à-d. se faire une "représentation topologique" du discours.
- Je ne vois pas ?
- Il mélange encore les deux, en écrivant (de ♡ à ♻ à ♧). Il veut faire plaisir, mais ne maîtrise pas encore totalement les glyphes qu'il emploie. Et puis surtout, il nous reste à distinguer entre ce qui relève de ♢⚤ et de ♢♻. Ceci dit, il nous a malgré tout fourni un plan en 3 points. Je laisse la main à Perplexity : (pour les sources suivre le lien)
— 🤖 : La distinction «subsistance» / «substance» est abordée dans trois blocs bien repérables du passage que tu cites, tous dans la section «L’onto-logique de Boèce, ou le discours sur les subsistances» et «Essence, substance et subsistance». Dans l’édition de poche Seuil (coll. Points, 2014), cela se situe autour des p. 212‑214.[1][2]
— 🤖 : Les deux notions sont définies, à propos du Contra Eutychen de Boèce (début de la section «L’onto-logique de Boèce…») :[1][2]
- Bon, c'est un peu trop concis pour être utile. Reprenons :
"La subsistance (subsistentia, qui traduit le grec ούσίωίος) est la propriété de «ce qui n’a pas besoin d’accidents pour être». La substance (substantia, qui traduit le grec ὑπόστασις) est ce qui fournit aux accidents le sujet dont ils ont besoin pour être. La propriété caractéristique de la substance (le substare) est ainsi de supporter des accidents, de leur servir de sujet, de subiectum. Subsistance et substance permettent de redéfinir ontologiquement les prédicables de Porphyre. Pour Boèce les genres et espèces sont seulement subsistants, tandis que les individus sont, au contraire, à la fois subsistants et, si l’on peut dire, substants. Ils sont subsistants parce qu’ils n’ont pas besoin d’accidents pour être. Ils sont substants parce que les accidents ont besoin d’eux pour être et qu’ils leur offrent ce sujet ou substrat qui leur permet d’être." p. 212
- Il faut revenir à Boèce pour vérifier que l'on n'avait pas fait de contresens à l'époque (cf: #24) :
"Ainsi définie, la cogitatio collecta est en toute rigueur un «concept» [i;e.: ♡⚤], un Be-griff, une saisie synthétique du dissemblable sur la base d’une ressemblance; c’est un «rassemblement logique♧⚤», le produit de ce que Syrianus appelait, un siècle avant Boèce, un «acte de rassemblement rationnel» [i;e.: ♧⚤↑♡⚤] (λογισμῷ ξυναιρεῖν)." p. 163
- Ça a l'air de confirmer ton interprétation : sur R↓ , il s'agirait bien du passage ♧♻/♡⚤, ou pour être plus explicite encore :
| concept | ♡⚤ | ♡♻ | ||
| ⇖ | ↓♢♻ | |||
| ♧⚤ | ♧♻ |
- Oui, ce qui nous renverrait à la Trinité :
— 🤖 : Ὑπόστασις (hypóstasis) signifie d’abord, en grec, «ce qui se tient dessous», «fondement», puis «réalité subsistante», «individu concret», selon les contextes.
Sens philosophiques et théologiques
• En grec classique et hellénistique, ὑπόστασις peut désigner le «support», le «fondement réel», la «réalité effective» par opposition à l’apparence.
• Dans la théologie trinitaire (IVᵉ‑VIᵉ s.), ὑπόστασις prend le sens technique de «hypostase», c’est‑à‑dire une réalité individuelle, un «subsistant» (le Père, le Fils et l’Esprit comme trois hypostases partageant une même οὐσία).
C’est cette notion que la tradition latine rendra, selon les auteurs, par subsistentia ou parfois persona, et qui se trouve derrière la distinction boécienne essence / subsistance / substance.
Et au verbe "être" comme support ontologique de l'objet en ♧♻. Par-delà l'univers Chrétien, pense au "Ma" 間 japonais...
Maintenant, il faudrait comprendre ce passage comme "chapeautant" ♧♻/♡⚤, tout ce qui monte de l'observation.
- Exemple ?
- Un dialogue :
Et tu retrouves tout au fond, le principe d'une rencontre entre un "concept" et un "percept" validé par l'imagerie médicale.
Maintenant, la "substance" est fondée ontologiquement au niveau [♻], résultant du passage ♡♻↓(♢♻↓)♧♻.
Là encore, le passage renforce ce que nous avions déjà établi à propos de l'Ars Meliduna (voir (c) dans #26) :
- Il reste l'essence.
- Oui, retournons au texte :
"Dans cette perspective, tout composé est donc d’ordre substantiel et toute substance peut être appelée une «essence» – les deux descendances latines de l’οὐσία, «substantia» et «essentia», se trouvent ainsi réconciliées. Plus exactement, la con-sistance ontologique de chaque chose qui est, c’est-à-dire de chaque essentia, peut être visée de deux manières :
Car toute essence non seulement est, mais ex-siste à partir de ses éléments constitutifs." p. 214
Comme tu le vois, dans sa traduction de l’οὐσία, Perplexity n'a pas oublié de rappeler la Trinité :
— 🤖 : Dans la théologie chrétienne (Conciles de Nicée, Constantinople), οὐσία sert à dire l’«essence» divine commune aux trois hypostases, par contraste avec ὑπόστασις qui marque la réalité personnelle subsistante.
- Avec le Saint Esprit en lieu et place du verbe "être", ontologique en ♧♻?
- Oui, cette fois-ci je pense que les pièces du Lego s'agencent bien... Donc, pour "voir" l'objet en sa substance ET sous ses divers qualités, la seule place cohérente est ♡⚤, où l'"essence" est placée au rang de "concept".
Résumé :
| Stoïcisme | |||
| ↺ | ♡♻ | Logos | |
| ↑♢♻ | Lekton φαντασίαι (représentations). |
||
| [⚤]♧ | → | [♻]♧/♧♻ | corporel |
| Logique | Physique | ||
(nota : sur le cross cap de spin ↺ la flèche ↑ est suivie de →)
— 🤖 : Au début de «Essence, substance et subsistance», Libera montre comment les auteurs du XIIe siècle (Thierry de Chartres, Pierre Hélie, puis l’école porrétane) redistribuent substance / subsistance en fonction de l’hylémorphisme :[1][2]
On peut comprendre le passage de la doctrine de l'hylémorphisme d'Aristote, au concept d'essence comme un glissement :
- Pour quel gain ?
- En évitant l'abstraction aristotélicienne, tu peux accéder à la "forme" de l'objet de façon immanente en [⚤]. La différence discours—[⚤]/[♻]—ontologie est plus nette.
Le 09/ 12/ 2025 :
|
La notion de conformitas (conformité) remplace celle de participatio |
— 🤖 : Libera formule explicitement les trois points que tu veux articuler : déplacement de la participatio à la conformitas, pluralité des formes «de même espèce», et statut de la ressemblance. Tout ce que tu as résumé se trouve appuyé par des phrases très précises du texte.
Libera introduit la conformitas comme "théorie alternative" à la participation platonicienne, en disant que Gilbert doit «réinventer le platonisme» faute de pouvoir reprendre la participation au sens strict :[1]
Ce passage se trouve dans la section «Gilbert de Poitiers et le conformisme ontologique», au moment où Libera passe de la question du fondement ontologique du discours à la reconstruction d’un platonisme non participatif.[1]
- Il faut creuser jusqu'à l'os cette question de participation platonicienne (Note 1) et son refus qui remonte à Boèce. En fouillant avec notre IA, je trouve ceci :
— 🤖 : Boèce écarte la participatio platonicienne principalement pour préserver la cohérence de la foi trinitaire et christologique.
Trinité : distinguer sans diviser
Dans le De Trinitate et le Contra Eutychen et Nestorium, il doit articuler deux exigences dogmatiques
Si l’on appliquait à Dieu une participation platonicienne «standard» (plusieurs participent à une même Forme), on risquerait :
Boèce préfère donc :
La raison théologique profonde du rejet de la participation platonicienne est donc de sauvegarder à la fois l’unicité de Dieu et la réalité des trois personnes, sans introduire un «troisième terme» au‑dessus d’elles, ni réduire les personnes à de simples effets ou fragments d’une Forme divine commune. (sources : lien)
Voilà qui est clair. Maintenant, pour bien comprendre l'enchaînement, repassons le film, depuis le début (voir "# 18 — l'Isagore de Porphyre")
| concepts | ♡⚤ | ♡♻ | ||
| [⚤]♡ | νοήματα | • | [♻]♡ | |
| ⇘ | ||||
| [⚤]♧ | φωναί | ὂντα | [♻]♧ | |
| mots | ♧⚤ | ♧♻ | choses |
Avec un raccordement commun Formes⇘Choses chez Platon et Aristote, bien que :
| Platon | Aristote | |||||||
| [⚤]♡ | ← | [♻]♡ | ♡⚤ | ♡♻ | ||||
| participation | ⇘ | ↑ | ⇘ | ↑♢♻ | εἶδος | |||
| [⚤]♧ | ← | [♻]♧ | ♧⚤ | ♧♻ | οὐσίας | |||
Vient alors Boèce —néoplatonicien dans un cadre théologique. Il emprunte, comme Aristote la voie des mots, mais en partant du Symbolique, comme Platon.
| Boèce | |||||
| Credo | ♡⚤ | ♡♻ | Père | ||
| ↓ | ⇖ | ↓ | |||
| Fils | ♧⚤ | ♧♻ | Esprit | être | |
Dans ce schéma la position ♡⚤ est celle d'où le Chrétien exprime "le Fils est le Père", qui détermine le lien dual menant du Fils au Père : ♧⚤/♡♻; à rapprocher de la cause éponymique de Platon : (Note 2)
| Boèce | Platon | ||||||||
| ♡⚤ | ♡♻ | [⚤]♡ | ← | [♻]♡ | |||||
| ↓ | ⇗ | ↓ | ⇗ | cause éponymique | |||||
| ♧⚤ | ♧♻ | être | [⚤]♧ | ← | [♻]♧ | ||||
- Reviens à Gilbert...
- Désolé pour le détour, mais j'avais besoin de vérifier nos bases, et c'était nécessaire car cela m'a conduit à reconsidérer mes propres a priori (Note 1)
Il y a apparemment chez Gilbert un déplacement du concept de "forme" ♡⚤ qui "donnait sens" à la substance, vers ♢⚤(comme "organisation commune") ou ♧⚤ (comme "signifiant").
Et cette évolution est permise par la fonction "ontologique" du verbe "être" qui, en quelque sorte, fait "advenir" la forme en la "substantifiant" ⇗. Corrélativement ⇖: l'objet devient "objet de discours"; de même qu'en racontant la vie de Jésus, la Bible "parle" de Dieu.
Et c'est ce rapport de Un à un qui ne colle pas avec la participation.
- Je crois que l'on a compris, mais qu'en est-il de la conformité ?
- Nous y arrivons dans la suite du texte. Tout d'abord, il faut vérifier cette idée que la forme change de mode.
— 🤖 : L’idée que chaque individu possède sa forme propre, identique en espèce mais numériquement distincte, est explicitée dans le développement sur la ressemblance spécifique :[1]
- Je te propose l'hypothèse suivante; en opposition à l'Ars Meliduna, qui nous l'avons vu renvoyait tout vers la substance au niveau [♻] du côté des Stoïciens, Gilles de Poitiers renvoie tout au langage au niveau [⚤]. De ce point de vue, l'auteur 𓂀 se tient en ♡⚤ d'où il peut faire le lien entre :
En ce sens Caton et Cicéron sont différents, et leurs formes spécifiques sont identifiables par des noms différents.
Il peut, toujours en ♡⚤, faire le lien entre :
En ce sens Caton et Cicéron ont même subsistance d'homme.
Pour t'en faire une idée moderne, tu peux rapprocher la "subsistance" de "l'objet classifiant" en théorie des catégories.
— 🤖 : Libera insiste à plusieurs reprises sur le fait que la ressemblance ne vient pas d’une forme "commune communiquée", mais d’une conformité des structures propres à chaque individu :[1]
- Je pense que cela confirme notre lecture et notre métaphore de l'objet classifiant en ♢⚤.
C’est exactement ce que tu as résumé comme passage d’un
Dans tes termes entropologiques, ce glissement correspond bien au passage d’une copule externe ♢ (une Forme commune «se communiquant» à plusieurs sujets) à un "isomorphisme interne" entre structures ♧♻ : chaque subsistant a sa propre forme, mais ces formes se répondent selon une même loi de causalité formelle, ce qui fonde le «même nom» et la «même définition» sans identité de forme au sens strict.[1][2] (Sources suivre le lien)
- Il est remarquable, à mon sens, de constater de quelle façon cette approche "Reale" vient travailler le niveau [⚤] soit le langage, dans la voie des mots...
- De même que les Stoïciens ont charpenté la logique du discours... Ou qu'un mécréant comme toi ne cesse de nous parler de la Sainte Trinité...
- Pour en revenir au sujet, l'articulation entre Cicéron et Caton, se forme bien comme discours, à l'aide de la copule "et" de la syntaxe en ♢ :
((Caton ET Cicéron) ont même subsistance d'homme en ♢⚤)𓂀♡⚤.
Pour donner plus de relief à la chose faisons le parallèle :
| Zénon | Gilles de Poitiers | ||||||||
| ♡♻ | Logos | Essence | ♡⚤ | ♡♻ | Causalité | ||||
| ↺ | ↑♢♻ | Lekton | Corrélation | ♢⚤↓ | ⇖ | ↓ | |||
| [⚤]♧ | → | [♻]♧/♧♻ | corporel | Forme propre | ♧⚤ | ♧♻ | Substance Subsistance |
||
| Logique | Physique | ||||||||
- Voyons si la suite confirme cette perspective...
— 🤖 : "Libera montre d’abord, via Boèce, que le vocabulaire passera de l’«avoir» quelque chose à « être » quelque chose, en distinguant nettement subsistentia et substantia :
De là, la différence entre individu et universel se reformule ainsi :
C’est ce que Libera explicite quand il dit que, pour Gilbert, «chaque chose a
Autrement dit : au lieu de dire que deux êtres ont la même forme au sens d’un «avoir en partage», Gilbert soutient qu’ils sont chacun, par leur forme propre, ce qui les rend de même espèce. L’«avoir en commun»
- D'un mot, je pense que l'on peut résumer en disant que Gilles passe de ♢♻ en ♢⚤ .
— 🤖 : C’est ici qu’intervient la conformitas. Libera caractérise le projet porrétain en ces termes : la fonction de la notion de conformité est « d’expliquer en quoi deux choses ont et n’ont pas à la fois la “même” forme ».
Le genre, défini comme «collection d’individus [i.e.: ♢⚤] réunis par une ressemblance», n’est
D’où la subversion de la vieille opposition être/avoir : dire «ils ont une même nature»
- Là encore, on peut facilement lire le texte en pointant sans problème les concepts sur notre topologie.
— 🤖 : Libera rattache explicitement cette théorie à un universel «antérieur à la pluralité» [i.e.: ♡♻] de type causal, en s’appuyant sur Denys l’Aréopagite : «la cause de la conformité entre choses réunies dans une collection est donc l’universel qui contient en unité ce que la pluralité développe et réalise en conformité ».
L’universel est ici décrit comme archétype (originalis exemplum) dont chaque singulier [i.e.: ♧♻] reçoit une «forme native» (forma nativa) qui en fait une copie conforme à tout autre participant du même universel.
Deux déplacements en découlent :
C’est exactement ce que tu condensais en parlant d’«universel comme cause formelle répétée plutôt qu’essence commune» et d’«ontologie itérative plutôt que participative» : le réalisme porrétain n’additionne plus des parts d’un même tout idéal, il suit la propagation d’un même type de structure au fil de singularités numériquement closes sur elles‑mêmes.
- Je le schématise ainsi :
| Gilles de Poitiers | ||||
| Essence | ♡⚤ | ♡♻ | Causalité | |
| Corrélation | ♢⚤↓ | ⇖⇗ | ↓ | |
| Forme propre | ♧⚤ | ♧♻ | Substance Subsistance |
|
Ce retour du multiple des signifiants sur la cause unique est d'ailleurs explicite :
"Pour les Porrétains, l’unité d’un genre défini comme une «collection d’individus» est fondée dans une «ressemblance» ou «similitude» entre «les effets» [i.e.: ♧⚤] de l’universel.
[...]
Ainsi, l’école porrétaine répond à la question cruciale qui oppose nominalistes et réalistes : comment déterminer ce qui, dans la réalité, fonde la perception d’une ressemblance spécifique ou générique entre une pluralité de choses individuelles ?" p. 218-220
Ouf, je pense avoir fait le tour.
- Attention : ce petit tour de piste n'est en aucune manière une confirmation de ta topologie, peut-être as-tu tordu cette lecture comme un mauvais menuisier force un tenon rond dans une mortaise carrée !
- J'en suis très conscient, et d'ailleurs, je ne cesse d'ajuster mes représentations au fil de ma lecture. Ceci dit, même en tenant compte d'ajustements parfois importants, j'ai malgré tout l'impression que le processus est convergent...
- Subsistant pour ainsi dire !
- Amen
Hari
aa
bb
Note 1 : le niveau [♻]
- J'ai sans doute mal caractérisé le niveau [♻] en le rattachant trop rapidement
C'est venu de l'idée que le niveau [#], celui de la "continuité" s'est spécialisé tardivement à partir du niveau [♻], celui de la substance. Je m'étais pourtant opposé à l'idée de "continuité" chez les philosophes Grecs lorsque François Jullien l'avait évoquée à Cerisy (voir mes réflexions dans "Cerisy 25 - François Jullien #01"), et je ne sais pourquoi, je me suis laissé contaminer, sans doute par facilité intellectuelle.
Que [#] se soit spécialisé à partir de [♻] est une chose, mais celà n'implique pas que ses concepts caractéristiques y fussent déjà là, nativement, préconçus en quelque sorte.
Non, ce qui caractérise [♻], c'est l'idée de "globalité". À l'origine, et très explicitement chez Parménide : un tout insécable.
Ensuite, j'ai placé les deux catégories genre et espèce en ♢♻. Ce qui permet de comprendre ♧♻↑♢♻ comme la "participation" de objet à l'espèce par exemple.
Mon erreur a été de réduire cette "participation" à la dualité tout/ parties, et j'ai repris à plusieurs fois l'image d'une tarte et de "parts de tartes".
Image erronée, qu'il faudra nettoyer de mes textes précédents. Si "Socrate est un homme", en retirant Socrate de l'Humanité, je ne retire rien à ce concept alors, qu'en retirant une "part" la tarte diminue (ça dépend d'autres axiomes, mais c'est en gros l'idée).
La vrai distinction [⚤] / [♻] tient à la fermeture imaginaire nécessaire pour envisager la "globalité" de l'objet.
- Autrement dit :
- Oui avec un bémol : ℚ qui définit la rationalité, mis en [♻] à ce titre, reste archimédien. Il faut que je trouve une caractérisation plus profonde et "évidente", qui m'échappe pour l'instant.
Note 2 :
- Il faudra y revenir à l'occasion de notre discussion sur la sémiotique. Cette tripartition en effet n'est pas sans rappeler la triade du signe de Pierce.
Voir ici ce qu'en dit perplexity : (lien); et sa conclusion :
— 🤖 : En termes entropologiques, on peut lire la triade peircienne comme :