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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Retour à Sun Tzu

Souvenir de la centrale de Vridi

- Cette présentation aux anciens HEC m'a ramené à mes jeunes années, et à mon désir de "faire du conseil". 

- En réalité tu ne t'y es jamais résolu, et au moment de sauter le pas tu as tourné casaque...

- C'est vrai et je ne le regrette pas : mes années à diriger des projets industriels ont été mes plus belles années professionnelles. Voir une centrale électrique surgir d'un terrain plat comme la main, du côté de Neishabur ou d'ailleurs, c'est jouissif. Non, j'étais plus intéressé par l'idée "d'améliorer" le fonctionnement d'un groupe humain de façon générale, de comprendre la mécanique humaine, et les causes de ses multiples grippages conduisant à la bureaucratie, que de vendre mes heures de présence en restant spectateur. Là, j'étais aux manettes, et j'ai toujours plaisir à en voir le résultat sur Google Earth !

- Tu y avais repensé un temps, pour préparer ta retraite...

- Effectivement, après avoir retravaillé notre thèse (voir "À Roger, Philippe, Étienne") pour en faire cet article en 2006. Je pensais développer une "méthode" à partir de ça, mais c'est parti en quenouille : je n'arrêtais pas de développer les bases de la méthode au détriment de la partie utilitaire, et puis, j'ai tout balancé par-dessus bord, pour m'intéresser à l'individu lui-même au sein du groupe.

- Tu avais, je m'en souviens, l'idée d'une structure fractale, où l'individu serait à l'image de la structure sociale (voir "La structure de l'Imaginaire- suite"); c'était en 2015, après avoir découvert Lévi-Strauss en écrivant "L'Homme Quantique", et repiqué son idée d'entropologie...

- C'est vrai, et je n'y ai plus beaucoup repensé depuis, accaparé que je suis par ma propre évolution au fil de mes réflexions, c'est bien plus gratifiant que d'avancer une énième théorie qui passera comme les autres.

- Sauf qu'il te devient difficile de communiquer, et que tu en es réduit à te parler à toi-même. Tu t'enfermes mon ami, tu t'enfermes...

- C'est bien pour cela que je cherche désespérément à partager mes idées. Pour la discussion, c'est open bar !

- Pas très attrayant ton bar, vu le silence qui t'entoure...

- C'est un très gros problème, et je ne sais pas comment rendre mon approche attrayante.

- Les gens s'intéressent à ce qui leur est utile, pour résoudre leurs problèmes, ou répondre à leurs questions, tout en était simple d'accès. C'est une question typiquement "entropologique" : leur énergie mise à comprendre ta démarche doit être moindre que celle qu'ils emploient à régler leurs problèmes quotidiens, voire leur proposer une issue lorsqu'ils sont piégés dans une boucle. Autrement dit il te faut des biscuits pour leur goûter... As-tu quelque chose à proposer ?

- Puisqu'on en est aux questions d'organisation, il y aurait bien cette structure du discours qui s'est invitée d'elle-même sous ma plume (voir "Présentation Zoom"):

𓂀/𓁜 [∃] [⚤] [#] [♲] [∅]
[⚤]  (...𓁜)𓂀 TEMPS
[#] (𓁝𓁜)𓂀 ESPACE
[♲] (𓁝𓁜)𓂀 QUANTA & RELATIVITÉ

Ce schéma de l'organisation intime de l'individu, résultant de millions d'années d'adaptation du vivant à son milieu, me ramène aux questions qui m'agitaient concernant l'étagement optimum des niveaux dans une organisation. J'en étais arrivé à pondre cette courbe de rendement (basée sur des considérations thermodynamiques un peu faiblardes, certes, mais qui colle assez bien à l'observation).

J'ai gardé en tête l'idée qu'une organisation optimum doit avoir 3 à 4 niveaux maximum (le point d'inflexion sur cette courbe). Mais je n'avais pas vu la différence de nature des sauts d'un niveau à l'autre, qui accompgne ce phénomène de concentration de l'information...

- Je ne comprends pas, peux-tu préciser ?

- Roger et moi avions développé une notion de "regroupement" de l'information, de niveau en niveau, basé sur une structure de groupe. En bref, nous étions restés sur l'idée que "l'information se condense" de strate en strate, ce qui est tout à fait dans la ligne du "big data" et de la "pensée complexe".

- Et alors ?

- Mon schéma de la structuration du discours est d'un tout autre ordre : Imagine une organisation quelconque comme une structure à 4 étages, vu par nous en tant "qu'organisateur" 𓂀, en reprenant nos différents symboles : 

𓂀    
[∅] donne le "sens" final de l'organisation volonté politique
[♲] en tire "lois" et les "choix" arbitrage stratégique: 
[#] "planifie" les actions plans# stratégiques: 
[⚤] "actualise" les programmes processus tactiques:  
Le terrain, hors structure le choc du Réel

- En fait, il n'y a rien de neuf sous le Soleil, n'est-ce pas ?

- Oui et non... Nous avons vu que cette différenciation, somme toute classique, se rapporte à la structure de notre Imaginaire. Nous en avons suivi la genèse avec Piaget, Changeux, Freud et Lacan, pour en retrouver la trace jusque dans les "lois" de la physique et leur expression mathématique, et ça c'est  aussi nouveau que radical!

Prends comme organisation une armée.

  • Au niveau stratégique, tu as une pléiade de généraux en chambre qui bâtissent des plans sur la comète pour envisager toutes les éventualités possibles et imaginables. Et le terme de "planification" est particulièrement bien choisi : la réalité y est vue "à plat", soit sur des cartes d'état-major, soit avec un temps orthogonal à l'espace, sur des histogrammes. 

- Ça me rappelle les réunions de chantier, où l'on déballait plans et plannings.

- Oui, c'est un exemple au raz des pâquerettes!

  • Au niveau tactique, il s'agit de dérouler des "processus", de passer d'une étape à la suivante, de gérer des flux logistiques ou autres, et le maître mot, c'est le temps.

- Ça se recoupe assez bien avec l'expérience mais il n'y a là rien de neuf...

- Soit, mais que dirais-tu de voir un DG ou un ministre descendre au niveau tactique pour faire avancer les choses ?

- Qu'il n'est pas à sa place et qu'il colle des rustines. Mais ça je le savais déjà...

- Maintenant tu en as la confirmation théorique!

- Pas forcément, repense à Sun Tzu, d'ailleurs je te rappelle que tu as commencé ce blog en 2006 par lui ! (voir "de Sun Tzu à Asimov"). Il parle bien des "moyens ordinaires" et "extraordinaires" utilisés tous deux par le général, bien que de niveaux différents...

- Je ne l'oublie pas, et ce que nous trouvons ici, recoupe bien son enseignement d'hier. 

Reprenons depuis le sommet, en considérant ce qu'il dit de la différence entre le rôle du seigneur, qui décide de l'emploi ou non de l'armée et celui de général en chef, qui l'organise.

En ce sens, nous avons bien :

1/ Le seigneur ou 𓂀, celui qui a la parole, dont les décisions politiques ne sont pas discutées par

2/ Le général en chef, notre Sujet 𓁝 aux ordres, en position ex ante.

3/ L'expression de la volonté politique nécessite un retournement du général en chef pour "organiser" l'armée en édicter les lois et allouer les ressources. Retournement qui s'exprime ainsi : (([♲]𓁝𓁜[∅])⏩([♲]𓁝𓁜[∅]))𓂀 

Dans le mouvement, 𓁜 se subroge à 𓂀 pour définir, planifier et gérer l'armée...

- Tu penses au général qui s'était engagé à faire marcher au pas les concubines de son seigneur ?

- Exactement : une fois l'objectif déterminé, le général en chef maîtrise les moyens mis à sa disposition. S'il s'agit de faire marcher au pas une troupe d'opérette, il peut faire couper le cou à l'une des récalcitrantes, fût-elle la favorite du seigneur,  pour rétablir l'ordre dans les rangs, sans qu'il ait son mot à dire. 

Ce mouvement est commun à toutes les cultures, et ça me rappelle cette blague juive des deux rabbins qui se crêpent le chignon à propos d'un verset du Talmud. Dieu lui-même, importuné par leur vacarme, veut intervenir dans la dispute et donner sa réponse, mais les rabbins se retournent contre lui en faisant valoir que leur dispute ne le concerne pas...

4/ Planifier et organiser signifie maîtriser le temps et l'espace. Relis Sun Tzu pour voir à quel point c'est l'âme même de la "stratégie". Pense à ce seigneur qui organise le mariage de sa fille avec son ennemi, en prévision  d'une guerre à venir dans 20 ans... Le temps est vu ici dans sa dimension "spatiale" comme le mouvement d'un pion sur un échiquier. À ce titre, c'est en épluchant les annuaires de chemin de fer que Joffre a gagné la bataille de la Marne, pas en faisant le coup de feu !

5/ La chaîne de commandement jusqu'au terrain consiste alors à traduire ces plans# au niveau [#] en actions au contact du Réel .

Il n'y a donc rien de révolutionnaire dans notre façon de présenter les choses, sauf à attirer l'attention sur la spécificité des échanges entre niveaux de la hiérarchie et des ajustements de point de vue qu'ils impliquent...

 - Mais que fais-tu de l'enseignement de Sun Tzu, en particulier de son idée qu'il faut s'attaquer aux plans de l'ennemi (en tuant le planificateur de préférence), ou de la distinction entre forces "ordinaires" et "extraordinaires".

- C'est une utilisation subversive de ce que nous venons de voir !

Sachant que l'organisation implicite d'une armée suit approximativement le schéma que nous venons de tracer, tu peux perturber l'adversaire en adaptant ton attaque au type de relation visé...

Décapiter la tête a été de tout temps le moyen le plus économique de désorienter une armée, d'où le succès des guerres dites "asymétriques" actuelles.

Par ailleurs, il est évident qu'une force extraordinaire, ce que nous appellerions groupe de choc, fonctionnant dans l'instant ⇅, peut facilement s'attaquer à un corps de troupe occupé à se développer dans un mouvement stratégique#. La question est donc bien relative au temps.

- Tu cherches à vendre ta salade, pas besoin de tout ceci pour le comprendre...

- À ceci près que la question du temps se pose de façon spécifique à chaque niveau, et tu peux jouer là-dessus dans un conflit.

Aux temps anciens de la Chine, le premier geste de l'Empreur était de définir la gamme musicale (cf.: "Convergences") à 8 notes (pour la dynastie de Yin) ou 9 notes (pour celle des Tchou). Il s'agissait au sens propre de "mettre en musique" tout l'Empire. Mais à une échelle plus modeste, la question se pose également de nos jours, en termes de valeur du temps, ou mieux de l'espace-temps !

- La "valeur de l'espace-temps" ? Tu y vas fort.

- Regarde ces cartes ferroviaires évaluant les distances en fonction du temps de trajet, ou de son coût, qui en déformant l'espace géographique, aident à estimer l'opportunité d'une implantation à Bordeaux plutôt qu'à Carpentras en fonction de critères définis en [♲]. On peut en parler au sujet de l'aménagement d'un territoire, mais plus banalement dans l'industrie. Le coût du temps♲ est véritablement une décision de niveau politique. Souviens-toi par exemple de ce transport évoqué en son temps, d'un transformateur de 70T par Antonov de France jusqu'au Vietman, pour respecter une date d'inauguration, à cause d'une grêve dans le port de Sanghaï... Creuse tes souvenirs, tu trouveras des exemples à la pelle: un avion affretté en urgence pour acheminer une pièce d'Europe à destination d'une plateforme de forage au large du Gabon. Lorsque le coût de location d'une plateforme est de 600.000 $/jour, la "valeur" des mouvements qui s'y rapportent est différent de celle que tu accordes à tes mouvements quotidiens.

- Oui, bon, "le temps c'est de l'argent", tout le monde le sait...

- Certes, mais notre mise en perspective permet d'y réfléhir de façon plus structurée. Par la désinformation, tu peux certainement encourager un adversaire à investir dans une ligne Maginot, quand tu prépares la Blitzkrieg, enfin des choses de cet ordre, les militaires auraient certainement des idées sur le sujet. Il peut être opportun de perturber, non seulement ses lignes de transmissions à l'échelon [⚤], mais également le temps mis à interpréter# les informations transmises en [#] ou plus en amont, en agissant sur la doctrine militaire de l'adversaire, en travaillant au niveau de la formation des cadres de son armée...

Par ailleurs, ton organisattion# des filiaires d'approvisionnement et d'information dans une "vision statégique#" de contrôle et de maîtrise du terrain, peuvent en bloquer totalement "l'exécution". La bureaucratie tue plus sûrement qu'un snipper..

- Arrête là, sinon tu vas partir dans des considérations politiques... Mais reviens plutôt à cette différence moyens ordinaires/ moyens extraordinaires. De quelle façon le général en chef doit-il en user ?

- Ce serait intéressant d'en discuter sur pièces car je n'ai pas d'expérience particulière en la matière. Tentons de le formuler ainsi : il s'agit de désorganiser la circulation entre les niveaux [#] et [⚤] de l'adversaire. Ça pourrait consister pour 𓂀 à obliger le niveau [#]𓁜 à rester dans l'attente d'un rythme qui lui serait imposé par mon action (𓁝[#])𓂀, autrement dit, à forcer le mouvement : (𓁝[#]𓁜𓁝[#]𓁜)𓂀. Le "gain" attendu de cette action est d'imposer son rythme à l'adversaire, et de conditionner sa ((stratégie#)𓁜)𓂀 par le rythme imposé.

- C'est juste une réécriture de ce que l'on sait depuis Sun Tzu...

- Je ne cherche pas à faire du neuf, mais simplement à prendre du champ, par rapport aux leçons que Sun Tzu tire de son expérience. Cette réécriture nous permet par exemple de rapprocher des actions de harcèlement destinées à accélérer le temps propre à l'adversaire et la tactique de la "terre brûlée" des Russes, qui au contraire consistait à le ralentir, autrement dit ralentir ses flux d'approvisionnement. Dans l'un et l'autre cas, les plans de l'adversaire ne collent plus à la réalité du terrain. Aux échecs, on dit que l'adversaire "perd le trait".

- Bon, OK, mais tu n'as rien de plus excitant ?

- Il y a des façons subtiles d'influencer l'ennemi.

Quoi de mieux par exemple, pour qu'un état se délite, que de proclamer, comme Adam Smith le fît, que "le désir des particuliers conduit à l'intérêt général" ? Avoue que c'était pain béni pour une bourgeoisie rêvant de s'élever en profitant d'un vent de liberté soufflant à l'époque sur l'Europe.

Si tu arrives à faire gober cela à la relève du pouvoir, l'état se délite de lui-même, puisque faute de toute volonté politique, et donc de doctrine ou de choix politique, il n'y a plus de stratégie# et le fait social se résume à un processus thermodynamique au niveau le plus élémentaire qui soit! Qu'importe alors que les rênes du pouvoir soient aux mains de clowns, d'affairistes ou d'énarques, nous sommes au plus bas niveau de développement possible, simplement soumis aux lois de l'entropie... qui s'exprime statistiquement en [⚤]. 

- Tu as des exemples en tête ?

- Non, non, à chacun le plaisir d'en trouver, je voulais juste te montrer que mon approche n'est pas là pour faire joli, mais nous parle d'un monde très concrêt ! 😉

Hari

Note du 09/02/2021 :

Je tombe ce matin sur un article de Mediapart "L'armée française à l'assaut de nos imaginaires" qui décrit la doctrine Guerasimov de la guerre irrégulière. Chef d’état-major des forces armées russes depuis 2012, Valeri Guerassimov résume ainsi la nouvelle conception de la guerre vue de Moscou :

« L’influence à distance, sans contact, sur l’adversaire devient le principal moyen d’atteindre ses objectifs de combat et d’opération. La défaite de ses entités s’effectue dans toute la profondeur du territoire. Les distinctions s’effacent entre les niveaux stratégiques, opérationnels et tactiques, et entre les actions offensives et défensives.»

La première lecture m'a conduit à écrire des bêtises, parce qu'il y a à l'évidence une "diaphonie" dans ce discours. Je reprends donc ici :

1/ Il est raisonnable d'accepter, ou tout au moins de travailler sur le constat de départ : 

 "L’influence à distance, sans contact, sur l’adversaire devient le principal moyen d’atteindre ses objectifs de combat et d’opération."

C'est ce que nous avons relevé ci-dessus chez Sun tzu, ainsi que dans "Accepter de s'exclure", l'idée rejoint celle de Big Brother qui formate les citoyens d'Oceania grâce à la Novlangue.

- Sauf qu'il s'agit ici d'influencer l'adversaire.

- Pour un tyran le peuple est son adversaire, et les moyens sont identiques.

Partons donc de cette hypothèse, qui rejoint somme toute les leçons de Sun Tzu: il est plus rentable de fragiliser l'ennemi en s'attaquant à son moral que de déployer  une armée.

2/ Par contre nous venons de voir qu'il importe d'accorder son action au niveau que l'on attaque chez l'ennemi.

- Tu veux dire les chars contre les chars et les espions contre les espions ?

- Non, pas du tout. Je dis simplement qu'il faut connaître le mieux possible l'organisation de l'ennemi pour s'y attaquer efficacement. Utiliser un sniper pour désorganiser sa chaîne de commandement# sur le terrain est un exemple d'action efficace. Avoir une doctrine en [♲]𓂀 que l'ennemi 𓁜 ne puisse même pas concevoir♲ en ([♲]𓁜)𓂀 est encore plus efficace bien entendu...

- Tu rejoins donc Valeri Guerassimov, car n'est-ce pas ce qu'il dit ?

- C'est là toute l'ambiguïté de son propos !

Il est vrai qu'une doctrine supérieure en [♲]𓂀 va procurer un avantage aussi bien stratégique# que tactique. Par exemple la Blitzkrieg ridiculise la ligne Maginot; mais tu ne peux pas dire que "les distinctions s'effacent". La ligne Maginot est bel et bien là, et il faut en tenir compte !

3/ Et donc, je m'interroge sur la mineure de cette sorte de syllogisme :

Les distinctions s’effacent entre les niveaux stratégiques, opérationnels et tactiques, et entre les actions offensives et défensives.

Ce que l'on appelait dans le temps "l'action psychologique" affecte toutes les strates de l'organisation ennemie, soit, mais de là à dire qu'elle "efface les distinctions", à l'évidence non. Pendant la guerre du Vietnam, malgré un travail en profondeur de l'état d'esprit des jeunes recrues et les révoltes étudiantes sur les campus aux USA, il fallait malgré tout que le Vietcong se batte sur le terrain.

C'est pourquoi je me demande si Guerassimov en est conscient ou pas ?

Si oui, alors il veut nous faire gober un hameçon avec l'appât, en nous incitant à nous concentrer exclusivement sur ce type d'attaque de niveau [♲], qui a tout pour attirer le politique, puisqu'en termes de coût, elle est très peu onéreuse.

Sinon, il dévoile là une faille conceptuelle qui devrait être exploitée !

- Qu'as-tu en tête ?

- Je pense au film Stalingrad de Jean-Pierre Annaud. On y voyait en particulier le rôle du commissaire politique au sein de l'armée.

Il me semble que cette idée de Guerassimov selon laquelle le niveau politique imprègne tout le champ social, vient de l'histoire soviétique où il était à l'oeuvre dans l'armée au niveau tactique, même aux heures les plus sombres.

- Et alors, le résultat est là, non ?

- Le commissaire politique est là dans une armée le dos au mur, quand l'opération Barbarossa tuait civils et militaires, avec 30.000 morts par jour au début de l'offensive. Crois-tu que dans ces conditions cette surveillance apportait un plus?

- As-tu mieux ?

- Regarde la formation des légionnaires. Cette troupe d'éléments disparates n'est certainement pas soudée par un lavage de cerveau politique ou doctrinaire. Non ce qui fonctionne ici, bien plus que la stricte discipline, c'est l'esprit de corps.

Si toute faute individuellle est punie collectivement, réciproquement personne n'est laissé seul sur le terrain. Rien à voir avec une armée Russe où les brimades envers les bleus-bites sont la règle.

Là où, pour le Russe, le lien doit être général et indifférencié, dans la Légion, il est parfaitement adapté au niveau où il s'applique.

Elle est là la faille conceptuelle... Si elle existe, car j'en viens à douter de la traduction, tellement cet amalgame me semble un contresens...

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