Intrication Symbolique - décohérence Imaginaire

Publié le par Hari Seldon

La représentation que l'on se fait d'un objet est l'actualisation d'un état particulier, parmi un ensemble de potentialités qu'on lui attribue a priori. J'ai repris, pour illustrer ce processus, l'image d'une machine à sous. L'ensemble des potentialités de notre objet peut toujours se réduire à un ensemble de bits, alignés comme les roues d'une machine à sous (bandit manchot). Lacan caractérise les rapports Réel/Imaginaire par un ensemble de répétitions (automaton), suivi d'un point de contact ponctuel (tûchè); et nous avons caractérisé ceci de la façon suivante: automaton / Synchronique <==> tûchè / diachronique. Le point de bascule étant à proprement parler un "point de capiton" entre les deux niveaux Imaginaires mis ainsi en contact.

Mais dans ce processus, je reste le joueur extérieur, qui voit bouger les roues du bandit manchot: je rapporte ceci à un mouvement; ce qui n'est pas une très bonne représentation; car je suis, dans ce schéma en position ex-post: dans l'attente du résultat. C'est dire que je décris un processus Imaginaire conscient.

Pour décrire un processus Imaginaire inconscient, il faudrait s'émanciper de la notion de temps: il faudrait, en position synchrone que je sois moi-même la machine à sous; c'était la conclusion de "L'Homme Quantique".

Maintenant, allons un peu plus loin.

Imaginons-nous en position synchrone dans un espace déterminé (l'ensemble des roues de notre machine à sous) et que les différents états de cet ensemble soit indécidable: tant que je n'active pas le bras du bandit, toutes les configurations déterminables par la série de roues sont possibles. C'est ce que l'on appelle un état quantique intriqué. Mon inconscient, dans cet apologue serait comme un calculateur quantique.

Maintenant, lors de la tûchè, les roues se figent et je peux lire l'ensemble des symboles qui déterminent l'état actuel de mon objet. Il y a là un effet de décohérence Imaginaire.

Si nous considérons (ce qui restera à développer) que notre inconscient est le tampon par lequel notre Imaginaire se connecte au Symbolique, il y aurait donc deux processus complémentaire de liaison de notre Imaginaire avec d'un côté le Réel R et de l'autre le Symbolique S:

Contact Réel / Imaginaire:

- Je suis en position ex-post. La stabilité du Moi, comme des Objets est de type "temporel", et le processus d'émergence des concepts, comme la notion de mouvement se fait par un mécanisme: répétitions synchronique (de niveau Ix-1) ==> émergence diachronique au niveau Ix: il y a progression diachronique, le Sujet étant en position ex-post.

Contact Imaginaire/Symbolique:

- Nous en restons à une récupération d'un niveau Imaginaire antérieurement structuré (sinon, en position ex-ante de création, il faut reprendre la forme canonique de Lévi-Struass). Dans ces conditions: le niveau de départ Ix est inconscient: les états de mon objet sont intriqués ==> décohérence Imaginaire de l'objet au niveau Ix-1. Dans ce cas, la stabilité de l'objet (comme de Moi) est de type structurel.

Ceci illustre, me semble-t-il, d'une façon qui deviendra intuitive sous peu, j'en fait le pari, la différence que l'on peut établir entre l'émergence d'un objet (ou d'un concept) à partir du Réel et la décohérence d'un objet à partir d'un état intriqué (ou du Moi qui s'émancipe du plan de l'Autre)...

Ceci permet également de comprendre un peu plus facilement la différence de fonctionnement entre un calculateur classique, une machine de Turing (avec une horloge) et un calculateur quantique. Et pourquoi il faut une machine de Turing en aval du calculateur quantique pour en tirer quelque chose...

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Hari

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