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Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Kant — les prolégomènes #1

Le 21/ 04/ 2026 :

- Bien, après avoir remonté la filière empiriste de F. Bacon à Hume et celle des rationalistes de Descartes à Wolff, en précisant au passage l'apport de Newton et Leibniz au débat avec leur concept d'infiniment petit, il est temps de revenir à Kant.

- Tu risques de t'y perdre !

- Effectivement, aussi convient-il de préciser l'objet de notre recherche. Michel Foucault situe Kant à la charnière entre l'Âge Classique et notre épistémè "moderne"; autrement dit à un tournant significatif dans notre "façon de penser"" —c.-à-d. pour nous : une nouvelle façon de parcourir notre topologie Imaginaire; au coeur du triptyque lacanien Réel/ Imagnaire/ Symbolique

- Autrement dit tout ce qui concerne la façon d'interagir avec l'objet ou un autre Sujet ?

- C'est cela, avec l'idée qu'avant d'entreprendre de parler de l'autre, comme les psychanalystes par exemple, il faut au préalable parler de notre rapport à l'objet en physiciens.

- N'est-ce pas restrictif ? Le nourrisson a un rapport à sa mère avant d'ouvrir les yeux et d'avoir un quelconque rapport à l'objet ?

- Prends notre rapport à l'objet comme un révélateur de notre façon d'être et d'appréhender l'autre, une métaphore. De la même façon qu'en observant le petit Ernst jouant au "fort/da" avec une bobine, Freud comprend quelque chose de son rapport à sa mère.

- Ça nous éloigne de Kant...

- Désolé : tout ce préambule pour t'expliquer que nous ne nous intéressons chez Kant qu'à ce qui pourrait tenir de son rapport à la physique et surtout à la métaphysique au sens où Aristote classait l'ordre des savoirs. J'ai fait la liste de tout ce que nous allons laisser de côté (suivre le lien), pour nous concentrer sur ceci :

— 🤖 : "[...] En positif, ce que tu veux garder de Kant pour Lacan / Foucault / Deleuze, c’est essentiellement :

  • La théorie de la sensibilité (espace/temps comme formes a priori) et l’argument des mains chirales.
  • La théorie de l’entendement (catégories, synthèses) dans la mesure où elle structure un Sujet de la représentation.
  • Éventuellement la Dialectique transcendantale, comme scène de production des illusions (idées de la raison) – ce qui rejoint le Symbolique et l’Imaginaire." (suivre le lien).

— HS : Dans cette optique "Les prolégomènes" est-il le livre le plus approprié ?

— 🤖 : Oui, dans ton cadre, les Prolégomènes sont un très bon point de départ, mais avec une limite importante.

Pourquoi c’est approprié pour ton projet

  • Kant écrit les Prolégomènes comme plan, synopsis et guide de la Critique de la raison pure, en suivant une méthode plus «analytique» et pédagogique.[1][2][3][4]
  • Le texte met au centre exactement ce qui t’intéresse :
    • la division sensibilité / entendement (espace et temps comme formes a priori, catégories, synthèse),
    • la question «comment sont possibles les jugements synthétiques a priori ?»,
      c’est‑à‑dire la structure du Sujet de la représentation, sans entrer dans tous les détails techniques de la Critique.[5][6][7]
    • Kant y donne une vue d’ensemble du projet critique (conditions de possibilité de l’expérience et des sciences), ce qui est précisément ce que tu veux croiser avec Lacan (Sujet entre Réel/Symbolique) et avec ta syntaxe topologique.[4][8][1]

Mais ce que les Prolégomènes ne suffisent pas à donner

  • L’argument des mains chirales et toute la finesse de la théorie de l’espace/temps (Esthétique transcendantale) ne sont pleinement développés que dans la Critique et les textes de 1768/1770.[9][10][11][12
  • Pour ta recherche sur l’imaginaire du Sujet (forme de l’espace, chiralité, symétrie), il faudra donc compléter les Prolégomènes par :
    • l’Esthétique transcendantale de la Critique,
    • l’essai de 1768 sur l’orientation dans l’espace (mains gauche/droite).  

En résumé :

  • Oui, les Prolégomènes sont le livre le plus approprié pour entrer dans Kant dans ton projet, parce qu’ils condensent la structure critique sans t’embarquer dans tous les domaines que tu veux laisser de côté.[2][3][1][4]
  • Mais pour la géométrie de l’imaginaire (espace/temps, chiralité, symétrie), on devra très vite les adosser à quelques passages ciblés de la Critique et au texte de 1768." (Sources : suivre le lien)

- Comme tu le vois, il est toujours bon de vérifier un a priori en le questionnant. Entamons donc cette lecture sans plus tarder, en gardant en tête qu'il ne s'agit que d'une première approche... (cf. ici)


Le 22/ 04/ 2026 :

- Hier je me suis perdu dans une discussion sans fin avec Perplexity...

- Et tu as tout effacé ?

- Oui, parce que je me suis égaré. Pour ne pas répéter mon aventure avec Avicenne (voir #28 rectifié #28Bis), je suis parti de l'hypothèse que Kant n'avait pas réellement effectué le passage de la voie des mots  à celle des choses , et qu'il était probablement resté sur un ruban de Moebius R. Mais plus j'avançais dans mon exploration, plus je m'agaçais d'un caillou coincé dans ma caligae.

- D'où tes scrupules d'aujourd'hui ?

- Exactement. Et pour aller droit au but : la distinction que Kant fait entre le temps et l'espace fait sens encore aujourd'hui : 

  • la géométrie repose sur l’espace comme forme a priori de l’intuition externe ;
  • l’arithmétique repose sur le temps comme forme a priori de l’intuition interne.

Obsédé par mon a priori espace ≡ [#] ≡ symétrie, cette dualité interne/ externe sortait de mon cadre, et j'ai eu grand tort de ne pas m'y attarder en priorité. 

Dès le début de ma représentation de la topologie Imaginaire j'ai caractérisé ainsi les niveaux (cf. "Syntaxe de l'entropologie").

  • Niveau [⚤] : le temps
  • Niveau [#] : l'espace
  • Niveau [♻] : l'objet

Avec l'idée de l'objet en [♻] appréhendé en [#] par sa surface extérieure, dans un rapport de contenant à contenu. Mais dans l'aventure, j'ai totalement zappé le rapport de l'objet à son environnement : le "contenant" ne se limite pas à la surface de contact entre l'objet et son environnement —vu de l'objet— mais doit s'étendre à tout l'environnement.

- Et c'est ce que vient te rappeler Kant ?

- Oui, remarque bien que si la notion d'éther de Newton —après le mesure de la vitesse de Michelson-Morley, réalisée en 1887— a disparu des radars, l'existence même d'un "substrat" nécessaire à la description des objets demeure.

Passe-science #28

Pis que cela : en méditant là-dessus, me sont revenus de vieux souvenirs concernant le spin des particules (cf. "Spin alors!"), et leur double aspect (à 12mn de la vidéo): 

  • intrinsèque / masse => nombre quantique;
  • extrinsèque / position => état quantique.

- Et tu as repensé à l'argument de Kant avec sa paire de gants, pour contrer Leibniz en disant que la chiralité des gants n'est pas une propriété extrinsèque de l'objet "gant", donc en relation à l'espace, mais intrinsèque ?

- Tout à fait, c'est du même ordre que la notion de spin ! Cette chiralité avait attiré mon attention (voir "... Et Kant comme arbitre"), mais j'y cherchais en vain une idée de "symétrie" pour coller à ma caractérisation du niveau [#], qui n'était pas chez Kant.

- Bref, encore une fois la révolution ne surgit pas où tu l'attendais !

- Ce qui m'aide ce matin à mieux situer le concept de "surface" de l'objet comme un "bord" entre son "intérieur" et ce qui lui est "extérieur"...

- Ce qui, au fond, colle avec une approche topologique en accord avec cette représentation de l'Imaginaire sur un cross cap comme "bord sans bord", (cf. "Le Moi-peau") entre Réel et Symbolique... 

- Oui, ce retour à Kant m'aide à clarifier ma syntaxe. Il y a congruence entre ce triptyque Réel/ Imaginaire/ Symbolique du Sujet et l'objet "in re" [♻], pris dans son environnement [#] pour être perçu  "de rem" par le Sujet [⚤].

- OK, et pour en revenir à Kant, il serait donc dans une approche semblable à celle de Newton : [⚤][#][♻] ?

- Il y a effectivement une prise en compte de l'espace en [#] dans l'épistémè dont nous pouvons dès lors retracer une brève histoire remontant à Galilée :

Galilée :

  • Avec ses pendules : mesure le temps par rapport à l'espace (proportionnalité temps- fréquence/ longueur du pendule);
  • Avec ses plans inclinés : il établit la conservation de la vitesse...
  • ... dans un "espace galiléen";

Descartes :

  • Ses coordonnées cartésiennes introduisent une "orthogonalité" entre dimensions de l'espace (1ère idée de "symétrie" entre dimensions)
  • Le temps est comme une "dimension" orthogonale à l'espace.

Newton :

  • Formalise l'approche de Galilée : l'objet [♻] est rapporté à un espace (éther)[#] pour être mesuré : [⚤][#][♻].

Leibniz :

  • Avec les infinitésimaux, il introduit une démarche locale, séquentielle [⚤]𓁜/𓁝[#] de l'objet. 

Autrement dit le niveau [#] s'est décanté progressivement dans les esprits, et Kant a parfaitement saisi l'importance de cette révolution. (Note 1)

- Sans l'idée de symétrie ?

- Cette  autre évolution à bas bruit (Legrendre, Lagrange, etc.) restera pour longtemps sous les radars des philosophes, tout comme le principe de moindre action d'ailleurs...


Le 23/ 04/ 2026 :

- J'ai du mal à revenir à notre sujet tant les perspectives que j'entrevois sont captivantes . Considérer l'espace comme le média entre le Sujet et l'objet, au sens où la peau est la surface de contact entre le Sujet et son environnement, et traiter cette dernière comme une "frontière" au sens topologique du terme...

- Recentre-toi, sinon tu risques de passer à côté d'autres aspects de cette révolution kantienne tout aussi importants.

- Soit, laissons-nous porter par ce texte préliminaire.

— 🤖 : Voici une présentation synthétique des Prolégomènes : d’abord l’idée générale, puis le plan d’ensemble et, enfin, le contenu des grandes parties.[1][2][3]

Idée générale du livre
Les Prolégomènes à toute métaphysique future (1783) sont un texte court, écrit après la Critique de la raison pure, pour expliquer de façon plus accessible le projet critique : montrer dans quelles conditions une métaphysique comme science est possible.[2][4][1]
Kant y adopte une méthode «analytique» : il part de ce que nous admettons déjà (validité de la mathématique et de la physique) et remonte vers les conditions de possibilité (formes a priori, catégories), plutôt que de construire tout «à partir de rien» comme dans la Critique.[5][1][2]

- Puisque nous avons fait l'hypothèse d'un parcours sur le cross-cap, nous pouvons comprendre cette démarche comme une symétrie à établir entre les deux premiers tronçons du parcours et les deux suivants (indépendamment du sens ↺ ou ↻ de circulation :

spin Physique Métaphysique
  (1) (2) (3) (4)

 

 

 

 

 

- Il faudra à un moment donné faire une hypothèse quant au sens de parcours...

- Certes, mais le point essentiel est ici un découplage des démarches physique/ métaphysique possible, puisque les deux paires (1)-(2) & (3)-(4) peuvent se répéter en boucle indépendamment l'une de l'autre : le passage Physique=> Métaphysique pouvant dès lors être vu comme un "passage à la limite".

— 🤖 : Plan d’ensemble
Le texte n’est pas découpé en «chapitres» mais en parties et sections numérotées. On peut le structurer ainsi :[3][6][1]

  1. Préface
    Pourquoi une réforme de la métaphysique est nécessaire, et pourquoi il faut poser d’abord la question : «La métaphysique est‑elle possible comme science ?»
  2. Introduction générale.
    • Distinction jugements analytiques / synthétiques.  
    • Thèse centrale : la métaphysique, si elle est possible comme science, repose sur des jugements synthétiques a priori.  
    • Question directrice : «Comment sont possibles les jugements synthétiques a priori ?»[6][7]
  3. Première partie : Comment la mathématique pure est‑elle possible ? (Sections 6–13 environ)[8][9][1]
  4. Deuxième partie : Comment la science pure de la nature est‑elle possible ? (Sections 14–26)[5][8]
  5. Troisième partie : Comment la métaphysique en général est‑elle possible ? (Sections 27–39)[1][5]
  6. Conclusion : La métaphysique possible comme science (Sections 40–60 environ)

- J'ai du mal à comprendre ce que Kant entend par "science" ?

- Suis le texte : il s'agit de "jugements synthétiques a priori".

- Et dans ta topologie ça t'évoque quel mouvement ?

- La synthèse suggère une montée de type ♧♡, et le jugement lui-même se jouerait en mode sémantique par un passage 𓁝♡♡𓁜. L'a priori tient à ce que le "critère de jugement" est formé en ♡𓁜, avant d'y rapporter une proposition formée en ♢𓁜 (i.e.: ♢𓁜𓁝♡♡𓁜).

— 🤖 : Résumé des résultats.
Délimitation des limites de la raison pure et du champ légitime de la métaphysique.[10][1][5]

Contenu des grandes parties

Préface et introduction

  • Kant critique la métaphysique traditionnelle (dogmatique) : elle n’a pas réussi à se constituer comme science (désaccords, contradictions, scepticisme).[6][10]
  • Il propose de repartir de la question : «Est‑ce que la métaphysique est possible du tout ?» et, si oui, à quelles conditions.[2][6]
  • Il introduit la distinction analytique/synthétique et insiste sur l’existence effective de jugements synthétiques a priori en mathématiques et en physique (par exemple : «7+5 = 12», «tout ce qui arrive a une cause»).[7][10]

- Il y a plusieurs points à relever.

  • Tout d'abord l'utilisation implicite d'une logique du 1er ordre, (non-contradiction et tiers exclu);
  • Ensuite la reprise du principe unitaire en ♡;
  • Le couple analyse/ synthèse évoque la dualité des mouvements soit:
    • ⇅ dans la voie des mots;
    • ⇆ dans la voie des choses

— 🤖 : 1. Comment la mathématique pure est‑elle possible ?

  • Kant montre que les jugements mathématiques (arithmétique et géométrie) sont synthétiques a priori : ils ajoutent quelque chose à la simple analyse des concepts, tout en étant nécessaires et universels.[1][5
  • Il introduit ici le rôle de la sensibilité et des formes pures d’intuition :
    • la géométrie repose sur l’espace comme forme a priori de l’intuition externe ;
    • l’arithmétique repose sur le temps comme forme a priori de l’intuition interne.[8][5]
  • C’est la version condensée de ce que la Critique développera dans l’Esthétique transcendantale.[9][1]

- Nous retrouvons une différence importante, à consolider par la suite du texte, entre mathématique et géométrie. Dans le couple (1)-(2), l'aspect synthétique suggère que Kant privilégie l'approche de spin ↻:

spin Physique
  (1) (2)

- Peux-tu préciser ?

- Je te propose cette lecture :

  • (1) : La mathématique, que nous voyons actuellement comme "langage" avec une syntaxe en ♢, nous permet de "comprendre" sans trop de déformation la "synthèse a priori de Kant;
    => ♢𓁜𓁝♡𓁜;
  • (2) : Ici, la géométrie suit le parcours de Newton :
    • l'objet représenté géométriquement en 𓁝[#] est rapporté à un espace ou éther "déjà là" en [#]𓁜, pour ensuite en rendre compte mathématiquement :
      => [⚤]𓁜𓁝[#];
    • ce qui est congruent avec sa "mesure" (son poids par exemple) par
      => [⚤][♻].
  • Le bouclage (1)/(2) est explicitement : ♡/[♻] ; liant l'intellect du Sujet (dans la voie des mots ) à l'objet (considéré dans la voie des choses ).

- Et la dualité espace/ temps ?

- C'est peut-être l'aspect le plus profond, qui me conduit à faire évoluer ma propre façon de voir.

- Peux-tu expliciter cette prise de conscience ?

- J'ai, d'instinct pour ainsi dire, associé le temps au niveau [⚤] et l'espace au niveau [#], mais avec cette dichotomie intérieur/ extérieur, Kant me conduit à préciser les choses :

  • Le temps :
    • Est de niveau [⚤] : avec l'aspect discret, l'automatisme de répétition, la notion de successeur, la dualité synchronie/ diachronie de de Saussure, etc;
    • S'appréhende dans la voie des mots  (de rem) :
      => s'est l'aspect "interne" de l'intuition du Sujet;
  • L'espace :
    • Est de niveau [#] : avec l'aspect continu, l'orthogonalité des dimensions, la dualité local/ global, etc.
    • S'appréhende dans la voie des choses   :
      => s'est l'aspect "externe" de l'intuition du Sujet;
      =>aspect que l'on retrouve dans la liaison du Sujet à l'objet  (de rem)— ♡/[♻](in re);
      => en ce sens, le niveau [#] apparaît bien comme frontière entre le Sujet évoluant sur la voie des mots  en [⚤] et l'objet en [♻], appréhendé dans la voie des choses .

- Est-ce toi qui évolues ou retrouves-tu les strates imaginaires enfouies en toi, qui t'ont conduit à ta représentation ?

- Ça mon ami, c'est une discussion que je te propose de poursuivre lorsque nous aurons bouclé notre parcours...

— 🤖 : 2. Comment la science pure de la nature est‑elle possible ?

  • Il part du fait que la physique newtonienne contient des propositions nécessaires et universelles (par exemple : «dans tous les changements du monde corporel, la quantité de matière reste la même», etc.).[5][8]
  • Kant soutient que ces lois fondamentales sont aussi des jugements synthétiques a priori, mais cette fois fondés non sur la seule sensibilité, mais sur les concepts purs de l’entendement (catégories).[8][5]
  • Il introduit, de manière abrégée, la table des catégories (quantité, qualité, relation, modalité) et l’idée que l’expérience objective n’est possible que parce que notre entendement applique ces catégories aux intuitions sensibles.[1][5][8]

- Ici, nous abordons l'aspect métaphysique (3)-(4), qui rend possible la physique et son expression mathématique. Pour être cohérents nous devrions nous trouver sur le parcours suivant :

spin Métaphysique
  (3) (4)

- Ici, les "a priori" dont il est question viennent de l'intellect, du Sujet, mais ne dépendent pas de son discours, puisqu'ils conditionnent le discours.

- Tu veux dire qu'il s'agit d'une nécessité contravariante, dans la voie des choses ?

- Oui, en toute logique le point le plus haut est ici en [⚤],

  • d'où l'on dégage toutes les lois a priori, soit : [⚤][♻].
  • dont dérivent les catégories ♡;
  • permettant les intuitions sensibles ♢.

- Il ne respecte pas l'enchaînement (3)=>(4) ?

- L'exposé de Kant est top-down (4)=>(3), mais sa critique de la raison pure (i.e. : ), indique clairement qu'il part quand même du "sensible" pour remonter la chaîne jusqu'à un a priori intellectuel en [⚤]. La suite nous éclairera sans doute sur la démarche.

— 🤖 : 3. Comment la métaphysique en général est‑elle possible ?

  • Ici, Kant examine la métaphysique traditionnelle (âme, monde, Dieu) :
    • d’un côté, elle repose aussi sur des prétentions à des jugements synthétiques a priori ;  
    • de l’autre, elle dépasse les conditions de l’expérience et tombe dans les antinomies et les illusions.[11][12][1]
  • Il distingue :
    • une métaphysique de la nature, qui s’en tient aux objets possibles de l’expérience (et peut être science) ;
    • une métaphysique des êtres suprasensibles (âme, monde comme totalité, Dieu), qui ne peut pas être science au sens strict, mais seulement usage régulatif de la raison.[10][5][1]

- Dans une première lecture, j'avais été frappé par une ressemblance entre la démarche de Kant et celle d'Avicenne (Note 2) Je faisais en particulier un rapprochement entre le "donateur de formes" d'Avicenne et les "a priori" de Kant, semblant tomber du ciel. La ressemblance tenait également au passage  commun aux deux. 

Mais en y revenant aujourd'hui, je dirais que Kant a dévié le préalable à ♡.

- Je ne te suis plus, précise !.

- Ce fameux principe unitaire qui chez Avicenne vient de Dieu, dans un mouvement 𓁝[∅]☯𓁜, devient chez Kant une nécessité intellectuelle qui est un principe "universel" en [⚤][♻].

- Il y avait également chez Avicenne ce même principe universel, toujours tiré du Symbolique : 𓁝[∅]☯𓁜, que nous retrouvons de nos jours en théorie des catégories.

- Oui, ce qui renforce le parallèle entre Avicenne et Kant. La différence tient à la démarche critique de Kant, qui arrive à ce principe dans une démarche "globalement" bottom-up... (3)=>(4).

- Maintenant si Kant espèce ainsi échapper aux "antinomies" et aux "illusions", par l'emploi exclusif de la logique du 1er ordre, la suite de l'histoire nous a montré les limites de l'approche. Deux exemples pour les sceptiques suffiront à l'illustrer :

  • Dans la voie des mots : les théorèmes de Gödel (1931);
  • Dans la voie des choses : l'expérience du choix retardé d'Alain Aspect (1982);

— 🤖 : 4. Conclusion : ce qui reste à la métaphysique

  • Kant récapitule :
    • la mathématique est possible parce que l’espace et le temps sont des formes de notre intuition ;
    • la science de la nature est possible parce que les catégories structurent toute expérience ;
    • la métaphysique est possible comme critique (détermination des conditions et des limites) et comme discours régulateur, non comme science dogmatique des choses en soi.[2][5][1]
  • Il invite à prendre les Prolégomènes comme «plan et synopsis» de la Critique de la raison pure, et comme exercice préparatoire.[2] (Sources : suivre le lien)

- Après ce premier tour d'horizon, j'ai le sentiment que nous avons une représentation assez cohérente du schéma Imaginaire de Kant, soit le parcours ↻ sur le cross-cap.

- Oui, je te propose d'en rester là pour aujourd'hui : cela donne suffisamment de sujets de méditation pour orienter la suite.

- Amen.

Hari

Note 1 :

Bien que Kant parle à propos de temps et d'espace d'a priori indispensables à la connaissance, cet historique marque au contraire qu'il s'agit en fait d'une évolution assez neuve dans la pensée Occidentale. La première édition de la Critique de la raison pure date seulement de 1781.

Et pour mieux peut-être, prendre conscience de cet ancrage historique, il suffit de voir comment, à l'ère Meiji (1870) les Japonais ont du se référer au temps et à l'espace des Occidentaux à partir du vieux concept de Ma 間:

  • Temps : 時間
  • Espace : 空間

Note 2 :

— 🤖 : Oui, il existe des travaux qui mettent explicitement en relation Kant et Avicenne, même si ce n’est pas un axe classique de l’histoire de la philosophie «standard».

1. Comparaisons directes Kant / Avicenne
On a au moins une étude centrée sur ce rapprochement :

  • Allan Bäck, «Imagination in Avicenna and Kant» (plusieurs versions en espagnol/anglais).[1][2][3]
    • Il compare de manière systématique les théories de l’imagination chez Avicenne et Kant.  
    • Thèse : il existe une «surprenante congruence» entre la manière dont Avicenne conçoit l’imagination (comme faculté médiatrice dans le processus d’abstraction) et la manière dont Kant conçoit les synthèses de l’imagination dans la Déduction transcendantale.[2][3]
    • Pour les deux, l’imagination sert de pont entre deux registres : sensible / intelligible chez Avicenne, phénoménal / nouménal chez Kant.[3][1][2]

Une étude plus récente (2024) dans *Beytulhikme* revient sur ce parallèle en nuançant :

  • elle montre à la fois les similarités (rôle médiateur, importance pour la cognition) et les différences : Kant fait de la synthèse de l’imagination un acte a priori lié à l’unité de la conscience, tandis qu’Avicenne l’inscrit dans le processus d’abstraction à partir du sensible.[4]

2. Rapprochements plus larges (métaphysique, scepticisme, etc.)

  • Un article récent (2025) sur «Kant the Unlikely Muhaddith? Basmalah and the Hidden Islam of Modern Philosophy» compare Kant avec plusieurs penseurs islamiques, dont Avicenne et al‑Ghazâlî, pour montrer des résonances conceptuelles en métaphysique et en théorie de la connaissance.[5]
    • Pour Avicenne, ce sont surtout la distinction essence/existence, la notion d’existant nécessaire (wājib al‑wujūd) et l’idée de concepts premiers qui sont rapprochées de certains gestes kantiens (conditions a priori, nécessité).[6][7][8]

Il y a aussi des travaux plus techniques sur :

  • la notion de science métaphysique (Avicenne comme modèle de métaphysique structurée, Kant comme critique de la métaphysique dogmatique) ;[7][6]
  • les universaux et la question de l’essence, où Avicenne et Kant sont parfois mis en parallèle dans des études d’histoire de la métaphysique (essence/existence d’un côté, phénomènes/choses en soi et catégories de l’autre).[9][6]" (Sources : suivre le lien)

- Bon, ce n'est pas ce que j'attendais.

- Explique-toi.

- De notre point de vue, avec le Sujet en posture ex ante au bord Imaginaire [∅] du Symbolique, c.-à-d. 𓁝∅ ; dire que que ce qui est au-delà de l'Imaginaire relève du "transcendantal" ou d'un "donateur de formes" est indifférent. Ce qui importe, ou tout du moins, ce qui est observable, c'est le retournement vers l'Imaginaire :   𓁝∅♡𓁜 que l'auteur peut à sa guise interpréter comme "intuition" ou  "don de Dieu". 

Or, chez Avicenne comme chez Kant, le geste 𓁝∅♡𓁜  est bel et bien identifié comme initiateur de la connaissance, et c'était à mon sens le plus immédiat à observer.

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