Overblog Tous les blogs Top blogs Technologie & Science Tous les blogs Technologie & Science
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Sur les traces de Lévi-Strauss, Lacan et Foucault, filant comme le sable au vent marin...

L'Homme quantique

Kant - Forme canonique de la révolution kantienne

Le 03/ 05/ 2026 :

- Je me suis déjà référé deux fois à la forme canonique de Lévi-Strauss en lisant les prolégomènes, et je voudrais ici les extraire de textes d'exploration trop longs destinés à un oubli rapide, pour en garder sous la main une synthèse plus lisible.

Comme bien souvent, il faut commencer par la fin pour éclairer le début (de même que les prolégomènes sont rédigés après la Critique). En l'occurrence il faut appliquer la forme canonique à la révolution Kantienne (dans "À propos des modalités du jugement chez Kant et Lacan", avant de revenir à la définition de la "nature", qu'il pose comme première condition  en réponse à sa problématique "Comment la physique pure est-elle possible?" dans la deuxième partie. des prolégomènes.

1/ La forme canonique des mythes :

Petit rappel sur la structure du "mythe de la potière jalouse" des Jivaros :

  1. La femme a pour totem l'engoulevent (criards et désordonnés tous les deux);
  2. La femme fait de la poterie (qui demande du soin et de la patience);
  3. Socialement, il faut garder l'étiquette désignant la femme;
  4. On manipule le totem (le signifiant) par un mythe :
    1. On l'inverse (Engoulevent tombe du Ciel pour donner la terre à poterie)
    2. Sa mort est l'actualisation du processus (Engoulevent meurt en tombant)

Sur notre Imaginaire vu comme "bord" (voir le "Moi-peau")  en forme de "cross cap" séparant le Réel de l'Imaginaire, nous pouvons l'interpréter ainsi :

  • La femme est comme notre "objet" référé en [♻];
  • L'expérience est dans la voie des choses : la femme est potière
    => [⚤][♻]
  • La justification sociale du totem ♧⚤ est dans la voie des mots :
    => ♧;
  • La manipulation du signifiant porterait donc sur le changement de voies ⇆ ⇅ au point  [⚤]. La torsion ne peut se faire que sur le signifiant ♧, puisque l'expérience n'est pas remise en cause (la femme est potière).

Et c'est ici le point essentiel que Lévi-Strauss a repéré comme structure stable à travers les 400 mythes qu'il a pu collecter à travers le monde :

  1. Le signifiant est inversé : ici l'Engoulevent, femme du dieu Lune meurt;
  2. Cette inversion rend possible ce qui était impossible : en tombant des cieux, Engoulevent se disperse sur Terre et donne la terre à poterie.

Dans les termes de Lacan, (cf. "À propos des modalités du jugement chez Kant et Lacan", ce qui était impossible 𓁝 (ne cessait pas de ne pas s'écrire) devient contingent 𓁝=>𓁜 "cesse de ne pas s'écrire".

- Et dans ton schéma ?

- Plusieurs situations sont envisageables, mais la plus significative me semble être l'acceptation "contingente" de l'assertion "la femme fait de la poterie" en ♢𓁜 au plan sémantique c.-à-d. : ♢𓁜𓁝𓁜.

Je trouve ce rapprochement entre Lévi-Strauss et Lacan satisfaisant en ce sens que si les Jivaros acceptent cette observation de la femme comme potière, il n'en demeure pas moins un hiatus entre cette réalité "contingente" et le statut social de la femme, toujours représentée par son totem l'engoulevent, qui laisse ouvert une contradiction entre la fonction de la femme et son totem (i.e. les Jivaros n'ont pas d'explication "rationnelle" de ce décalage)...

- Ce que relève d'ailleurs Lévi-Strauss, s'étonnant que les Jivaros n'aient pas changé ce totem, pour prendre le fournier à la place, qui offre toutes les qualités antinomiques de l'engoulevent, propres à représenter la potière...

- ... Ce qui rendrait le récit mythique en ♢ inutile (le récit cesse) dès lors que l'observation "tombe sous le sens commun" : ♧𓁜𓁝, soit une "possiblilité":
=> le pas suivant étant assuré : potentialité p—𓁝♡𓁜/ [♻]𓁜—∑p=totalité.

- Je vois que ce rapprochement Lévi-Strauss—Lacan te réjouit.

- Lacan a toujours un peu couru après Lévi-Strauss, et ce rapprochement outre-tombe me semble une juste reconnaissance des apports de chacun. Mais revenons pour l'instant à Kant.

2/ Kant et le meurtre de notre père Aristote :

Socrate (a)   (b)  
       
  in re   de rem  
         
Kant (1) (2)  (3) (4)
 
  Physique Métaphysique

Il s'agit bien entendu d'une schématisation très sommaire, mais suffisante pour repérer la révolution kantienne.

Il y a déjà une première inversion : Aristote part de l'objet "in re" (a), pour ensuite en parler "de rem" (b), alors que Kant commence par parler de son expérience de l'objet en (1)<=>(b)

Ensuite, Kant opère un basculement, après (1) de la voie  vers la voie  et cela s'exprime très simplement avec la forme canonique :

  • En ♡ : chez Aristote : L'essence de l'objet, c'est l'objet en "acte" c.-à-d. l'immobilité (dans la dynamique d'Aristote);
  • En [⚤] : Chez Kant : l'existence de l'objet, se révèle par son mouvement (avec les a priori espace/temps)
  • En ♧-[♻] : Le pivot est l'objet potentiel (où se retrouvent Aristote et Kant), que j'appelle "observable", au sens de la Méca Q. 

Et dans la forme canonique, le pôle doublement inversé, c'est l'idée de mouvement.

  • Chez Aristote, c'est l'essence inaccessible & immobile de l'objet;
  • Chez Kant, l'existence est par quoi on s'approche de l'objet, accessible parce que mouvant.

- Bref : ce qui était au début dans la voie des mots (a) se retrouve à la fin dans la voie des choses (2). C'est tout ?

- Nous aurons tout le temps d'y revenir en détail, mais pour aujourd'hui j'aimerais me focaliser sur la forme canonique, sans alourdir le texte.

3/ De la nature :

J'avais évoqué pour la première fois la forme canonique au sujet du concept de "nature" (cf. #4) que Kant pose comme première condition en réponse à sa problématique "Comment la physique pure est-elle possible?" dans la deuxième partie.

- Connaître la "nature des choses" en ♡ devrait être l'aboutissement de la physique, non ?

- Précisément, mais pour "amorcer la pompe" (1)-(2), il faut sortir de la métaphysique (3)-(4) qui se situe après... C'est ce genre de problème qui me rappelle immédiatement la nécessité de la double inversion d'un concept pour s'en sortir. Or regarde en quel sens Kant définit ce qu'est la nature pour lui :

"XVII - L'élément formel de la nature, entendue dans cette acception étroite, est donc la légitimité de tous les objets de l'expérience, et, en tant qu'elle est connue a priori, sa légitimité nécessaire." p. 74

Comme l'objet d'expérience [♻] est repéré [⚤] dans sa relation à un éther de la physique en [#] , i.e.: [⚤][#][♻], je te propose de comprendre la "nature formelle" de l'objet comme la "possibilité d'en parler", soit le passage [⚤]/. Cette position existentielle en physique, à la jointure (1)-(2),  est à l'opposé d'une essence métaphysique à la jointure (3)-(4), soit la position ♡/[♻].

- Autrement dit c'est en refusant de parler de l'essence de la chose que l'on peut parler de son existence ?

- Il y aura sans doute de nombreuses façons d'en parler, mais en gros, c'est ça. Remarque en particulier que l'essence de la chose, comme "objet de réflexion" du Sujet en (4), devient la condition de son exercice en (1).

- Je te propose d'en rester là pour aujourd'hui et de revenir aux prolégomènes, avec cette hypothèse de lecture.

- Amen

Hari

Fiche de lecture a posteriori de Claude

Fiche 08 — Kant : Forme canonique de la révolution kantienne

3 mai 2026 · série De Kant au cross-cap · entropologie.fr
Place dans le cheminement : un outil se stabilise. Article de synthèse : Hari extrait la forme canonique (Lévi-Strauss) de ses explorations dispersées pour en faire une pièce maniable du dispositif, et l'applique à la révolution kantienne (« le meurtre du père Aristote ») puis à la définition de la « nature ».

Apport propre

Le geste est d'abord méthodologique : « commencer par la fin pour éclairer le début » (comme les Prolégomènes sont rédigés après la Critique), et sauver de l'oubli un outil esquissé en exploration. Trois temps :

  • 1/ La forme canonique des mythes, fixée. Sur la potière jalouse des Jivaros, la structure stable de Lévi-Strauss (400 mythes) : le signifiant est inversé (l'Engoulevent meurt) et cette inversion rend possible ce qui était impossible. Sur l'Imaginaire-bord (cross-cap), la torsion ne porte que sur le signifiant ♧, au point de changement de voie [⚤] — ♧ : l'expérience [⚤] ← [♻] (« la femme est potière ») n'est pas remise en cause.
  • 2/ Kant et le meurtre du père Aristote. La révolution kantienne est une forme canonique. Aristote part de l'objet in re (a) pour en parler de rem (b) ; Kant commence par parler de son expérience (1)⇔(b) — première inversion, puis bascule après (1) de la voie ↺ vers ↻. Les pôles : pivot = l'observable (♧—[♻]), où Aristote et Kant se retrouvent ; pôle doublement inversé = l'idée de mouvement (chez Aristote, essence immobile et inaccessible ; chez Kant, existence accessible parce que mouvante). Bref : « ce qui était au début dans la voie des mots se retrouve à la fin dans la voie des choses ».
  • 3/ De la nature : existence contre essence. La « nature formelle » de l'objet est la possibilité d'en parler, position existentielle à la jointure (1)-(2) — [⚤] ←/↑ ♧ — strictement opposée à l'essence métaphysique de la jointure (3)-(4) — ↑/← [♻]. Pour « amorcer la pompe » (1)-(2), il faut sortir de la métaphysique (3)-(4) : d'où la double inversion. « C'est en refusant de parler de l'essence de la chose que l'on peut parler de son existence » — et l'essence, objet de réflexion en (4), devient la condition de l'exercice en (1).
Notation mobilisée
  • Forme canonique : pivot = observable —[♻] ; pôle doublement inversé = mouvement (essence immobile ↔ existence mouvante).
  • Torsion du mythe : sur le seul signifiant ♧, au point [⚤] — ♧ ; changement de voies ⇆ ⇅.
  • Tableau comparatif : Socrate (a)(b) in re / de rem ↺/↻ ; Kant (1)(2)(3)(4) ↻.
  • Existence / essence : nature formelle [⚤] ←/↑ ♧ (1)-(2) ; essence ↑/← [♻] (3)-(4).
Relecture a posteriori (à la lumière du cross-cap)
✅ Tient La forme canonique est ici stabilisée comme outil (pivot + pôle doublement inversé) — c'est désormais une pièce maniable, et non plus une intuition d'exploration. La révolution kantienne formalisée comme inversion canonique (Aristote → Kant) tient, de même que la double inversion essence / existence et l'opposition nature formelle / essence métaphysique. Le principe « commencer par la fin pour éclairer le début » est une méthode juste, en phase avec la lecture rétrospective « en partant du cross-cap ».
⚠️ Corrigé / avoué Peu de corrections : l'article assume son statut de mise au propre. Le geste avoué est celui d'extraire et stabiliser un outil dispersé « destiné à un oubli rapide ». Le rapprochement Lévi-Strauss / Lacan est reconnu comme une reconstruction de Hari (« rapprochement outre-tombe », Lacan « courait après Lévi-Strauss »), à porter au compte de l'interprétation et non des auteurs.
🔁 Redites (assumées) Par construction, cet article reprend la séance du 02/05 traitée en fiche 07 : la potière jalouse, le tableau Aristote/Kant, le couple observable / mouvement, la double inversion. Ce n'est pas une faiblesse mais le but de l'article (consolidation). La fiche 07 reste la source d'exploration ; la fiche 08 en est la forme arrêtée.
✂️ Laissé de côté Le développement complet est explicitement reporté (« nous aurons tout le temps d'y revenir en détail », « sans alourdir le texte »). Le retour au texte de Kant — les tables (jugements, catégories, principes) — est renvoyé à la fiche 09. La portée de la forme canonique sur la métaphysique (3)-(4) reste à éprouver.
Raccord au centre [#]
Étape 08 — le centre stabilisé comme pivot de la forme canonique. Ce que la fiche 07 amorçait, la fiche 08 le fige : le pivot de la forme canonique est l'observable (♧—[♻]), position basse du centre, et le pôle doublement inversé est le mouvement. Le centre [#], comme articulation de la double inversion, cesse d'être une découverte en cours pour devenir une pièce stable du dispositif — réutilisable telle quelle dans la lecture des tables à venir.
🔗 Pivot
Amont : Fiche 07 — Modalités du jugement, dont cet article extrait et stabilise la forme canonique.
Aval : Fiche 09 — Prolégomènes #5 (Partie 2, XXI, « Les tables »), retour au texte de Kant, désormais lu à travers la grille de la forme canonique.

⚗️ Zone de quarantaine — conjectures de Claude (à activer ou écarter à la relecture finale)

  • L'outil « forme canonique » étant désormais stabilisé, l'angle Lévi-Strauss du verrou devient manipulable. La conjecture (quarantaine 07) selon laquelle le « pôle doublement inversé » est ce qu'A–C seul ne peut produire passe ici du statut d'intuition à celui d'outil. C'est le bon moment, pour la révision V13, de tester formellement la forme canonique contre la sémantique des diagonales.
  • La double inversion essence / existence traverse les deux jointures (1)-(2) et (3)-(4). Aristote (essence immobile, ♡, métaphysique (3)-(4)) ↔ Kant (existence mouvante, [⚤], physique (1)-(2)). Conjecture : la forme canonique relie la diagonale Sujet/Objet (A–C) au couple des deux clôtures (2) et (4) (candidat B–D, fiche 06). La forme canonique serait l'opérateur de composition A–C ∘ B–D recherché.
  • « Refuser l'essence pour parler de l'existence » comme geste de non-clôture. Ne pas refermer sur l'essence (♡/[♻]) pour rester du côté de l'existence mouvante : ce refus a la forme d'une non-auto-clôture délibérée, cohérente avec le défaut d'auto-clôture que vise le verrou. À garder.
  • « Commencer par la fin » consolide la lecture rétrospective. La méthode explicite (Prolégomènes après la Critique ; appliquer la forme canonique d'abord) est le pendant méthodologique de la lecture « en partant du cross-cap » et de la structure d'après-coup notée depuis la fiche 01. À reverser dans la synthèse finale.
Immanence / / /
Quantique / / /
Philosophie / / /
Transcendance / / /
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article