3 Mai 2026
/image%2F0964014%2F20260503%2Fob_0eecb0_chatgpt-image-3-mai-2026-a-13-07-54.png)
Le 03/ 05/ 2026 :
- Je me suis déjà référé deux fois à la forme canonique de Lévi-Strauss en lisant les prolégomènes, et je voudrais ici les extraire de textes d'exploration trop longs destinés à un oubli rapide, pour en garder sous la main une synthèse plus lisible.
Comme bien souvent, il faut commencer par la fin pour éclairer le début (de même que les prolégomènes sont rédigés après la Critique). En l'occurrence il faut appliquer la forme canonique à la révolution Kantienne (dans "À propos des modalités du jugement chez Kant et Lacan", avant de revenir à la définition de la "nature", qu'il pose comme première condition en réponse à sa problématique "Comment la physique pure est-elle possible?" dans la deuxième partie. des prolégomènes.
1/ La forme canonique des mythes :
Petit rappel sur la structure du "mythe de la potière jalouse" des Jivaros :
Sur notre Imaginaire vu comme "bord" (voir le "Moi-peau") en forme de "cross cap" séparant le Réel de l'Imaginaire, nous pouvons l'interpréter ainsi :
Et c'est ici le point essentiel que Lévi-Strauss a repéré comme structure stable à travers les 400 mythes qu'il a pu collecter à travers le monde :
Dans les termes de Lacan, (cf. "À propos des modalités du jugement chez Kant et Lacan", ce qui était impossible 𓁝 (ne cessait pas de ne pas s'écrire) devient contingent 𓁝=>𓁜 "cesse de ne pas s'écrire".
- Et dans ton schéma ?
- Plusieurs situations sont envisageables, mais la plus significative me semble être l'acceptation "contingente" de l'assertion "la femme fait de la poterie" en ♢⚤𓁜 au plan sémantique c.-à-d. : ♢⚤𓁜↑𓁝♡⚤↑♡⚤𓁜.
Je trouve ce rapprochement entre Lévi-Strauss et Lacan satisfaisant en ce sens que si les Jivaros acceptent cette observation de la femme comme potière, il n'en demeure pas moins un hiatus entre cette réalité "contingente" et le statut social de la femme, toujours représentée par son totem l'engoulevent, qui laisse ouvert une contradiction entre la fonction de la femme et son totem (i.e. les Jivaros n'ont pas d'explication "rationnelle" de ce décalage)...
- Ce que relève d'ailleurs Lévi-Strauss, s'étonnant que les Jivaros n'aient pas changé ce totem, pour prendre le fournier à la place, qui offre toutes les qualités antinomiques de l'engoulevent, propres à représenter la potière...
- ... Ce qui rendrait le récit mythique en ♢⚤ inutile (le récit cesse) dès lors que l'observation "tombe sous le sens commun" : ♧⚤𓁜↑𓁝♡⚤, soit une "possiblilité":
=> le pas suivant étant assuré : potentialité p—𓁝♡⚤↑♡⚤𓁜/ [♻]♧𓁜—∑p=totalité.
- Je vois que ce rapprochement Lévi-Strauss—Lacan te réjouit.
- Lacan a toujours un peu couru après Lévi-Strauss, et ce rapprochement outre-tombe me semble une juste reconnaissance des apports de chacun. Mais revenons pour l'instant à Kant.
2/ Kant et le meurtre de notre père Aristote :
| Socrate | (a) | (b) | ||
| ↺ | ↻ | |||
| in re | de rem | |||
| Kant | (1) | (2) | (3) | (4) |
| ↻ | ↻ | ↻ | ↻ | |
| Physique | Métaphysique | |||
Il s'agit bien entendu d'une schématisation très sommaire, mais suffisante pour repérer la révolution kantienne.
Il y a déjà une première inversion : Aristote part de l'objet "in re" (a), pour ensuite en parler "de rem" (b), alors que Kant commence par parler de son expérience de l'objet en (1)<=>(b).
Ensuite, Kant opère un basculement, après (1) de la voie ↺ vers la voie ↻ et cela s'exprime très simplement avec la forme canonique :
Et dans la forme canonique, le pôle doublement inversé, c'est l'idée de mouvement.
- Bref : ce qui était au début dans la voie des mots (a) se retrouve à la fin dans la voie des choses (2). C'est tout ?
- Nous aurons tout le temps d'y revenir en détail, mais pour aujourd'hui j'aimerais me focaliser sur la forme canonique, sans alourdir le texte.
3/ De la nature :
J'avais évoqué pour la première fois la forme canonique au sujet du concept de "nature" (cf. #4) que Kant pose comme première condition en réponse à sa problématique "Comment la physique pure est-elle possible?" dans la deuxième partie.
- Connaître la "nature des choses" en ♡⚤ devrait être l'aboutissement de la physique, non ?
- Précisément, mais pour "amorcer la pompe" (1)-(2), il faut sortir de la métaphysique (3)-(4) qui se situe après... C'est ce genre de problème qui me rappelle immédiatement la nécessité de la double inversion d'un concept pour s'en sortir. Or regarde en quel sens Kant définit ce qu'est la nature pour lui :
"XVII - L'élément formel de la nature, entendue dans cette acception étroite, est donc la légitimité de tous les objets de l'expérience, et, en tant qu'elle est connue a priori, sa légitimité nécessaire." p. 74
Comme l'objet d'expérience [♻]♧ est repéré [⚤]♧ dans sa relation à un éther de la physique en [#]♧ , i.e.: [⚤]♧←[#]♧←[♻]♧, je te propose de comprendre la "nature formelle" de l'objet comme la "possibilité d'en parler", soit le passage [⚤]♧←/↑♧⚤. Cette position existentielle en physique, à la jointure (1)-(2), est à l'opposé d'une essence métaphysique à la jointure (3)-(4), soit la position ♡♻↑/←[♻]♡.
- Autrement dit c'est en refusant de parler de l'essence de la chose que l'on peut parler de son existence ?
- Il y aura sans doute de nombreuses façons d'en parler, mais en gros, c'est ça. Remarque en particulier que l'essence de la chose, comme "objet de réflexion" du Sujet en (4), devient la condition de son exercice en (1).
- Je te propose d'en rester là pour aujourd'hui et de revenir aux prolégomènes, avec cette hypothèse de lecture.
- Amen
Hari